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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 15:20

Parmi les grands hommes qui ont tenté de rendre au monde arabe sa dignité et son indépendance, il en est un dont l’histoire gagne à être connue. Hosni Zaïm fut un des premiers nationalistes arabes à prendre le pouvoir, avec un programme particulièrement ambitieux. Ses propres erreurs, mais aussi et surtout l’hostilité des forces conservatrices et des puissances étrangères, ont fait échouer son projet. Cette histoire tragique est un bon exemple de ces nombreuses opportunités de développement que les pays arabes ont manquées. La Syrie aurait-elle aujourd’hui un autre visage si le régime mis en place en 1949 par le général Zaïm avait pu se maintenir ?

 

Hosni Zaïm en tenue militaire. Il est à noter qu’au cours de son coup d’État et de sa présidence, pas une seule exécution n’a eu lieu, ce qui est exceptionnel dans le Moyen-Orient de l’époque.

 

Un parcours riche en expériences

Né dans une famille kurde d’Alep en 1897, Hosni Zaïm avait fait de brillantes études militaires (dont plusieurs années en France, à abc Saint-Maixent). En 1917 et 1918, au cours de la Première Guerre mondiale, il avait combattu les forces anglaises en Syrie au sein de l’armée ottomane. C’est en 1918 qu’il avait fait connaissance avec Mustafa Kémal, dont la personnalité l’avait fortement marqué.

Hosni Zaïm fut ensuite le premier officier syrien intégré dans l’armée française. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il fut placé par le régime de Vichy à la tête d’une brigade française et chargé de défendre la Syrie contre les forces anglaises et françaises libres. Quoi que ce fût un mauvais combat, il le mena avec courage ; arrêté par le Britanniques et placé en détention, il fut relâché en 1943. En 1945, Hosni Zaïm devint commandant en chef de l’armée syrienne.

Ce parcours original avait solidement forgé sa conscience politique. Il en avait retiré une très grande admiration pour Mustafa Kémal Atatürk et ses idéaux politiques, ainsi qu’une amitié profonde et sincère pour la France. Après l’indépendance de la Syrie, le pouvoir avait été pris par une clique de politiciens corrompus et incompétents. Hosni Zaïm s’était entendu avec plusieurs autres officiers – dont un certain Sami Hinnaoui, qui se présentait comme son ami : exaspérés par ce régime, ils étaient décidés à le renverser.

 

Le coup d’État

Le 23 mars 1949, l’armée syrienne qui revenait du front de Palestine marcha sur Damas et mit le Président de la République et les principaux ministres aux arrêts le 11 avril. L’opération, qui semble avoir reçu un discret soutien de la CIA, se fit sans verser la moindre goutte de sang et fut acclamé par la foule. Le 28 mai, Hosni Zaïm fut élu Président de la République à une écrasante majorité des voix.

La France républicaine, la Russie de Pierre le Grand et surtout la Turquie kémaliste étaient les grandes sources d’inspiration du général Zaïm. L’homme était un nationaliste convaincu : il voulait faire de la Syrie un État souverain et indépendant. Attaché au développement de sa patrie, il avait en tête de grands projets de réformes agraires, de construction d’industrie et de restructuration de l’administration. Progressiste, il voulait un État laïc et prévoyait d’éliminer certaines lois coraniques. Il fit voter le droit de vote des femmes et milita pour davantage de mixité. Enfin, Hosni Zaïm avait prévu de lancer un grand programme d’instruction du peuple et de scolarisation des jeunes Syriens.

Quant à sa politique étrangère, elle était multiforme : proche de la France et des États-Unis, le nouveau président combattait l’influence britannique sur son pays, et les monarchies arabes qui la propageaient. Bien qu’il eût dirigé les armées syriennes contre l’armée israélienne quelques mois auparavant, Hosni Zaïm voulait régler le conflit israélo-arabe par la diplomatie, et avait engagé des négociations avec Israel en vue de pacifier la région.

Ce programme (nationaliste, socialiste et laïc) inspiré du kémalisme préfigurait par beaucoup d’aspects ce que seraient la Tunisie de Bourguiba, l’Égypte de Nasser ou l’Irak du général Kassem. Il aurait pu faire de la Syrie un modèle pour le monde arabe, un État précurseur, en plein développement. Mais Hosni Zaïm dérangeait certains intérêts…

 

Une fin tragique

Dès les débuts du nouveau régime, les Britannique l’avaient regardé d’un mauvais œil. Hosni Zaïm avait au moins trois bonnes raisons de leur déplaire. Tout d’abord, il était francophile et proche des intérêts français au Levant. Ensuite, il n’aimait guère les Britanniques, qui l’avaient combattu et emprisonné en 1941. Et surtout, pour financer la restructuration du pays, il s’accorda avec l’Arabie Séoudite sur la construction d’un pipe-line entre le Golfe et la Méditerranée. Le Royaume-Uni était alors engagé dans une compétition féroce avec les États-Uns pour contrôler le pétrole arabe. Pour exporter leur production, les Américains devaient passer par le canal de Suez ou la Jordanie, sous contrôle britannique. La construction d’un pipe-line Arabie Séoudite – Syrie leur aurait permis d’envoyer leur pétrole en Méditerranée sans passer par les voies britanniques. À Londres, on ne pouvait tolérer cette menace sur un monopole juteux.

Par ailleurs, toute une clique réactionnaire s’était élevée en Syrie même contre le programme moderniste du président Zaïm. Les islamistes n’acceptaient pas son hostilité aux lois coraniques, ainsi que sa politique de laïcité et d’émancipation des femmes. Un certain nombre de monarchistes, partisans d’une union avec la monarchie irakienne, combattait ses idées nationalistes et républicaines. En fait, malgré le soutien du peuple, Hosni Zaïm s’était attiré la haine de cartels puissants et influents.

En juillet 1949, le Libanais Antoun Saadé, figure du nationalisme pan-syrien et poursuivi par le Liban pour « complot contre la sécurité de l’État » se réfugia à Damas. Après l’avoir accueilli, Hosni Zaïm finit par le livrer aux autorités libanaises. Ce n’était pas seulement une trahison peu glorieuse ; c’était surtout l’erreur que tous ses ennemis attendaient.

Le 14 aout 1949, sous prétexte de « venger » Antoun Saadé, un commando d’hommes en armes investit le palais présidentiel. À leur tête se trouvait Sami Hinnaoui, que Hosni Zaïm avait toujours considéré comme un frère. Des soldats entrèrent dans la chambre du président et l’emmenèrent vers une prison voisine où leurs mitraillettes le criblèrent de balles.

Le coup d’État, très vraisemblablement soutenu par les services secrets britanniques, fut suivi d’une violente répression. Sami Hinnaoui, nouveau président syrien, fit exécuter plusieurs ministres de l’ancien régime – avant d’être lui-même renversé quelques mois plus tard. La Syrie était entrée dans une ère de violence et d’instabilité qui ne prendra fin que 20 ans plus tard.

 

*   *   *

 

Malgré la brièveté de son mandat, Hosni Zaïm reste une figure importante du nationalisme syrien, et plus généralement du monde arabe. Ses erreurs (une politique trop proche des États-Unis ou la trahison d’Antoun Saadé) ont pu servir de leçon à ses précurseurs. Mais son échec est avant tout du à la terrible coalition des intérêts anglo-saxons, des monarchies conservatrices et des intégristes religieux. Une situation qui n’est pas sans rappeler la situation syrienne actuelle…

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commentaires

francaisGaulliste 29/09/2013 19:13

Ce nationaliste est parti aux oubliettes, tout comme Nacer...

Les arabes sont condamnés à subir des marionnettes. Et quand un leader s'emancipe, les wahhabites, idiots utiles de l'islam, sont la pour le renverser au nom des droits de l'homme. Ensuite, une fois le peuple massacrer par ces imbéciles à la solde des saouds, le peuple se refera massacrer par l'OTAN au nom de la lutte contre le terrorisme.

Ca fait 50 ans que l'histoire se repète, et les arabes ne pigent toujours rien. Ils se chamaillent sur 3 poils de moustaches...