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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 21:30

L'idée est cocasse. Silvio Berlusconi, chef de la droite libérale italienne, dix ans à la tête du pays, homme d'affaire et d'affaires, de fric et de frasques, en bouclier du petit peuple italien et des classes prolétaires? Cette situation, saugrenue au possible, pourrait bien être le seul bilan du mandat de Mario Monti, Président du Conseil italien depuis novembre 2011, et qui vient d'annoncer sa démission prochaine. 

 

 

Lorsque Silvio Berlusconi, sur pression de la France et de l'Allemagne, a été lâché par son parti, peu de monde en Italie le regrettait. Les deux plans d'austérité qu'il avait déjà pris avaient durement frappé le peuple italien, et ses frasques et son arrogance ne rendaient pas le personnage spécialement sympathique. 

Un détail, toutefois, aurait du troubler les Italiens: si Berlusconi avait été chassé, ce n'était pas pour sa politique passée, mais uniquement parce qu'il refusait d'aller aussi loin dans l'austérité que ce que l'Union Européenne lui demandait. 

Sans élection, un nouveau gouvernement de technocrates (dont aucun n'avait jamais été élu par le peuple) a été désigné. Ainsi pendant près d'un an l'Italie a-t-elle vécu sous un régime despotique, que le peuple n'avait pas choisi, et dirigé par le froid Mario Monti. 

 

Mondialiste et européïste, Mario Monti symbolise parfaitement l'acoquinement de l'Union Européenne avec la haute finance. Ayant fait ses études à l'université de Yale, aux Etats-Unis, il est depuis 2005 consultant pour Goldman Sachs, l'une des banques à l'origine de la crise économique de 2008. Mario Monti est également président pour l'Europe de la Commission Trilatérale (un des fers-de-lance du mondialisme), membre du comité de direction du groupe Bilderberg, et du groupe de pression "Friends of Europe". 

Européïste convaincu, il milite pour une Europe fédérale, et a lancé l'idée d'un "Fond Monétaire Européen" calqué sur le Fond Monétaire International. Et c'est sur ordre de l'Union Européenne, et pour tenter de sauver l'Euro, qu'il a lancé une politique d'austérité terrible pour le peuple italien: baisse des salaires, recul de l'âge de la retraite, et augmentation de la pression fiscale. 

 

 

Le peuple italien espérait, avec la chute de Silvio Berlusconi, une politique plus sociale. La gabatine dont il a été victime l'a poussé à rejeter en masse le nouveau gouvernement. Le Parti Démocrate-Libéral avait soutenu jusque-là Mario Monti; mais, face à la colère populaire, ses dirigeants ont préféré lâcher leur ex-nouvel-allié (n'en étant plus à une trahison près...), qui a alors présenté sa démission. 

Silvio Berlusconi a compris qu'une nouvelle occasion de revenir aux affaires s'offrait à lui et veut se présenter aujourd'hui comme une alternative au peuple italien. 

 

Les Français, béats d'admiration seulement devant leurs maitres (l'Américain Obama, l'Allemande Merkel), regardent avec condescendance ce processus, qui pourrait ramener Berlusconi au pouvoir. Pour certains, c'est là l'occasion de ressaser leur mépris et leurs préjugés envers les Italiens. C'est oublier que, deux fois, les Français se sont fait avoir, croyant élire un gaulliste (2007) et un socialiste (2012), avant d'être cruellement déçus. 

 

 

Bien sûr, Silvio Berlusconi est détestable au possible. Bien sûr, sa politique libérale ne sera pas bien meilleure que celle de Mario Monti. Mais il incarne, volens nolens, une certaine forme de populisme et de défense du peuple italien. Tant qu'une vraie opposition (chrétienne-démocrate, communiste...) n'émergera pas, "il Cavaliere" restera en selle. Parce que les Italiens choisiront toujours l'escroc public qui s'avance à visage découvert, plutôt que le froid serpent qui les étouffe silencieusement mais bien plus mortellement. 

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