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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 21:20
Parodie "républicaine"

La Marche Républicaine de dimanche se voulait-elle un rassemblement de citoyens unis pour dénoncer le terrorisme, rendre hommage aux victimes et défendre les valeurs républicaines? C'est râté. En quelques heures, les vautours de la politique française comme internationale l'auront transformé en une espèce de vaste parodie, qui frise l'insulte à la mémoire des 17 victimes des attentats ayant ensanglanté Paris.



L'idée d'une manifestation à peine lancée, tous les partis se sont précipités dessus pour en récupérer un bout. Le FN a été le grand cocu de l'affaire. Lui qui espérait regagner l'onction des autres partis à l'occasion de cette marche en a été mis à l'écart sans autre procès. Le parti n'est pourtant pas connu pour avoir été laxiste envers la menace djihadiste. Mais le sectarisme a parlé, et le FN a raté cette belle occasion de goûter au juteux gâteau que les autres partis se partagent avec appétit.
Le président Hollande et son Premier Ministre Manuel Valls sont naturellement en tête du cortège, trop heureux de cette ocasion de regagner - du moins le pensent-ils - un peu de ce crédit qu'ils avaient totalement perdus. Oubliés, les appels à la censure contre Dieudonné, Tariq Ramadan ou Eric Zemmour! Oublié, le soutien sans faille aux djihadistes syriens, dont les frères Kouachi étaient d'éminents représentants! Le PS découvre soudain les vertus de la liberté d'expression et le danger djihadiste (ils n'ont pas été jusqu'à inviter les gouvernements syrien ou irakien, pourtant en pointe dans cette lutte, à manifester...)
Une telle occasion ne pouvait être loupée par l'UMP, dont les gros bataillons défilent, d'Alain Juppé à François Fillon, en passant par Jean-François Copé (qui vole un pain au chocolat finit djihadiste, c'est évident...) Cette manifestation ne sera donc plus un rassemblement de citoyens, mais une tribune d'expression et de publicité de différents partis politiques, ainsi que d'autres mouvements (qui vont des LGBT au CRIF, en passant par le CCIF, SOS Racisme, et les divers représentants religieux).


Les manifestants auront la chance d'avoir à leurs côtés d'autres éminents représentants de la République et de la liberté d'expression, venus du monde entier.
Voyez plutôt.
Petro Porochenko, l'allié des néo-nazis ukrainiens. Néo-nazis à côté desquels le FN fait figure de parti gauchiste.
Avidgor Libierman, ministre des Affaires Etrangères israélien et dirigeant du parti d'extrême-droite "Israel Beytenou", à qui l'on doit l'idée pittoresque d'utiliser la bombe nucléaire contre la bande de Gaza, accompagné du ministre des Affaires religieuses, Naftali Benett, président d'un autre parti d'extrême-droite (tendance religieuse), qui ne voyait "aucun problème" au fait d'avoir "tué beaucoup d'Arabes" dans sa vie (enfin, tant que le FN n'est pas invité, la morale est sauve, n'est-ce pas?).
Ahmet Davutoğlu, premier ministe de la Turquie, pays où un journaliste est menacé de neuf ans de prison pour... avoir caricaturé le Premier Ministre Erdoğan.
Jean-Claude Juncker, délinquant fiscal désormais reconnu.
Divers présidents africains dont l'autoritarisme n'est égalé que par la corruption, et qui infligent aux journalistes de leurs pays respectifs un sort que l'on n'aurait sûrement guère apprécié à Charlie Hebdo.
Eric Holder, ministre de la Justice américain, le même qui s'était chargé des poursuites contre Edward Snowden, Chelsea Manning, et qui semble soudainement découvrir les vertus de l'irrévérence et de la liberté d'expression.
Des ministres du Qatar, d'Arabie Séoudite et des Emirats Arabes Unis, grandes démocraties connues pour leur défense de la liberté d'expression (les 50 coups de fouet reçus hier par un journaliste saoudien pour blasphème en témoignent sûrement) et leur lutte sans faille contre le fondamentalisme islamique et le djihadisme.
Sans oublier les incontournables de la droite austéritaire européenne: Angela Merkel, David Cameron, Mariano Rajoy, et tout l'appareil de l'OTAN (au cas où l'on n'aurait pas compris que l'avenir, c'est l'occidentalisme, qu'on se le dise!)


Nul doute que ceux qui auront refusé de participer à cette mascarade seront taxés de tous les noms - en particulier s'ils portent un patronyme à consonnance étrangère. Nul doute non plus qu'il existe parmi les gens qui vont marcher d'innombrables citoyens sincères dans leurs revendications, et qui ne sont pas responsables de la récupération politicienne de la marche; à ceux-là, on ne pourra que conseiller de se boucher le nez.


Et terminons par citer du Charlie Hebdo: c'est dûr d'être aimé par des cons!

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 00:57
Le Bloc Identitaire face au drapeau algérien ... ou face à son propre miroir?

Les drapeaux algériens pourraient-ils être interdits dans les rues de France les soirs de matchs de l'équipe d'Algérie? C'est en tout cas ce que demande le Bloc Identitaire, s'appuyant pour cela sur des interdictions précédentes. Tout l'intérêt de cette affaire vient du fait que ces jeunes que dénoncent les Identitaires leur ressemblent pourtant comme deux gouttes d'eau. 

 

Tandis que les Identitaires glorifient une pseudo "race française" qui n'existe pas, des jeunes brandissent le drapeau d'un pays, l'Algérie, qu'ils ne connaissent pas. Des deux côtés, on observe la même attitude: une fierté ridicule pour une allégeance fantasmé; une parodie de nationalisme vis-à-vis d'un pays dont on ne connaît ni l'histoire, ni la philosophie ni la littérature. 

Y-a-t il un sens à s'affirmer héraut de la race blanche, quand on sait que l'idée même de la Nation française s'est construite contre le suprémacisme racial?

Mais y-a-t il plus de sens à brandir le drapeau d'un pays où l'on ne vit pas, où l'on ne pourrait même pas vivre, car on n'en connaît ni la société ni les traditions profondes? 

 

Les Identitaires sont des communautaristes commes les autres. Des communautaristes blancs. Et les communautaristes algériens sont des Identitaires comme les autres. Au lieu de rechercher l'accomplissement personnel, à travers des valeurs universelles, ils cherchent la reconnaissance à travers une identité ethno-culturelle complètement fantasmée, réinventée. 

Car cette identité ne sert qu'à montrer son rejet de l'autre.

Quand les Identitaires demandent l'interdiction des drapeaux algériens, ce n'est pas par amour de la France ou par souci de l'ordre public, mais pour montrer leur haine des Arabes. (Sinon, pourquoi soutiendraient-ils des mouvements régionalistes qui rejettent clairement le drapeau français?)

De même, quand des drapeaux algériens sont brandis dans les rue françaises, ce n'est pas par amour sincère pour l'Algérie, mais pour s'affirmer comme groupe à part au sein de la République française. (Sinon, pourquoi des drapeaux français seraient-ils brûlés ou décrochés lors de ces manifestations?)

 

C'est bien tout le danger de l'esprit identitaire (ou communautariste): il ne marque pas l'amour de sa culture, mais le rejet de la culture des autres. Suprême paradoxe des Identitaires: dénoncer ceux qui appliquent (et inspirent) leur pensée et leurs méthodes.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 21:18

Manuel Valls mène la troupe, Christiane Taubira et François Hollande en auxiliaires. La guerre contre l'antisémitisme, le racisme, la bête immonde et le nazisme est lancée. Sus à l'ennemi, sus à M'Bala M'Bala, à la clique fasciste (comprendre: la droite souverainiste) et aux "antisémites des quartiers populaires" (comprendre: les Arabes de banlieue)! Une croisade antiraciste dont l'avantage principal est de faire oublier le désastreux bilan social, économique et diplomatique du Parti Socialiste. Comme au bon vieux temps de Mitterrand, quoi.

 

Mais un léger problème se pose: de méchantes langues murmurent que le Parti Socialiste n'aurait aucune légitimité en matière d'antiracisme. Et l'on se remémore soudain quelques faits bien troublants...

Pourquoi l'antiracisme des socialistes n'est pas crédible

Manuel Valls et ses amis antisémites: lorsque l'on monte au cocotier, il faut s'assurer d'avoir le slip propre. Ce n'est visiblement pas le cas de Manuel Valls, épinglé récemment sur une photo au côté de son ami néo-nazi, Terry Cooper. Ce dernier a fait savoir qu'il était le seul à "pouvoir faire rire" notre Ministre de l'Intérieur. On se demande avec inquiétude quel était le sujet de la rigolade...

 

Le douteux antiracisme de Manuel Valls: alors qu'il était maire d'Evry, Manuel Valls s'était laisser piéger dans une vidéo où il se plaignait de l'absence de Blancs dans sa ville. Il réclamait qu'on y installât "quelques whites, quelques blancos".

Récidive quelques années plus tard. Devenu Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls commence par dénoncer "l'ennemi intérieur" qui se dissimulerait parmi la population musulmane de France. Puis, dans une de ces envolées délirantes dont il a le secret, il nous expliqua que "les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie" (pays dont, pourtant, beaucoup ne sont pas issus). Si Manuel Valls s'est décidé à lutter contre les préjugés racistes, il doit d'urgence ordonner sa propre arrestation.

 

Un antiracisme à géométrie variable: les Femen font régulièrement le salut nazi dans leurs actions coup de poing, et multiplient les attaques contre les chrétiens. Mais Anne Hidalgo affiche sa "bienveillance" et son "respect" à leur endroit. Et François Hollande a décidé que leur cheffe (celle-là même qui se répandait en insultes envers les musulmans) serait la nouvelle Marianne, figure de la République.

Quant à la circulaire de Manuel Valls, elle réclame une vigilance pour lutter contre "l'antisémitisme et la haine anti-musulmane". Fort bien. Très noble objectif. Mais qu'en est-il de la haine anti-chrétienne? Et de celle envers les athées? Visiblement, certains groupe religieux semblent avoir droit à plus de protection que d'autres...

Enfin, on passera sur le silence total du gouvernement vis-à-vis des actions de la Ligue de Défense Juive, groupe terroriste qui fait régner la terreur parmi les adversaires d'Israel (y compris des Juifs), et vis-à-vis duquel Manuel Valls fait preuve d'une indulgence stupéfiante.

 

Les amitiés suspectes du gouvernement socialiste: François Hollande était visiblement très fier du grand sabre que lui ont offert ses amis d'Arabie Séoudite. Quant on fricote avec cette dictature théocratique, qui interdit le judaïsme et punit l'homosexualité, on ne donne pas de leçon de tolérance.

Sihem Souid soutient Manuel Valls et dénonce les spectateurs de Dieudonné comme "antisémite". De la part d'une grande amie du Qatar, qui ne cesse de défendre cette dictature antisémite, c'est pour le moins paradoxal.

 

En un mot comme en mille, ce gouvernement, qui ne cesse de diviser les Français entre eux, qui joue sur les tensions communautaristes, qui dénonce certains racismes et en tolère d'autres, n'a aucune leçon à donner. Plus que jamais, la croisade de Manuel Valls apparaît comme ce qu'elle est: une pitoyable tentative de faire oublier ses innombrables échecs, tout en essayant de s'attirer les grâce des lobbies communautaristes.

En fin de compte, c'est bien la politique du gouvernement qui va contribuer à faire monter la haine envers les musulmans, les juifs et les chrétiens, et les tensions entre les communautés.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 15:10

Eric Zemmour a parfaitement résumé le bilan géopolitique de 2013: Vladimir Poutine est l'homme de l'année. En Syrie comme en Ukraine, il a réussi à mettre à bas ses adversaires occidentaux - dont la faiblesse momentanée a permis à un autre pays, l'Iran, de replacer ses pions sur l'échiquier international.

Billet d'humeur du Nouvel An 2013: l'année de Vladimir Poutine; propagande de Reporters Sans Frontière; Dieudonné et sa "quenelle"

La Russie a joué en trois coups gagnants, mettant tous ses adversaires à bas. En accueillant le lanceur d'alerte Edward Snowden, Vladimir Poutine a permis à son pays d'apparaître comme un défenseur des libertés publiques face à la machine de répression américaine. Les révélations de son hôte ont été une arme redoutable face aux Américains.

Une arme qui a compté lors de la crise syrienne de l'été 2013.

 

Répondant aux volontés occidentales d'attaquer la Syrie, Vladimir Poutine a proposé une négociation sur le désarmement de ce pays. Un coup de maître: en acceptant cette négociation, les Occidentaux reconnaissaient implicitement la légitimité du régime de Bachar al-Assad, seul allié arabe de Moscou.

Ceux qui avaient voulu contrer la volonté russe et renverser le régime syrien se sont cassés les dents. Mohamed Morsi, le Président égyptien, a fini renversé par un coup d'Etat. Recep Tayyip Erdogan, le Premier Ministre turc, a été dangereusement déstabilisé par les manifestations de Taksim. Lâché par la puissante confrérie Gülen, il voit désormais son pouvoir vaciller sous les accusations de corruption. 

 

Gagnant sur la Syrie, Vladimir Poutine a du essuyer un contre-coup en Ukraine. Les Occidentaux ont essayé de déstabiliser le régime ukrainien (fort peu sympathique, il est vrai), en utilisant sa jeunesse révoltée et tournée vers l'Union Européenne. Echec, une nouvelle fois: Vladimir Poutine a su ramener l'Ukraine sous son influence. Mieux encore, il s'est payé le luxe de libérer le délinquant financier Mikhaïl Khodorkovski et ces pauvres militantes manipulées des Pussy Riot. Se donnant ainsi l'image de tzar magnanime, et faisant taire bon nombre de critiques occidentaux. 

 

Les adversaires de la Russie n'ont eu que de petites vengeances mesquines à se mettre sous la dent. Boycott plus ou moins officiel des Jeux Olympiques de Sotchi pour les Occidentaux. Plusieurs attentats-suicides dans la ville de Volgograd (ex-Stalingrad) pour les islamistes. Rien qui paraisse en mesure d'enrayer l'appétit de puissance d'un ours russe encore mal remis du choc des années 1990, mais bien décidé à retrouver sa place sur la scène mondiale.

 

 

Je découvre à ce sujet la dernière vidéo de propagande de Reporters Sans Frontière: on y découvre plusieurs dirigeants (russe, syrien, nord-coréen, hongrois, turc, italien, azéri, chinois et zimbabwéen) en train de fêter le nouvel an. Un petit message moralisateur en fin de vidéo nous informe que sans Reporters Sans Frontière, l'information serait entièrement contrôlée par ces individus. 

Diantre. Après que Nicolas Sarkozy a, selon Henri Guaino, "sauvé la démocratie en France, en Europe et dans le monde", nous apprenons donc que Reporters Sans Frontière a sauvé la liberté de presse mondiale. 

On passera sur le procédé qui consiste à amalgamer, dans un ensemble complètement incohérent, de vrais dictateurs (Kim Jong-Un ou Ihlam Aliev), des dirigeants autoritaires mais démocratiquement élus (Vladimir Poutine ou Recep Tayyip Erdogan) et des démocrates comme Viktor Orban ou Silvio Berlusconi (ce dernier n'étant d'ailleurs plus au pouvoir).

Certes, Reporters Sans Frontières choisit de se concentrer sur la "liberté de la presse", et de ne pas s'occuper du spectaculaire développement de la Chine ou de l'Azerbaïdjan, ou bien de la situation chaotique en Syrie ou au Zimbabwe. C'est un choix.

Mais même avec ce choix, il manque deux ou trois bonshommes sur la vidéo, non? Quid de Barack Obama, l'homme qui a voulu faire condamner le lanceur d'alerte Edward Snowden (authentique défenseur de la liberté de la presse, lui)? Où sont les présidents du Turkménistan, de l'Ouzbékistan ou de l'Erythrée, véritables cauchemars pour les journalistes? Et que penser de l'absence des monarques séoudien, qatari ou émiratis? Faut-il croire que l'argent du pétrole achète tout - y compris la bienveillance de Reporters Sans Frontière?

 

 

Il est vrai qu'en France, la liberté d'expression devient elle-même un concept très relatif, à l'heure où le Ministre de l'Intérieur prétend faire interdire à un humoriste de faire ses spectacles.

Parlons donc clairement de Dieudonné, et expliquons en quoi il est scandaleux de vouloir interdire, soit ses spectacles, soit le fameux geste de la "quenelle" qu'il a popularisé.

Dieudonné, qu'est-ce donc? C'est un humoriste et un provocateur qui, aux origines, riait de tous les extrémistes et de toutes les religions. Après un sketch caricaturant un extrémiste de droite israélien, il avait subi en 2003 une scandaleuse persécution, sur fond d'accusations injustifiées d'antisémitisme.

En réaction à ce lynchage public, Dieudonné a multiplié les provocations. Certaines sont très drôles, d'autres de mauvais goût, d'autres choquantes. C'est au public d'en juger. Je l'écris d'autant plus librement que je n'ai jamais trouvé Dieudonné spécialement drôle. Son obsession de certains sujets (les Juifs, les sionistes et, dans une moindre mesure, l'esclavage) m'agace, et je comprends très bien qu'un certain nombre de Juifs se sentent choqués par ses provocations.

Mais qui a le droit de définir ce qui est drôle ou non? Certainement pas la justice. Vouloir faire interdire les spectacles de Dieudonné, sous prétexte que le Ministre de l'Intérieur n'aime pas ce qu'on y dit, c'est un pas très dangereux vers la dictature. Et c'est une hypocrisie d'autant plus grande que, lors des attaques anti-islam de Charlie Hebdo, Manuel Valls avait été le premier à défendre ce journal au nom de la liberté d'expression...

Il est donc monstrueux de prétendre interdire à un humoriste de faire son travail - même quand on trouve son humour choquant ou pas drôle. Après tout, si Dieudonné tient des propos diffamants ou racistes pendant son spectacle, rien ni personne n'empêche la justice de le poursuivre pour cela. Et s'il doit être condamné, il le sera.

Plus inquiétant encore: Meyer Habib, député UDI proche de l'extrême-droite israélienne, prétend faire interdire la "quenelle". Des personnalités comme Tony Parker ou Nicolas Anelka ont été menacées pour avoir effectué ce geste.

Billet d'humeur du Nouvel An 2013: l'année de Vladimir Poutine; propagande de Reporters Sans Frontière; Dieudonné et sa "quenelle"

Qu'est-ce donc que la "quenelle"? Il s'agit d'un geste plus ou moins vulgaire, imitant le "fist-fucking". Chacun jugera du bon goût de la chose.

Mais là où la mauvaise foi atteint repousse toutes les limites, c'est quand des groupes communautaristes comme la Licra, le BNVCA ou le CRIF prétendent y voir un geste antisémite. Soyons donc bien clair dessus: la "quenelle" n'a aucun rapport, ni avec l'antisémitisme ni avec le racisme, et encore moins avec le nazisme. C'est un geste vulgaire, scatologique même, mais sans lien avec l'antisémitisme. Comment peut-on être débile au point d'y voir un "salut nazi inversé" (sic)?

Il est vrai toutefois que certains fans de Dieudonné ont donné une signification ambiguë au geste: lorsque de jeunes crétins font leur "quenelle" devant les portes d'Auschwitz, ou devant l'école juive où plusieurs enfants avaient été assassinés par Mohamed Merah, on ressent un profond malaise.

Oui, certains "quenelliers" sont clairement antisémites. Il ne faut pas se voiler la face. Mais ce n'est pas le cas de tous. Et ce n'est pas le cas du geste en question. Après tout, si quelqu'un faisait un doigt d'honneur devant les portes d'Auschwitz, ce serait certainement de l'antisémitisme. Est-ce que pour autant, le doigt d'honneur deviendrait antisémite? Certainement pas.

Mais la "quenelle" est tellement pratique pour le gouvernement, à qui elle permet de ne pas parler de ses innombrables échecs (notamment économiques et sociaux)! François Hollande lui-même, en visite chez ses amis d'Arabie Séoudite (une dictature violemment antisémite), a pris le temps de condamner la "quenelle". Aucun président n'avait atteint un tel niveau de ridicule. Qui parlait de changement?

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 08:00

Des familles de victimes, des personnalités politiques et publiques, et des journalistes, ont vu leurs photos affichées sur un "mur des cons", dans les locaux du Syndicat de la Magistrature (syndicat gauchiste représentant un tiers des magistrats...) L'affaire en elle-même n'est pas très importante, mais elle en dit long sur les dérives et la confusion d'une bonne partie de la justice française.

 

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-> Le mythe d'une justice indépendante s'effondre une nouvelle fois. Les magistrats, qui refusent sans cesse l'ingérence des politiques dans leurs affaires, n'hésitent pas à se mêler, eux, de politique. Le problème est qu'ils ne sont pas élus, ne sont évalués par personne, et ne subissent pratiquement pas de contrôle. Dès lors que la magistrature s'occupe de politique, ne devrait-elle pas être soumise à un certain contrôle?

  

-> Une profonde confusion idéologique se dégage de l'étude de ce "mur des cons". On y retrouve, côte à côte, Alain Minc et Dieudonné, Jack Lang et Lionel Lucas, Jacques Attali et Alain Soral, Eric Zemmour et Dieudonné, Marine Le Pen et Nadine Morano, etc. On y trouve d'autres perles, par exemple Nicolas Dupont-Aignan estampillé d'un logo "FN", ou Brice Hortefeux qualifié "d'homme de Vichy". Un tel mélange, sans queue ni tête, serait compréhensible chez des collégiens de 14 ans.

Mais chez des magistrats, censé détenir une certaine culture, une certaine intelligence, cela ne révèle-t-il pas des lacunes flagrantes et inquiétantes? Tout ce qui est supposé être "de droite", ou hostile aux magistrats, est mis dans le même panier, sans réflexion, sans analyse. Certaines personnalités citées méritaient peut-être leur place sur ce mur, mais ces mélanges et amalgames ridicules discréditent toute l'action du Syndicat de la Magistrature.

 

-> Avec les attaques contre les familles de victimes, ce qui relevait de la simple blague puérile verse soudain dans le dégueulasse et la cruauté.

C'est ainsi que figure sur ce "mur des cons" le père de Pascale Escarfail. La jeune fille, à l'âge de 19 ans seulement, avait été violée et égorgée par le tueur en série Guy George. Il lui avait fallu trois à quatre minutes d'agonie avant de rendre l'âme. Son père, ravagé par le chagrin, se voit aujourd'hui insulté par le Syndicat de la Magistrature. Notons qu'il a réagit avec philosophie et dignité.

Parmi les autres "cons" de nos magistrats rebelles, Philippe Schmidt. En 2007, sa fille, Anne-Lorraine, avait été agressée sexuellement dans le RER D, et assassinée de 36 coups de couteaux par un multirécidiviste.

 

Ces insultes contre des victimes aussi durement frappées par le sort en dit long sur l'idéologie qui règne au Syndicat de la Magistrature: une idéologie qui voit les criminels et les voyous comme des victimes à aider, à excuser, à réinsérer, alors que les victimes et leurs familles sont traitées par le mépris et l'injure. Une idéologie aussi putride est-elle acceptable dans un pays qui se prétend démocratique? Certainement pas.

 

*   *   *


Ne donnons pas à cette affaire plus d'importance qu'elle n'en a. Le mieux est de réagir avec humour et philosophie. Toutefois, elle révèle une idéologie inquiétante, surtout quand on connaît l'influence du Syndicat de la Magistrature sur la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Evidemment, il existe d'innombrables juges, avocats ou procureurs qui font leur métier avec courage, honnêteté et abnégation. Pour autant, l'institution de la Justice, en France, se montre de plus en plus incompétente et défaillante. Faut-il appeler à un vaste remplacement de personnel, ou au moins à une réorganisation salutaire?

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 22:15

Si je n'ai pas voulu prendre parti de manière active dans le débat sur le mariage homosexuel, c'est parce que j'ai compris dès le départ que son but était de diviser les Français et donc, de créer une diversion. J'ai bien sûr un avis sur la question (et ceux qui me lisent régulièrement le connaissent), mais je n'ai tout simplement aucune envie de le défendre, vu la tournure du débat. Ce texte explique pourquoi. 

 

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L'outrance et l'insulte, en premier lieu, ont dominé ce débat de bout en bout. Alors que des voix raisonables tentaient de s'élever, d'un côté comme de l'autre, pour arriver à une meilleure compréhension mutuelle, ce sont rapidement les extrémistes de chaque camps qui ont été mis en avant. 

 

Personne n'a écouté les arguments de ceux qui craignaient qu'en détruisant la structure traditionnelle du mariage, on accélère la marche vers une société libérale et individualiste. Pas plus qu'on a écouté les arguments de ceux qui s'opposaient uniquement à l'adoption homosexuelle, au nom du droit de l'enfant à un équilibre paternel/maternel. 

On a préféré se focaliser sur des individus clairement homophobes, intégristes exhaltés ou ignorants haineux. Car de ceux-là, il y en a eu aussi. Comment veut-on que les homosexuels ne se soient pas sentis blessés par certains préjugés les rattachant à des satanistes, des pédophiles ou des pervers? 

 

Dans le même temps, certains partisans du mariage homosexuel se sont servis de ces extrémistes pour disqualifier l'ensemble de leurs contradicteurs. Pour certains d'entre eux, tout adversaire, non seulement du mariage homosexuel, mais même de l'adoption ou de la Procréation médicalement assistée, était forcément homophobe, machiste, fasciste ou idiot. 

S'en est suivi un terrorisme intellectuel terrible, où quiconque tentait de défendre les opposants au mariage homosexuel, était lui-même qualifié d'homophobe - Pierre Bergé ayant même rajouté l'accusation d'antisémitisme, ne craignant pas le ridicule. 

 

Ces insultes, des deux côtés, ont détruit tout début de débat intéressant. Espérait-on quelque échange entre pédagogues, ou un échange philosophique sur le mariage? On n'a eu droit qu'à Civitas et aux Femen, aux nervis du GUD contre les communautaristes LGBT. 

 

Le sentimentalisme dominant, au lieu de la raison froide, a dominé ce non-débat. Les enfants, en particulier, ont été mis en avant, sans cesse. Enfants d'homosexuels défendant le couple que forment leurs "parents" (comment pourrait-on leur demander de critiquer ceux qui les ont élevés et aimés??), enfants envoyés dans les manifestations contre le mariame homosexuel, et gazés par les CRS (mais depuis quand les enfants doivent-ils être emenés manifester??). 

 

Dans cette logique, l'adversaire était forcément un être sans pitié, sans coeur, monstrueux. La voie du juste millieu (reconnaissance des couples homosexuels, sans aller jusqu'à l'adoption) a été étouffée entre les provocations scandaleuses des homophobes, et l'hystérie malhonnète de nombreux partisans du projet de loi. 

 

On avait réussi, ainsi, à diviser les Français. 

 

La réactivation d'un clivage gauche-droite pourtant obsolète, a été favorisée par cette division des Français. Chacun en a tiré son parti. François Hollande a pu tenir une de ses promesses, après avoir trahi toutes les autres. Mieux encore, il est apparu comme un homme de poigne, capable de rallier toute la "gauche", et de tenir face aux manifestations du peuple. 

 

Pendant ce temps, la droite, centrée autour de l'UMP et des organismes conservateurs, a pu se construire une image d'opposante bon marché. Plus l'UMP manifestait contre le mariage homosexuel, et plus elle faisait oublier son soutien tacite à la politique économique ou internationale de François Hollande. 

 

 

*   *   *

 

 

Tout cela, le gouvernement l'avait évidemment prévu, et le savait. Cet enchainement terrible (outrance et insultes, puis division des Français, et donc réactivation du clivage artificiel gauche-droite) était voulu. Il a permis de faire oublier d'autres sujets capitaux (la capitulation du gouvernement socialiste devant les exigences du Medef, les coups portés à la francophonie, une politique étrangère alignée sur Washington...) C'est parce qu'il était un piège vicieux, et dangereux pour notre pays, que j'ai detesté cette manoeuvre.

 

Ce sont des millions de Français, homosexuels ou hétérosexuels, catholiques ou athées, cadres ou ouvriers, hommes ou femmes, qui se sont sentis concernés par ce "débat". Avec souvent, pour eux, des souffrances ou de la colère, l'incompréhension ou la peur, et l'incapacité d'échanger sereinement et de se comprendre. 

 

Autant que le gouvernement, mais aussi tous ceux qui ont profité de ce "débat", portent une lourde responsabilité dans les déchirures à venir de la société française. 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 20:21

 

Comment organiser la présence de l'islam en France, en évitant les deux pièges que sont le repli communautaire et le contrôle de la religion par les politiques? Comment permettre une réconciliation entre la pratique musulmane et la culture traditionnelle française? Comment faire taire tout à la fois les intégristes qui veulent islamiser la France, et les extrémistes qui ne voudraient chasser les musulmans de notre pays? Peut-il exister un "islam français", comme il existe un islam turc, un islam perse, un islam malaisien, un islam russe? 

 

C'est à ces multiples questions que le groupe de réflexion "Fils de France" tentera de répondre, lors de son colloque du 27 octobre, à Paris. En plus des fondateurs du mouvement (dont Camel Bechikh, très éloquent), seront présents divers intellectuels spécialistes de l'islam français, en particulier Malek Chebel et surtout l'excellent Tareq Oubrou (recteur de la mosquée de Bordeaux). 

 

Jusqu'à il y a peu, les organisations musulmanes en France se divisaient en deux branches, peu attirantes. D'un côté, les "blédards" instrumentalisés par le gouvernement français pour défendre des objectifs politiques (et dont Hassen Chalghoumi, "imam di la Ripoublique", est un exemple tragi-comique...) De l'autre, des groupes hostiles à la République et à la France, et refusant que les musulmans français acquièrent pleinement la culture française. Ces groupes communautaristes voudraient ainsi que les musulmans vivent dans une bulle, coupés des Français, ou même imposent une culture étrangère à la France. 

 

Fondé il y a quelques mois (avec le soutien de personnalité aussi diverses que Nicolas Dupont-Aignan, Robert Ménard ou Tareq Oubrou...), "Fils de France" permet de sortir de ce clivage stérile, en considérant que les musulmans, en France, sont des Français à part entière. Que de ce fait, ils doivent avoir le droit de pratiquer librement leur religion, tout en assimilant pleinement la culture et les traditions françaises. 

 

 

 

Inscription obligatoire par mail: colloque.2012@filsdefrance.fr

 

Adresse du colloque: 15 ter rue de Vaugirard (Sénat)

RER B, station Luxembourg

Métros 4 et 10, station Odéon

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 12:00

Les manifestations régionalistes en faveur de la "Charte Européene des langues régionales et minoritaires" qui ont eu lieu ce samedi 31 mars marquent une véritable menace pour la République française. Cette charte voudrait en effet imposer ces langues dans tous les domaines (justice, éducation, médias...) sans se soucier des frontières. Alors qu'il semblait réglé depuis bien longtemps, le problème des langues régionales a ressurgi à trois semaines seulement de l'élection présidentielle. L'occasion pour certains hommes politiques de montrer le peu de cas qu'il font de notre tradition républicaine...

 

La Charte Européenne des langues régionales et minoritaires: il est intéressant de noter que les Etats confrontés au séparatisme (Serbie, Azerbaïdjan, Géorgie, Russie, Belgique, Moldavie...) ont refusé de la ratifier. En revanche, mis à part l'Espagne, tous les pays l'ayant acceptée jouissent d'une forte cohésion linguistique qui les protège de ses effets pervers. 

 

 

Les langues régionales, support du séparatisme

 

La France est un Etat unitaire, jacobin et centralisé. Elle l'est depuis plusieurs siècles - depuis bien avant la Révolution. Elle est en somme une nation, un ensemble de citoyens réunis par une culture commune. Il est évident que la langue est au coeur de cette culture; et si le français ne se limite pas à la France, il est évident qu'on ne peut être de culture française sans en parler la langue. 

 

Une langue n'est pas un outil neutre de communication. Elle porte aussi un mode de vie, une histoire, une culture, des traditions. Il est donc évident que deux peuples parlant des langues différentes, ne peuvent former une nation unie et soudée (comme le montre le tragique exemple belge). Ils peuvent former une confédération, un Empire, une fédération. Mais pas un Etat-nation à la française.

Les langues régionales sont un héritage précieux de l'Histoire et de notre culture. En revanche, il serait terriblement dangereux de les institutionnaliser. De la Catalogne aux régions kurdes, l'histoire du monde nous enseigne qu'un peuple parlant une autre langue que son Etat, cherche tôt ou tard à s'en séparer. 

 

Coincée entre des pays linguistiquement instables (croix rouges), la France fait aujourd'hui face à de nouveaux assauts des langues régionales (croix oranges). 

 

 

L'Union Européenne, soutien des régions contre les nations

 

Bien évidemment, la "Charte Européenne des langues régionales et minoritaires", qui vise à promouvoir les langues régionales, a pour but principal d'encourager ce régionalisme, voire ce séparatisme. Il faut se rappeller que la vocation originelle de l'Union Européenne est de dissoudre ses nations dans un vaste ensemble fédérateur. 

Il est donc bien naturel qu'elle utilise les langues régionales comme une arme redoutable en vue de fractionner, puis de faire imploser, les Etats-nations qui la composent. Cette manoeuvre n'a rien de nouveau. De Hitler annexant les Sudètes, jusqu'à l'OTAN bombardant la Serbie, les grandes opérations de destruction des Etats se sont toujours appuyées sur le séparatisme linguistique. 

 

La France ne compte en son sein aucune minorité régionale. C'est une de ses grandes forces, et c'est ce qui soude sa nation. C'est pourquoi elle ne doit pas perdre cet atout en ouvrant la porte au régionalisme linguistique. 

 

 

La classe politique, entre patriotisme républicain et démagogie régionaliste

 

Seuls Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Luc Mélenchon, en rejetant catégoriquement la "Charte Européenne des langues régionales et minoritaires", ont agi en républicains exemplaires. Tous deux ont rappelé que la République étant une et indivisible, il est hors de question de la fractionner en aires linguistiques. Que ses citoyens sont libres de parler telle ou telle langue, mais que l'Etat ne doit reconnaître que le français. Nicolas Dupont-Aignan avait d'ailleurs très justement noté que ce texte allait à l'encontre de l'esprit même de la Révolution Française. 

Il est à noter que Nicolas Sarkozy refuse également de ratifier cette charte, malgré ses sympathies affichées pour certains régionalistes. Il en va de même de Marine le Pen, bien qu'elle eût chanté peu avant l'hymne corse, au mépris de la tradition nationaliste. 

 

À l'inverse, Eva Joly, François Hollande ou François Bayrou ont montré leur mépris total des institutions républicaines en s'engageant à ratifier cette charte. Il est probable que ces trois candidats manifestent ici tout à la fois leur soumission à l'Union Européenne, leur mépris de la République, et une certaine démagogie électoraliste. S'il reste des républicains et des patriotes pour les soutenir, qu'ils en tirent les conséquences!

 

Manifestants réclamant un statut officiel pour la langue occitane. 

 

Il ne s'agit plus ici d'un combat entre la droite ou la gauche. Il s'agit de savoir quel avenir nous souhaitons. Un pays unifié par une seule langue, ou divisé et morcelé entre plusieurs? Le centralisme ou le séparatisme? La nation solidaire, ou la fédération fragile? 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 19:17

 

 

S'en prenant à Viktor Orban, le Premier Ministre hongrois, Daniel Cohn-Bendit a usé d'une comparaison scandaleuse. "Dany le Rouge" est-il légitime pour émettre de tels jugements? Pourquoi s'en prend-il plus spécialement à la gauche latino-américaine?

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 22:01

 

L'idée de François Hollande de supprimer le quotient familial est évidemment une mesure profondément injuste, qui frappe une nouvelle fois les classes moyennes, obligées de payer pour les autres. Mais elle risquerait aussi de dangereusement freiner la démographie française, qui se maintient déjà plus ou moins bien. C'est sur ce dernier aspect que se penche Natacha Polony dans cet article publié le 10 janvier 2012 sur son blog

 

Qui a compris ce "tweet" de François Hollande? 

 

" François Hollande l’avait déclaré lors de la dernière campagne : au dessus de 4000 euros de revenu mensuel, on est riche. Et l’on doit payer. Des impôts, des charges, des taxes, des contributions… Au dessus de 4000 euros, on ne mérite pas le moindre sou de l’Etat, car on est du bon côté de la barrière.

 

Et l’on peut concevoir, dans un pays où le salaire médian se situe autour de 1500 euros par mois, qu’il faille se soucier avant tout d’un creusement des inégalités qui rompt le pacte social et met en danger la communauté nationale. Mais la fracture sociale, pour reprendre une vieille expression devenue le symbole d’un des grands espoirs déçus (oserait-on dire « cocufiage » ?) des derniers scrutins présidentiels, est-elle entre 1500 et 4000 euros de revenu ? Quiconque doit vivre locataire, sans patrimoine immobilier ou financier, dans Paris ou sa grande banlieue, avec 4000 euros par mois pour un couple et deux enfants, sait que les choses sont plus compliquées que cela.

François Hollande a donc annoncé qu’il s’en prendrait au quotient familial.Enfin, peut-être, parce que, de cela comme du reste, il ne semble pas très sûr. L’argument, une fois de plus est imparable : un quart des 10 milliards d’euros que coûte le quotient familial à l’Etat bénéficie aux 10% qui payent le plus d’impôt sur le revenu. La moitié des Français ne payant pas l’impôt sur le revenu, les plus modestes ne peuvent, quant à eux, en bénéficier. Injustice, donc.

 

 

Pourtant, on a du mal à souscrire totalement à ce lumineux raisonnement. Et l’on ne peut s’empêcher de pressentir qu’il risque, une fois de plus, d’aboutir à une fracture plus profonde encore et à générer une sombre colère de ceux qui ont l’impression confuse que le pacte social joue toujours en leur défaveur. Rappelons-le, le quotient familial fut inventé à la Libération pour soutenir les couples dont on estimait qu’ils contribuaient à l’effort national en faisant des enfants. Enfants qui paieront, le moment venu, les retraites de leurs aînés, qui participeront à l’effort de croissance, et qui – cela n’a rien d’accessoire – incarnent la continuité symbolique d’une communauté vivante, le relai entre passé et avenir, sans lequel il n’est besoin de rien construire puisque tout redeviendra poussière.

 

 

Il se trouve que sur la moitié des Français qui ne paient pas l’impôt sur le revenu, il y a, certes, les plus pauvres, mais il y a aussi des très riches qui ne tirent pas leurs ressources des revenus du travail, et qui trouvent tous les moyens de s’exonérer de l’effort national. C’est un poncif, mais certains l’oublient, ce sont les classes moyennes, des plus précaires aux plus aisées, qui payent l’impôt sur le revenu. Et dans cet impôt, le bénéfice du quotient familial est plafonné. De sorte que ceux qui perdraient le plus à une suppression ne sont pas forcément les plus riches, mais ceux dont la richesse dépend essentiellement du travail. Est-ce vraiment un bon message à adresser à une société hantée par le chômage de masse et excédée par l’outrageuse richesse des 1% qui sont les seuls à s’enrichir actuellement ? D’autant que les plus pauvres bénéficient déjà d’une forme de solidarité par le biais des allocations et aides qui sont, certes, dérisoires quand on lutte contre la misère, mais qui ont le mérite d’être, en France, plutôt plus nombreuses qu’ailleurs.

 

Hasardons quelques remarques.

 

Premièrement, ne serait-il pas intéressant d’élargir l’assiette de l’impôt sur le revenu, quitte à atteindre pour les plus pauvres l’euro symbolique, pour que chacun participe au pot commun? Ajoutons à cela une réforme fiscale qui rééquilibre le poids de l’effort en faveur du travail plutôt que du capital, pour que, dans les entreprises comme dans les familles, le salaire ne soit pas seul taxé et que la méritocratie, sur laquelle est fondé le pacte républicain, retrouve un sens.

 

Dans un paysage ainsi redessiné, on pourrait imaginer de limiter les avantages du quotient familial pour les très hauts revenus. Mais ce ne doit en aucun cas être un préalable. Car il est une dimension fondamentale qui visiblement échappe totalement à la gauche, mais aussi très souvent à la droite : la démographie de la France en fait une exception dans le paysage européen, et cette exception, qui constitue un de nos rares atouts, doit être préservée. Quasiment deux enfants par femme, quand l’Allemagne et l’Espagne sont à 1,3, voilà qui devrait inciter les politiques à penser des solutions qui ne soient pas celles de nos voisins. Un peuple de rentiers vieillissants aura toujours plus intérêt à lutter contre l’inflation que contre le chômage.

 

Ce taux de natalité que les sociologues peinent tant à expliquer devrait d’ailleurs éviter le recours à un argument d’autorité en matière économique : nous aurions besoin de l’immigration pour payer nos retraites. Erreur. Les autres pays européens sont peut-être dans ce cas ; nous, nous avons besoin d’emplois pour nos jeunes. Et nous avons, plus encore, besoin d’une école qui fonctionne pour en faire des citoyens émancipés et des jeunes gens capables de s’épanouir dans un métier, qu’il soit ou non ultra-qualifié.

 

C’est donc bien le chômage qui creuse les inégalités, détruit le pacte républicain et met en danger la Nation. Un chômage fruit de la désindustrialisation, de la promotion systématique d’une agriculture industrialisée, de la mise en concurrence avec des pays à faible coût de production au lieu de favoriser les productions de qualité, à forte valeur ajoutée. Le chômage, et non le quotient familial, goutte d’eau dans cet océan, mais symbole que la France croit en ses enfants et remercie les parents qui les élèvent.

 

Ne pas s’en souvenir, et laisser croire une fois de plus aux classes moyennes qu’elles paieront, et que la solidarité nationale se fera sur leur dos, c’est augmenter la désespérance, et, pour les candidats à l’élection présidentielle, œuvrer activement à la présence de Marine Le Pen au second tour. Le candidat du PS n’a pourtant aucune certitude, dans l’état actuel des rapports de force, qu’il en serait le bénéficiaire. La France, elle, n’a rien à gagner à cracher au visage d’une part de sa population, celle sur laquelle, traditionnellement, s’appuie la République. "

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