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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 17:03

La diplomatie française s'articule traditionnellement autour de trois grands axes qui recoupent en grande partie ce qui fait l'identité de notre Nation. Elle est européenne, elle est méditerranéenne, elle est mondiale. Cette diplomatie, élaborée depuis plusieurs siècles par les rois et les empereurs de France, agrandie par la République et consolidée par l'oeuvre gaulliste, est aujourd'hui en grand péril. Alors que Nicolas Sarkozy se satisfaisait, dans un long entretien àPolitique internationale, de la diplomatie qu'il a menée au cours de son quinquennat, force est de constater que la position de la France dans le monde a en réalité été bien affaiblie depuis son arrivée à la tête de l'Etat. 

 

Au Congrès de Paris de 1956, Napoléon III défendait la vision traditionnellement française de l'Europe: un ensemble de nations libres et souveraines. 

 

L'Europe a toujours été au coeur de la diplomatie française, pour la bonne raison que la France est au coeur du continent européen. Mélange de Latins, de Gaulois et de Francs, au carrefour de l'Italie, de l'Espagne, des îles britanniques et de l'Allemagne, ainsi que de l'Atlantique et la Méditerranée, la France s'est construite, parfois avec, souvent contre, les grandes civilisations d'Europe. Après l'horreur des deux guerres mondiales, la diplomatie française s'était orientée vers deux axes majeurs: la coopération des Nations d'Europe, et la préservation de leurs identités, afin d'avoir de l'Atlantique à l'Oural une "Europe européenne". Une oeuvre que Nicolas Sarkozy a soigneusement continué à détricoter, consacrant son énergie à une Union Européenne rejetée par les peuples, au détriment des nations d'Europe. 

 

 

L'Europe technocratique contre l'Europe des peuples

 

Nicolas Sarkozy aura au moins eu le mérite de la constance: de son arrivée à l'Elysée jusqu'à l'année 2012, sa politique européenne sera restée la même: consolider l'Europe de Lisbonne, technocratique au possible, quitte à y sacrifier les peuples. Copie maladroite de la Constitution Européenne rejetée par les Français en 2005, le Traité de Lisbonne, adopté avec la complicité des socialistes français, s'inscrivait dans la prolongation de celui de Maastricht. Avec, au centre, l'euro. 

 

La réconciliation franco-allemande avait été une des grandes réussites de la Vème République. Mais, résolu à conserver cette amitié précieuse, Nicolas Sarkozy a oublié que la France était l'alliée de l'Allemagne, pas sa vassale. 

 

L'oeuvre européenne de la France aura donc consisté, pendant cinq ans, à protéger une monnaie, l'euro, qui a montré ses limites dès la crise de 2008. Mais c'est avec la crise grecque, en 2010 et 2011, que Nicolas Sarkozy s'est radicalisé. Jouant l'alliance avec une Allemagne championne de l'austérité, il a pesé de tout son poids pour faire adopter des mesures de plus en plus violentes socialement aux peuples asphyxiés par l'euro: la Grèce, d'abord. L'Italie, l'Espagne, le Portugal, ensuite. 

Les chefs d'Etat qui ont tenté de résister à ces diktats de plus en plus durs ont été écrasés par la terrible alliance germano-sarkozyste. Comme Georges Papaandréou et Silvio Berlusconi, remplacés par des banquiers aux ordres. 

 

Alors certes, le Président français et la Chancellière allemande ont offert un sursis à l'euro. Mais à quel prix? Celui de l'écrasement total des peuples et d'une obéissance aveugle aux marchés. Bref, l'Europe européenne était morte, sacrifiée à l'Europe technocratique des banques. 

 

 

Tensions diplomatiques avec les dissidents: Grande-Bretagne, République tchèque

 

Tous n'ont pas accepté, cependant, ces lubies franco-allemandes. De nouvelles crises en ont résulté, qui ont abimé l'image de la France y compris dans des pays dont les peuples étaient des amis déclarés. 

 

Ainsi en a-t-il été de l'Angleterre, notre vieille rivale, dont Nicolas Sarkozy se voulait pourtant un allié farouche. Profitant de sa bonne entente avec Tony Blair, puis Gordon Brown, le Président français a entamé avec eux un rapprochement intelligent et qui a semblé dans les premiers temps porter ses fruits. En 2010 s'achevait ce rapprochement avec un bel accord militaire et politique, qui jetait les premières bases d'une défense commune franco-anglaise. 

Bien malheureusement, il n'aurait jamais fallu oublier le souverainisme sourcilleux du peuple britannique, qui a vite compris que les réformes de l'Europe proposées par le couple franco-allemand étaient dangereuses pour son indépendance. David Cameron, refusant l'accord de décembre 2011, a déclenché le courroux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, ce qui a jeté un froid regrettable dans les relations franco-britanniques..

 

La guerre en Libye a été le résultat en même temps que l'occasion du réchauffement franco-britannique. Rapidement remis en cause par les divergences au sujet de l'euro. 

 

Pour la même raison, la République tchèque, rechignant de 2009 à 2010 à approuver le Traité de Lisbonne que les Irlandais avaient rejeté, a été soumise à des pressions et des critiques violentes de la part du Président français. Bien maladroites, elles ont choqué beaucoup de pays de l'est - alors même que Nicolas Sarkozy avait pris leur défense contre Jacques Chirac dans le temps. 

 

 

Russie: débuts difficiles, stabilisation réussie

 

L'Europe voulue par la France, de Napoléon à Charles de Gaulle, s'est toujours basée sur une belle et bonne alliance avec la Russie. C'était là la clé d'une Europe continentale, libérée de l'impérialisme américain, et articulée autour de ses deux poumons catholique et orthodoxe. 

 

On pouvait craindre le pire pour cette alliance à l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Ce dernier n'avait jamais caché son hostilité à Vladimir Poutine, et s'empressa d'ailleurs de prendre pour ministre des Affaires étrangères le très atlantiste Bernard Kouchner, adversaire déclaré de la Russie. 

 

L'accord de paix au sujet de la Géorgie résultait de la bonne entente franco-russe. 

 

À la surprise générale, pourtant, Nicolas Sarkozy a su se débarasser de ses ridicules oripeaux droit-de-l'hommistes pour emprunter un costume d'homme d'Etat. Ainsi est-ce en froid réaliste qu'il a immédiatement noué des liens amicaux avec la Russie - l'élection du libéral Medvedev aidant. C'est d'ailleurs à cette occasion qu'il a remporté un succès diplomatique majeur, à l'été 2008, en obtenant un cessez-le-feu entre la Russie et la Géorgie. (On peut regretter toutefois que l'intégrité territoriale de cette dernière ne soit toujours pas restaurée.)

Les rapports avec notre grande alliée sont donc restés tout à fait corrects au cours du mandat de Nicolas Sarkozy, malgré des divergences récurrentes, notamment au sujet de la Libye et de la Syrie. La Russie condamne l'ingérence régulière de la France dans les affaires d'autres Etats. Mais dans l'ensemble, Nicolas Sarkozy a réussi à maintenir l'amitié que Jacques Chirac avait brillament reconstruite. 

 

 

La trahison de la Serbie

 

La France et la Serbie sont deux nations alliées, amies, et soeurs d'armes. C'est pour protéger ce petit pays de l'agression prussienne que la France et la Russie se lancèrent dans l'enfer de la Grande Guerre. C'est, ensemble, que Français et Serbes subirent et combattirent l'occupation nazie. La fascination, l'admiration, l'amour pour la France étaient une constante du peuple serbe. 

Puis vint l'agression. Violente, massive, une trahison, un coup de poignard dans le dos. Suite à une incroyable campagne de désinformation, la France s'engagea aux côtés de l'Allemagne (qui avait une vieille revanche à prendre) et des Etats-Unis, pour écraser la Serbie sous les bombes. 

 

Carte du Kosovo et des Etats le reconnaissant: on note que l'Azerbaïdjan ou l'Espagne, confrontés à de graves problèmes séparatistes, ont eu le bon sens de ne pas reconnaitre un Etat dont l'indépendance est illégale au regard du droit international. 

 

Cette trahison de Jacques Chirac et Lionel Jospin, Nicolas Sarkozy l'a fidèlement suivie. En 2008, au mépris de toutes les règles internationales, au mépris de tous les principes respectés par la France, il reconnait l'indépendance du Kosovo, province albanaise maffieuse sous contrôle de l'armée américaine, mais appartenant à la Serbie.

Non seulement le Président français ouvrait une boîte de Pandore terrifiante (dont la guerre séparatiste en Géorgie sera une conséquence...) Non seulement il laissait l'Amérique prendre pied dans les Balkans avec une quasi-colonie. Mais surtout, il montrait que la France était capable de trahir tout à la fois ses principes, ses amis et les lois internationales. 

 

 

L'Europe de Bruxelles, condamnée à l'échec, aura été le coeur de la diplomatie européenne de Nicolas Sarkozy. D'où un affaiblissement généralisé de la France. 

 

Le bilan de la diplomatie européenne de Nicolas Sarkozy est donc particulièrement criticable. Bras droit d'Angela Merkel, se complaisant dans le rôle de fidèle second de l'Allemagne, il a aidé à l'oeuvre terrible d'écrasement des peuples européens, sacrifiés au dogme de l'euro. L'Europe financière et technocratique l'a emporté sur l'Europe des nations, l'Europe européenne. Et malgré le maintien de liens d'amitiés solide avec la Russie, le Président français aura écorné l'image de la France chez beaucoup de nos amis et alliés traditionnels: Italie, Serbie, Pologne, ainsi que chez des rivaux comme l'Angleterre qui, si elle nous combattait, ne nous estimait pas moins. 

 

 

                                                                                                                   

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Aurélien Denizeau - dans Diplomatie
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