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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 00:08

Les récentes victoires du groupe islamiste EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant) étaient parfaitement prévisibles. Elles sont la conséquence logique de l'invasion américaine de 2003, mais aussi plus généralement du double-jeu de l'Occident vis-à-vis des groupes djihadistes. La brutale attaque des djihadistes pourrait bien marquer la destruction définitive du pays, et bouleverser le paysage géopolitique de la région.

 

Comment les Américains ont détruit l'Irak

 

Disons le clairement, et répétons-le autant de fois que nécessaire: les Occidentaux en général, et les Américains en particulier, portent une écrasante responsabilité dans les malheurs qui frappent aujourd'hui l'Irak. Naturellement, Saddam Hussein a commis des erreurs terribles, la plus grave ayant été l'agression presque gratuite de l'Iran (soutenue, du reste, par Washington et Paris). Les massacres de Kurdes, la rupture avec le Baas syrien ou l'invasion du Koweït sont également à mettre au compte du dictateur déchu.

Néanmoins, l'Irak restait dans les années 1980 un pays relativement stable, qui aurait pu se reconstruire après la guerre désastreuse contre l'Iran.

Mais en maintenant le pays sous embargo plusieurs années durant, les Occidentaux ont accentué sa ruine. Ces sanctions, responsables de la mort de plus de 500 000 civils irakiens, ont par ailleurs profondément marqué toute une génération. Une génération élevée dans la famine, la misère et la haine de l'Occident qui les lui infligeait, une génération que l'on retrouve aujourd'hui largement dans les groupes djihadistes qui ravagent le pays.

L'invasion américaine de 2003, fondée sur des mensonges éhontées, a été le coup de grâce. Sagement, la France a combattu cette guerre, s'exposant à la vindicte des bellicistes américains.

Il n'a fallu que quelques mois aux Occidentaux pour gagner cette guerre, mais ils n'ont jamais su gagner la paix. En faisant tomber Saddam Hussein, puis en le faisant tuer d'une manière particulièrement humiliante, ils ont créé de terribles fractures au sein de la société irakienne. En détruisant tout l'appareil d'Etat baasiste, ils ont privé le pays de sa structure de fonctionnement. En encourageant le séparatisme, ils ont brisé l'unité de cette nation multiethnique et multiconfessionnelle. En un mot comme en mille, c'est à la destruction barbare et irréfléchie d'un pays que l'on a pu assister.

Le processus est désormais irréversible. On ne peut reconstruire ce qui a été brisé. Mais on peut à tout le moins en tirer des leçons: ceux qui prêchaient pour une intervention occidentale en Syrie devrait méditer sur le triste exemple irakien. Ajoutons d'ailleurs que les groupes qui s'emparent aujourd'hui de l'Irak sont les mêmes qui ont combattu Bachar al-Assad en Syrie, recevant de ce fait le soutien de l'Occident...

L'avenir incertain d'un Irak au passé brisé

Perspectives nationales et régionales

 

Des trois possibilités d'évolution de la situation se dégagent: une victoire des djihadistes, une victoire provisoire de l'armée irakienne, ou l'éclatement du pays. Dans tous les cas, nul doute que les rapports géopolitiques de la régions en seront sensiblement affectés.

Il y a tout d'abord un scénario catastrophe, qui verrait les djihadistes s'emparer de l'ensemble du pays et y instaurer leur tyrannie. Ce scénario est redouté par tous les pays de la région (en particulier l'Iran, qui se verrait coupé de ses alliés chiites au Liban et en Syrie), et a finalement peu de chances de se réaliser.

Le scénario "optimiste" serait une victoire des troupes loyalistes sur les djihadistes et la reprise en main du pays. C'est possible, en particulier si le gouvernement de Bagdad reçoit l'aide de l'Iran. Mais ce ne serait qu'une victoire sans lendemain, car les profondes fractures qui divisent le pays persisteraient. Le gouvernement irakien est l'héritier des "collabos" qui ont applaudi et soutenu l'intervention et l'occupation américaines. Corrompu et autoritaire, il n'est reconnu ni par les sunnites laïques (qui ne lui pardonnent pas la persécution du Baas et de ses alliés), ni par les Kurdes (qui cherchent leur autonomie locale), ni par les islamistes (qui lui reprochent son atlantisme). Il sera donc incapable à moyen terme de garantir la stabilité du pays.

Le troisième scénario, le plus probable, est celui d'une partition progressive du pays. On peut prévoir un territoire kurde plus ou moins indépendant au nord; allié de la Turquie, il serait un gage de stabilité dans la région et se développerait rapidement grâce au pétrole. Au sud, un territoire chiite sous protection iranienne pourrait se dessiner; pour résister aux assauts du nord, il aurait besoin de l'aide de l'Iran et perdrait de fait toute indépendance. Reste à savoir ce que deviendrait le centre du pays. Et les perspectives sont assez sombres. Les sunnites laïques du Baas ayant été persécuté (ou s'étant rallié au fondamentalisme), ce sont les groupes islamistes qui ont le plus de chances de tenir le terrain, et notamment le terrible EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant, ancienne filiale d'Al-Quaïda).

Cette situation serait particulièrement dangereuse pour la Syrie voisine, qui vient juste de triompher de ces groupes djihadistes, et qui pourrait se voir à nouveau confronter à leurs assauts. L'Iran aussi se verrait menacer, ainsi que la Turquie. Quant aux autres territoires irakiens, ils leur faudra batailler pour garder les villes frontalières - Mossoul pour les Kurdes, Bagdad pour les chiites. Cette nouvelle donne pourrait être d'ailleurs l'occasion d'un rapprochement inédit entre la Turquie, le Kurdistan irakien et l'Iran.

Notons dans tous les cas quelques grands perdants du processus: les chrétiens, tout d'abord, autrefois protégés par Saddam Hussein, et qui ont été massivement tués ou chassés du pays depuis l'intervention américaine. Les Turkmènes, ensuite, qui se verraient coincés entre les djihadistes arabes et les nationalistes kurdes. Les sunnites laïques, enfin, et notamment les anciens militants du Baas, haïs tant par les chiites et les Kurdes que par les groupes islamistes.

 

* * *

Y-a-t'il un moyen de sauver l'Irak? Non. Si le pays sort de ses épreuves, ce sera seul. Les Américains, fidèles à leurs méthodes, envisagent un bombardement.

Mais une intervention étrangère, qu'elle vienne de l'Occident ou des pays arabes, ne pourrait qu'aggraver la situation. Tout au plus peut-on imaginer une coopération entre les pays voisins (Iran, Turquie, Syrie) pour tâcher d'enrayer la machinerie djihadiste. Ce pourrait même être l'occasion pour l'Iran de revenir dans les bonnes grâces occidentales, en jouant un rôle stabilisateur dans la région. Mais l'Irak ne sortira pas pour autant de la misère et des divisions ethniques et religieuses. Rien n'est plus facile que désintégrer une nation en difficulté; rien n'est plus dur que de la reconstruire le moment venu...

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 22:26

Chaque jour, l'indépendance kosovare révèle un peu plus de ses failles, béantes et cruelles. Lundi dernier, la Serbie a rejeté un nouveau plan de règlement de la question du Kosovo; en effet, elle estimait que les droits des Serbes du nord de cette région n'étaient pas assez défendu. L'affaire peut traîner encore bien longtemps, et aucune solution ne semble se profiler pour une bonne raison: l'indépendance du Kosovo, séparé de force de la Serbie par les armées occidentales, est un échec complet. Cette entité, non reconnue par la communauté internationale, ne survit que grâce à l'aide extérieure et aux trafics. Une dure leçon pour les séparatistes de tout poil...

 

serbie.jpgHéritière de la grande puissance yougoslave, pays chrétien et très nationaliste, la Serbie a pu compter sur le soutien de nombreux pays orthodoxes, en particulier la Russie, lorsque le Kosovo lui a été enlevé.

 

Un désastre économique et social

Malgré sa situation de carrefour stratégique et économique potentiel, le Kosovo connaît aujourd'hui une situation de pauvreté alarmante. Le chômage frappe près de 50% de la population, et 70% des jeunes de 15-25 ans. La malnutrition y est encore très forte, et son taux de mortalité infantile est le plus élevé d'Europe. Les enfants, les minorités ethniques, et les handicapés sont les premiers frappés par cette situation tragique.

Le pays n'a absolument pas développé ses infrastructures. L'état des routes et des villes y est lamentable, et la population a du s'habituer aux coupures d'électricité régulières, faute d'une production suffisante.

En dépit de ses richesses naturelles (bauxite, nickel, or...) et de petits commerces dynamiques, le pays ne survit que grâce à l'aide internationale, le soutien de la diaspora, et l'économie criminelle. Ses élites partent massivement pour l'étranger, et aucune amélioration ne se profile à l'horizon.

 

À cette fâcheuse morosité économique se rajoute une persécution quotidienne des minorités. Les Serbes en sont les premières victimes, mais loin d'être les seules; on peut aussi citer les Bosniaques, les Tziganes, les Gorans, les Turcs, les Égyptiens ou les Ashkalis.

C'est ainsi que l'Université de Pristina (capitale du Kosovo), autrefois multilingue, a supprimé les cours en serbe et en turc; plusieurs centaines d'églises chrétiennes ont été saccagées, brûlées ou détruites; plusieurs milliers de non-Albanais ont été assassinés ou enlevés. Depuis 1999, on estime à 200 000 le nombre de Serbes, Tziganes, Gorans et Turcs chassés de leur foyer sans avoir pu y retourner.

  

Une entité mafieuse et criminelle sous contrôle américain 

Les persécutions ethniques ne sont pas surprenantes quand on connait les dirigeants du pays. Ramush Haradinaj, "Premier Ministre" du Kosovo en 2006 et 2007, a été accusé deux fois devant le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie de crimes de guerre; il a été acquitté à chaque fois, mais dans des circonstances très douteuses (notamment l'assassinat d'une dizaine de témoins compromettants).

Quant à l'actuel Premier Ministre du pays, Hashim Taçhi (surnommé "le serpent"), il traîne un passé très lourd. C'est un des fondateurs du groupe terroriste kosovar UCK, au sein duquel il n'a pas hésité à faire assassiner plusieurs de ses opposants. Ancien trafiquant d'armes et de drogue, il a été accusé par la Serbie de crimes de guerre et de massacres ethniques. Proche de la mafia albanaise, Hashim Taçhi est soupçonné par les services secrets allemands d'être impliqué dans le trafic de cigarettes.

UCK.jpgL'UCK, milice paramilitaire qui s'est battue pour l'indépendance du Kosovo, est accusée de plusieurs crimes de guerre, et d'implication dans de nombreux trafics illégaux.

  

Mais la principale accusation qui pèse sur Hashim Taçhi, ainsi que sur plusieurs politiciens et militaires kosovars, est l'implication dans un monstrueux trafic d'organes, pratiqué sur de jeunes prisonniers de guerre. C'est Carla del Ponte, procureur du Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie, qui a fait connaitre ce scandale au public.

L'enquêteur Dick Marty, chargé d'éclairer cette affaire, a délivré un rapport accablant, qui a été adopté par le Parlement Européen. Il dénonce l'assassinat de centaines de Serbes et d'opposants albanais, par un groupe de mafieux kosovars. Ces derniers agissaient au Kosovo et en Albanie, où ils retenaient leurs victimes prisonnières, leur retirant leurs organes un à un avant de les assassiner. Les organes prélevés auraient été envoyés à de riches cliniques en Europe et en Israel.

Le rapport de Dick Marty dénonce également l'aveuglement, voire la complicité passive, de l'ONU et surtout de l'OTAN dans ce processus.

 

Si l'artificielle construction kosovare ne s'est pas écroulée, c'est en grande partie grâce à l'aide militaire des États-Unis. Le Kosovo abrite la base militaire américaine de Bondsteel, la plus grande de la région. Soupçonnés d'avoir incarcéré et torturé illégalement des prisonniers de guerre dans cette base, les Américains tiennent à la garder sous leur contrôle, ce qui explique leur soutien à l'indépendance du Kosovo.

L'Albanie est également dans la partie; elle rêve depuis longtemps d'intégrer le Kosovo, peuplé d'Albanais, à son territoire, et ses services secrets oeuvrent en ce sens. Mais c'est là une logique très dangereuse pour la stabilité de la région, et pour l'intégrité des nations les plus fragiles.

 

La dangereuse boite de Pandore du séparatisme

La proclamation d'indépendance du Kosovo a relancé la valse infernale des séparatismes. L'exemple le plus flagrant était donné par l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, ces provinces géorgiennes qui ont fait sécession à l'aide de l'armée russe. Dans les Balkans aussi, l'infernal processus de décomposition a été relancé, les Serbes de Bosnie ou les Albanais de Macédoine réclamant à leur tour un statut d'autonomie.

 

Mais le Kosovo a inspiré bien d'autre groupes séparatistes, en Europe, dans le Caucase ou au Moyen-Orient. Dans l'Union Européenne, cinq pays ont refusé de reconnaître l'indépendance kosovare: l'Espagne, la Roumanie, Chypre, la Grèce et la Slovaquie. Ce n'est pas un hasard si tous sont confrontés à des problèmes de séparatisme (à l'exception de la Grèce, qui agit davantage en soutien à Chypre, et par solidarité orthodoxe).

Dans le monde, des pays comme le Mali, la Chine, l'Algérie, l'Azerbaïdjan ou l'Irak ont adopté la même position, et pour les mêmes raisons.

 

reconnaissance.gif

L'indépendance du Kosovo a été mal acceptée, même en Europe, où les séparatismes font rage.

 

Cependant l'exemple kosovar est piégé par ses propres limites. L'échec de cet État fantoche montre que le séparatisme est une impasse. Seule une région riche et homogène peut se permettre de faire sécession - ce qui est rarement le cas. Le Kosovo est aujourd'hui une entité minée par la pauvreté, la corruption, la criminalité et les violences communautaires. Il n'est reconnu ni par l'ONU, ni par les grandes puissances mondiales en dehors de l'Occident. Cette république fantoche ne survit que par le soutien de l'armée américaine, et de l'Albanie voisine. Il est peu probable que la Serbie récupère un jour le Kosovo, mais cette indépendance ratée restera dans l'histoire comme un avertissement à tous les apprentis sorciers du séparatisme et de la dislocation des nations.

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 17:33

Cette chaise vide devait symboliser l'absence de réforme de la présidence Obama. Un symbole difficile à comprendre pour les militants républicains, qui lui reprochent, au contraire, les rares réformes qu'il a entreprises. 

 

Les journalistes américains, puis français, s'en sont donnés à coeur joie après la prestation de Clint Eastwood à la Convention du Parti Républicain, le jeudi 30 aout à Tampa. On a parlé d'un discours "incohérent", "étrange", "hilarant". Il est vrai que l'acteur, sur la forme, n'a pas été très habile. Ce n'est pas un grand orateur et il l'a démontré. Mais pourquoi son discours est-il tombé à plat? Pourquoi a-t-il provoqué les rires et la gêne des militants?

 

La forme n'explique pas tout. Le problème ne venait pas du Clint Eastwood. Il venait du public, et du lieu de ce discours. 

 

Car, à la Convention d'un parti très à droite, c'est presque une critique de gauche à laquelle Clint s'est livré. Il n'a pas reproché à Barack Obama ses idées, il lui a reproché de ne pas les avoir appliquées. 

Lorsqu'il lui a reproché de n'avoir pas fermé Guantanamo, ou lorsqu'il a insisté sur les 23 millions de chômeurs, ce n'était pas le discours d'un Républicain. On aurait pu croire qu'un orateur socialiste, ayant perdu son chemin, s'était retrouvé par hasard à devoir prendre la parole.

Dans un parti de gauche, le discours de Clint aurait fait un triomphe, mais à la Convention Républicain, il ne pouvait être accueilli que très froidement. 

 

Ce décalage n'a rien de surprenant. Si Clint Eastwood a toujours été proche des Républicains, il reste un libre penseur. Au sujet de la guerre en Irak, de la peine de mort, de l'euthanasie, ou de la misère sociale, ses positions sont bien plus à gauche que celles du Parti Républicain. Il avait d'ailleurs fait part de ses espoirs en Barack Obama, sans toutefois le soutenir officiellement. 

 

Par ses films comme par ses prises de positions politiques, Clint Eastwood reste le symbole d'une Amérique conservatrice et individualiste, mais aussi populaire, simple et cultivant la libre parole. Peu compatible, donc, avec les élites néo-conservatrices qui se soumettent autant aux banques qu'aux lobbies. 

 

 

Un peu d'indulgence, donc! Clint n'est pas un orateur, soit. Il est excellent acteur, et c'est bien mieux. 

Et si son discours n'a pas été bien reçu, c'est aussi qu'il sortait de la bien-pensance républicaine. Ce n'est pas un adversaire, mais un déçu de Barack Obama qui s'est exprimé à Tampa. 

Donc, un homme bien plus clairvoyant que les journalistes français qui le raillent, mais restent prisonniers de leur Obamalâtrie. 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 11:40

Les 24 et 25 aout se sont éteints deux hommes qui avaient représentés, chacun en son temps, la toute-puissance américaine. Le premier, Neil Armstrong, avait conquis la Lune en 1969, offrant in extremis la victoire de la course à l'espace aux Etats-Unis. Décédé d'un arrêt du coeur, il disparaît sous les hommages unanimes des peuples du monde. La veille, un autre Armstrong, Lance de son prénom, faisait face à une mort autrement plus dramatique: celle de sa carrière, de sa réputation, de son histoire. 

 

La déchéance de Lance Armstrong est celle de tout un système, de tout un mythe: celui du self-made man américain qui, à la seule force de son courage et de sa volonté, s'élève aux plus hautes cimes de la gloire. Ce conte marchait en 1969, lorsque son homonyme spationante mettait le pied sur la lune. 

Il marchait parce que les Etats-Unis, alors chef de file du monde occidental, avaient moyen de faire rêver les peuples qui voyaient encore en eux le sanctuaire de la liberté. 

Il marchait parce que les moyens de propagande de l'époque permettaient encore d'entretenir un mythe que seuls quelques esprits libres osaient remettre en cause. 

Il marchait, enfin et surtout, parce que l'exploit technique des Etats-Unis était réel, parce que le courage et le sang-froid de Neil Armstrong étaient admirables. 

 

Pour un connaisseur du cyclisme professionnel, Lance Armstrong ne pouvait paraître qu'extrèmement suspect; scientifiquement, ses victoires manquaient terriblement de crédibilité. Mais, outre la généralisation du dopage sur le Tour de France, il ne faut pas oublier que c'est aujourd'hui un public essentiellement composé d'amateurs qui suit cette épreuve sportive d'importance. 

 

En 2012, le rêve est brisé, le conte ne séduit plus personne, au malheur de Lance Armstrong. Il l'avait pourtant soignée, son histoire! Celle du jeune cycliste, miraculeux vainqueur du cancer, enchaînant à la suite victoire sur victoire, notamment lors du célèbre Tour de France. Tout y était! Mais plus personne n'y croit. 

Vainqueurs de l'URSS, mais en pleine crise sociale et économique, les Etats-Unis se comportent comme tout Empire en déclin: de manière agressive, violente, irréfléchie. Ils ont attisé sur eux la détestation des peuples du monde entier. 

L'émergence de nouveaux médias (comme internet, pourtant né aux Etats-Unis), les mensonges répétés des Etats-Unis ont conduit les gens à douter de tout: Lance Armstrong ne pouvait être regardé qu'avec suspicion. 

 

Là ou l'astronaute Neil Armstrong avait incarné toutes les qualités de l'Amérique (inventivité technique, innovation, courage, prise de risque...), le cycliste Lance Armstrong en a incarné les pires défauts. 

La drogue et la triche, le mensonge, l'intimidation des témoins, l'argent utilisé pour corromptre et pour acheter, l'arrogance et le mépris de l'adversaire. 

 

Pendant longtemps, les défenseurs de Lance Armstrong se sont contentés d'accuser ses adversaires d'anti-américanisme, nonobstant donc les critiques de plus en plus vives que les Américains eux-mêmes émettaient à l'égard de leur "champion". 

 

Détail troublant: ce n'est pas en Europe, tétanisée et silencieuse, que Lance Armstrong va chuter, mais en Amérique. Ce sont deux autres cyclistes américains, Greg LeMond (triple vainqueur du Tour de France), puis Floyd Landis (vainqueur en 2006 puis disqualifié pour dopage) qui ont accusé leur collègue de dopage. Ce sont des tribunaux américains qui ont enquêté sur lui, et c'est l'Agence Américaine Antidopage (USADA) qui a décidé de le suspendre de lui retirer ses titres, le 24 aout 2012. 

 

 

Déjà se multiplient, à l'égard de Lance Armstrong, des insultes, venant de ceux qui l'ont si longtemps défendu, refusant de voir les preuves scientifiques, d'écouter les témoignages accaplant. Ils sont prompts à brûler ce qu'ils ont si longtemps adoré. Comme une métaphore de ce monde qui regardait avec fascination les Etats-Unis à l'époque de leurs exploits spaciaux, et se dresse aujourd'hui farouchement contre leur domination....

 

Victime collatérale des mensonges américains, dont ceux de son homonyme? De plus en plus, les exploits de Neil Armstrong sont remis en cause par ceux qui y voient un trucage de plus. Comme une histoire inversée du garçon qui criait au loup...

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 18:20

Nul n'en parle et pourtant, les Etats-Unis sont en train de faire peser sur le monde une menace bien plus grande que n'importe quelle autre nation. Leur bouclier antimissile, initié par Bill Clinton et Georges Bush, et dont Barack Obama poursuit la construction, représente un danger réel pour l'ensemble des nations libres et l'équilibre mondial. Concrètement, ce bouclier se présente sous la forme de batteries de roquettes sol-air, réparties autour du territoire à protéger, et permettant de détruire en vol tout missile (nucléaire notamment) lancé par un Etat ennemi. Alors que jusque-là seul le territoire américain accueillait ces batteries, les Etats-Unis envisagent depuis 10 ans d'en positionner en Europe de l'est. Officiellement, il s'agit de se protéger de l'Iran (ou de la Corée du Nord); mais la Russie, juste en face, se sent visée en premier lieu. Malgré ses promesses de paix, Barack Obama continue la mise en place de ce "bouclier", qui représente pourtant un danger pour la paix mondiale. 

 

Fondé sur le principe de missiles intercepteurs basés dans les pays d'Europe centrale, le bouclier antimissile américaine ambitionne théoriquement de protéger l'Occident d'une éventuelle frappe iranienne. Néanmoins, on remarque que la Russie semble tout autant visée par ce dispositif que l'Iran.

 

 

L'équilibre du monde mis à mal

 

La première menace introduite par cette folle entreprise est d'ordre mondial, et c'est en cela qu'elle est la plus grande. Elle donne aux Etats-Unis un avantage stratégique et psychologique décisif sur leurs adversaires et rivaux: Russie, Iran, Chine, et les Etats qui gravitent autour (Syrie, Corée du Nord, Biélorussie, etc.)

 

Pendant la guerre froide, la paix a été maintenue par ce qu'on appellait l'équilibre de la terreur: les deux superpuissances mondiales (Etats-Unis et Union Soviétique) se neutralisaient mutuellement par la menace réciproque de destruction nucléaire. La chute de l'Union Soviétique a entrainé une décennie (1991 - 2001) de triomphe des Etats-Unis, première puissance mondiale, maitres du monde.

Mais la décennie suivante (2001 - 2012) marquait au contraire un affaiblissement de cet empire; peu à peu, trois grandes puissances recommençaient à lui faire face: la Russie qui relevait la tête, la Chine devenant première puissance économique du monde, l'Iran qui se remettait peu à peu de la guerre contre l'Irak (1980 - 1988). Les deux premières sont des puissances nucléaires, la troisième pourrait le devenir prochainement.

On pouvait espérer l'avènement d'un monde multipolaire, où des grands poles de puissances (russe, chinois, chiite, sud-américain...) contreraient l'hyperpuissance américaine et son impérialisme. 

 

La Russie pourrait répondre aux provocations américaines en postant à son tour des missiles pointés sur l'Occident, dans son enclave européenne de Kaliningrad. 

 

Or, le bouclier antimissile vise explicitement à remettre en cause cet équilibre. Et c'est alors que se pointent deux périls aussi inquiétant l'un que l'autre; soit la Russie réagit à cette provocation, et se relance dans une course aux armements chère et dangereux. Soit - et ce serait peut-être pire encore - elle laisse les Etats-Unis prendre cet avantage décisif, et renforcer leur domination sur le monde.

Dans les deux cas, c'est l'ensemble des nations libres qui est menacé par ce processus; et l'Europe et la France pourraient bien en être les premières victimes. 

 

 

La paix européenne en danger

 

C'est peut-être là le coeur du problème. Le bouclier antimissile est sûrement problématique pour la Russie ou l'Iran. Mais son efficacité pratique n'est pas encore démontrée, et ces grands pays ont les moyens d'y répondre. Mais son installation reviendrait à couper l'Europe en deux, au profit de l'Amérique.

 

L'Ukraine est aujourd'hui un enjeu fondamental de la rivalité entre les Etats-Unis et la Russie, qui s'en disputent le contrôle.

Elle pourrait être tout aussi bien visée que protégée par un dispositif antimissile, et il est probable que ce débat y est suivi avec attention. 

 

Tout au long du 20ème siècle, deux visions stratégiques et historiques de l'Europe se sont affrontées. La vision continentale, défendue notamment par Charles de Gaulle, voit en elle un bloc distinct de l'Amérique, et ouvert sur l'Asie. Trois grandes nations en forment le coeur: la France, l'Allemagne et la Russie. Les Anglo-Saxons n'y sont tolérés que s'ils renoncent à l'alliance américaine. Cet axe "Paris-Berlin-Moscou", maintes fois dessiné, a été réactivé lorsque les trois nations se sont opposées à la guerre contre l'Irak en 2003.

 

Bien évidemment, les Etats-Unis et leurs alliés en Europe ont développé un autre modèle, qui divise l'Europe en deux: à l'ouest, une Europe "occidentale", pro-américaine, regroupée au sein de l'OTAN et solidaire de Washington. En revanche, l'Europe eurasienne, chrétienne orthodoxe (Russie, Biélorussie, Ukraine russophone, auxquelles il faut ajouter, au sud, la Serbie), serait un adversaire à combattre. 

 

La mise en place du bouclier antimissile consacrerait cette division entre, d'une part une Europe occidentale qu'il protègerait, et d'autre part une Europe pro-russe qu'il viserait directement. L'axe "Paris-Berlin-Moscou" serait brisé net, la réconciliation entre la Russie et les pays de l'est deviendrait impossible, et l'Ukraine se verrait en proie à des déchirements terribles. 

Menacée à l'ouest, la Russie se tournerait tout naturellement vers la Chine et l'Iran. L'Europe occidentale deviendrait de ce fait totalement dépendante des Etats-Unis, tout en se coupant de l'Eurasie. 

 

 

La dissuasion française affaiblie

 

Dans tout ce processus, où sont les intérêts de la France? Il suffit pour répondre à cette question de rappeler deux de ses atouts spécifiques: elle vend des armes défensives de grande qualité, et elle est une puissance nucléaire, donc indépendante. 

 

Lors du dernier sommet de l'OTAN, François Hollande a accepté l'idée d'un bouclier antimissile américain, mettant gravement en danger les intérêts de la France à moyen terme. 

 

Or, le bouclier antimissible ne pourra que ruiner cette "exception française". En premier lieu, il portera un coup terrible à l'industrie d'armement française; non seulement les autres pays européens, sous protection américaine, auront beaucoup moins besoin des technologies françaises, mais le passage de la France sous "parapluie américain" rendra plus réticents des partenaires traditionnels comme la Russie, le Brésil ou la Chine. 

Les pacifistes n'ont aucune raison de s'en réjouir: si l'industrie d'armement française s'effondre, elle sera remplacée par celles des Etats-Unis, de la Russie, d'Israel et de la Grande-Bretagne. 

 

Pire encore: ce bouclier mettra toute l'Europe occidentale à l'abri (en théorie) d'une attaque nucléaire. Il rendra donc la bombe nucléaire française presque inutile. La République tchèque ou la Hollande se verront d'un seul coup aussi bien protégées que la France.

Si l'arme nucléaire devient inutile (la protection étant déjà accordée par le bouclier antimissile), la France perd donc une grande partie de son influence et de son indépendance. 

 

En 2010, l'échec d'une interception par un missile "Patriot" américain avait révélé la faiblesse du dispositif antimissile: son efficacité même sera donc limitée, à moins d'y engager des sommes exorbitantes, qui mettront sûrement l'Europe à contribution. 

 

 

Dans toute l'Europe, en France également, des voix, fortes mais trop faiblement relayées, s'élèvent pour condamner cette dangereuse folie qu'est l'idée du bouclier antimissile américain. Si ce dernier devait voir le jour, nul doute que l'équilibre du monde et la paix en Europe en seraient grandement affaiblis. Directement menacée par ce processus, la France doit le combattre par tous les moyens qu'elle a à disposition. Sans cela, il est à craindre que l'Empire américain mette plus de temps que prévu à tomber et surtout, qu'il entraine l'ensemble de l'Europe occidentale dans sa chute. 

 

Et pendant ce temps, à Paris, on discute du jubilé de la Reine d'Angleterre. 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 19:03

Barack Obama ayant lourdement déçu les espoirs de ceux qui voyaient en lui un changement - et dont votre serviteur, méfiant dès le départ, ne faisait pas partie - il est temps de se demander quel candidat américain les Français, et plus généralement les peuples du monde, peuvent espérer voir élu. Malgré ses échecs et reniements, Barack Obama sera certainement le candidat du Parti Démocrate, et il n'y a rien à attendre de lui. C'est donc du côté des Républicains qu'il faut chercher. 

 

Né dans une famille de fermiers modestes, Ron Paul représente l'éthique protestante d'un "self-made-man" ayant gravi progressivement, et gràce au travail, l'échelle sociale. 

 

Très vite, un nom, et malheureusement un seul, semble percer les brumes de médiocrités qui flottent sur le camp républicain: Ron Paul, le candidat libertarien. Son nom sera familier à ceux qui suivent régulièrement les élections présidentielles américaines, puisqu'il fut déjà candidat aux primaires républicaines en 2008. 

Ron Paul est un candidat atypique. Il représente le libéralisme économique le plus pur (le plus dur, diront ses adversaires); hostile à toute intervention de l'Etat, Ron Paul se distingue toutefois des néo-libéraux sur certains aspects: hostile à l'application pratique de la peine de mort, il est également partisan de la suppression de la CIA, ou de la Réserve Fédérale des Etats-Unis. Il fut d'ailleurs l'un des rares républicains à s'opposer, au nom des libertés publiques, au Patriot Act voté en 2001. 

Mais c'est au niveau international que les prises de position de ce candidat libertarien sont les plus originales et les plus intéressantes - puisqu'il propose ni plus ni moins que de revenir au traditionnel isolationnisme américain. 

 

Ron Paul est un des candidats américains les plus populaires sur internet, où ses partisans accusent les médias du système de l'ignorer et de lui donner peu la parole. 

 

 

Une politique étrangère souverainiste et non-interventionniste

 

Certes, Ron Paul n'est pas noir, n'est pas jeune, n'est pas photogénique. Mais la politique extérieure qu'il propose est beaucoup plus révolutionnaire et clairvoyante que les timides changements annoncés, et vite abandonnés, par Barack Obama. Comme ce dernier, Ron Paul a voté contre la guerre en Irak. Mais il s'est aussi opposé aux guerres d'Afghanistan ou de Libye, et à toutes les autres interventions américaines. 

 

Considérant que l'impérialisme américain est profondément néfaste à son pays, dont il esquinte l'image, Ron Paul est hostile à toute intervention étrangère, et partisan d'une stricte souveraineté des Etats. Une idée qu'il a développée dans une vidéo de campagne particulièrement intelligente, disponible ici: http://www.youtube.com/watch?v=JaBu9OL85Ww.

 

Ron Paul avait prédit dès 2003 la grave crise économique qui s'annonce. Malgré son libéralisme économique et son soutien au libre-échange, cet homme dont la carrière équivant à 40 ans d'honnèteté n'a jamais cessé de remettre en cause l'exorbitant pouvoir des banques. 

 

En contre-partie, le candidat libertarien s'annonce comme un souverainiste farouche: il souhaite notamment le retrait des Etats-Unis de l'ONU, l'OMC et l'OTAN. Il souhaite également la fin de toutes les aides aux pays étrangers (y compris à Israel, ce qu'aucun candidat n'avait jamais osé proposer).

Un programme qui, s'il était appliqué, affaiblirait certainement la position américaine à court terme, mais n'entamerait pas la puissance économique du pays, et lui offrirait l'opportunité d'une nouvelle politique, dans un nouveau monde. 

 

 

Le monde peut-il espérer en Ron Paul? 

 

Comme pour tout candidat aux idées révolutionnaires, la victoire de Ron Paul semble peu envisageable. Il est probable qu'au cours des primaires qui s'ouvriront aujourd'hui, il sera rapidement balayé et vaincu par un candidat républicain plus conformiste. 

D'autre part, quand bien même il deviendrait le nouveau président américain, il est certain qu'il ne pourrait pas appliquer son programme tel quel - ne serait-ce qu'à cause de l'hostilité du Congrès. 

 

Pour autant, la victoire de Ron Paul annoncerait peut-être une période plus calme, où les Etats-Unis, en cessant d'intervenir dans les affaires du monde, se réconcilieraient avec lui. Où l'Empire américain se dissoudrait sans que la nation américaine en souffre. 

 

Hostile aux demandes des lobbies, au Patriot Act, aux interventions étrangères, Ron Paul a été surnommé "Doctor No" par ses collègues. 

 

On peut ne pas apprécier le libéralisme de Ron Paul, son soutien au port d'arme, son opposition à l'avortement. Mais ce sont les affaires internes des Etats-Unis. Ce qui intéresse le monde, c'est qu'aujourd'hui, un homme hostile à l'impérialisme américain peut devenir président des Etats-Unis. Et c'est pourquoi tous les peuples libres doivent souhaiter, sans trop d'espoir mais avec détermination, la victoire de Ron Paul aux élections présidentielles américaines. 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 23:09

 

Il y a dix ans jour pour jour, les puissances occidentales menées par les Etats-Unis mènent leurs premières opérations de bombardement de l'Afghanistan; première étape d'une guerre impitoyable au terme de laquelle seront chassés du pouvoir les Taliban, soupçonnés d'abriter Al Quaïda et son chef, le mystérieux Ben Laden. Les Occidentaux s'installent alors dans le pays, avec l'ambition proclamée d'en éradiquer le terrorisme et d'y installer la démocratie. Au bout d'une décennie, alors qu'ils s'apprètent à évacuer le pays, ils ne peuvent que constater leur double échec. Pourtant prévisible. 

 

Un terrorisme qui plie mais ne rompt pas

 

La méthode d'intervention choisie était mauvaise depuis le début. Tout d'abord, on ne combat par les terroristes, habitués à mener les guérillas, avec une armée régulière. Les Soviétiques en avaient fait la douloureuse expérience, dix ans plus tôt, dans le même pays. Par ailleurs, le terrorisme étant un mouvement transnational par nature, il était absurde de croire qu'on pourrait le neutraliser en ne le combattant que dans un seul pays. Ici aussi, l'exemple russe aurait du être rappellé: les Taliban opposés aux troupes soviétiques ne cessaient de se replier au Pakistan, où ils étaient protégés et armés par leurs alliés de l'époque, les Etats-Unis, via les services secrets pakistanais. 

Envoie une armée régulière combattre la guérilla afghanne, sans prendre le contrôle des pays voisins (Pakistan et ex-républiques soviétiques d'Asie Centrale) était donc une crétinerie totale, bien étonnante de la part des meilleures armées du monde. 

 

Les zones tribales, ces régions que le Pakistan a confiées aux Taliban, fournissent d'excellentes bases arrières pour les combattants d'Al-Quaïda. Situées à la frontière de l'Afghanistan, et en pleine zone de montagne, elles forment une forteresse inexpugnable.

 

En conséquence, si le régime des Taliban a été facilement renversé, Al-Quaïda (malgré des pertes lourdes et indéniables, à commencer par son chef, le mystérieux Ben Laden) continue de prospérer en Afhganistan, n'ayant qu'à franchir la frontière avec le Pakistan pour se retrouver en sécurité, au sein des zones tribales contrôlées par les Taliban pakistanais. 

Au nord, les Républiques d'Asie Centrale fournissent un inépuisable vivier de combattants prèts à en découdre. Paradoxalement, les Occidentaux ne peuvent compter que sur l'Iran, au sud-ouest du pays, pour maintenir un semblant de stabilité. 

Loin d'être neutralisé, le terrorisme a même été vivifié par l'intervention américaine. La mort officielle de Ben Laden aura permis aux Américains d'échapper à l'humiliation totale, mais leur intervention, sur le long terme, n'aura pas su réduire le terrorisme. Terrible constat qui condamne du même coup la fragile démocratie afghane que les Occidentaux se gargarisent d'avoir installée...

 

Hamid Karzaï, longtemps vu comme l'homme des Américains, risque bien d'être chassé après leur départ. Sauf bien sûr en négociant avec les Taliban, ce qu'il s'est empressé de faire.

 

L'illusion de la démocratie, les désillusions que le futur annonce

 

Que l'on ne s'abuse pas au sujet de la démocratie instaurée en Afghanistan: maintenue à bout de bras par les troupes occidentales, elle menace de s'effondrer à tout bout de champ. Encore une fois, un tel échec était plus que prévisible: l'Histoire montre que, de Napoléon en Espagne, à Kennedy au Vietnam, la démocratie ne s'exporte pas, et surtout, ne s'impose pas par les armes. A l'exception notable du Japon en 1945, aucun pays ne s'est jamais démocratisé sous l'occupation étrangère. Les Soviétiques avaient tenté de moderniser et de laïciser le pays; ils ont déchaîné contre eux un regain d'intégrisme religieux. De même les Occidentaux, en imposant la démocratie par les bombes et l'occupation, font-ils le jeu des dictateurs et des Taliban. Ces derniers, mal-aimés par la population il y a 10 ans, apparaissent de plus en plus comme des héros de l'indépendance nationale.

 

Cette faute de l'Occident est aussi un crime. On a fait croire à des élites locales qu'elles vivraient désormais en démocratie; que les femmes seraient plus libres; que les intellectuels pourraient s'exprimer; que les minorités seraient respectées. Pendant 10 ans, ces élites ont vécu dans une démocratie artificielle protégée par l'Occident. Sans se rendre compte que le départ de ses troupes signera peut-être leur arrêt de mort - les plus chanceux devront se soumettre ou s'exiler.  

Si l'Occident avait laissé ce pays se développer à son rythme, trouvant le chef moderniste qu'il lui fallait, peut-ête aujourd'hui ces élites poseraient-elles les premières pierres d'une démocratie beaucoup plus solide, puisque nationale et donc acceptée par le peuple. En évitant, au passage, la mort de 35 000 citoyens afghans, dont de nombreux civils. 

 

 

En 1989, l'Occident se réjouissait devant le départ précipité des troupes soviétiques. Une humiliation qu'il risque bien de subir à son tour...

 

 

Les Américains sont déjà en train de négocier avec les Taliban, qui attendent patiemment leur heure pour reprendre le pouvoir. On espère ainsi former un gouvernement "modéré", une coalition qui regrouperait autour de Karzaï les islamistes prêt à la réconciliation et ses anciens collaborateurs de l'Occident. Mais n'est-il pas déjà trop tard? Au pire, l'Afghanistan retombera dans la guerre civile et la dictature; au mieux, une démocratie corrompue et fragile tentera de survivre, vivant aux crochets de l'aide américaine, jusqu'à être renversée à son tour. Est-ce pour un tel résultat que sont morts les soldats français? La France peut-elle encore, aujourd'hui, se féliciter de cette entreprise, soutenue par Jacques Chirac et Lionel Jospin? Ne doit-elle pas plutôt admettre qu'elle a suivie les Etats-Unis dans ce qui restera comme un des plus gros échecs de leur histoire militaire et diplomatique?

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 20:35

Les Etats-Unis ont beau jeu, en ce dixième anniversaire des attentats du World Trade Center, de peaufiner leur image d'Etat victime, dans une propagande larmoyante assidûment reprise par leurs alliés occidentaux. Ils permettent ainsi de faire oublier que le 11 septembre marque également la date d'un coup d'Etat militaire au Chili dont ils furent les complices. Le renversement d'un gouvernement démocratiquement élu, avec la complicité de la C.I.A., permit l'établissement au Chili d'une dictature sanguinaire, chapeautée d'une main de fer par le général Augusto Pinochet. Le drame de ce petit pays, si loin de nous, reste encore peu connu; pourtant, aujourd'hui encore, le Chili porte les séquelles de ce coup d'Etat, pour lequel les Américains n'ont jamais présenté d'excuses. 

 

A peine élu, les jours du nouveau président étaient compter: Richard Nixon et Henry Kissinger ne pouvaient laisser passer ce qu'ils avaient vécu comme une grave humiliation...

 

Salvador Allende: le caillou dans la botte sud-américaine de Washington

 

La situation chilienne n'inquiétait guère les Etats-Unis jusqu'en 1970; République parlementaire depuis plusieurs décennies, le pays était alors, comme tous les Etats d'Amérique du Sud, un de leurs alliés loyaux, stable et prometteur. Aussi, l'élection du socialiste Salvador Allende à la tête du Chili provoqua un vif émoi à Washington. Richard Nixon refusa de féliciter son homologue, et ordonna immédiatement à la C.I.A. de se mettre en action pour discréditer et chasser celui qu''il qualifiait de "fils de pute"; Henry Kissinger résuma la position américaine ainsi: "l'élection d'Allende [...] nous pose un des plus sérieux défis jamais rencontrés dans cette hémisphère".

Salvador Allende n'était pourtant pas un grand danger pour l'Amérique. Si son gouvernement comprenait quelques ministres communistes, lui-même était plus proche des sociaux-démocrates; c'est d'ailleurs en promettant de respecter la constition du pays et les libertés fondamentales qu'il avait reçu le soutien des centristes. Mais Kissinger craint "l'effet domino": le passage d'autres pays d'Amérique Latine au socialisme, et peut-être un jour, au communisme!

 

Un coup d'Etat soutenu par les Etats-Unis

 

La C.I.A., qui avait déjà financé le candidat de droite Alessandri, s'attaque alors au nouveau gouvernement de gauche. Elle se heurte dans un premier temps au général René Schneider, chef des armées chiliennes, légaliste et hostile à tout coup d'Etat. Ce gêneur, mortellement blessé fin 1970, lors d'une tentative d'enlèvement, sera vite éliminé. Son remplaçant n'est autre qu'un certain Augusto Pinochet...

Les Américains se lancent alors dans une importante campagne de déstabilisation, qui frappe tous azimuts: financement des journaux de droite, arrêt des investissements et exportations, propagande insidieuse, ordre à la Banque Mondiale de stopper ses prêts. En quelques années, la situation sociale du Chili se dégrade considérablement. Dans le même temps, la C.I.A. apporte un soutien logistique et financier à l'armée qui, sous la coupe de Pinochet, compte renverser le gouvernement de gauche à la faveur de la crise. 

 

Réfugié dans son palais, Salvador Allende a-t-il été tué par sa propre armée, ou s'est-il suicidé? Le mystère demeure...

 

C'est donc le 11 septembre 1973 qu'aura lieu le renversement de Salvador Allende; au petit matin, l'armée chilienne prend le contrôle du port de Valparaison et annonce la déchéance du gouvernement démocratiquement élu trois ans plus tôt. Le président se réfugie dans le palais présidentiel, d'où il tente d'organiser un semblant de résistance; bombardé par sa propre armée, Allende meurt au terme de l'assaut. 

L'armée chilienne, sur les ordres d'Augusto Pinochet, lance une vague de représsion massive contre les communistes chiliens, dont les noms lui avaient été communiqués par la C.I.A. Des milliers de civils sont tués, arrétés, torturés; ainsi débute, dans le sang, et avec la lourde complicité des Etats-Unis, une dictature militaire qui ne tombera que 18 ans plus tard, en 1989...

 

Le lourd traumatisme d'un pays

 

Lorsque le général Pinochet est contraint de quitter le pouvoir, en 1990, le Chili semble renouer avec la liberté. 20 ans plus tard, il apparaît pourtant que le pays souffre toujours terriblement des séquelles de cette époque. Les dirigeants et tortionnaires du régime militaire n'ont ainsi jamais été poursuivis ni inquiétés, et Augusto Pinochet lui-même, déclaré mentalement irresponsable, fut relâché par la cour chargée de le juger. Le viuux général meurt en 1996, sans avoir été condamné pour ses crimes. Le bilan des militaires chiliens est pourtant extrèmement lourd: les escadrons de la mort, la police politique et les services secrets se sont rendus coupables de milliers de cas de torture, viol, enlèvement, disparition et assassinat, non seulement au Chili, mais également dans le reste de l'Amérique Latine. Même les Etats-Unis et l'Europe auront été frappés par ces actes meurtiers. 

 

Après les réformes sociales de Ricardo Lagos, Michelle Bachelet, élue en 2006, déçoit le peuple chilien. Les problèmes économiques hérités des années 1970 perdurent, et le pouvoir manque de volonté. Des dissidences se créent à gauche, regroupant les déçus du socialisme sauce Bachelet. Ces difficultés permettent l'élection, entre 2009 et 2010, de l'homme d'affaire Sebastian Pinera. Surnommé "le Berlusconi chilien", ce libéral de droite se distingue en intégrant d'anciens hommes de Pinochet dans son équipe; la situation sociale continue de se dégrader terriblement. S'il joue sur des coups médiatiques, tels l'union des homosexuels ou le sauvetage de 33 mineurs chiliens, le gouvernement se montre incapable de répondre à la crise sociale et économique. La jeunesse chilienne manifeste depuis plusieurs mois, réclamant un meilleur accès à l'éducation et aux services publics. Passée inaperçu à l'heure des révolutions arabes et des émeutes anglaises, ce mouvement de contestation ne semble pourtant pas prêt de s'affaiblir...

 

La jeune et jolie communiste Camila Vallejo est à la tête du mouvement de contestation qui touche le Chili depuis trois ans. Le salut viendra-t-il de la jeunesse?

 

 

Le 11 septembre aura été pour le Chili une date autrement plus funeste qu'elle n'a pu l'être pour les Etats-Unis. Le coup d'Etat, préparé par la C.I.A. et approuvé par Washington, des militaires chiliens, a saboté une démocratie en plein essor. En plus des profondes blessures morales et politiques dont le pays souffre toujours, il a vu sa croissance économique et son modèle social brisés en vol. Près de 20 ans après la fin de la dictature, le Chili peine toujours à s'en relever, bien qu'en meilleure posture que beaucoup d'autres pays de la région; sa jeunesse qui se soulève manifeste plus son desespoir que sa volonté de changement. Crise sociale, morale et politique: la difficile situation du Chili doit beaucoup aux Etats-Unis. Au lieu de s'apitoyer sur le sort de son pays, on aimerait que Barack Obama profite de ce 11 septembre pour faire au Chili les excuses qu'il lui a toujours refusées. 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 22:55

Il avait toujours su, jusque là, ménager la chèvre et le chou, flatter les masses arabes en rassurant ses partenaires israéliens, afficher sa sympathie pour la cause palestinienne tout en protégeant Israel des sanctions internationales. Coincé entre une opinion publique arabe et même mondiale de plus en plus sensible à la cause palestinienne, et une classe politique américaine profondément sioniste (et parfois jusqu'à l'hystérie, comme son conseiller Rahm Emmanuel), Barack Obama devra faire un choix: la Palestine, dont les deux principaux mouvements politiques, Hamas et Fatah, viennent de se réconcilier, tentera sous peu de faire reconnaitre son indépendance à l'ONU; le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou s'y opposera vraisemblablement, et c'est là que le poids des Etats-Unis se révèlera crucial. 

 

 

 

Malgré des positions originellement très pro-israéliennes, Nicolas Sarkozy s'est rapproché des Palestiniens après la victoire de Benjamin Netanyahou. Une tendance qui n'est pas isolée en Europe.

 

 

La phase actuelle de négociations est cruciale, et la conjoncture favorable à la paix en général, et aux Palestiniens en particulier. Ces derniers n'avaient pas connu une situation aussi idéale depuis plusieurs décennies. L'arrivée au pouvoir d'un gouvernement réactionnaire et colonialiste en Israel leur a permis de soigner leur image d'interlocuteurs raisonables et gagner une certaine sympathie internationale. Plusieurs alliés historiques d'Israel se sont dans le même temps détournés de leur partenaire: si le revirement de la Turquie a été le plus spectaculaire, les Etats-Unis ou l'Union Européenne ont également pris certaines distances avec l'Etat hébreu; même Nicolas Sarkozy, qui s'était rapproché d'Israel au temps d'Ehoud Olmert, s'en éloigne de nouveau, du fait de ses mauvaises relations personnelles avec Benjamin Netanyahou.

Les révolutions arabes ont été un autre facteur décisif; si elles se sont pratiquement partout soldées par un échec cinglant, à l'exception probable de la Tunisie, elles ont tout au moins permis de desserer l'étau que les Etats arabes, et notamment l'Egypte, faisaient peser sur les Palestiniens. Elles ont également accéléré la rapprochement entre le Hamas et le Fatah; les échecs économique et social du premier, et politique du second, les ont poussé à se réconcilier afin de redonner espoir à une population qui se laissait gagner par les idées révolutionnaires. 

En un mot comme en mille, c'est donc en situation de force que l'Etat palestinien tentera de se faire reconnaitre à l'ONU; une reconnaissance qui semble déjà acquise auprès des pays d'Afrique et d'Asie, d'Amérique du sud, de la Chine et de la Russie, et de plusieurs Etats de l'Union Européenne. 

 

 

 

La mort d'un militant pacifiste italien a fait prendre conscience au Hamas qu'il était lui-même menacé par le fanatisme religieux sur lequel il jouait. Une des raisons de son rapprochement avec le Fatah?

 

 

Il sera très dur pour Israel d'éviter ce camouflet diplomatique. Il a pu jusque là compter sur l'indéfectible soutien des Etats-Unis, mais pour combien de temps encore? Sa politique de colonisation est de plus en plus mal acceptée; en hiver dernier, une résolution condamnant cette politique a été adoptée par les 14 membres du Conseil de Sécurité, dont la France et la Grande-Bretagne. Seul Barack Obama a profité de son droit de véto pour sauver son petit allié; mais est-il prêt à recommencer? Les intérêts américains divergent aujourd'hui de plus en plus de ceux d'Israel, d'autant plus que les révolutions arabes et la mort de Ben Laden pourraient encourager l'Oncle Sam à adopter une nouvelle politique moyen-orientale.


Israel fait par ailleurs face à une grave crise morale. Créé après le désastre du génocide de la Seconde Guerre Mondiale, il se voulait Etat protecteur des Juifs. Mais un nombre sans cesse croissants parmi eux, y compris des anciens déportés, lui remet en cause cette légitimité. Etat qui se voulait démocratique et laïc, il est aujourd'hui gangrené par le fanatisme religieux et discrédité par l'exclusion de l'electorat arabe. Projet colonial qui aurait pu fleurir au 19ème siècle, il est apparu à l'époque même où s'engageait la décolonisation. Avec la chute de l'antisémitisme en Europe, l'idée d'un "Etat des Juifs" semble de plus en plus inutile; de nombreux Juifs, partis vivre en Terre Promise, et déçus de ce qu'ils y ont trouvé, ont fini par retourner dans leurs vraies patries, la France, l'Angleterre, ou les Etats-Unis. 

Dans un tel contexte, auquel il faut ajouter la forte natalité des Arabes, Israel ne peut survivre sous sa forme actuelle... à moins de négocier la création de deux Etats souverains, dans les frontières de 1967, agrémentées de concessions territoriales réciproques et équitables. En refusant de négocier, Benjamin Netanyahou ne met pas seulement la paix en danger, mais l'avenir même de son pays; pour des raisons bassement électorales, qui sont une des grandes faiblesses de la démocratie. 


 

 

 

La survie de l'Etat d'Israel ne pourra passer que par un bon voisinage avec ses voisins arabes, palestiniens notamment. L'Etat hébreu est condamné à la paix.

 

 

Dans un tel contexte, c'est du protecteur américain que dépend la résolution du conflit. L'Union Européenne n'a aucun poids diplomatique. La France et le Royaume-Uni sont (hélas!) trop alignés sur les Etats-Unis pour être actuellement crédibles. La Chine et la Russie n'ont pas envie d'intervenir. Barack Obama pourrait, s'il en avait l'occasion, profiter de la situation pour mener les négociations de paix. Tout en chargeant le Fatah de surveiller le Hamas pour empêcher d'éventuelles violences, il pourrait faire pression sur Israel, qui ne peut pas se permettre de perdre le soutien des Etats-Unis. S'il continue la politique de concessions qui a été la sienne et celle de ses prédécesseurs, il se heurtera toujours au refus de Benjamin Natanyahou; s'il menace en revanche ce dernier de lui retirer ce soutien, il est pratiquement sûr d'obtenir ce qu'il demandera.

Certainement, une telle politique lui coûterait cher; les lobbys et la classe politique américaine le lui feraient payer au centuple; mais n'est-ce pas la marque des grands hommes d'Etats que de s'affranchir de ce genre de considération? S'il fait passer sa réelection avant tout, il en profitera à court terme, mais restera un politicien impuissant. S'il est prêt en revanche à affronter les élites de son pays, et qu'il mène à bien un accord de paix, il laissera l'image d'un chef d'Etat digne de ce nom. 


 

 

 

 

 


Bien evidemment, il ne faut pas être naïf; même si l'idée de deux Etats souverains, se partageant Jérusalem, et aux frontières équitablement définies, venait à triompher, bien d'autres obstacles se présenteront à la paix. Pour y aboutir, il faudrait que les néo-conservateurs quittent la Maison Blanche; que Benjamin Netanyahou sacrifie sa réelection; que le Fatah se débarasse de ses corrompus; que le Hamas renonce à l'islamisme fanatique. Mission impossible. Mais l'Histoire ne tiendra pas rigueur à Barack Obama d'avoir essayé, tandis que s'il renonce, elle le jugera sévèrement. 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 23:25

Comment le chef spirituel d'Al-Quaïda a-t'il pu rester si longtemps caché dans un gigantesque bâtiment au Pakistan sans que ni les autorités pakistanaises, ni leurs alliés américains, n'aient la puce à l'oreille? Pourquoi le régime pakistanais, qui ne pouvait ignorer la présence de djihadistes dans le secteur, n'a-t'il pas subi la même attaque que le régime des Taliban?


 

 

La luxueuse résidence qui abritait le chef d'Al-Quaïda. Difficile de croire que l'armée pakistanaise n'était pas au courant...

 

 

Pourquoi a-t'il fallu neuf mois à la CIA, pourtant très forte en matière d'interventions rapides, pour mener à bien une telle opération? Que faut-il conclure du fait que l'attaque ait été lancée au moment même où s'engageait la campagne présentielle américaine, avec un Barack Obama en bien mauvaise posture?


Pourquoi aucun observateur indépendant n'a-t'il pu avoir accès au corps de Ben Laden, très vite jeté à la mer? Depuis quand la tradition musulmane prévoit-elle de jeter les cadavres dans l'océan? 


Comment les médias occidentaux ont-ils pu oublier que Ben Laden fut notre meilleur agent contre les Soviétiques, et que c'est à nos "amis" américains et saoudiens qu'il doit sa fortune et sa formation? Que sont devenus ceux qui, dans les années 80, saluaient les exploits du jeune "combattant de la liberté" contre les Rouges?


 

 

Ridicule montage photo présenté par plusieurs journaux en mal de sensationnalisme

 

 

Pourquoi i-télé a-t'elle ressenti le besoin de nous faire parvenir un ridicule montage photo censé illustrer la violence de la mort de Ben Laden?


Que vont devenir les innombrables groupes terroristes qui formaient Al-Quaïda? Croit-on sérieusement que l'organisation va se dissoudre sagement après la mort de son chef spirituel?


En quoi l'invasion de l'Irak a-t'elle aidé en quoi que ce soit à l'élimination de Ben Laden? Et quel risque personnel, quelle initiative particulière, Obama a-t'il pris dans cette opération, pour s'en flatter comme il le fait?


 

 

Ben Laden en 1989, à l'époque ou l'ensemble des élites française saluait sa victoire contre les Soviétiques

 

 

Pour conclure, notons que Ben Laden n'a pas été jugé, qu'il n'a pas été condamné, et que sa responsabilité dans les attentats du 11 septembre n'a jamais été démontrée (c'est pour les attentats du Kenya et de Tanzanie, avant tout, que les Américains le recherchaient). Qui sont alors tous ces crétins, de Barack Obama à Jean-François Copé, qui clament que "justice est faite pour le 11 septembre"? Et depuis quand Martine Aubry, Benoit Hamon, Pierre Moscovici, qui applaudissent cette élimination, sont-ils pour la peine de mort? 

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