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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 12:12
Comment les gouvernements français, turc et australien ont ridiculisé leur pays

En annonçant son intention de consulter le Congrès avant toute opération militaire contre la Syrie, Barrack Obama a mis ses fougueux alliés – France, Turquie, Australie – dans l’embarras. En effet, rien ne dit que le Congrès soutiendra une intervention, et même dans ce cas-là, beaucoup de temps se sera écoulée et l’opposition de la Russie pèsera lourd. En fait, l’éventualité d’une attaque militaire contre la Syrie s’éloigne. Et ceux qui l’avaient prônée avec fougue sortiront discrédités de la crise.

Ci-contre: Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, entouré de deux partisans des « guerres humanitaires » : Bernard-Henri Levy et Bernard Kouchner.

À tout seigneur, tout honneur : la France est le pays qui s’est le plus couvert de ridicule au cours de la crise syrienne. 4ème ou 5ème puissance mondiale, elle s’est comportée comme un vulgaire protectorat américain – avant d’être désavouée, humiliation suprême, par son maître Barack Obama.

Le Président de la République François Hollande, et son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, sont les principaux responsables de cet échec. En effet, le peuple français s’est immédiatement prononcé contre la guerre en Syrie. Petit à petit, dans l’opposition, des voix ont remis en cause la politique belliqueuse de François Hollande. Mais il était trop tard : la France s’était déjà trop engagée ; elle avait promis frappes et « punition » (terme qui rappelle étrangement les grandes heures de la colonisation) à la Syrie ; elle devait être le meilleur allié des États-Unis.

Or, plus les jours passaient, plus il est apparu que cette guerre était irréaliste. Que voulait-on faire ? Envoyer des missiles au hasard sur la Syrie ? Il était évident que cela ne donnerait aucun résultat. Alors pourquoi ? Pour le bon plaisir d’exhiber nos armes ? Pour faire plaisir aux Américains ?

Pas de chance, les Américains, justement, semblent avoir changé d’avis. Plus Barack Obama hésite, et plus l’hypothèse d’une intervention armée s’éloigne. François Hollande reste seul, avec ses menaces inapplicables et ses missiles inutiles. Dans l’affaire, la France a gagné la réputation de mercenaire malheureux des Américains. Laurent Fabius, un peu comme le roquet, a beaucoup aboyé mais ne pourra pas mordre tant que son maître ne l’y autorisera pas. Et le maître américain a décidé de prendre son temps.

Pour un pays comme la France, qui a mis des Napoléon et Charles de Gaulle à sa tête, qui a été admiré, aimé et respecté dans le monde entier, ce triste épisode est dramatique. Acclamé en 2003 lorsqu’il avait rejeté la guerre en Irak, notre pays s’est comporté comme le dernier des esclaves. Un nouveau coup terrible porté à son image…

La situation en Turquie est différente. Les motivations de Recep Tayyip Erdoğan, de son ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu, et de leur parti l’AKP, sont multiples. S’ils ont pris parti contre le régime syrien, c’est notamment parce que ce régime (autoritaire, nationaliste et relativement laïc) leur rappelle furieusement le kémalisme, qu’ils combattent depuis longtemps. Facteur aggravant, Bachar al-Assad est un alaouite, ce qui le rend encore plus détestable aux yeux de certains islamistes turcs.

Pour comprendre l’hostilité de l’AKP aux alaouites, il faut savoir que ces derniers sont extrêmement proches des alévis (une importante minorité de Turquie). Pour les extrémistes sunnites, alévis et alaouites sont identiques et regroupés sous le terme péjoratif de « nusayris ». Traditionnellement de gauche ou kémalistes, les alévis turcs sont en grande majorité hostiles à l’AKP ; beaucoup d’entre eux ont participé aux manifestations de mai 2013. En attaquant le « régime alaouite » de Damas, le gouvernement turc peut ainsi mettre en garde les alévis, sans les menacer directement.

Enfin, au niveau international, Recep Tayyip Erdoğan espérait que la Turquie prendrait la tête d’une vaste coalition des États musulmans sunnites. Mais il est séparé du monde arabe sunnite par la Syrie ; si les Frères Musulmans (alliés historiques de l’AKP) prenaient le pouvoir en Syrie, la Turquie serait directement reliée au monde arabe sunnite et pourrait y exercer son influence.

C’est pourquoi, quelques jours à peine après les menaces américaines, le ministre des Affaires étrangères Davutoğlu s’est rangé dans le camp américain. Le 26 aout, il a fait savoir que la Turquie rejoindrait toute coalition prête à attaquer la Syrie – même sans l’accord de l’ONU. Depuis, Recep Tayyip Erdoğan a multiplié les interventions pour soutenir une intervention.

Le recul américain met la Turquie dans une situation délicate ; elle n’a évidemment pas les moyens d’attaquer seule la Syrie. Si elle agit, elle en subira de lourdes conséquences ; si elle n’agit pas, elle sera discréditée sur la scène internationale. Elle retrouvera cette image de « porte-avion américain » dont elle semblait s’être débarrassée dans les années 2000…

Ce sera de plus un nouveau revers pour le gouvernement de l’AKP. Les Turcs sont, en grande majorité, hostile à toute guerre contre la Syrie. Les kémalistes du CHP, les nationalistes du MHP, les communistes et certains islamistes à l’ancienne ont dénoncé la position anti-syrienne de leur gouvernement. Comme François Hollande en France, Recep Tayyip Erdoğan risque donc de sortir discrédité de cette crise, aussi bien à l’étranger que dans son propre pays.

On ne saurait oublier le troisième larron de cette pseudo-coalition, à savoir l’Australie. Comme en France, comme en Turquie, on a là-bas un gouvernement qui se met à la remorque des États-Unis malgré l’opposition de son peuple.

Il faut dire que l’Australie est en pleine campagne électorale, et le Premier Ministre socialiste, Kevin Rudd, est en grande difficulté. Une guerre victorieuse aurait été pour lui le seul moyen de remonter dans les sondages. C’est pour cela qu’il a immédiatement annoncé son soutien à toute coalition qui attaquerait la Syrie.

L’Australie a toujours été une alliée fidèle de Washington. Sa prise de position n’a donc rien d’étonnant. Mais si le Congrès américain votait contre une guerre, elle risque de se retrouver totalement isolée : cette fois, elle ne pourra même pas compter sur le Royaume-Uni. Le camp anglo-saxon, traditionnellement soudé, se verrait donc scindé en trois : les anti-guerre (Royaume-Uni et Canada), les hésitants (États-Unis) et l’Australie, belliciste et isolée.

Il est vrai que le gouvernement australien n’a rien à perdre, puisqu’il est d’ores et déjà certain d’être renversé aux prochaines élections. Mais il aura solidement écorné l’image internationale de son pays avant de chuter…

* * *

Alors que David Cameron avait failli engager le Royaume-Uni dans ce guêpier, les députés britanniques ont eu l’intelligence de voter contre la guerre. Mais la France, la Turquie et l’Australie ne sont pas totalement isolées : elles ont le soutien des dictatures théocratiques arabes (Qatar et Arabie Séoudite en tête…) Dans une croisade pour les « droits de l’Homme », de tels alliés sont pour le moins curieux. Voilà ce qu’il en coûte de suivre aveuglément les bellicistes américains : le ridicule, le discrédit, l’isolement.

 Depuis les débuts de la crise syrienne, les Turcs manifestent régulièrement contre les tendances belliqueuses de leur gouvernement.

Depuis les débuts de la crise syrienne, les Turcs manifestent régulièrement contre les tendances belliqueuses de leur gouvernement.

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commentaires

francaisGaulliste 29/09/2013 19:16

La France est en train d'être détruite par ces idiots qui nous gouvernent.
La France n'a plus aucuns prestige dans le monde, et notre régime autoritaire ne sert qu'à repprimer, ou manipuler les masses. Le régime de Hollande a détruit PSA pour faire le caniche d'OBama. Et ca, même les syndicats gauchistes ne viennent pas le dire.

Ici, on érige un minable comme BHL comme philosophe national. Ca résume ce qu'est devenu la France.