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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 12:47

Entre soumission totale aux intérêts économiques allemands, et diabolisation de l'Allemagne et de sa politique, n'y a-t-il pas un juste milieu, passant par la défense des intérêts français, sans agressivité mais sans concession? 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 21:30

L'idée est cocasse. Silvio Berlusconi, chef de la droite libérale italienne, dix ans à la tête du pays, homme d'affaire et d'affaires, de fric et de frasques, en bouclier du petit peuple italien et des classes prolétaires? Cette situation, saugrenue au possible, pourrait bien être le seul bilan du mandat de Mario Monti, Président du Conseil italien depuis novembre 2011, et qui vient d'annoncer sa démission prochaine. 

 

 

Lorsque Silvio Berlusconi, sur pression de la France et de l'Allemagne, a été lâché par son parti, peu de monde en Italie le regrettait. Les deux plans d'austérité qu'il avait déjà pris avaient durement frappé le peuple italien, et ses frasques et son arrogance ne rendaient pas le personnage spécialement sympathique. 

Un détail, toutefois, aurait du troubler les Italiens: si Berlusconi avait été chassé, ce n'était pas pour sa politique passée, mais uniquement parce qu'il refusait d'aller aussi loin dans l'austérité que ce que l'Union Européenne lui demandait. 

Sans élection, un nouveau gouvernement de technocrates (dont aucun n'avait jamais été élu par le peuple) a été désigné. Ainsi pendant près d'un an l'Italie a-t-elle vécu sous un régime despotique, que le peuple n'avait pas choisi, et dirigé par le froid Mario Monti. 

 

Mondialiste et européïste, Mario Monti symbolise parfaitement l'acoquinement de l'Union Européenne avec la haute finance. Ayant fait ses études à l'université de Yale, aux Etats-Unis, il est depuis 2005 consultant pour Goldman Sachs, l'une des banques à l'origine de la crise économique de 2008. Mario Monti est également président pour l'Europe de la Commission Trilatérale (un des fers-de-lance du mondialisme), membre du comité de direction du groupe Bilderberg, et du groupe de pression "Friends of Europe". 

Européïste convaincu, il milite pour une Europe fédérale, et a lancé l'idée d'un "Fond Monétaire Européen" calqué sur le Fond Monétaire International. Et c'est sur ordre de l'Union Européenne, et pour tenter de sauver l'Euro, qu'il a lancé une politique d'austérité terrible pour le peuple italien: baisse des salaires, recul de l'âge de la retraite, et augmentation de la pression fiscale. 

 

 

Le peuple italien espérait, avec la chute de Silvio Berlusconi, une politique plus sociale. La gabatine dont il a été victime l'a poussé à rejeter en masse le nouveau gouvernement. Le Parti Démocrate-Libéral avait soutenu jusque-là Mario Monti; mais, face à la colère populaire, ses dirigeants ont préféré lâcher leur ex-nouvel-allié (n'en étant plus à une trahison près...), qui a alors présenté sa démission. 

Silvio Berlusconi a compris qu'une nouvelle occasion de revenir aux affaires s'offrait à lui et veut se présenter aujourd'hui comme une alternative au peuple italien. 

 

Les Français, béats d'admiration seulement devant leurs maitres (l'Américain Obama, l'Allemande Merkel), regardent avec condescendance ce processus, qui pourrait ramener Berlusconi au pouvoir. Pour certains, c'est là l'occasion de ressaser leur mépris et leurs préjugés envers les Italiens. C'est oublier que, deux fois, les Français se sont fait avoir, croyant élire un gaulliste (2007) et un socialiste (2012), avant d'être cruellement déçus. 

 

 

Bien sûr, Silvio Berlusconi est détestable au possible. Bien sûr, sa politique libérale ne sera pas bien meilleure que celle de Mario Monti. Mais il incarne, volens nolens, une certaine forme de populisme et de défense du peuple italien. Tant qu'une vraie opposition (chrétienne-démocrate, communiste...) n'émergera pas, "il Cavaliere" restera en selle. Parce que les Italiens choisiront toujours l'escroc public qui s'avance à visage découvert, plutôt que le froid serpent qui les étouffe silencieusement mais bien plus mortellement. 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 19:07

 

Avec une classe toute britannique, le souverainiste anglais Nigel Farage (chef de l'UKIP, United Kingdom Independance Party) démontre l'absurdité et le danger de la politique européïste de la Commission Barroso. Interpellé, dans un mauvais anglais (signe de soumission au mondialisme?) par un socialiste autrichien, il lui répond avec humour et fermeté, et le renvoie dans les cordes.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 10:36

Economiste français, Jacques Sapir analyse l'échec de la zone euro, et démontre que seule sa dissolution permettrait aux pays qui la composent de retrouver leur bonne forme économique. 

 

 

 

"La crise de la zone euro a atteint un point critique. Quelles que soient les solutions envisagées, qu'il s'agisse de la mutualisation de la dette ou des mesures dites"non conventionnelles" que la Banque centrale européenne pourraient prendre, elles ne peuvent apporter de solution durable. A cela une bonne raison : cette crise n'est pas une crise de la dette souveraine mais une crise de compétitivité aggravée par l'effet pervers de l'euro sur la croissance.

 

Les différentes mesures prises depuis le début de 2010 ont été globalement inopérantes. Elles n'ont pu éviter que, pays après pays, cette crise s'étende, de laGrèce à l'Irlande, de l'Irlande au Portugal, puis à l'Espagne et à l'Italie. La situation dans la plupart des pays va continuer à se dégrader sous l'effet de la conjonction de politiques mal avisées de déflation compétitives, qui sont l'équivalent des politiques de dévaluation compétitives que l'euro prétendait supprimer. Alors que le chômage recommence à fortement monter en France, il est temps de changer depolitique, sinon nous nous imposerons l'équivalent d'une grande dépression par notre propre stupidité.

 

 

Des politiques inefficaces liées à une erreur de diagnostic

 

Les dirigeants européens se sont persuadés que cette crise était liée à l'endettement, qui provoque des problèmes, bien réels, de liquidité. D'où la solution proposée : se désendetter par une virulente cure d'austérité. Mais, les politiques d'austérité provoquent un effondrement des recettes fiscales, visibles dans le cas de la Grèce, de l'Espagne et de l'Italie, qui reproduit le déficit et la dette. Cette crise de la dette n'est que la conséquence directe de la crise de compétitivité interne et externe structurellement issue de l'existence de l'euro.

 

Les écarts de compétitivité n'ont cessé de s'accroître ces dernières années. Aujourd'hui, ils imposeraient des baisses instantanées des coûts salariaux de l'ordre de 20 % en France, et nettement plus en Espagne et en Italie, sans même parle de la Grèce et du Portugal. En l'absence d'une telle baisse, les pays concernés sont condamnés à voir se creuser leur déficit commercial et à perdremassivement des pans entiers de leurs activités industrielles. Ils tentent d'y répondre par des subventions aux entreprises qui grèvent lourdement leur budget, et qui dans le cas de la France dépassent les 3 % du PIB.Cette crise de compétitivité induit aussi des destructions d'emplois importantes.

En France, ce sont au minimum 300 000 emplois industriels qui sont menacés d'ici à décembre, à la fois dans les grandes entreprises et les PME-PMI. Au premier semestre de 2013 ce sont encore 200 000 emplois supplémentaires qui devraient être détruits. La situation est bien pire en Espagne (avec 24 % de chômeurs) et l'on s'approche des niveaux espagnols en Grèce et au Portugal. A ces subventions aux entreprises viennent donc s'ajouter les coûts d'indemnisation des travailleurs licenciés. Il ne faut pas chercher plus loin la cause du déficit public et de l'accroissement de la dette.

Ceci est aggravé par l'anémie les pays de la zone euro depuis l'introduction de la monnaie unique. Le décalage de croissance est net avec les autres pays développés non membres de la zone euro.Il faut donc s'attendre à une montée du chômage de 3 % à 4 % au minimum sur un horizon de douze mois. Dans ces conditions, parler de "redressement productif" pour la France est une sinistre fumisterie.

 

 

L'impérieuse nécessité de baisser les coûts salariaux

 

Cette baisse des coûts salariaux peut, en théorie, se faire de trois façons. On peutimaginer qu'elle se fasse par l'accroissement des salaires, et de l'inflation, en Allemagne. Mais nous n'avons que peu de prise sur ces paramètres. De plus, pour obtenir rapidement le décalage nécessaire, il faudrait que l'Allemagneaccepte sur deux ans des taux annuels d'inflation de 12 %. C'est, évidemment, parfaitement illusoire. De plus, si cette mesure ne règlerait en rien le problème de compétitivité vis-à-vis des pays extérieurs à la zone euro, qu'ils soient européens (Roumanie, République Tchèque, Pologne) ou non-européens.

 

Une deuxième solution réside dans la déflation salariale nominale. C'est la logique de ce que proposent tant le gouvernement que l'UMP. Mais, ses conséquences sur l'économie française seront dramatiques. La consommation baissera de 12 % à 15 % (suivant les effets d'entraînement), ce qui, sur une période de deux ans se traduira par une chute du PIB de 4 % à 5 % par an. Le chômage atteindra 20 % de la population active . Une telle baisse du PIB entraînerait d'ailleurs une réduction des recettes fiscales. La dette publique atteindrait, si le gouvernement s'en tenait aux objectifs de déficit annoncés, 99 % du PIB ! La déflation salariale ne ferait qu'aggraver la situation.

 

Reste une troisième solution, une dévaluation. Cette dernière pourrait se fairedans un cadre envisagé par un nombre de plus en plus important d'économistes dont le dernier en date est l'ancien ministre des finances du Brésil, Carlos Bresser-Pereira : une dissolution concertée de la zone euro. Les pays de la zone euro s'accorderaient pour suspendre le fonctionnement de l'euro et pour décider d'un retour aux monnaies nationales. Ceci rendrait possible une dévaluation, qui est en réalité la méthode la plus simple, la plus rapide et la moins douloureuse defaire baisser le coût du travail sur le territoire français.

 

Une décision concertée de suspension de la monnaie unique est donc la meilleure solution. Elle répond aux interrogations quant à l'avenir de l'Union européenne que suscite le délitement de la zone euro, et qui font craindre le retour aux égoïsmes nationaux. Elle permettrait en effet de présenter cette décision comme une décision européenne et non comme un retour à des politiques nationalistes et éviterait une dissolution progressive et désordonnée de la zone qui devient désormais une réelle possibilité. Déjà, nous voyons les crispations identitaires, produites par la montée du chômage et l'appauvrissement généralisé, se développer dans de nombreux pays. L'euro est en train de tuer l'Europe.

Une décision coordonnée permettrait de définir des niveaux de dévaluation et de se doter des mécanismes susceptibles de contrôler les mouvements de ces nouvelles parités.

 

Les dirigeants français ont communié depuis des années dans la religion de l'euro. On comprend que changer de politique soit difficile. Mais ils doiventcomprendre que ce qui nous attend, tant en France qu'en Europe, sera incommensurablement plus pénible, et aura de tragiques répercussions, s'ils ne prennent pas cette décision. Gouverner, c'est choisir."

 

 

Source: http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/03/il-est-urgent-de-dissoudre-la-zone-euro_1754265_3232.html

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 21:37

Les (fort peu) Sages du Conseil Constitutionnel viennent de donner leur décision: le Pacte Budgétaire Européen pourra être adopté sans révision de la Constitution et donc, sans referendum. Néfaste et incohérente, cette décision permet de mesurer combien les élites politiques françaises sont devenues incompétentes, malhonnètes ou manipulatrices. Un Conseil Constitutionnel indigne de sa tâche, des socialistes qui trahissent toutes leurs promesses, et une opposition complice ou réduite au silence: voilà ce qui ressort de cette lamentable affaire. 

 

Le Pacte Budgétaire Européen est un véritable coup de poignard porté à la souveraineté de la France puisque, pour la première fois depuis deux siècles, ce n'est pas le peuple français par la voie de ses représentants qui pourra choisir son budget, mais des institutions européennes extérieures. 

 

 

La mission trahie du Conseil Constitutionnel

 

Il est un fait que les "Sages", visiblement, ont oublié: leur rôle ne consiste pas à valider telle réforme leur paraissant plaisante, et à censurer telle autre n'ayant pas l'heur de leur convenir. Il consiste uniquement à vérifier que les lois votées sont conformes, dans l'esprit et dans la lettre, à la Constitution française. 

 

Or, quel est l'esprit de ce Pacte Budgétaire Européen, et notamment de sa fameuse "règle d'or" (qualifiée par Jean-Pierre Chevènement de "règle d'airain")? Elle exige des Etats qu'ils maintiennent leurs déficits à un taux d'équilibre, limitant les dépenses du budget de l'Etat et de la Sécurité Sociale.

La question n'est pas de savoir si cette mesure est judicieuse ou non. Le coeur du problème vient du fait que des commissaires non-élus auront le pouvoir d'empêcher le Parlement français, démocratiquement élu, de voter le budget qu'il souhaite. Pire encore: un Etat pourra mettre la France en accusation, s'il estime que son budget n'est pas équilibré comme il le faut. 

 

Toute l'ambigüité du Conseil Constitionnel vient de la possibilité qu'il a de défendre "l'esprit" de la Constitution française. Or, si le Pacte Budgétaire Européen ne viole pas forcément la lettre de cette constitution, il en viole indéniablement l'esprit profond, reposant sur la souveraineté. 

 

En un mot comme en mille, le Pacte Budgétaire Européen limite la souveraineté de la France dans un domaine essentiel, celui de son budget. Or, la Constitution française proclame que seul le peuple français est souverain pour décider de son destin, ce qui comprend le vote de son budget. 

Le Pacte Budgétaire Européen viole donc l'esprit de la Constitution. Le Conseil Constitutionnel, s'il s'était tenu à son rôle, aurait donc du le censurer, ou exiger qu'il soit adopté par referendum. En s'y refusant, les "Sages" ont donc failli à leur mission, au nom d'intérêts politiciens. 

 

 

Les reniements du pouvoir socialiste

 

Rappellons l'histoire du Pacte Budgétaire Européen et de sa "règle d'or": proposé à l'été 2011 par Nicolas Sarkozy, en concertation avec Angela Merkel, il avait été très critiqué par le Parti Socialiste. Sans s'opposer de front à la "règle d'or", les socialistes y avaient vu une manoeuvre politicienne, et laissé entendre qu'ils la combattraient. 

 

De même les socialistes s'étaient-ils abstenus, en mars 2012, de voter le Mecanisme Européen de Stabilité, qui était inclus dans ce pacte. Ils prétendaient alors vouloir le renégocier avec l'Allemagne. 

On connait la suite. François Hollande, élu, se heurta au refus catégorique d'Angela Merkel. Seules quelques concessions mineures furent faites. 

 

Les socialistes Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac, membres influents du gouvernement, sont parmi les défenseurs les plus acharnés du Pacte Budgétaire Européen.

 

Et c'est ainsi qu'aujourd'hui, le Parti Socialiste s'apprète à faire voter un Pacte Budgétaire Européen qu'il avait fait semblant de combattre lorsque Nicolas Sarkozy le proposait. Et c'est ainsi que la rigueur et l'austérité ne viendront pas en France d'un gouvernement de droite, mais, une fois encore, d'un gouvernement socialiste (on n'ose pas le dire "de gauche"...) 

 

Trahison suprême: François Hollande et son gouvernement refusent de soumettre le Pacte Budgétaire Européen au vote des Français, par référendum, en dépit de ses lourdes conséquences. 

 

 

La faiblesse de l'opposition

 

Face à cette forfaiterie du Parti Socialiste, bien peu de voix s'élèvent. L'UMP est silencieuse, ou se réjouit. C'est naturel. Cette mesure vient de chez elle, il lui serait difficile de la critiquer. Par ailleurs, les ridicules querelles d'égo entre Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet et autres François Fillon occupent plus le parti, que l'avenir de la France. 

Les autres partis sont en vacances, bien peu de voix se font entendre. 

Jean-Luc Mélenchon, si disert pendant la campagne électorale, ne dit plus rien. Ne l'entendra-t-on que tous les cinq ans?Jean-Pierre Chevènement avait rallié François Hollande, en estimant que ce dernier renégocierait la "règle d'or" et le Pacte Budgétaire Européen. A-t-il réalisé son erreur? Il reste désormais silencieux.

 

Arnaud Montebourg, fervent adversaire de la "règle d'or" et de l'austérité prônée par le Pacte Budgétaire Européen, est désormais totalement silencieux. Il en va de même de Benoît Hamon. Un silence grassement payé par leur poste de ministre? 

 

"Une telle situation exige le rassemblement de tous les patriotes et républicains. C'est pourquoi Debout la République et moi-même allons travailler de concert avec tous ceux qui s'opposent à cette trahison démocratique, qu'ils viennent de droite ou de gauche. La situation est trop grave pour tomber dans des clivages partisans", a déclaré Nicolas Dupont-Aignan dans un récent communiqué. 

 

Comptons tout de même quelques opposants courageux qui ont fait entendre leur voix. Nicolas Dupont-Aignan, infatiguable républicain, a dénoncé une "trahison" et réclamé un réferendum sur ce pacte imposé aux Français. Pour le seul candidat gaulliste à l'élection présidentielle de 2012, ce pacte est un "véritable suicide pour la France".

Florian Philippot, du Front National, en a fait de même; ce souverainiste authentique estime que "c’est au peuple français de décider de son avenir".

La socialiste Marie-Noelle Lienneman, de son côté, a annoncé qu'elle ne voterait pas le texte, critiquant une "stratégie débile" qui mènera la France à une "logique d'austérité durable".

Quant au journal communiste L'Humanité, il a lancé une vaste pétition en faveur d'un réferendum au sujet de ce pacte. 

 

 

 

Ainsi donc le premier grand texte présenté par François Hollande, aura été celui d'un traité élaboré par deux dirigeants de droite européens: Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Voici qui annonce la couleur du prochain quinquennat. Bien entendu, seuls quelques naïfs seront étonnés de cet apparent paradoxe. Il était largement prévisible. En revanche, bien plus inquiétant est le silence de toute l'opposition. À l'exception des gaullistes, des souverainistes et des communistes, peu de monde se dresse contre pareille forfaiture. Le Conseil Constitutionnel se couche, la plupart des socialistes se taisent, l'UMP se réjouit. Le changement, c'est pour quand? 

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 12:00

Les manifestations régionalistes en faveur de la "Charte Européene des langues régionales et minoritaires" qui ont eu lieu ce samedi 31 mars marquent une véritable menace pour la République française. Cette charte voudrait en effet imposer ces langues dans tous les domaines (justice, éducation, médias...) sans se soucier des frontières. Alors qu'il semblait réglé depuis bien longtemps, le problème des langues régionales a ressurgi à trois semaines seulement de l'élection présidentielle. L'occasion pour certains hommes politiques de montrer le peu de cas qu'il font de notre tradition républicaine...

 

La Charte Européenne des langues régionales et minoritaires: il est intéressant de noter que les Etats confrontés au séparatisme (Serbie, Azerbaïdjan, Géorgie, Russie, Belgique, Moldavie...) ont refusé de la ratifier. En revanche, mis à part l'Espagne, tous les pays l'ayant acceptée jouissent d'une forte cohésion linguistique qui les protège de ses effets pervers. 

 

 

Les langues régionales, support du séparatisme

 

La France est un Etat unitaire, jacobin et centralisé. Elle l'est depuis plusieurs siècles - depuis bien avant la Révolution. Elle est en somme une nation, un ensemble de citoyens réunis par une culture commune. Il est évident que la langue est au coeur de cette culture; et si le français ne se limite pas à la France, il est évident qu'on ne peut être de culture française sans en parler la langue. 

 

Une langue n'est pas un outil neutre de communication. Elle porte aussi un mode de vie, une histoire, une culture, des traditions. Il est donc évident que deux peuples parlant des langues différentes, ne peuvent former une nation unie et soudée (comme le montre le tragique exemple belge). Ils peuvent former une confédération, un Empire, une fédération. Mais pas un Etat-nation à la française.

Les langues régionales sont un héritage précieux de l'Histoire et de notre culture. En revanche, il serait terriblement dangereux de les institutionnaliser. De la Catalogne aux régions kurdes, l'histoire du monde nous enseigne qu'un peuple parlant une autre langue que son Etat, cherche tôt ou tard à s'en séparer. 

 

Coincée entre des pays linguistiquement instables (croix rouges), la France fait aujourd'hui face à de nouveaux assauts des langues régionales (croix oranges). 

 

 

L'Union Européenne, soutien des régions contre les nations

 

Bien évidemment, la "Charte Européenne des langues régionales et minoritaires", qui vise à promouvoir les langues régionales, a pour but principal d'encourager ce régionalisme, voire ce séparatisme. Il faut se rappeller que la vocation originelle de l'Union Européenne est de dissoudre ses nations dans un vaste ensemble fédérateur. 

Il est donc bien naturel qu'elle utilise les langues régionales comme une arme redoutable en vue de fractionner, puis de faire imploser, les Etats-nations qui la composent. Cette manoeuvre n'a rien de nouveau. De Hitler annexant les Sudètes, jusqu'à l'OTAN bombardant la Serbie, les grandes opérations de destruction des Etats se sont toujours appuyées sur le séparatisme linguistique. 

 

La France ne compte en son sein aucune minorité régionale. C'est une de ses grandes forces, et c'est ce qui soude sa nation. C'est pourquoi elle ne doit pas perdre cet atout en ouvrant la porte au régionalisme linguistique. 

 

 

La classe politique, entre patriotisme républicain et démagogie régionaliste

 

Seuls Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Luc Mélenchon, en rejetant catégoriquement la "Charte Européenne des langues régionales et minoritaires", ont agi en républicains exemplaires. Tous deux ont rappelé que la République étant une et indivisible, il est hors de question de la fractionner en aires linguistiques. Que ses citoyens sont libres de parler telle ou telle langue, mais que l'Etat ne doit reconnaître que le français. Nicolas Dupont-Aignan avait d'ailleurs très justement noté que ce texte allait à l'encontre de l'esprit même de la Révolution Française. 

Il est à noter que Nicolas Sarkozy refuse également de ratifier cette charte, malgré ses sympathies affichées pour certains régionalistes. Il en va de même de Marine le Pen, bien qu'elle eût chanté peu avant l'hymne corse, au mépris de la tradition nationaliste. 

 

À l'inverse, Eva Joly, François Hollande ou François Bayrou ont montré leur mépris total des institutions républicaines en s'engageant à ratifier cette charte. Il est probable que ces trois candidats manifestent ici tout à la fois leur soumission à l'Union Européenne, leur mépris de la République, et une certaine démagogie électoraliste. S'il reste des républicains et des patriotes pour les soutenir, qu'ils en tirent les conséquences!

 

Manifestants réclamant un statut officiel pour la langue occitane. 

 

Il ne s'agit plus ici d'un combat entre la droite ou la gauche. Il s'agit de savoir quel avenir nous souhaitons. Un pays unifié par une seule langue, ou divisé et morcelé entre plusieurs? Le centralisme ou le séparatisme? La nation solidaire, ou la fédération fragile? 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 17:58

 

Je sais à quel point sont dangereuses les comparaisons entre tout et n'importe quoi. Franco en Espagne; Salazar au Portugal; Pinochet au Chili; Kim Young-sam en Corée du Sud; Adnan Menderes en Turquie; ou Ben Ali en Tunisie: chacun a mené une politique particulière, donc sans égal. Toutefois, ces régimes partageaient tous certains points communs: libéralisme économique, autoritarisme politique, dirigeants coupés du peuple, xénophobie latente. Or, force est de constater que l'Union Européenne, depuis plusieurs années, adopte de plus en plus toutes ces caractéristiques: elle devient peu à peu, comme tous les régimes cités, une "dictature libérale". 

 

 

La destruction des droits sociaux par la force

 

 

Depuis le traité de Maastricht, puis l'Acte Unique de Jacques Delors, puis le traité de Lisbonne (qui fait de la "concurrence libre et non faussée" la base de l'économie europenne), l'Europe a fait du libéralisme économique le coeur de son action. S'ensuivent délocalisations, destructions des modèles sociaux et appauvrissement des peuples. 

Jusque là, cela s'était fait de manière "douce", lentement mais sûrement. 

 

La crise de l'Euro a accéléré les choses. Pour sauver cette monnaie sans avenir, l'Union Européenne a imposé aux peuples affaiblis (en Grèce, en Italie, en Espagne...) des cures d'austérité terribles. Baisse des salaires et des retraites, licenciements massifs, augmentation des heures de travail: une regression sociale comme l'Europe n'en avait jamais connue!

 

Et pour contrer les peuples qui refusent cette saignée, Bruxelles emploie les grands moyens. D'abord, des gouvernements non-élus (en Grèce ou en Italie) sont nommés. Ensuite, ils envoient la police, voire l'armée, écraser les manifestants. Les syndicalistes de gauche subissent une répression terrible, qui n'est pas sans rappeller les dernières années franquistes. 

L'Union Européenne n'impose plus seulement son modèle économique par la ruse, elle utilise désormais la violence brute. 

 

 

Atlantisme, militarisme et xénophobie

 

 

Au Chili, en Espagne, en Argentine, en Corée du Sud, en Turquie, en Grèce, en Tunisie, les dictatures ont été soutenues, voire mises en place par les Etats-Unis. Ces derniers, qui partageaient le même modèle économique, y voyaient en effet des alliés solides contre le communisme.

Afin de plaire au protecteur américain, mais aussi de souder la population derrière eux, ces régimes n'hésitaient pas à recourir à une xénophobie récurrente, contre leurs voisins, contre les pays socialistes, ou anti-impérialistes. 

 

C'est un peu le sens que l'Union Européenne semble vouloir donner à son action. Ainsi pour justifier sa construction, ses défenseurs arguent qu'ils faut se protéger des économies émergentes: Chine, Inde, Brésil, etc.<a href="http://www.youtube.com/watch?v=ujcCR5Uj108"> Le dernier clip promotionnel de Bruxelles est révélateur</a>: l'Europe, symbolisée par une jeune femme blanche, est attaquée par un Asiatique qui fait du kung-fu, un Oriental brandissant son sabre, et un Noir sautant comme un singe. 

Cette publicité aux relents racistes ressemble aux pires campagnes xénophobes de Franco, de Menderes ou du régime des colonels grecs. Il faut noter par ailleurs que les Etats-Unis, absents du clip, ne sont pas montrés comme des rivaux: l'atlantisme latent de l'Union Européenne se trouve une nouvelle fois mis en lumière...

 

 

Le régime le plus précaire qui soit? 

 

 

L'Union Européenne s'est toujours voulue "démocratique". Elle en a fait le coeur de son discours officiel, comme de son action. Force est de constater que les faits ne suivent pas. Outre son mépris des votes référendaires, l'Union Européenne est en effet dirigée par une Comission non-élue, mais cooptée. Le Président de la Comission est le seul candidat, élu avec des scores dignes d'une république bananière. Le Parlement Européen est certes élu au suffrage universel, mais ses pouvoirs sont ridiculement faibles. Quel avenir pour cet attelage? 

 

Les dictatures en régression sociale ont toujours fini par s'effondrer: en Espagne (1975), au Portugal (1974), en Turquie (1960), en Tunisie (2011). En effet, alors que des Etats comme la Chine, le Qatar ou Cuba compensent leur autoritarisme par un modèle social plus ou moins poussé, les "dictatures libérales" n'ont rien à offrir à leur peuple appauvri. Elles finissent pas s'effondrer, pacifiquement ou dans le sang. 

L'Union Européenne se voulait démocrate, sociale et ouverte. Elle finit autoritaire, anti-sociale et xénophobe. Comme voulant se précipiter vers sa propre fin...

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 18:05

Un article publié par Deniz Servantie, sympathisant du MRC de Jean-Pierre Chevènement, au sujet de l'Alliance libre européenne. Une implacable analyse des dangers que font peser sur l'unité des nations européennes de tels groupes, dont les écologistes sont par ailleurs les alliés...

 

 

 

" L'Alliance libre européenne est une alliance de divers partis politiques qui ont tous pour caractéristique de représenter une certaine région ou minorité d'un des Etats membres de l'Union européenne. Ses projets, toutefois, vont au-delà de la simple région UE pour inclure les Etats des Balkans, la Turquie, les Etats de l'ex-URSS. Notons également qu'elle forme avec les écologistes européens - dont Daniel Cohn-Bendit est le chef de file au sein du Parlement européen - un groupe commun. Cela implique donc une certaine convergence de leurs points de vue respectifs sur les affaires régionales, sur leur conception des Etats-nation, et plus largement de l'Europe.  Il y a comme partis membres à part entière dans l'Alliance libre européenne, en vrac: des représentants de la Galice, de la Catalogne, du Pays basque, de l'Andalousie (pour ce qui est de l'Espagne); de la Bretagne, de la Corse, de l'Alsace, de la Savoie, de l"Occitanie" (pour ce qui est de la France); de la Flandre, de la communauté germanique de Belgique (pour ce qui est de la Belgique); de l'Ecosse, du Pays de Galles, des Cornouailles (pour ce qui est de la Grande-Bretagne) et j'en passe et des meilleures. Ces différents représentants se réunissent régulièrement au sein d'une instance qui s'appelle le Comité des Régions, institution européenne, pour débattre des problématiques propres aux diverses collectivités territoriales des Etats membres, mais comme nous pouvons le constater, dans une optique de défense intransigeante des intérêts de leurs diverses régions, et ce, peu ou prou, au détriment des Etats-nations desquels ils sont originaires respectivement. Nous assistons donc, avec la bénédiction d'un certain nombre d'institutions européennes - notamment la Commission qui finance les projets du Comité - à l'éclosion de représentations régionales dans la "capitale" de l'Union européenne, Bruxelles, qui toutes, participent de fait, par leurs activités de lobbying, à un pouvoir parallèle, ou du moins de plus en plus concurrent, des Etats-nations classiques.

 

Pourquoi cela doit-il nous interpeller?  

 

Tout d'abord, parce qu'en tant que citoyens de la République française, nous sommes tous concernés par ces dérives. En effet, sans que beaucoup d'entre nous le sachent, il y a déjà des représentations régionales de la Bretagne, de la Corse, du Pays de la Loire et d'autres régions encore qui font valoir leurs propres intérêts, parfois au détriment de l'intérêt national le plus légitime de la France. C'est ainsi que les eurodéputés écologistes défendent bec et ongles les écoles Diwan en Bretagne, avec, hélas, la complicité d'un bon nombre aussi d'élus socialistes. Il s'agit là, soyons bien explicites, d'une atteinte au caractère un et indivisible de l'Etat-nation français. En effet, que dit l'article premier de notre Constitution? "La France est une République indivisible, laique, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée". Alors certes, l'organisation de l'Etat français est décentralisée, mais il n'en demeure pas moins que le caractère clairement indivisible - et donc en contradiction avec l'imposition d'un modèle de type fédéraliste et régionaliste - est évoqué. Nous pouvons donc dire, a fortiori, que les élus écologistes, socialistes et autres qui se font les porte-étendards d'un tel combat sont en contradiction avec leur qualité d'élus de la République, censés être en conformité avec les principes de la Constitution. Cela, il ne faut pas hésiter à le dire, et à défendre avec force ces principes qui sont aujourd'hui bafoués par ceux qui pourtant se prétendent les garants de cette Constitution. Hélas, beaucoup de ces élus de la République commirrent une erreur fondamentale en intégrant un article simple dans cette même Constitution, qui à mon sens, et d'autres constitutionnalistes ne sont pas en manque à cet égard également, constitue une atteinte à l'Article Ier. Il s'agit de celui-ci:  "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France" (Article 75-1). Il y a là en effet, une atteinte à l'Article Ier pour la simple et bonne raison que si la République se proclame une et indivisible, et que l'Etat ne reconnaît qu'une seule langue, à savoir la langue française, il n'y a dès lors pas lieu d'attribuer une reconnaissance constitutionnelle à des "langues" (encore faut-il également définir ce qu'il s'agit de langue, nous pourrions parler plutôt de dialectes ou de régiolectes en prenant en compte le nombre de locuteurs notamment) qui feraient partie du patrimoine national. A cet égard, l'exemple du débat sur l'introduction de cet article au sein de la Constitution permit à beaucoup d'entre nous de remarquer qu'il y a des élus de la République qui sont prêts à défendre une conception vigoureuse et sans concession de ce qu'est l'Etat-nation en le refusant. Nous pouvons citer Jean-Pierre Chevènement mais aussi Jean-Luc Mélenchon, Jacques Myard et d'autres encore. 

 

Régionalistes, identitaires, liaisons dangereuses...  

 

Un autre aspect devrait nous interpeller assez directement sur ces questions: une convergence toute particulière qui pourrait s'effectuer entre les partis régionalistes et des groupuscules d'extrême-droite comme celui des identitaires. En effet, M. François Alfonsi, porte-parole de la fédération "Régions et Peuples Solidaires" avait déclaré dans un entretien paru en 2010 que pour lui, "Il faudrait procéder à un redécoupage des régions non plus sur une base bureaucratique, mais identitaire". Des propos qui auraient très bien pu être tenu par des représentants de la Mouvance identitaires, tel un Fabrice Robert. En effet, ces derniers sont aussi les pourfendeurs d'une République qu'ils estiment foncièrement jacobine et anti-régionale, et défendent, sans ambages, la solidarité entre les différents mouvements régionalistes européens, la vision d'une Europe fédérale qui donnerait davantage de place aux identités régionales, ce qui implique, peu ou prou, l'effacement, sinon la disparition pure et simple (comme objectif non avoué) des Etats-nation. Enfin, il est important de noter aussi que l'accent est mis sur une identité intrinsèquement ethniciste, à savoir la défense d'un continent blanc et chrétien qui refoulerait, le cas échéant, les apports extra-européens, notamment provenant de l'immigration plus ou moins récente. 

 

Conclusion 

 

Les républicains farouches et honnêtes que nous sommes ne peuvent rester insensibles à une telle problématique. Il convient dès lors de débattre de cette problématique et de dire combien, ces mouvements ont un projet anti-républicain, et au final, anti-national. Ils ne desservent que des intérêts particuliers - à savoir ceux de telle ou telle région - au détriment des intérêts nationaux (par définition général) et permettent aussi, en accompagnant le délittement de l'autorité des Etats-nation, de se faire, peut-être sans le savoir, les agents d'une finance mondialisée qui veut mettre au pas leurs autorités respectives au profit de multinationales, d'organismes privés et d'agences de notation. De même que nous devons être vigilants face à l'éclosion de tels mouvements régionalistes en territoire métropolitain, il faut avoir la même vigilance face aux mouvements séparatistes en outre-mer. En effet, les républicains que nous sommes ne peuvent que se vouloir les aiguillons de la pensée républicaine, de ces principes, dans l'intégralité du territoire national, tant métropolitain qu'ultra-marin, et marteler l'égalité de droit - qui faut qui devienne d'ailleurs une égalité plus réelle dans la pratique - de tous les citoyens de notre Nation, quel que soit leurs origines, leurs croyances, etc. Il faut donc, plus que jamais, que nous n'ayons point honte du vocable "jacobin", que nous le revendiquions comme étant à l'avant-garde de la défense d'une conception sincère et vigoureuse de ce que doit rester notre Etat-nation républicain. Et à cet égard, demander une abrogation de l'Article 75-1 pourrait être un premier pas... "

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 21:42

 

Une très belle intervention au Parlement Européen de Nigel Farage, président de l'United Kingdom Independance Party (UKIP), qui dénonce avec sa verve habituelle les dénis de démocraties qu'on été la chute des gouvernements grec et italien. Loin de laisser la parole aux peuples de ce pays, on a laissé l'UE, sous contrôle de l'Allemagne, provoquer la chute de ces gouvernements, afin d'y placer des technocrates obéissants, aussi fidèles aux marchés qu'à Bruxelles. 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:50

 

"Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés ; avec le pouvoir, ils survivent rarement.

 Fidel Castro

 

 

Il n'aura fallu que quelques semaines pour chasser du pouvoir Silvio Berlusconi et Georgios Papandréou alors même que le premier semblait destiné à la réélection permanente en Italie tandis que la famille Papandréou régne sur la Grèce, à intervalles réguliers, depuis fort longtemps. Pourtant, ce n'est pas à de nouvelles élections que l'on doit ces démissions, mais à des pressions des marchés financiers et de l'Union Européenne - via l'Allemagne et la France. Sans se prononcer sur l'opportunité de ces départs - ni le socialiste soumis Papandréou ni le libéral jouisseur Berlusconi ne renvoyaient une bonne image de leurs pays respectifs - il convient de s'inquiéter de l'important déficit démocratique qu'ils révèlent en Europe. 

 

 

La Grèce et le refus du vote démocratique

 

La proposition de Georgios Papandréou de soumettre au peuple, via le referendum, le plan d'aide à son pays proposé par l'Union Européenne (plan qui s'accompagnait de graves mesures antisociales), a permis de voir la vraie nature de l'Europe du Traité de Lisbonne. Les gouvernements français et allemand, mais aussi les acteurs économiques et les forces européïstes ont tous manifesté leur opposition violente à la possibilité de ce vote démocratique. 

Le choix eût pourtant été très simple pour les Grecs: accepter ce plan d'aide, rester dans la zone euro avec l'appui de ses partenaires européens et renoncer à leur modèle social; ou bien le refuser, et donc quitter l'euro et se débrouiller avec leur monnaie nationale. 

 

Mais non! Il était inadmissible, pour l'Union Européenne, qu'un de ses peuples rejetât l'euro, dont elle s'est faite un dogme. Face à l'avenir radieux que nous promet le projet européïste, que pèse le vote populaire? Rien, sauf pour les vrais démocrates. 

 

 

En moins d'une semaine, l'affaire était entendue: soumis aux attaques, si ce n'est aux insultes, de l'ensemble des européïstes de Grèce et d'Europe, Georgios Papandréou, ni téméraire ni même courageux, renonçait à ce réferendum. Mais il était trop tard: il avait pêché, il avait osé soumettre l'avenir de l'euro au choix de ses compatriotes, il était devenu un dissident. Trop démocrate pour l'Union Européenne, le camarade Papandréou fut dégagé suite à un accord forcé qui permit à la droite de revenir au pouvoir.

Détail piquant s'il en est: alors que la gauche la plus sociale était chassée du nouveau gouvernement, l'extrème-droite y entrait pour la première fois depuis la dictature militaire. Les nationalistes du LAOS se sont, il est vrai, soummis à la tutelle européïste sur leur pays. On en conclut que l'Union Européenne accepte parfaitement l'extrème-droite, pour peu qu'elle se soumette à son projet de destruction des nations.

 

Les opposants aux mesures d'autérité en Grèce (recul de l'âge de la retraite, gel des salaires, hausse des impôts, etc.) ont été impitoyablement réprimés, avec la bénédiction de Bruxelles. 

 

Le peuple grec est le grand perdant de l'affaire. Saigné depuis des mois par des plans d'austérité inefficaces (le pays ne pouvant se redresser sans se débarasser au préalable de l'euro), il n'aura pas pu s'exprimer démocratiquement sur cette politique de rigueur que lui impose l'Union Européenne. 

 

 

Silvio Berlusconi, encore trop social pour l'Europe!

 

On a du mal à imaginer plus libéral et moins socialiste que l'ancien Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, aux affaires (et pas que gouvernementales!) depuis plusieurs années. Et pourtant! S'il a été chassé, ce n'est pas, loin de là, à cause de la rudesse de sa politique: bien au contraire, on lui a reproché de ne pas frapper assez durement son peuple. 

Berlusconi était pourtant un élève assidu de Bruxelles: pour sauver la zone euro, il était prèt à tout. Sur demandes, il multipliait les plans de rigueurs et mesures d'austérité: augmentation des impôts, baisse des salaires, privatisations massives, réductions des jours fériés...  Des décisions très violentes qui ne permettaient que d'accorder à l'euro quelques années de sursis. 

 

 

Mais Silvio Berlusconi n'est pas allé assez vite et assez fort. Dès cet été, les marchés financiers, et l'Union Européenne, via l'Allemagne et la France, le pressaient d'aller toujours plus loin et plus rapidement. Le FMI s'en mêlait; sa patronne Christine Lagarge, pourtant en plein scandale, doutait de la crédibilité du chef du gouvernement italien. C'est que ce dernier, obsédé par les élections, risquait de ne pas ête assez dur avec son peuple!

 

En quelques semaines, le tour était joué: Bruxelles, par la voix d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, faisait comprendre aux députés de la droite italienne qu'ils devaient sacrifier leur chef. Silvio Berlusconi était détruit par un système qu'il avait pourtant toujours défendu - situation classique en régime totalitaire. 

Face à l'hostilité des députés de son parti, Il Cavaliere n'avait plus d'autre choix que démissioner. Chassé sous les huées, celui qui avait si souvent été choisi par le peuple italien était destitué par Bruxelles et les marchés, au nom de l'euro. 

 

Peut-être cela fera-t-il réfléchir Silvio Berlusconi, qui n'a pas caché son amertume, aux vices de ce qu'il avait tant adoré. 

 

 

 

Qui peut, aujourd'hui, nier la gravité de cette situation? Lorsqu'un organisme supranational, l'Union Européenne, sans légitimité démocratique, décide, avec la complicité des marchés, de destituer des gouvernements élus par les peuples, n'est-il pas temps de s'inquiéter? Lorsque pour sauver l'euro, monnaie mal faite et condamnée à terme à la mort, on sacrifie des populations entières, sans même leur laisser de choix ou d'alternative, ne doit-on pas s'indigner? Et lorsque cette Union prétend dans le même temps donner des leçons de démocratie à la Syrie comme à la toute jeune république tunisienne, peut-on faire autre chose qu'en rire?

 

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