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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 00:49

 "Un néo-conservateur est un homme de gauche qui a été agressé par la réalité", si l'on en croit Irving Kristol. Lorsque l'on se penche sur la personnalité du terroriste norvégien Anders Breivik, assassin de 90 innocents, l'on se rend compte qu'il correspond on ne peut plus parfaitement à cette description. Pour des motifs idéologiques, on a tenté de faire de ce tueur un extrémiste chrétien, un nationaliste exalté, un déséquilibré ou le bras armé de quelque obscur complot. On a délibérément refusé de voir ce qu'il était vraiment: un mercenaire du choc des civilisations, le produit explosif d'une rencontre entre des sociétés nordiques décadentes et une idéologie guerrière.

 

 

 

 

Des origines à gauche: droits de l'Homme et libéralisme

 

Anders Breivik est né dans une famille de gauche, issue des classes moyennes aisées. Ses parents divorçant très tôt, il grandit avec sa mère, qui lui applique des principes d'éducation progressistes: enfant-roi privé de toute autorité; une situation favorisée par l'absence de son père. De cette période, Anders Breivik conserve un héritage fortement marqué "à gauche".


 Violement hostile au nazisme, il en fera même un des piliers de son engagement, faisant des musulmans les héritiers des nazis; il est d'ailleurs intéressant de noter qu'Anders Breivik a toujours rejeté toute motivation raciste de ses actes; ses victimes ont été choisies sur des critères religieux (musulmanes) et idéologiques (de gauche et pro-palestiniennes).

Même lorsqu'il passe à droite, en 1999, en adhérant au Parti du Progrès, il ne peut renier ses origines idéologiques: ce n'est pas au nom d'une quelconque identité nationale, mais bien de la liberté et des droits de l'homme qu'il fait des immigrés, des marxistes et des musulmans ses adversaires prioritaires.

C'est pourquoi il revendiquera fièrement son appartenance à la franc-maçonnerie, tant elle lui semblera compatible avec ses idéaux. C'est pourquoi il se convertit volontairement au protestantisme, tout en refusant de suivre à la lettre les principes de l'Eglise. C'est pourquoi il restera jusqu'au bout un écologiste militant, fondateur d'une ferme "bio" - qui lui fournira, ironie du sort, l'engrais nécessaire à la fabrication de ses explosifs.


La dure découverte de la réalité

 

Comme des millions de jeunes idéalistes, Anders Breivik subit un rude choc lorsqu'il est confronté à la réalité de la société norvégienne. Tout ce qui, sur le papier, en faisait un monde idyllique, se transforme, dans les faits, en cauchemar.

 Le multiculturalisme tolérant a permis l'arrivée de communautés immigrées qui se heurtent entre elles, bouleversent la culture norvégienne sans la respecter et se moquent bien des idéaux droit-de-l'hommistes de ceux qui les défendent.

La société du consensus, débarassée de toute lutte idéologique, ôte tout espoir à une jeunesse sans idéal et condamnée à pallier ce manque par le sexe et l'alcool.

L'Etat-providence, rudement frappé par la mondialisation, apparaît de plus en plus comme une simple forme d'assistanat à ceux qui font le moins d'efforts.


 

La montée du communautarisme en Norvège est à l'origine d'un vrai malaise dans le pays.

 

Heurté par la violence de cette réalité, Anders Breivik refuse néanmoins de voir qu'elle est le fruit d'un modèle de société et s'en prend alors à ceux qu'il juge responsables de cette situation. Les musulmans sont une cible prioritaire pour n'avoir pas répondu aux attentes droits-de-l'hommiste de ceux qui les ont fait venir; d'où l'admiration du tueur pour Geerts Wilders ou Alain Finkielkraut, qui ont suivi le même chemin idéologique. Les féministes sont accusés d'avoir dévirilisé la société, enlevant à la jeunesse tous ses idéaux politiques et la condamnant à l'amorphie. Les marxistes, jugés responsables des excès de l'Etat-providence, sont également pointés du doigts.

Anders Breivik a vu tous ses idéaux chamboulés par la réalité; pour sombrer dans l'extrémisme, il ne lui manque plus qu'une idéologie capable d'assouvir ses haines et ses rancoeurs. C'est d'Amérique qu'elle lui viendra.


Geert Wilders, héros des néo-conservateurs européens et adversaire farouche du monde musulman, était un des modèles d'Anders Breivik.


Le choc des civilisations et le passage au néo-conservatisme

 

La théorie du choc des civilisations, parce qu'elle est simpliste, attire les esprits faibles comme les manipulateurs. Face aux désastres du multiculturalisme, il est nécessaire de se battre pour la réconciliation nationale, mais c'est une tâche bien dure pour certains. Il est tellement plus confortable, lorsque l'on manque de courage ou d'intelligence, de se replier sur sa communauté, de se croire en guerre et de refuser tout dialogue!

On comprend donc aisément que l'idée d'un Occident judéo-chrétien en guerre contre le monde musulman ait profondément séduit Anders Breivik. Voici une théorie qui lui permettait de concilier sa haine des musulmans et des marxistes (le fameux "axe rouge-vert-brun", communiste, islamique et fasciste) avec son idéologie droit-de-l'hommiste (puisque c'est au nom de la liberté prônée par l'Occident qu'il se battait).


Anders Breivik était devenu un néo-conservateur; il en adopta toutes les théories: l'assimilation de l'islam au nazisme; le rejet de l'étatisme et la défense du libéralisme économique; la défense inconditionnelle d'Israel, bastion avancé de l'Occident contre le monde musulman; le soutien à l'English Defense League, au mouvement de Geert Wilders, et autres partis néo-conservateurs.

Là où certains défendent une telle idéologie par des conférences et des publications -ce qui est leur droit le plus strict- Anders Breivik, ne disposant ni des capacités intellectuelles ni de la stabilité psychologique nécessaires pour cela, faisait le choix de la violence. Les humiliations subies, la perte des illusions, mais également le choix de la facilité et de la malhonnèteté intellectuelle, le poussaient à l'irréparable (tout comme, dans d'autres régions du monde, ces mêmes facteurs peuvent engendrer d'autres types de terrorisme).

 

 

Conclusion: le 22 juillet 2011...

  

 

Massacre ignoble et impitoyable de 80 jeunes prisonniers de l'île où ils s'étaient réunis. Sa fragilité mentale et une idéologie violente,  celle du choc des civilisations, avaient fait d'Anders Breivik un terroriste, un assassin, un salopard. A chacun désormais d'interroger ses responsabilités dans la fabrication de ce monstre. Une société norvégienne qui n'offre plus aucun autre avenir aux jeunes qu'un multiculturalisme créateur de tensions, ainsi qu'une idéologie de guerre qui pousse occidentaux et musulmans à la haine réciproque, ont conduit à ce drame. Quelle meilleure occasion de prouver que le néo-conservatisme est un danger mortel dont le multiculturalisme constitue le terreau fertile?

 

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commentaires

Samuel Vandervaeren 06/08/2011 18:26



très bon article! Il faut remettre les choses à leur place. Sus aux néo-cons, vive la réconciliation!