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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 10:36

Economiste français, Jacques Sapir analyse l'échec de la zone euro, et démontre que seule sa dissolution permettrait aux pays qui la composent de retrouver leur bonne forme économique. 

 

 

 

"La crise de la zone euro a atteint un point critique. Quelles que soient les solutions envisagées, qu'il s'agisse de la mutualisation de la dette ou des mesures dites"non conventionnelles" que la Banque centrale européenne pourraient prendre, elles ne peuvent apporter de solution durable. A cela une bonne raison : cette crise n'est pas une crise de la dette souveraine mais une crise de compétitivité aggravée par l'effet pervers de l'euro sur la croissance.

 

Les différentes mesures prises depuis le début de 2010 ont été globalement inopérantes. Elles n'ont pu éviter que, pays après pays, cette crise s'étende, de laGrèce à l'Irlande, de l'Irlande au Portugal, puis à l'Espagne et à l'Italie. La situation dans la plupart des pays va continuer à se dégrader sous l'effet de la conjonction de politiques mal avisées de déflation compétitives, qui sont l'équivalent des politiques de dévaluation compétitives que l'euro prétendait supprimer. Alors que le chômage recommence à fortement monter en France, il est temps de changer depolitique, sinon nous nous imposerons l'équivalent d'une grande dépression par notre propre stupidité.

 

 

Des politiques inefficaces liées à une erreur de diagnostic

 

Les dirigeants européens se sont persuadés que cette crise était liée à l'endettement, qui provoque des problèmes, bien réels, de liquidité. D'où la solution proposée : se désendetter par une virulente cure d'austérité. Mais, les politiques d'austérité provoquent un effondrement des recettes fiscales, visibles dans le cas de la Grèce, de l'Espagne et de l'Italie, qui reproduit le déficit et la dette. Cette crise de la dette n'est que la conséquence directe de la crise de compétitivité interne et externe structurellement issue de l'existence de l'euro.

 

Les écarts de compétitivité n'ont cessé de s'accroître ces dernières années. Aujourd'hui, ils imposeraient des baisses instantanées des coûts salariaux de l'ordre de 20 % en France, et nettement plus en Espagne et en Italie, sans même parle de la Grèce et du Portugal. En l'absence d'une telle baisse, les pays concernés sont condamnés à voir se creuser leur déficit commercial et à perdremassivement des pans entiers de leurs activités industrielles. Ils tentent d'y répondre par des subventions aux entreprises qui grèvent lourdement leur budget, et qui dans le cas de la France dépassent les 3 % du PIB.Cette crise de compétitivité induit aussi des destructions d'emplois importantes.

En France, ce sont au minimum 300 000 emplois industriels qui sont menacés d'ici à décembre, à la fois dans les grandes entreprises et les PME-PMI. Au premier semestre de 2013 ce sont encore 200 000 emplois supplémentaires qui devraient être détruits. La situation est bien pire en Espagne (avec 24 % de chômeurs) et l'on s'approche des niveaux espagnols en Grèce et au Portugal. A ces subventions aux entreprises viennent donc s'ajouter les coûts d'indemnisation des travailleurs licenciés. Il ne faut pas chercher plus loin la cause du déficit public et de l'accroissement de la dette.

Ceci est aggravé par l'anémie les pays de la zone euro depuis l'introduction de la monnaie unique. Le décalage de croissance est net avec les autres pays développés non membres de la zone euro.Il faut donc s'attendre à une montée du chômage de 3 % à 4 % au minimum sur un horizon de douze mois. Dans ces conditions, parler de "redressement productif" pour la France est une sinistre fumisterie.

 

 

L'impérieuse nécessité de baisser les coûts salariaux

 

Cette baisse des coûts salariaux peut, en théorie, se faire de trois façons. On peutimaginer qu'elle se fasse par l'accroissement des salaires, et de l'inflation, en Allemagne. Mais nous n'avons que peu de prise sur ces paramètres. De plus, pour obtenir rapidement le décalage nécessaire, il faudrait que l'Allemagneaccepte sur deux ans des taux annuels d'inflation de 12 %. C'est, évidemment, parfaitement illusoire. De plus, si cette mesure ne règlerait en rien le problème de compétitivité vis-à-vis des pays extérieurs à la zone euro, qu'ils soient européens (Roumanie, République Tchèque, Pologne) ou non-européens.

 

Une deuxième solution réside dans la déflation salariale nominale. C'est la logique de ce que proposent tant le gouvernement que l'UMP. Mais, ses conséquences sur l'économie française seront dramatiques. La consommation baissera de 12 % à 15 % (suivant les effets d'entraînement), ce qui, sur une période de deux ans se traduira par une chute du PIB de 4 % à 5 % par an. Le chômage atteindra 20 % de la population active . Une telle baisse du PIB entraînerait d'ailleurs une réduction des recettes fiscales. La dette publique atteindrait, si le gouvernement s'en tenait aux objectifs de déficit annoncés, 99 % du PIB ! La déflation salariale ne ferait qu'aggraver la situation.

 

Reste une troisième solution, une dévaluation. Cette dernière pourrait se fairedans un cadre envisagé par un nombre de plus en plus important d'économistes dont le dernier en date est l'ancien ministre des finances du Brésil, Carlos Bresser-Pereira : une dissolution concertée de la zone euro. Les pays de la zone euro s'accorderaient pour suspendre le fonctionnement de l'euro et pour décider d'un retour aux monnaies nationales. Ceci rendrait possible une dévaluation, qui est en réalité la méthode la plus simple, la plus rapide et la moins douloureuse defaire baisser le coût du travail sur le territoire français.

 

Une décision concertée de suspension de la monnaie unique est donc la meilleure solution. Elle répond aux interrogations quant à l'avenir de l'Union européenne que suscite le délitement de la zone euro, et qui font craindre le retour aux égoïsmes nationaux. Elle permettrait en effet de présenter cette décision comme une décision européenne et non comme un retour à des politiques nationalistes et éviterait une dissolution progressive et désordonnée de la zone qui devient désormais une réelle possibilité. Déjà, nous voyons les crispations identitaires, produites par la montée du chômage et l'appauvrissement généralisé, se développer dans de nombreux pays. L'euro est en train de tuer l'Europe.

Une décision coordonnée permettrait de définir des niveaux de dévaluation et de se doter des mécanismes susceptibles de contrôler les mouvements de ces nouvelles parités.

 

Les dirigeants français ont communié depuis des années dans la religion de l'euro. On comprend que changer de politique soit difficile. Mais ils doiventcomprendre que ce qui nous attend, tant en France qu'en Europe, sera incommensurablement plus pénible, et aura de tragiques répercussions, s'ils ne prennent pas cette décision. Gouverner, c'est choisir."

 

 

Source: http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/03/il-est-urgent-de-dissoudre-la-zone-euro_1754265_3232.html

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 21:37

Les (fort peu) Sages du Conseil Constitutionnel viennent de donner leur décision: le Pacte Budgétaire Européen pourra être adopté sans révision de la Constitution et donc, sans referendum. Néfaste et incohérente, cette décision permet de mesurer combien les élites politiques françaises sont devenues incompétentes, malhonnètes ou manipulatrices. Un Conseil Constitutionnel indigne de sa tâche, des socialistes qui trahissent toutes leurs promesses, et une opposition complice ou réduite au silence: voilà ce qui ressort de cette lamentable affaire. 

 

Le Pacte Budgétaire Européen est un véritable coup de poignard porté à la souveraineté de la France puisque, pour la première fois depuis deux siècles, ce n'est pas le peuple français par la voie de ses représentants qui pourra choisir son budget, mais des institutions européennes extérieures. 

 

 

La mission trahie du Conseil Constitutionnel

 

Il est un fait que les "Sages", visiblement, ont oublié: leur rôle ne consiste pas à valider telle réforme leur paraissant plaisante, et à censurer telle autre n'ayant pas l'heur de leur convenir. Il consiste uniquement à vérifier que les lois votées sont conformes, dans l'esprit et dans la lettre, à la Constitution française. 

 

Or, quel est l'esprit de ce Pacte Budgétaire Européen, et notamment de sa fameuse "règle d'or" (qualifiée par Jean-Pierre Chevènement de "règle d'airain")? Elle exige des Etats qu'ils maintiennent leurs déficits à un taux d'équilibre, limitant les dépenses du budget de l'Etat et de la Sécurité Sociale.

La question n'est pas de savoir si cette mesure est judicieuse ou non. Le coeur du problème vient du fait que des commissaires non-élus auront le pouvoir d'empêcher le Parlement français, démocratiquement élu, de voter le budget qu'il souhaite. Pire encore: un Etat pourra mettre la France en accusation, s'il estime que son budget n'est pas équilibré comme il le faut. 

 

Toute l'ambigüité du Conseil Constitionnel vient de la possibilité qu'il a de défendre "l'esprit" de la Constitution française. Or, si le Pacte Budgétaire Européen ne viole pas forcément la lettre de cette constitution, il en viole indéniablement l'esprit profond, reposant sur la souveraineté. 

 

En un mot comme en mille, le Pacte Budgétaire Européen limite la souveraineté de la France dans un domaine essentiel, celui de son budget. Or, la Constitution française proclame que seul le peuple français est souverain pour décider de son destin, ce qui comprend le vote de son budget. 

Le Pacte Budgétaire Européen viole donc l'esprit de la Constitution. Le Conseil Constitutionnel, s'il s'était tenu à son rôle, aurait donc du le censurer, ou exiger qu'il soit adopté par referendum. En s'y refusant, les "Sages" ont donc failli à leur mission, au nom d'intérêts politiciens. 

 

 

Les reniements du pouvoir socialiste

 

Rappellons l'histoire du Pacte Budgétaire Européen et de sa "règle d'or": proposé à l'été 2011 par Nicolas Sarkozy, en concertation avec Angela Merkel, il avait été très critiqué par le Parti Socialiste. Sans s'opposer de front à la "règle d'or", les socialistes y avaient vu une manoeuvre politicienne, et laissé entendre qu'ils la combattraient. 

 

De même les socialistes s'étaient-ils abstenus, en mars 2012, de voter le Mecanisme Européen de Stabilité, qui était inclus dans ce pacte. Ils prétendaient alors vouloir le renégocier avec l'Allemagne. 

On connait la suite. François Hollande, élu, se heurta au refus catégorique d'Angela Merkel. Seules quelques concessions mineures furent faites. 

 

Les socialistes Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac, membres influents du gouvernement, sont parmi les défenseurs les plus acharnés du Pacte Budgétaire Européen.

 

Et c'est ainsi qu'aujourd'hui, le Parti Socialiste s'apprète à faire voter un Pacte Budgétaire Européen qu'il avait fait semblant de combattre lorsque Nicolas Sarkozy le proposait. Et c'est ainsi que la rigueur et l'austérité ne viendront pas en France d'un gouvernement de droite, mais, une fois encore, d'un gouvernement socialiste (on n'ose pas le dire "de gauche"...) 

 

Trahison suprême: François Hollande et son gouvernement refusent de soumettre le Pacte Budgétaire Européen au vote des Français, par référendum, en dépit de ses lourdes conséquences. 

 

 

La faiblesse de l'opposition

 

Face à cette forfaiterie du Parti Socialiste, bien peu de voix s'élèvent. L'UMP est silencieuse, ou se réjouit. C'est naturel. Cette mesure vient de chez elle, il lui serait difficile de la critiquer. Par ailleurs, les ridicules querelles d'égo entre Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet et autres François Fillon occupent plus le parti, que l'avenir de la France. 

Les autres partis sont en vacances, bien peu de voix se font entendre. 

Jean-Luc Mélenchon, si disert pendant la campagne électorale, ne dit plus rien. Ne l'entendra-t-on que tous les cinq ans?Jean-Pierre Chevènement avait rallié François Hollande, en estimant que ce dernier renégocierait la "règle d'or" et le Pacte Budgétaire Européen. A-t-il réalisé son erreur? Il reste désormais silencieux.

 

Arnaud Montebourg, fervent adversaire de la "règle d'or" et de l'austérité prônée par le Pacte Budgétaire Européen, est désormais totalement silencieux. Il en va de même de Benoît Hamon. Un silence grassement payé par leur poste de ministre? 

 

"Une telle situation exige le rassemblement de tous les patriotes et républicains. C'est pourquoi Debout la République et moi-même allons travailler de concert avec tous ceux qui s'opposent à cette trahison démocratique, qu'ils viennent de droite ou de gauche. La situation est trop grave pour tomber dans des clivages partisans", a déclaré Nicolas Dupont-Aignan dans un récent communiqué. 

 

Comptons tout de même quelques opposants courageux qui ont fait entendre leur voix. Nicolas Dupont-Aignan, infatiguable républicain, a dénoncé une "trahison" et réclamé un réferendum sur ce pacte imposé aux Français. Pour le seul candidat gaulliste à l'élection présidentielle de 2012, ce pacte est un "véritable suicide pour la France".

Florian Philippot, du Front National, en a fait de même; ce souverainiste authentique estime que "c’est au peuple français de décider de son avenir".

La socialiste Marie-Noelle Lienneman, de son côté, a annoncé qu'elle ne voterait pas le texte, critiquant une "stratégie débile" qui mènera la France à une "logique d'austérité durable".

Quant au journal communiste L'Humanité, il a lancé une vaste pétition en faveur d'un réferendum au sujet de ce pacte. 

 

 

 

Ainsi donc le premier grand texte présenté par François Hollande, aura été celui d'un traité élaboré par deux dirigeants de droite européens: Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Voici qui annonce la couleur du prochain quinquennat. Bien entendu, seuls quelques naïfs seront étonnés de cet apparent paradoxe. Il était largement prévisible. En revanche, bien plus inquiétant est le silence de toute l'opposition. À l'exception des gaullistes, des souverainistes et des communistes, peu de monde se dresse contre pareille forfaiture. Le Conseil Constitutionnel se couche, la plupart des socialistes se taisent, l'UMP se réjouit. Le changement, c'est pour quand? 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 18:26

Encore une fois, c'est une mauvaise nouvelle qui attend les automobilistes français: le prix des péages d'autoroutes devrait augmenter de 2,5% pour cette année, une hausse assez importante pour quiconque utilise régulièrement les grands axes routiers. Or, si les autoroutes françaises restent de très bonne qualité, elles n'ont connu aucun développement particulier qui justifierait une telle hausse. Ce n'est là qu'un des premiers des nombreux effets pervers qu'entraine la privatisation des autoroutes. 

 

Les embouteillages sont aujourd'hui une des plaies du réseau autoroutier français. Et la présence de nomberux péages sur les voies ne fait que les aggraver. 

 

Entamée par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, poursuivie par les gouvernements UMP de Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, la privatisation des autoroutes françaises s'inscrivait alors dans la vague néo-libérale des années 1980/1990. L'idéologie portée alors par des Etats-Unis triomphants, via l'Union Européenne, poussait à privatiser l'ensemble des services: on considérait alors que les compagnies privées, par le jeu de la concurrence, étaient plus à même d'en assurer le bon fonctionnement, et de baisser leurs prix. Par ailleurs, tout service était pour l'Etat une charge, et l'on cherchait à faire des économies. 

 

Le résultat est aujourd'hui bien décevant. Les autoroutes françaises sont toujours d'excellentes qualités, mais commencent à vieillir, sans que de grands travaux d'envergure soient entrepris pour l'avenir. On crée fort peu de nouveaux axes routiers, et surtout, elles ne sont plus gratuites. Non seulement les autoroutes sont payantes, mais les prix tendent de plus à augmenter d'année en année. Comment expliquer cet échec? 

 

La carte des autoroutes françaises et des sociétés qui les détiennent. On constate que certains groupes, comme APRR à l'est ou Sanef au nord sont en position de monopole, bien peu compatible avec le principe de libre-concurrence...

 

En réalité, il suffit de comprendre que les autoroutes font partie, comme les chemins de fers, comme la poste, de ces grands services dont l'Etat doit s'occuper, car ils ne sont pas adaptés à la privatisation. 

Pour qu'un secteur devienne privé, il est essentiel qu'une concurrence libre et non-faussée puisse s'exercer entre les divers acteurs qui s'en chargent. Concrètement, cela signifie que le consommateur doit avoir le choix entre plusieurs produits, et sélectionner celui dont le rapport qualité/prix est le meilleur. 

Or, un tel modèle était tout simplement innaplicable aux autoroutes. En effet, le consommateur, ici l'automobiliste, n'a tout simplement pas le choix du produit. S'il veut aller de Lyon à Marseille, il est obligé d'emprunter la seule autoroute faisant ce trajet. Et ce, quels qu'en soient le prix et la qualité. 

Par ailleurs, le but des compagnies privées étant la rentabilité, il est évident qu'elles n'ont aucun intérêt à investir dans de grandes infrastructures d'avenir, qui leur coûteraient fort cher, sans attirer davantage d'automobilistes. 

Enfin, toujours par souci de rentabilité, il est évident que les zones faiblement peuplées ne seront jamais desservies: construire de nouvelles autoroutes, pour si peu de monde, ne serait pas non plus rentable. 

 

 

Seul l'Etat, parce qu'il a le souci du bien public et de l'intérêt général, est capable de remplir de telles missions. Et c'est pourquoi la privatisation des autoroutes françaises était une erreur qui montre aujourd'hui ses effets pervers. Socialistes et libéraux devraitne y réfléchir avant de privatiser services postal ou ferroviaire. Mais il est vrai que l'Union Européenne ne leur laissera guère le choix...

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 21:39

La nouvelle vient de tomber, pétrifiant de terreur la classe dirigeante française: les sbires de "Moody's", agence de notation prétendant évaluer la bonne santé économique des Etats, menacent de retirer à la France sa note "AAA". François Fillon, qui avait justifié son dernier plan de rigueur par la volonté de sauvegarder cette notation, est bien mal récompensé: "Moody's" fait savoir que ces mesures n'étaient pas suffisantes.

 

Fitch Ratings, Mooby's et Standart&Poor's sont les principales agences de notation qui menacent la France. Malgré ces noms grotesques, il ne faut pas sous-estimer leur dangerosité.

 

Combien de temps encore continuera cette sinistre farce? Qui osera remettre en cause ce pouvoir monstrueux des agences de notations? Quand cessera donc ce spectacle humiliant d'un gouvernement se couchant devant les injonctions d'institutions étrangère et sans légitimité démocratique? Quand cessera-t-on de saigner le peuple français à blanc, pour conserver un "AAA" que nous perdrons tôt ou tard?

Hélas, cette situation ne semble pas déranger les politiciens français. La gauche a trahi le peuple, la droite a trahi la Nation. Vendues aux règles du mondialisme sauvage, elles se soumettent aux ordres des agences de notation, comme un élève penaud écoute les réprimandes de son professeur. 

 

Peut-on rêver qu'un gouvernement, un jour, dise "merde" à ces agences de notation, refuse leurs diktats et leurs évaluations? Peut-on rêver qu'un gouvernement chasse tous leurs agents du territoire français, et emprisonne ceux qui oseraient y demeurer? 

Oh, certainement, de telles mesures auraient un coût. Les banques et les marchés, furieux, lâcheraient la France un temps. Les investisseurs étrangers, sans plus aucun critère de notation, se retireraient peut-être un temps. 

Mais, tôt ou tard, on se rendrait compte de l'inutilité, et même du caractère néfaste, de ces agences de notation. Car la France, avec ou sans "Moody's" et autres " Fitch Ratings", demeure une grande puissance technologique, agricole et industrielle. 

 

On ne peut certainement pas compter sur François Fillon, soumis aux diktats des agences de notations, pour redonner à la France son honneur et son indépendance. 

 

Par ailleurs, quand bien même cela aurait un coût pour la France (ce qui reste difficile à prouver), le jeu n'en vaut-il pas la chandelle? Car ce n'est même pas une question d'efficacité économique: c'est une question d'honneur. Un peuple riche n'est rien s'il est humilié. Il est temps que notre pays cesse de se soumettre et de se sacrifier pour une poignée de dollars.

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 20:48

Cette courte vidéo, d'une dizaine de minutes, synthétise très bien la perversité du système financier et monétaire qui gouverne la France et l'Union Européenne. En rappellant que l'article 123 du traité de Lisbonne interdit à un Etat d'emprunter auprès de sa propre banque centrale, cet éclairage explique pourquoi la France ne pourra pas résoudre le problème de sa colossale dette publique, sans remettre ces règlements en cause. À voir aussi pour son côté très pédagogique, qui permettra même aux néophytes d'en apprendre beaucoup.

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 22:03

On l'avait promis aux pays émergents: le monopole des Européens au Fonds Monétaire International (FMI) devait s'achever avec la mandature de Dominique Strauss-Kahn. Après le glorieux départ de ce dernier, il paraissait donc tout naturel qu'il fût remplacé par un citoyen issu d'un pays en développement économique. Mais rapidement, les choses se compliquèrent: la Chine et l'Inde ne parvenant pas à s'accorder sur un candidat, et après que le Turc Kemal Dervis eut renoncé au poste, voici que la Française Christine Lagarde annonçait sa candidature à la direction du FMI, au mépris de tous les engagements pris par les Européens. Face à elle, ne demeuraient plus que deux hommes: le Kazakh Grigori Martchenko, qui n'a pas tardé à jeter l'éponge, et le Mexicain Agustin Carstens, qui demeure donc le seul candidat crédible à la direction du FMI.


 

 

 

Le candidat des pays émergents face à la candidate de l'Occident: symbole ou illusion?

 

 

Mettre fin à l'idéologie libérale et néo-coloniale du FMI


Depuis plusieurs décennies, depuis notamment le fameux "consensus de Wahsington" adopté sous l'ère Reagan et Thatcher, le FMI fonctionne comme un instrument des puissances occidentales au service d'une certaine idéologie, celle qui refuse l'Etat-providence et encourage la dérégulation. Pendant toutes ces années, la politique du FMI à l'égard des pays les plus pauvres s'est montrée particulièrement vicieuse: il s'agissait, en échange des prèts qui leurs étaient accordés, de les forcer à adopter des mesures de libéralisation de l'économie, renoncer à l'aide sociale, ouvrir leurs frontières, voire mettre en place les réformes politiques voulues par l'Occident. Des diktats extrèmement durs, à l'origine de graves crises sociales, pour des résultats économiques douteux. 

Il est évident que l'écrasante domination américaine au FMI l'a toujours orienté dans cette voie; que le directeur de l'institution fut européen ne changeait, dans le fond, pas grand-chose à l'affaire. Ainsi Dominique Strauss-Kahn était-il, idéologiquement, imprégné de ce libéralisme à l'américaine qui l'a poussé à réclamer contre la Grèce ces mesures étouffantes et innefficaces. Comment peut-on croire une seule seconde que Christine Lagarde, qui a passé dix ans de sa vie aux Etats-Unis, sera moins atlantiste que son prédecesseur? Comment peut-on croire une seule seconde qu'elle mènerait une politique économique différente de celle de Dominique Strauss-Kahn?


En revanche, il semble évident que la prise en main du FMI par un pays émergent favoriserait un changement de politique. Et à ce titre, un directeur mexicain aurait toutes les chances de remettre en cause le consensus néo-libéral qui triomphe depuis longtemps au FMI, étant donné que le Mexique fut dans les années 90 une des principales victimes de cette idéologie. Il ne faut pas se bercer d'illusions: les élites des pays en développement sont souvent aussi mondialistes que celles d'Occident. Mais elles ont au moins l'avantage d'avoir pu constater l'échec du FMI au sein de leurs propres nations. 


 

 

 

La politique menée par Dominique Strauss-Kahn au FMI a contribué à affamer la Grèce, comme ses prédécesseurs avaient affamé l'Indonésie ou... le Mexique.

 

 

Christine Lagarde: vers un nouveau déshonneur français?


En tous les cas, la victoire du Mexicain Agustin Carstens aurait au moins une vertu fondamentale: celle d'éviter l'arrivée de Christine Lagarde à la tête du FMI; la ministre française des Finances est en réalité une bien mauvaise candidate.

On passera ici sur son incompétence, elle qui assurait les Français que la Grèce rembourserait l'argent qui lui avait été prêté, aux frais du contribuable, pour satisfaire les banques. On voit aujourd'hui que la Grèce ne remboursera pas sa dette et que les Français ne récupèreront jamais leur argent. 


Mais il est un point sur lequel on ne peut passer: la procédure de remboursement de Bernard Tapie, dont Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy avaient été les grands artisans, et sur laquelle planent de terribles soupçons de conflit d'intérêts. Le Parti Socialiste vient d'ailleurs d'entamer plusieurs actions en justice qui pourraient viser directement la candidate française, soupçonnée en prime d'avoir joué de son influence dans ce dossier.

Quand bien même Christine Lagarde serait innocentée par la suite, la France ne peut se permettre de présenter sa candidature au FMI. Il suffit d'imaginer le résultat désastreux que produirait une condamnation, ou même un simple soupçon de conflits d'intérêts, juste après le procès pour viol de son prédecesseur, français: quelle image calamiteuse en retirerait la France dans le monde! 


 

 

 

La France, déjà ridiculisée par l'affaire Strauss-Kahn, peut-elle recourir le risque avec Christine Lagarde?

 

 


L'élection du candidat mexicain serait, à tout le moins, un excellent symbole de la reprise en main de l'économie mondiale par les nations émergentes; son arrivée à la direction du FMI précipiterait la fin du consensus de Washington et de l'idéologie néo-libérale qui guide l'action de l'organisation. Il semble bien, hélas, que l'Europe, en dépit de toutes ses promesses, soit determinée à conserver sa place au Fonds. Quitte à élire une candidate incapable de réformer l'institution comme il le faudrait; et, cerise sur le gâteau, susceptible de se retrouver d'un jour à l'autre mélée à un scandale politico-financier. Il est vrai qu'après l'affaire Strauss-Kahn, l'image de la France n'a plus grand-chose à perdre...

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 00:42

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