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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 21:20
Parodie "républicaine"

La Marche Républicaine de dimanche se voulait-elle un rassemblement de citoyens unis pour dénoncer le terrorisme, rendre hommage aux victimes et défendre les valeurs républicaines? C'est râté. En quelques heures, les vautours de la politique française comme internationale l'auront transformé en une espèce de vaste parodie, qui frise l'insulte à la mémoire des 17 victimes des attentats ayant ensanglanté Paris.



L'idée d'une manifestation à peine lancée, tous les partis se sont précipités dessus pour en récupérer un bout. Le FN a été le grand cocu de l'affaire. Lui qui espérait regagner l'onction des autres partis à l'occasion de cette marche en a été mis à l'écart sans autre procès. Le parti n'est pourtant pas connu pour avoir été laxiste envers la menace djihadiste. Mais le sectarisme a parlé, et le FN a raté cette belle occasion de goûter au juteux gâteau que les autres partis se partagent avec appétit.
Le président Hollande et son Premier Ministre Manuel Valls sont naturellement en tête du cortège, trop heureux de cette ocasion de regagner - du moins le pensent-ils - un peu de ce crédit qu'ils avaient totalement perdus. Oubliés, les appels à la censure contre Dieudonné, Tariq Ramadan ou Eric Zemmour! Oublié, le soutien sans faille aux djihadistes syriens, dont les frères Kouachi étaient d'éminents représentants! Le PS découvre soudain les vertus de la liberté d'expression et le danger djihadiste (ils n'ont pas été jusqu'à inviter les gouvernements syrien ou irakien, pourtant en pointe dans cette lutte, à manifester...)
Une telle occasion ne pouvait être loupée par l'UMP, dont les gros bataillons défilent, d'Alain Juppé à François Fillon, en passant par Jean-François Copé (qui vole un pain au chocolat finit djihadiste, c'est évident...) Cette manifestation ne sera donc plus un rassemblement de citoyens, mais une tribune d'expression et de publicité de différents partis politiques, ainsi que d'autres mouvements (qui vont des LGBT au CRIF, en passant par le CCIF, SOS Racisme, et les divers représentants religieux).


Les manifestants auront la chance d'avoir à leurs côtés d'autres éminents représentants de la République et de la liberté d'expression, venus du monde entier.
Voyez plutôt.
Petro Porochenko, l'allié des néo-nazis ukrainiens. Néo-nazis à côté desquels le FN fait figure de parti gauchiste.
Avidgor Libierman, ministre des Affaires Etrangères israélien et dirigeant du parti d'extrême-droite "Israel Beytenou", à qui l'on doit l'idée pittoresque d'utiliser la bombe nucléaire contre la bande de Gaza, accompagné du ministre des Affaires religieuses, Naftali Benett, président d'un autre parti d'extrême-droite (tendance religieuse), qui ne voyait "aucun problème" au fait d'avoir "tué beaucoup d'Arabes" dans sa vie (enfin, tant que le FN n'est pas invité, la morale est sauve, n'est-ce pas?).
Ahmet Davutoğlu, premier ministe de la Turquie, pays où un journaliste est menacé de neuf ans de prison pour... avoir caricaturé le Premier Ministre Erdoğan.
Jean-Claude Juncker, délinquant fiscal désormais reconnu.
Divers présidents africains dont l'autoritarisme n'est égalé que par la corruption, et qui infligent aux journalistes de leurs pays respectifs un sort que l'on n'aurait sûrement guère apprécié à Charlie Hebdo.
Eric Holder, ministre de la Justice américain, le même qui s'était chargé des poursuites contre Edward Snowden, Chelsea Manning, et qui semble soudainement découvrir les vertus de l'irrévérence et de la liberté d'expression.
Des ministres du Qatar, d'Arabie Séoudite et des Emirats Arabes Unis, grandes démocraties connues pour leur défense de la liberté d'expression (les 50 coups de fouet reçus hier par un journaliste saoudien pour blasphème en témoignent sûrement) et leur lutte sans faille contre le fondamentalisme islamique et le djihadisme.
Sans oublier les incontournables de la droite austéritaire européenne: Angela Merkel, David Cameron, Mariano Rajoy, et tout l'appareil de l'OTAN (au cas où l'on n'aurait pas compris que l'avenir, c'est l'occidentalisme, qu'on se le dise!)


Nul doute que ceux qui auront refusé de participer à cette mascarade seront taxés de tous les noms - en particulier s'ils portent un patronyme à consonnance étrangère. Nul doute non plus qu'il existe parmi les gens qui vont marcher d'innombrables citoyens sincères dans leurs revendications, et qui ne sont pas responsables de la récupération politicienne de la marche; à ceux-là, on ne pourra que conseiller de se boucher le nez.


Et terminons par citer du Charlie Hebdo: c'est dûr d'être aimé par des cons!

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 20:48

Pro-israéliens, pro-palestiniens ou observateurs neutres, beaucoup se sont étonnés de la prise de position de François Hollande et de son gouvernement face au bombardement de la bande de Gaza par Israel. Alors que les victimes civiles s'accumulaient, le Président de la République a proclamé son soutien total au gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou, tandis que son Premier Ministre Manuel Valls se chargeait de faire interdire les manifestations pro-palestiniennes. Dans l'ensemble, le Parti Socialiste et son gouvernement sont restés solidaire du gouvernement israélien tout au long des bombardements. Cette prise de position a surpris certains de ses partisans ou adversaires. Elle était pourtant parfaitement prévisible, quand on se souvient des rapports historiques que les socialistes entretiennent à l'égard d'Israel et du monde arabe.

Inaugurée par Bertrand Delanoé et Anne Hidalgo, l'esplanade David Ben Gourion (du nom du fondateur d'Israel) a été à l'origine d'une polémique avec des mouvements pro-palestiniens.

Inaugurée par Bertrand Delanoé et Anne Hidalgo, l'esplanade David Ben Gourion (du nom du fondateur d'Israel) a été à l'origine d'une polémique avec des mouvements pro-palestiniens.

Israel et le Parti Socialiste français: une longue histoire d'amitié

 

Le lien très fort qui unit le mouvement socialiste français à Israel plonge ses racines dans l'avant-guerre, à l'époque où le sionisme, projet d'implantation des Juifs en Palestine, avait les faveurs de nombreux cadres de la SFIO, lesquels voyaient alors dans le Kibboutz (ces implantations juives collectivistes) une fascinante expérience socialiste. L'effroyable génocide des populations juives et tziganes par le régime nazi au cours de la Seconde Guerre mondiale a évidemment renforcé la sympathie pour les populations juives au sein de la SFIO, et le soutien à la création de l'Etat israélien (d'autant que de nombreux cadres du partis, qui avaient cru un temps au Maréchal Pétain, y voyaient un moyen d'expier leur sentiment de culpabilité).

Les années 1950 sont celles d'une belle lune de miel entre la IVe République, dominée par les radicaux et les socialistes, et la jeune nation israélienne. La guerre d'Algérie, qui dresse les pays arabes (et notamment l'Egypte de Gamal Abdel Nasser, grande figure du nationalisme arabe) contre la France, renforce ces liens. Français et Israéliens collaborent alors étroitement dans le domaine des armements atomiques. En 1954, ils montent une expédition commune contre le colonel Nasser - mais sont finalement stoppés par l'opposition des Soviétiques et des Américains.

Lorsque Charles de Gaulle décide de rompre avec Israël en 1967, suite à la guerre des six-jours, il essuie de violentes critiques de la part des socialistes français - beaucoup n'hésiteront pas à l'accuser d'antisémitisme. En arrivant au pouvoir en 1981, François Mitterrand se rapproche de nouveau de l'Etat hébreu - même si l'influence de son ministre Hubert Védrine, réaliste influencé par la pensée gaulliste, tempère ce réchauffement diplomatique. Lionel Jospin, Premier Ministre de 1997 à 2002, s'illustrera par son soutien solide aux Israéliens lors de la Seconde Intifada - par contraste avec Jacques Chirac, qui apparaît plutôt pro-palestinien.

Le Parti Socialiste est donc resté, tout au long de son histoire, un fidèle soutien d’Israël. Parmi ses cadres et ministres les plus attachés à cette alliance peuvent être mentionnés Manuel Valls, Laurent Fabius, Bertrand Delanoé, Anne Hidalgo, Harlem Désir ou Dominique Strauss-Kahn. Regulièrement invités aux dîners du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France, cet organisme a depuis longtemps cessé de défendre les Français de confession juive, préférant se comporter comme une ambassade officieuse d’Israël). Les critiques éventuelles contre Israel sont donc laissés à quelques voix isolées (Hubert Védrine ou Pascal Boniface, ce dernier s'étant même fait le promoteur des mouvements islamistes moyen-orientaux), à des "frondeurs" sans aucune influence (Yann Galut, Marie-Noëlle Lienneman...), où aux "beurs" du parti, qui agissent à la fois par solidarité communautaire envers les Palestiniens, et en tant que "faire-valoir" pro-arabes du parti.

 

Son soutien à Israel n'empêche nullement François Hollande d'entretenir - à l'image de son prédécesseur - d'excellentes relations avec des dictatures théocratiques comme le Qatar.

Son soutien à Israel n'empêche nullement François Hollande d'entretenir - à l'image de son prédécesseur - d'excellentes relations avec des dictatures théocratiques comme le Qatar.

Un monde arabe toujours incompris par les socialistes

 

Le soutien sans faille du parti socialiste à Israel s'est accompagné d'une hostilité plus ou moins marquée à l'égard du nationalisme arabe. Contrairement aux communistes, aux gaullistes ou aux néo-conservateurs, les socialistes n'ont jamais développé de doctrine précise envers le monde arabe. Leur attitude dictée principalement par l'alliance avec Israel et les Etats-Unis s'est donc bornée à soutenir les régimes pro-occidentaux et à combattre les non-alignés. Il faut ajouter à cela le contexte de la guerre d'Algérie: menée par les gouvernements socialistes (dont un certain François Mitterrand, alors ministre de la Justice, qui multipliait les ordres d'exécution), elle avait dressée la plupart des pays arabes, solidaires du FLN algérien, contre la France.

C'est Nasser, en dépit de ses idées sociales, républicaines et laïques, qui a le plus cristallisé les haines des socialistes français. Nationaliste, étatiste et hostile à Israel, le Raïs se vit pour cela qualifié de fasciste, tandis que Guy Mollet l'assimilait sans hésitation à Staline et Hitler. La politique arabe du général de Gaulle fut très durement critiquée par les cadres socialistes, François Mitterrand en tête. Cette attitude n'était pas seulement dictée par leur sympathie pro-israélienne, mais aussi par une profonde incompréhension des grands changements du monde. Ayant renoncé à l'idée nationale, perdus dans leurs idéaux atlantistes et européïstes, les socialistes français ne comprenaient pas d'autres leaders, à travers le monde, pussent afficher aussi clairement leur volonté d'indépendance nationale.

Charles de Gaulle avait pressenti l'émergence d'un monde multipolaire où les grandes civilisations, chinoise, latino-américaine, indienne et bien sûr arabe, éprouveraient le besoin de marquer leur puissance et leur autonomie. Il avait compris que la France devait tisser des liens avec ces grandes civilisations, afin de préserver son statut de grande puissance.

Les socialistes, nostalgiques de cette Algérie française qu'ils venaient de perdre, tétanisés par le système des blocs et leur atlantisme forcené, n'avaient pas compris que le monde arabe n'avait plus vocation à être le terrain de jeux ou le porte-avions des Occidentaux.

Cette hostilité aux nationalistes arabes s'atténua cependant au fil des années, devenant moins systématique. Lorsqu'il arriva au pouvoir en 1981, François Mitterrand noua de bonnes relations avec certains pays arabes. Principalement les régimes pro-américains et anti-communistes: la Tunisie de Bourguiba puis de Ben Ali, l'Egypte de Moubarak, et même l'Irak de Saddam Hussein lorsque ce dernier faisait la guerre à l'Iran. En somme, les gouvernement socialistes n'ont soutenu les régimes arabes que lorsque ces derniers servaient les intérêts de Washington - et donc ne représentaient aucun risque majeur pour Israël.

On retrouve ce schéma aujourd'hui encore: après avoir soutenu la guerre lancée par Nicolas Sarkozy contre la Libye de Kadhafi, François Hollande et ses ministres ont été en première ligne face à la Syrie baasiste de Bachar al-Assad. Mais cette fois-ci, ce n'était pas tant pour défendre les intérêts d'Israel que ceux du Qatar et de l'Arabie Séoudite, régimes avec lesquels le gouvernement français entretient les meilleures relations qui soient. En oubliant curieusement leur judéophobie virulente et leur soutien à des mouvements terroristes aussi barbares que ceux qui ravagent l'Irak en ce moment...

Que retenir, en somme, de la politique des dirigeants socialistes face au monde arabe? Un certain paternalisme, qui les pousse à soutenir les régimes théocratiques alliés de l'Occident et à tolérer les régimes nationalistes pro-occidentaux. En revanche, toute Nation arabe qui tente d'échapper à la tutelle occidentale ou se dresse contre Israel s'attire l'hostilité du Parti Socialiste, qui n'hésite pas à soutenir les pires fondamentalistes contre elle.

On ne peut donc pas franchement dire que le Parti Socialiste prône une diplomatie arabophile. Pourtant, de nombreux militants pro-palestiniens, tiers-mondistes ou pro-arabes ont apporté leur soutien à François Hollande en 2012, espérant qu'il réaliserait leurs aspirations. Dans le même temps, de nombreux soutiens d'Israel se sont inquiétés, craignant qu'il se dresse contre l'Etat hébreu une fois arrivé au pouvoir.

Comment expliquer cette gigantesque méprise?

Fondateur du mouvement SOS Racisme et chef du Parti Socialiste de 2012 à 2014, Harlem Désir est ici entouré par Bernard Kouchner (cadre du parti socialiste, favorable à la Guerre en Irak de 2003, militant pro-israélien) et de Bernard-Henri Levy (parrain de SOS Racisme, infatigable soutien du gouvernement israélien et proche des cercles dirigeants du Parti Socialiste).

Fondateur du mouvement SOS Racisme et chef du Parti Socialiste de 2012 à 2014, Harlem Désir est ici entouré par Bernard Kouchner (cadre du parti socialiste, favorable à la Guerre en Irak de 2003, militant pro-israélien) et de Bernard-Henri Levy (parrain de SOS Racisme, infatigable soutien du gouvernement israélien et proche des cercles dirigeants du Parti Socialiste).

Le Parti Socialiste pro-arabe? Aux origines d'un mythe

 

Lorsque Mitterrand trahit le programme social au cours des années 1980, il lui faut trouver une cause et un électorat de substitution. C'est auprès des immigrés, via le mouvement anti-raciste, que le Parti Socialiste va alors rechercher son nouveau socle électoral. Favorable à l'ouverture des frontière, le gouvernement PS adopte une attitude paternaliste de protecteur des immigrés arabo-musulmans, qui seraient menacés par le Front National en pleine ascension (ascension favorisée par... le président Mitterrand lui-même, du reste...) C'est ainsi que le Parti Socialiste s'achète, à peu de frais, l'image d'un parti proche des immigrés en général et des Maghrébins en particulier. De là à en faire le "parti des Arabes", il n'y a qu'un pas que beaucoup franchiront très allègrement, et d'autant plus facilement que la droite est alors elle-même en pleine mutation.

Jusqu'aux années 2000, en effet, Jacques Chirac avait tâché de préserver l'orientation pro-arabe (certes atténuée depuis l'époque gaulliste) de son parti. En 1997, le tout-nouveau président défendait à Jérusalem les commerçants arabes. En 2003, la très belle intervention de Dominique de Villepin à l'ONU symbolisait le refus de la guerre en Irak par la France. Mais la campagne présidentielle de 2007 a vu l'émergence d'un nouveau candidat pour la droite: Nicolas Sarkozy, qui s'affichait ouvertement atlantiste et pro-israélien. En quelques années, l'UMP se verra purgée de ses éléments pro-arabes (chiraquiens et gaullistes principalement). Ses nouveaux cadres, ou bien affichent un soutien sans faille à Israel face aux Etats arabes (Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christian Estrosi...), ou bien adoptent une ligne atlantiste marquée (Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin...) Pendant son mandat, Nicolas Sarkozy multipliera les actions d'hostilité envers les nationalistes arabes (renversement militaire de Kadhafi, rupture avec la Syrie baasiste...) et s'alignera largement sur les désirs israéliens (non-reconnaissance de la Palestine à l'ONU, sanctions contre l'Iran...)

Certains en tirent alors une conclusion simpliste: Nicolas Sarkozy étant pro-israélien, et François Hollande son principal rival pour 2012, ce dernier ne peut être que pro-palestinien! Ce sophisme est renforcé, il est vrai, par l'alliance du Parti Socialiste avec les Verts, traditionnellement proches de la cause palestinienne (plus d'ailleurs par tiers-mondisme pacifiste que par soutien au nationalisme arabe). Les appels du pieds des cadres socialistes envers les musulmans français, majoritairement pro-palestinien, ont permis de consolider le mythe.

 

*  *  *

En apportant son soutien sans faille au gouvernement israélien et au bombardement de Gaza, François Hollande a détruit définitivement ce mythe aux yeux de ceux (pro-israéliens comme pro-palestiniens) qui y croyaient encore. Ce n'était pas une trahison des idéaux de son parti, mais au contraire leur rigoureuse mise en application. Face aux gaullistes et aux communistes, traditionnellement pro-arabes, les socialistes ont toujours été le principal soutien d’Israël en France. On peut l'approuver. On peut le déplorer. Mais en tous les cas, il est bon de rappeler ces héritages diplomatiques fondamentaux.

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 00:57
Le Bloc Identitaire face au drapeau algérien ... ou face à son propre miroir?

Les drapeaux algériens pourraient-ils être interdits dans les rues de France les soirs de matchs de l'équipe d'Algérie? C'est en tout cas ce que demande le Bloc Identitaire, s'appuyant pour cela sur des interdictions précédentes. Tout l'intérêt de cette affaire vient du fait que ces jeunes que dénoncent les Identitaires leur ressemblent pourtant comme deux gouttes d'eau. 

 

Tandis que les Identitaires glorifient une pseudo "race française" qui n'existe pas, des jeunes brandissent le drapeau d'un pays, l'Algérie, qu'ils ne connaissent pas. Des deux côtés, on observe la même attitude: une fierté ridicule pour une allégeance fantasmé; une parodie de nationalisme vis-à-vis d'un pays dont on ne connaît ni l'histoire, ni la philosophie ni la littérature. 

Y-a-t il un sens à s'affirmer héraut de la race blanche, quand on sait que l'idée même de la Nation française s'est construite contre le suprémacisme racial?

Mais y-a-t il plus de sens à brandir le drapeau d'un pays où l'on ne vit pas, où l'on ne pourrait même pas vivre, car on n'en connaît ni la société ni les traditions profondes? 

 

Les Identitaires sont des communautaristes commes les autres. Des communautaristes blancs. Et les communautaristes algériens sont des Identitaires comme les autres. Au lieu de rechercher l'accomplissement personnel, à travers des valeurs universelles, ils cherchent la reconnaissance à travers une identité ethno-culturelle complètement fantasmée, réinventée. 

Car cette identité ne sert qu'à montrer son rejet de l'autre.

Quand les Identitaires demandent l'interdiction des drapeaux algériens, ce n'est pas par amour de la France ou par souci de l'ordre public, mais pour montrer leur haine des Arabes. (Sinon, pourquoi soutiendraient-ils des mouvements régionalistes qui rejettent clairement le drapeau français?)

De même, quand des drapeaux algériens sont brandis dans les rue françaises, ce n'est pas par amour sincère pour l'Algérie, mais pour s'affirmer comme groupe à part au sein de la République française. (Sinon, pourquoi des drapeaux français seraient-ils brûlés ou décrochés lors de ces manifestations?)

 

C'est bien tout le danger de l'esprit identitaire (ou communautariste): il ne marque pas l'amour de sa culture, mais le rejet de la culture des autres. Suprême paradoxe des Identitaires: dénoncer ceux qui appliquent (et inspirent) leur pensée et leurs méthodes.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 21:18

Manuel Valls mène la troupe, Christiane Taubira et François Hollande en auxiliaires. La guerre contre l'antisémitisme, le racisme, la bête immonde et le nazisme est lancée. Sus à l'ennemi, sus à M'Bala M'Bala, à la clique fasciste (comprendre: la droite souverainiste) et aux "antisémites des quartiers populaires" (comprendre: les Arabes de banlieue)! Une croisade antiraciste dont l'avantage principal est de faire oublier le désastreux bilan social, économique et diplomatique du Parti Socialiste. Comme au bon vieux temps de Mitterrand, quoi.

 

Mais un léger problème se pose: de méchantes langues murmurent que le Parti Socialiste n'aurait aucune légitimité en matière d'antiracisme. Et l'on se remémore soudain quelques faits bien troublants...

Pourquoi l'antiracisme des socialistes n'est pas crédible

Manuel Valls et ses amis antisémites: lorsque l'on monte au cocotier, il faut s'assurer d'avoir le slip propre. Ce n'est visiblement pas le cas de Manuel Valls, épinglé récemment sur une photo au côté de son ami néo-nazi, Terry Cooper. Ce dernier a fait savoir qu'il était le seul à "pouvoir faire rire" notre Ministre de l'Intérieur. On se demande avec inquiétude quel était le sujet de la rigolade...

 

Le douteux antiracisme de Manuel Valls: alors qu'il était maire d'Evry, Manuel Valls s'était laisser piéger dans une vidéo où il se plaignait de l'absence de Blancs dans sa ville. Il réclamait qu'on y installât "quelques whites, quelques blancos".

Récidive quelques années plus tard. Devenu Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls commence par dénoncer "l'ennemi intérieur" qui se dissimulerait parmi la population musulmane de France. Puis, dans une de ces envolées délirantes dont il a le secret, il nous expliqua que "les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie" (pays dont, pourtant, beaucoup ne sont pas issus). Si Manuel Valls s'est décidé à lutter contre les préjugés racistes, il doit d'urgence ordonner sa propre arrestation.

 

Un antiracisme à géométrie variable: les Femen font régulièrement le salut nazi dans leurs actions coup de poing, et multiplient les attaques contre les chrétiens. Mais Anne Hidalgo affiche sa "bienveillance" et son "respect" à leur endroit. Et François Hollande a décidé que leur cheffe (celle-là même qui se répandait en insultes envers les musulmans) serait la nouvelle Marianne, figure de la République.

Quant à la circulaire de Manuel Valls, elle réclame une vigilance pour lutter contre "l'antisémitisme et la haine anti-musulmane". Fort bien. Très noble objectif. Mais qu'en est-il de la haine anti-chrétienne? Et de celle envers les athées? Visiblement, certains groupe religieux semblent avoir droit à plus de protection que d'autres...

Enfin, on passera sur le silence total du gouvernement vis-à-vis des actions de la Ligue de Défense Juive, groupe terroriste qui fait régner la terreur parmi les adversaires d'Israel (y compris des Juifs), et vis-à-vis duquel Manuel Valls fait preuve d'une indulgence stupéfiante.

 

Les amitiés suspectes du gouvernement socialiste: François Hollande était visiblement très fier du grand sabre que lui ont offert ses amis d'Arabie Séoudite. Quant on fricote avec cette dictature théocratique, qui interdit le judaïsme et punit l'homosexualité, on ne donne pas de leçon de tolérance.

Sihem Souid soutient Manuel Valls et dénonce les spectateurs de Dieudonné comme "antisémite". De la part d'une grande amie du Qatar, qui ne cesse de défendre cette dictature antisémite, c'est pour le moins paradoxal.

 

En un mot comme en mille, ce gouvernement, qui ne cesse de diviser les Français entre eux, qui joue sur les tensions communautaristes, qui dénonce certains racismes et en tolère d'autres, n'a aucune leçon à donner. Plus que jamais, la croisade de Manuel Valls apparaît comme ce qu'elle est: une pitoyable tentative de faire oublier ses innombrables échecs, tout en essayant de s'attirer les grâce des lobbies communautaristes.

En fin de compte, c'est bien la politique du gouvernement qui va contribuer à faire monter la haine envers les musulmans, les juifs et les chrétiens, et les tensions entre les communautés.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 15:10

Eric Zemmour a parfaitement résumé le bilan géopolitique de 2013: Vladimir Poutine est l'homme de l'année. En Syrie comme en Ukraine, il a réussi à mettre à bas ses adversaires occidentaux - dont la faiblesse momentanée a permis à un autre pays, l'Iran, de replacer ses pions sur l'échiquier international.

Billet d'humeur du Nouvel An 2013: l'année de Vladimir Poutine; propagande de Reporters Sans Frontière; Dieudonné et sa "quenelle"

La Russie a joué en trois coups gagnants, mettant tous ses adversaires à bas. En accueillant le lanceur d'alerte Edward Snowden, Vladimir Poutine a permis à son pays d'apparaître comme un défenseur des libertés publiques face à la machine de répression américaine. Les révélations de son hôte ont été une arme redoutable face aux Américains.

Une arme qui a compté lors de la crise syrienne de l'été 2013.

 

Répondant aux volontés occidentales d'attaquer la Syrie, Vladimir Poutine a proposé une négociation sur le désarmement de ce pays. Un coup de maître: en acceptant cette négociation, les Occidentaux reconnaissaient implicitement la légitimité du régime de Bachar al-Assad, seul allié arabe de Moscou.

Ceux qui avaient voulu contrer la volonté russe et renverser le régime syrien se sont cassés les dents. Mohamed Morsi, le Président égyptien, a fini renversé par un coup d'Etat. Recep Tayyip Erdogan, le Premier Ministre turc, a été dangereusement déstabilisé par les manifestations de Taksim. Lâché par la puissante confrérie Gülen, il voit désormais son pouvoir vaciller sous les accusations de corruption. 

 

Gagnant sur la Syrie, Vladimir Poutine a du essuyer un contre-coup en Ukraine. Les Occidentaux ont essayé de déstabiliser le régime ukrainien (fort peu sympathique, il est vrai), en utilisant sa jeunesse révoltée et tournée vers l'Union Européenne. Echec, une nouvelle fois: Vladimir Poutine a su ramener l'Ukraine sous son influence. Mieux encore, il s'est payé le luxe de libérer le délinquant financier Mikhaïl Khodorkovski et ces pauvres militantes manipulées des Pussy Riot. Se donnant ainsi l'image de tzar magnanime, et faisant taire bon nombre de critiques occidentaux. 

 

Les adversaires de la Russie n'ont eu que de petites vengeances mesquines à se mettre sous la dent. Boycott plus ou moins officiel des Jeux Olympiques de Sotchi pour les Occidentaux. Plusieurs attentats-suicides dans la ville de Volgograd (ex-Stalingrad) pour les islamistes. Rien qui paraisse en mesure d'enrayer l'appétit de puissance d'un ours russe encore mal remis du choc des années 1990, mais bien décidé à retrouver sa place sur la scène mondiale.

 

 

Je découvre à ce sujet la dernière vidéo de propagande de Reporters Sans Frontière: on y découvre plusieurs dirigeants (russe, syrien, nord-coréen, hongrois, turc, italien, azéri, chinois et zimbabwéen) en train de fêter le nouvel an. Un petit message moralisateur en fin de vidéo nous informe que sans Reporters Sans Frontière, l'information serait entièrement contrôlée par ces individus. 

Diantre. Après que Nicolas Sarkozy a, selon Henri Guaino, "sauvé la démocratie en France, en Europe et dans le monde", nous apprenons donc que Reporters Sans Frontière a sauvé la liberté de presse mondiale. 

On passera sur le procédé qui consiste à amalgamer, dans un ensemble complètement incohérent, de vrais dictateurs (Kim Jong-Un ou Ihlam Aliev), des dirigeants autoritaires mais démocratiquement élus (Vladimir Poutine ou Recep Tayyip Erdogan) et des démocrates comme Viktor Orban ou Silvio Berlusconi (ce dernier n'étant d'ailleurs plus au pouvoir).

Certes, Reporters Sans Frontières choisit de se concentrer sur la "liberté de la presse", et de ne pas s'occuper du spectaculaire développement de la Chine ou de l'Azerbaïdjan, ou bien de la situation chaotique en Syrie ou au Zimbabwe. C'est un choix.

Mais même avec ce choix, il manque deux ou trois bonshommes sur la vidéo, non? Quid de Barack Obama, l'homme qui a voulu faire condamner le lanceur d'alerte Edward Snowden (authentique défenseur de la liberté de la presse, lui)? Où sont les présidents du Turkménistan, de l'Ouzbékistan ou de l'Erythrée, véritables cauchemars pour les journalistes? Et que penser de l'absence des monarques séoudien, qatari ou émiratis? Faut-il croire que l'argent du pétrole achète tout - y compris la bienveillance de Reporters Sans Frontière?

 

 

Il est vrai qu'en France, la liberté d'expression devient elle-même un concept très relatif, à l'heure où le Ministre de l'Intérieur prétend faire interdire à un humoriste de faire ses spectacles.

Parlons donc clairement de Dieudonné, et expliquons en quoi il est scandaleux de vouloir interdire, soit ses spectacles, soit le fameux geste de la "quenelle" qu'il a popularisé.

Dieudonné, qu'est-ce donc? C'est un humoriste et un provocateur qui, aux origines, riait de tous les extrémistes et de toutes les religions. Après un sketch caricaturant un extrémiste de droite israélien, il avait subi en 2003 une scandaleuse persécution, sur fond d'accusations injustifiées d'antisémitisme.

En réaction à ce lynchage public, Dieudonné a multiplié les provocations. Certaines sont très drôles, d'autres de mauvais goût, d'autres choquantes. C'est au public d'en juger. Je l'écris d'autant plus librement que je n'ai jamais trouvé Dieudonné spécialement drôle. Son obsession de certains sujets (les Juifs, les sionistes et, dans une moindre mesure, l'esclavage) m'agace, et je comprends très bien qu'un certain nombre de Juifs se sentent choqués par ses provocations.

Mais qui a le droit de définir ce qui est drôle ou non? Certainement pas la justice. Vouloir faire interdire les spectacles de Dieudonné, sous prétexte que le Ministre de l'Intérieur n'aime pas ce qu'on y dit, c'est un pas très dangereux vers la dictature. Et c'est une hypocrisie d'autant plus grande que, lors des attaques anti-islam de Charlie Hebdo, Manuel Valls avait été le premier à défendre ce journal au nom de la liberté d'expression...

Il est donc monstrueux de prétendre interdire à un humoriste de faire son travail - même quand on trouve son humour choquant ou pas drôle. Après tout, si Dieudonné tient des propos diffamants ou racistes pendant son spectacle, rien ni personne n'empêche la justice de le poursuivre pour cela. Et s'il doit être condamné, il le sera.

Plus inquiétant encore: Meyer Habib, député UDI proche de l'extrême-droite israélienne, prétend faire interdire la "quenelle". Des personnalités comme Tony Parker ou Nicolas Anelka ont été menacées pour avoir effectué ce geste.

Billet d'humeur du Nouvel An 2013: l'année de Vladimir Poutine; propagande de Reporters Sans Frontière; Dieudonné et sa "quenelle"

Qu'est-ce donc que la "quenelle"? Il s'agit d'un geste plus ou moins vulgaire, imitant le "fist-fucking". Chacun jugera du bon goût de la chose.

Mais là où la mauvaise foi atteint repousse toutes les limites, c'est quand des groupes communautaristes comme la Licra, le BNVCA ou le CRIF prétendent y voir un geste antisémite. Soyons donc bien clair dessus: la "quenelle" n'a aucun rapport, ni avec l'antisémitisme ni avec le racisme, et encore moins avec le nazisme. C'est un geste vulgaire, scatologique même, mais sans lien avec l'antisémitisme. Comment peut-on être débile au point d'y voir un "salut nazi inversé" (sic)?

Il est vrai toutefois que certains fans de Dieudonné ont donné une signification ambiguë au geste: lorsque de jeunes crétins font leur "quenelle" devant les portes d'Auschwitz, ou devant l'école juive où plusieurs enfants avaient été assassinés par Mohamed Merah, on ressent un profond malaise.

Oui, certains "quenelliers" sont clairement antisémites. Il ne faut pas se voiler la face. Mais ce n'est pas le cas de tous. Et ce n'est pas le cas du geste en question. Après tout, si quelqu'un faisait un doigt d'honneur devant les portes d'Auschwitz, ce serait certainement de l'antisémitisme. Est-ce que pour autant, le doigt d'honneur deviendrait antisémite? Certainement pas.

Mais la "quenelle" est tellement pratique pour le gouvernement, à qui elle permet de ne pas parler de ses innombrables échecs (notamment économiques et sociaux)! François Hollande lui-même, en visite chez ses amis d'Arabie Séoudite (une dictature violemment antisémite), a pris le temps de condamner la "quenelle". Aucun président n'avait atteint un tel niveau de ridicule. Qui parlait de changement?

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 15:20

Ces derniers temps, les critiques se sont multipliées envers Nicolas Dupont-Aignan et son mouvement, Debout La République! Au-delà des règlements de compte personnels et de la mauvaise foi, certaines de ses critiques venaient de gens sincères, déroutés par telle ou telle stratégie de communication, par tel ou tel propos. Puisqu'on m'a souvent demandé de me positionner, je me dois de justifier pourquoi je continue à soutenir Debout La République! et pourquoi je considère ce mouvement, ses cadres et son président, comme la meilleure voie possible en France.

La juste voie: pourquoi je conserve intact mon soutien à Nicolas Dupont-Aignan

Un petit préalable sur les liens entre Debout La République! et les autres partis.

Quelle que soit la stratégie électorale de Nicolas Dupont-Aignan, elle sera critiquée.
Lorsqu'il appelle à un vaste rassemblement national et tend la main, à gauche, aux chevènementistes et aux communistes, on lui reproche d'être incohérent et de ne pas comprendre le clivage gauche-droite.
Envisage-t-il, à l'inverse, de discuter avec le Front National? Le voilà immédiatement traité comme un ennemi de la République par des bonnes âmes trop heureuses de pouvoir le diaboliser à bas prix. Et lorsqu'il dénonce les dérives de ce même Front National, il est attaqué comme "agent du système", comme faux patriote.
S'il se rapproche de l'UMP, il sera accusé d'y être inféodé. S'il reste indépendant, au contraire, on lui reprochera de jouer cavalier seul.
Bref, chaque stratégie pourra être critiquée, attaquée, caricaturée.


Certains regretteront l'invitation au dernier Congrès de la très controversée Frigide Barjot, ou d'un Dominique Jamet dont le discours anti-robespierriste a choqué de nombreux républicains de conviction.


Plus généralement, certaines des personnalités qui gravitent autour de Nicolas Dupont-Aignan susciteront débats et polémiques. Quid de Lionel Luca et de Xavier Lemoine, aux discours extrêmement droitier - voire néo-conservateur - et fort éloignés de l'idée de réconciliation nationale?


D'autres, enfin, dénonceront une communication qui sort de l'ordinaire. Debout La République! et son président sont habitués aux coups d'éclat. Certains sont particulièrement bien pensés, d'autres provoquent une certaine perplexité.


Mais tout cela relève de la forme et de la stratégie. Donc du détail. Si je conserve, envers et contre tout, un soutien ferme et résolu à Nicolas Dupont-Aignan, c'est parce que son discours de fond est le meilleur.


Souveraineté populaire, réconciliation des Français, indépendance nationale. Voici comment résumer ce discours à grands traits. Passons sur l'idéal souverainiste: Nicolas Dupont-Aignan n'est pas le seul à avoir compris que la France, tant qu'elle sera sous la tutelle de Bruxelles et de Washington, de l'Union Européenne et de l'OTAN, ne pourra renouer avec la grandeur. Son économie dépend de l'Allemagne, sa diplomatie des États-Unis, son industrie de la Chine, son patrimoine du Qatar. Debout La République! le dénonce, comme la plupart des patriotes et souverainistes de droite et de gauche.


Mais là où Nicolas Dupont-Aignan se distingue, c'est en ayant compris que seule une France réconciliée pourra se battre pour son indépendance. D'où sa volonté permanente de discuter avec l'ensemble des forces politiques alternatives, du Front De Gauche au Front National, en passant par le MRC de Chevènement ou le MoDem. Dans toutes ces formations (et même à l'UMP et au Parti Socialiste), il existe des gens sincères et de bonne volonté, avec qui il faut pouvoir échanger.
Existe-t-il un seul autre responsable politique d'importance pouvant collaborer activement avec le député communiste Alain Bocquet, en restant allié du libéral britannique Nigel Farage? Qui soit ouvert au dialogue avec le Front National tout en manifestant aux côtés d'un autre communiste, Jean-Pierre Brard? Qui puisse tenir meeting commun avec Jean-Pierre Chevènement, et soutenir la marche dans la France de Jean Lassalle (MoDem)?


D'où aussi son combat pour intégrer les Français d'origine immigrée, notamment juifs ou musulmans, dans un combat national où beaucoup pensaient qu'ils n'avaient pas leur place. Debout La République! a réaffirmé haut et fort que le patriotisme français n'est pas question de race, d'origine ou de religion, mais de conviction. Ce qui explique la grande variété des profils qui se rencontrent au sein du parti.


Même volonté de réconciliation qui a poussé Nicolas Dupont-Aignan à ne pas s'engager dans le débat sur le mariage homosexuel. Malgré son hostilité au projet, il avait compris que le but du gouvernement socialiste - avec la complicité de l'UMP - était de diviser le pays sur ce sujet inutilement clivant.


En matière de politique étrangère, le discours est bon. Un peu timide et trop prudent, peut-être? Certainement. Mais les options de fonds sont les bonnes: refus de toute ingérence militaire en Syrie; rapprochement avec la Russie; coopération accrue avec l'Afrique Noire et le Maghreb; politique active envers le monde arabe et l'Amérique du Sud; reconnaissance de la Palestine; rejet de la tutelle de Washington.


Et Nicolas Dupont-Aignan a bien saisi, également, combien les Français souffrent de l'impunité des grands et petits délinquants, depuis les patrons-voyous qui délocalisent une entreprise rentable pour gagner plus d'argent, jusq'aux petits délinquants dont les premières victimes sont les travailleurs vivant dans des quartiers pauvres. Il sait qu'il ne faut pas opposer ces deux combats (lutte contre la délinquance en col blanc, lutte contre la déliquance de rue), car ils sont complémentaires.


En un mot comme en mille, le président de Debout La République! a compris quelles sont les menaces qui pèsent sur la France et quelles sont les grandes lignes qui permettront la libération du pays. Les petits malins feront remarquer qu'avec 2% des voix, il ne semble pas très effiace. Certes. Mais il est potentiellement le seul à pouvoir rassembler un éventail aussi large de Français (de gauche, de droite, bonapartistes, républicains ou monarchistes, ouvriers, entrepreneurs, agriculteurs, "de souche" ou "de branche", chrétiens pratiquants ou athées laïcistes, juifs ou musulmans, Bretons ou Niçois...)


Le discours est bon, l'homme est sincère et courageux, et il a réussi à rassembler autour de lui des patriotes au parcours extrêmement varié. Peut-on remettre en question sa stratégie? Peut-être. Doit-on critiquer certains de ses choix? Certainement.


Mais tant que je n'aurais pas entendu une meilleure analyse de fond que la sienne, tant qu'on ne m'aura pas présenté un programme plus rassembleur et cohérent, je continuerai de soutenir Nicolas Dupont-Aignan. Car au-delà des désaccords sur tel ou tel point, ce qui compte est de suivre une ligne juste. La bonne voie.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 17:50

Alors que la crise syrienne débouche sur une victoire ponctuelle de la Russie, le gouvernement français montre son incapacité à s'adapter à un monde multipolaire.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 12:12
Comment les gouvernements français, turc et australien ont ridiculisé leur pays

En annonçant son intention de consulter le Congrès avant toute opération militaire contre la Syrie, Barrack Obama a mis ses fougueux alliés – France, Turquie, Australie – dans l’embarras. En effet, rien ne dit que le Congrès soutiendra une intervention, et même dans ce cas-là, beaucoup de temps se sera écoulée et l’opposition de la Russie pèsera lourd. En fait, l’éventualité d’une attaque militaire contre la Syrie s’éloigne. Et ceux qui l’avaient prônée avec fougue sortiront discrédités de la crise.

Ci-contre: Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, entouré de deux partisans des « guerres humanitaires » : Bernard-Henri Levy et Bernard Kouchner.

À tout seigneur, tout honneur : la France est le pays qui s’est le plus couvert de ridicule au cours de la crise syrienne. 4ème ou 5ème puissance mondiale, elle s’est comportée comme un vulgaire protectorat américain – avant d’être désavouée, humiliation suprême, par son maître Barack Obama.

Le Président de la République François Hollande, et son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, sont les principaux responsables de cet échec. En effet, le peuple français s’est immédiatement prononcé contre la guerre en Syrie. Petit à petit, dans l’opposition, des voix ont remis en cause la politique belliqueuse de François Hollande. Mais il était trop tard : la France s’était déjà trop engagée ; elle avait promis frappes et « punition » (terme qui rappelle étrangement les grandes heures de la colonisation) à la Syrie ; elle devait être le meilleur allié des États-Unis.

Or, plus les jours passaient, plus il est apparu que cette guerre était irréaliste. Que voulait-on faire ? Envoyer des missiles au hasard sur la Syrie ? Il était évident que cela ne donnerait aucun résultat. Alors pourquoi ? Pour le bon plaisir d’exhiber nos armes ? Pour faire plaisir aux Américains ?

Pas de chance, les Américains, justement, semblent avoir changé d’avis. Plus Barack Obama hésite, et plus l’hypothèse d’une intervention armée s’éloigne. François Hollande reste seul, avec ses menaces inapplicables et ses missiles inutiles. Dans l’affaire, la France a gagné la réputation de mercenaire malheureux des Américains. Laurent Fabius, un peu comme le roquet, a beaucoup aboyé mais ne pourra pas mordre tant que son maître ne l’y autorisera pas. Et le maître américain a décidé de prendre son temps.

Pour un pays comme la France, qui a mis des Napoléon et Charles de Gaulle à sa tête, qui a été admiré, aimé et respecté dans le monde entier, ce triste épisode est dramatique. Acclamé en 2003 lorsqu’il avait rejeté la guerre en Irak, notre pays s’est comporté comme le dernier des esclaves. Un nouveau coup terrible porté à son image…

La situation en Turquie est différente. Les motivations de Recep Tayyip Erdoğan, de son ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu, et de leur parti l’AKP, sont multiples. S’ils ont pris parti contre le régime syrien, c’est notamment parce que ce régime (autoritaire, nationaliste et relativement laïc) leur rappelle furieusement le kémalisme, qu’ils combattent depuis longtemps. Facteur aggravant, Bachar al-Assad est un alaouite, ce qui le rend encore plus détestable aux yeux de certains islamistes turcs.

Pour comprendre l’hostilité de l’AKP aux alaouites, il faut savoir que ces derniers sont extrêmement proches des alévis (une importante minorité de Turquie). Pour les extrémistes sunnites, alévis et alaouites sont identiques et regroupés sous le terme péjoratif de « nusayris ». Traditionnellement de gauche ou kémalistes, les alévis turcs sont en grande majorité hostiles à l’AKP ; beaucoup d’entre eux ont participé aux manifestations de mai 2013. En attaquant le « régime alaouite » de Damas, le gouvernement turc peut ainsi mettre en garde les alévis, sans les menacer directement.

Enfin, au niveau international, Recep Tayyip Erdoğan espérait que la Turquie prendrait la tête d’une vaste coalition des États musulmans sunnites. Mais il est séparé du monde arabe sunnite par la Syrie ; si les Frères Musulmans (alliés historiques de l’AKP) prenaient le pouvoir en Syrie, la Turquie serait directement reliée au monde arabe sunnite et pourrait y exercer son influence.

C’est pourquoi, quelques jours à peine après les menaces américaines, le ministre des Affaires étrangères Davutoğlu s’est rangé dans le camp américain. Le 26 aout, il a fait savoir que la Turquie rejoindrait toute coalition prête à attaquer la Syrie – même sans l’accord de l’ONU. Depuis, Recep Tayyip Erdoğan a multiplié les interventions pour soutenir une intervention.

Le recul américain met la Turquie dans une situation délicate ; elle n’a évidemment pas les moyens d’attaquer seule la Syrie. Si elle agit, elle en subira de lourdes conséquences ; si elle n’agit pas, elle sera discréditée sur la scène internationale. Elle retrouvera cette image de « porte-avion américain » dont elle semblait s’être débarrassée dans les années 2000…

Ce sera de plus un nouveau revers pour le gouvernement de l’AKP. Les Turcs sont, en grande majorité, hostile à toute guerre contre la Syrie. Les kémalistes du CHP, les nationalistes du MHP, les communistes et certains islamistes à l’ancienne ont dénoncé la position anti-syrienne de leur gouvernement. Comme François Hollande en France, Recep Tayyip Erdoğan risque donc de sortir discrédité de cette crise, aussi bien à l’étranger que dans son propre pays.

On ne saurait oublier le troisième larron de cette pseudo-coalition, à savoir l’Australie. Comme en France, comme en Turquie, on a là-bas un gouvernement qui se met à la remorque des États-Unis malgré l’opposition de son peuple.

Il faut dire que l’Australie est en pleine campagne électorale, et le Premier Ministre socialiste, Kevin Rudd, est en grande difficulté. Une guerre victorieuse aurait été pour lui le seul moyen de remonter dans les sondages. C’est pour cela qu’il a immédiatement annoncé son soutien à toute coalition qui attaquerait la Syrie.

L’Australie a toujours été une alliée fidèle de Washington. Sa prise de position n’a donc rien d’étonnant. Mais si le Congrès américain votait contre une guerre, elle risque de se retrouver totalement isolée : cette fois, elle ne pourra même pas compter sur le Royaume-Uni. Le camp anglo-saxon, traditionnellement soudé, se verrait donc scindé en trois : les anti-guerre (Royaume-Uni et Canada), les hésitants (États-Unis) et l’Australie, belliciste et isolée.

Il est vrai que le gouvernement australien n’a rien à perdre, puisqu’il est d’ores et déjà certain d’être renversé aux prochaines élections. Mais il aura solidement écorné l’image internationale de son pays avant de chuter…

* * *

Alors que David Cameron avait failli engager le Royaume-Uni dans ce guêpier, les députés britanniques ont eu l’intelligence de voter contre la guerre. Mais la France, la Turquie et l’Australie ne sont pas totalement isolées : elles ont le soutien des dictatures théocratiques arabes (Qatar et Arabie Séoudite en tête…) Dans une croisade pour les « droits de l’Homme », de tels alliés sont pour le moins curieux. Voilà ce qu’il en coûte de suivre aveuglément les bellicistes américains : le ridicule, le discrédit, l’isolement.

 Depuis les débuts de la crise syrienne, les Turcs manifestent régulièrement contre les tendances belliqueuses de leur gouvernement.

Depuis les débuts de la crise syrienne, les Turcs manifestent régulièrement contre les tendances belliqueuses de leur gouvernement.

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 11:15

Un an après son élection à la tête de la République française, le premier bilan de François Hollande s'avère aussi médiocre que prévisible. Certes, le nouveau président ne peut être tenu responsable de toute la situation du pays. Cinq années de présidence Sarkozy ont laissé des traces difficiles à effacer. Mais, loin de s'y atteler, François Hollande s'est contenté de marcher dans les pas de son prédecesseur, allant parfois même jusqu'à supprimer les quelques bonnes mesures de ce dernier. Si quelques points positifs peuvent être retenus de cette première année de présidence Hollande, ils pèsent bien peu, à côté de ses nombreux échecs et trahisons. 

 

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Pour le positif, on retiendra:

-> La réussite de l'intervention au Mali: alors même qu'une telle opération paraissait risquée à première vue, François Hollande a finalement décidé d'envoyer l'armée française chasser les groupes terroristes qui contrôlaient le nord du Mali, sur demande de ce pays. 

Le professionalisme de l'armée française lui a amené une victoire rapide, tout en évitant les bavures à l'encontre des populations civiles. L'opération a permis de contrecarrer les visées américaines et qatariennes sur l'Afrique de l'Ouest, et de rapprocher la France de la Russie et l'Algérie. 

-> La reconnaissance de la Palestine à l'Assemblée Générale de l'ONU qui a quelque peu réhaussé l'image de la France dans le monde; Nicolas Sarkozy avait refusé cette reconnaissance un an plus tôt, par fidélité aux États-Unis. En faisant le choix inverse, François Hollande a affirmé, timidement, l'indépendance de la France. 

-> Le retrait des troupes française d'Afghanistan allait dans la même logique. Quoique tardif et incomplet, il a permis de sortir la France de ce bourbier. 

-> Quelques initiatives d'Arnaud Montebourg, malgré ses reniements multiples. Le refus du rachat de Dailymotion, groupe français, par l'américain Yahoo, par exemple. C'est une goutte dans l'océan, mais ça va toujours dans le bon sens...

 

Voilà qui pèse fort peu dans la balance, à côté d'un bilan extrèmement négatif:

-> L'adoption du pacte d'austérité Sarkozy-Merkel a été l'une des pires forfaitures de François Hollande. Lorsqu'il était candidat, il avait attaqué ce traité, et promis de le renégocier sur le fond. L'Allemagne ayant refusé cette négociation, François Hollande et les socialistes ont choisi d'imposer ce traité au peuple français - en refusant de le consulter par réferendum.

-> Plus généralement, c'est une politique sociale catastrophique qui a été menée. Les fermtures d'usines se sont multipliées, sans que le gouvernement fasse quoi que ce soit pour les empêcher. Si Nicolas Sarkozy avait trahi ses promesses à Gandrange, François Hollande a trahi les siennes à Florange, en laissant délibérément couler ce site industriel. Peu après, l'accord antisocial signé entre le Medef et quelques syndicats proches du PS a donné un nouveau coup de canif au modèle social français... 

-> La division des Français, par le projet du mariage homosexuel, a laissé des traces terribles. En lançant ce débat, tellement sensible, et en refusant de chercher un compromis du juste milieu (mariage sans adoption, par exemple?), François Hollande savait parfaitement ce qu'il faisait. Il s'agissait de faire diversion, pour faire oublier ses trahisons sociales. 

 Le débat ainsi ouvert a été d'une rare violence, dans un camp comme dans l'autre. Insultes et agressions, outrance et confusion, ont caractérisé ce débat. La France en est sortie meurtrie et divisée. 

-> Malgré quelques velleités d'indépendance, sur le Mali ou l'Afghanistan, la France est restée globalement dépendante des États-Unis. Bien évidemment, l'OTAN n'a nullement été remis en cause. En multipliant ses attaques contre la Syrie ou l'Iran, le gouvernement français s'est soumis aux ordres de Washington - et de ses alliés anglais ou qatari. 

-> Au niveau intérieur, le communautarisme avait rarement été autant encouragé et soutenu. Le discours de François Hollande au CRIF a été un monstrueux exemple d'amalgames, de tribalisme et de clientélisme. Il en va de même de la laïcité à géométrie variable d'un Manuel Vals. 

-> Le laxisme judiciaire et politique face à la délinquance a empiré, notamment sous l'influence de Christiane Taubira et de son idéologie libertaire. La suppression des jurés populaires, le refus de construire de nouvelles places de prison, et le soutien à une justice parfois plus dure avec les victimes qu'avec les criminels ont aggravé le bilan, déjà assez lourd, laissé par Nicolas Sarkozy et Rachida Dati. 

-> Enfin, on retiendra le piêtre bilan du gouvernement en matière d'école et d'enseignement. La reprise des cours d'histoire-géographie en terminale est une bonne mesure. Mais elle s'est accompagnée de plusieurs choix calamiteux: on a ainsi supprimé les internats d'excellence, mis en place par Nicolas Sarkozy en vue de restaurer l'élitisme républicain; par ailleurs, l'enseignement de la "théorie du genre" aux enfants à partir de 6 ans transformer l'école en institution de propagande idéologique.

Les réformes de Geneviène Fioraso visant à introduire les cours en anglais dans les universités françaises sont un danger pour la francophonie. D'autant qu'à côté de ça, la ministre prévoit une réforme des écoles de langues mettant en danger l'enseignement des langues rares...

 

Pour ne pas quitter le volet politique, on n'évoquera pas, du reste, les multiples scandales touchant le gouvernement (fraude fiscale, mensonges, népotisme...), bien loin de la "République irréprochable". 

 

* * *

En fin de compte, le bilan de la première année de présidence Hollande est extrèmement négatif. Tout n'est pas à jeter, et on peut même reconnaitre une certaine volonté à des ministres comme Arnaud Montebourg ou Victorin Lurel. Mais dans l'ensemble, la situation économique et sociale, le communautarisme et l'insécurité se sont aggravés. À cet égard, le bilan de certains ministres (Pierre Moscovici, Christiane Taubira, Vincent Peillon, Laurent Fabius) est particulièrement mauvais. Tout se passe comme si l'on avait repris et aggravé le pire du sarkozysme, tout en supprimant les rares bonnes mesures du précédent gouvernement. Est-ce là le changement qui était promis? 


 


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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 22:15

Si je n'ai pas voulu prendre parti de manière active dans le débat sur le mariage homosexuel, c'est parce que j'ai compris dès le départ que son but était de diviser les Français et donc, de créer une diversion. J'ai bien sûr un avis sur la question (et ceux qui me lisent régulièrement le connaissent), mais je n'ai tout simplement aucune envie de le défendre, vu la tournure du débat. Ce texte explique pourquoi. 

 

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L'outrance et l'insulte, en premier lieu, ont dominé ce débat de bout en bout. Alors que des voix raisonables tentaient de s'élever, d'un côté comme de l'autre, pour arriver à une meilleure compréhension mutuelle, ce sont rapidement les extrémistes de chaque camps qui ont été mis en avant. 

 

Personne n'a écouté les arguments de ceux qui craignaient qu'en détruisant la structure traditionnelle du mariage, on accélère la marche vers une société libérale et individualiste. Pas plus qu'on a écouté les arguments de ceux qui s'opposaient uniquement à l'adoption homosexuelle, au nom du droit de l'enfant à un équilibre paternel/maternel. 

On a préféré se focaliser sur des individus clairement homophobes, intégristes exhaltés ou ignorants haineux. Car de ceux-là, il y en a eu aussi. Comment veut-on que les homosexuels ne se soient pas sentis blessés par certains préjugés les rattachant à des satanistes, des pédophiles ou des pervers? 

 

Dans le même temps, certains partisans du mariage homosexuel se sont servis de ces extrémistes pour disqualifier l'ensemble de leurs contradicteurs. Pour certains d'entre eux, tout adversaire, non seulement du mariage homosexuel, mais même de l'adoption ou de la Procréation médicalement assistée, était forcément homophobe, machiste, fasciste ou idiot. 

S'en est suivi un terrorisme intellectuel terrible, où quiconque tentait de défendre les opposants au mariage homosexuel, était lui-même qualifié d'homophobe - Pierre Bergé ayant même rajouté l'accusation d'antisémitisme, ne craignant pas le ridicule. 

 

Ces insultes, des deux côtés, ont détruit tout début de débat intéressant. Espérait-on quelque échange entre pédagogues, ou un échange philosophique sur le mariage? On n'a eu droit qu'à Civitas et aux Femen, aux nervis du GUD contre les communautaristes LGBT. 

 

Le sentimentalisme dominant, au lieu de la raison froide, a dominé ce non-débat. Les enfants, en particulier, ont été mis en avant, sans cesse. Enfants d'homosexuels défendant le couple que forment leurs "parents" (comment pourrait-on leur demander de critiquer ceux qui les ont élevés et aimés??), enfants envoyés dans les manifestations contre le mariame homosexuel, et gazés par les CRS (mais depuis quand les enfants doivent-ils être emenés manifester??). 

 

Dans cette logique, l'adversaire était forcément un être sans pitié, sans coeur, monstrueux. La voie du juste millieu (reconnaissance des couples homosexuels, sans aller jusqu'à l'adoption) a été étouffée entre les provocations scandaleuses des homophobes, et l'hystérie malhonnète de nombreux partisans du projet de loi. 

 

On avait réussi, ainsi, à diviser les Français. 

 

La réactivation d'un clivage gauche-droite pourtant obsolète, a été favorisée par cette division des Français. Chacun en a tiré son parti. François Hollande a pu tenir une de ses promesses, après avoir trahi toutes les autres. Mieux encore, il est apparu comme un homme de poigne, capable de rallier toute la "gauche", et de tenir face aux manifestations du peuple. 

 

Pendant ce temps, la droite, centrée autour de l'UMP et des organismes conservateurs, a pu se construire une image d'opposante bon marché. Plus l'UMP manifestait contre le mariage homosexuel, et plus elle faisait oublier son soutien tacite à la politique économique ou internationale de François Hollande. 

 

 

*   *   *

 

 

Tout cela, le gouvernement l'avait évidemment prévu, et le savait. Cet enchainement terrible (outrance et insultes, puis division des Français, et donc réactivation du clivage artificiel gauche-droite) était voulu. Il a permis de faire oublier d'autres sujets capitaux (la capitulation du gouvernement socialiste devant les exigences du Medef, les coups portés à la francophonie, une politique étrangère alignée sur Washington...) C'est parce qu'il était un piège vicieux, et dangereux pour notre pays, que j'ai detesté cette manoeuvre.

 

Ce sont des millions de Français, homosexuels ou hétérosexuels, catholiques ou athées, cadres ou ouvriers, hommes ou femmes, qui se sont sentis concernés par ce "débat". Avec souvent, pour eux, des souffrances ou de la colère, l'incompréhension ou la peur, et l'incapacité d'échanger sereinement et de se comprendre. 

 

Autant que le gouvernement, mais aussi tous ceux qui ont profité de ce "débat", portent une lourde responsabilité dans les déchirures à venir de la société française. 

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