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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 22:03

On l'avait promis aux pays émergents: le monopole des Européens au Fonds Monétaire International (FMI) devait s'achever avec la mandature de Dominique Strauss-Kahn. Après le glorieux départ de ce dernier, il paraissait donc tout naturel qu'il fût remplacé par un citoyen issu d'un pays en développement économique. Mais rapidement, les choses se compliquèrent: la Chine et l'Inde ne parvenant pas à s'accorder sur un candidat, et après que le Turc Kemal Dervis eut renoncé au poste, voici que la Française Christine Lagarde annonçait sa candidature à la direction du FMI, au mépris de tous les engagements pris par les Européens. Face à elle, ne demeuraient plus que deux hommes: le Kazakh Grigori Martchenko, qui n'a pas tardé à jeter l'éponge, et le Mexicain Agustin Carstens, qui demeure donc le seul candidat crédible à la direction du FMI.


 

 

 

Le candidat des pays émergents face à la candidate de l'Occident: symbole ou illusion?

 

 

Mettre fin à l'idéologie libérale et néo-coloniale du FMI


Depuis plusieurs décennies, depuis notamment le fameux "consensus de Wahsington" adopté sous l'ère Reagan et Thatcher, le FMI fonctionne comme un instrument des puissances occidentales au service d'une certaine idéologie, celle qui refuse l'Etat-providence et encourage la dérégulation. Pendant toutes ces années, la politique du FMI à l'égard des pays les plus pauvres s'est montrée particulièrement vicieuse: il s'agissait, en échange des prèts qui leurs étaient accordés, de les forcer à adopter des mesures de libéralisation de l'économie, renoncer à l'aide sociale, ouvrir leurs frontières, voire mettre en place les réformes politiques voulues par l'Occident. Des diktats extrèmement durs, à l'origine de graves crises sociales, pour des résultats économiques douteux. 

Il est évident que l'écrasante domination américaine au FMI l'a toujours orienté dans cette voie; que le directeur de l'institution fut européen ne changeait, dans le fond, pas grand-chose à l'affaire. Ainsi Dominique Strauss-Kahn était-il, idéologiquement, imprégné de ce libéralisme à l'américaine qui l'a poussé à réclamer contre la Grèce ces mesures étouffantes et innefficaces. Comment peut-on croire une seule seconde que Christine Lagarde, qui a passé dix ans de sa vie aux Etats-Unis, sera moins atlantiste que son prédecesseur? Comment peut-on croire une seule seconde qu'elle mènerait une politique économique différente de celle de Dominique Strauss-Kahn?


En revanche, il semble évident que la prise en main du FMI par un pays émergent favoriserait un changement de politique. Et à ce titre, un directeur mexicain aurait toutes les chances de remettre en cause le consensus néo-libéral qui triomphe depuis longtemps au FMI, étant donné que le Mexique fut dans les années 90 une des principales victimes de cette idéologie. Il ne faut pas se bercer d'illusions: les élites des pays en développement sont souvent aussi mondialistes que celles d'Occident. Mais elles ont au moins l'avantage d'avoir pu constater l'échec du FMI au sein de leurs propres nations. 


 

 

 

La politique menée par Dominique Strauss-Kahn au FMI a contribué à affamer la Grèce, comme ses prédécesseurs avaient affamé l'Indonésie ou... le Mexique.

 

 

Christine Lagarde: vers un nouveau déshonneur français?


En tous les cas, la victoire du Mexicain Agustin Carstens aurait au moins une vertu fondamentale: celle d'éviter l'arrivée de Christine Lagarde à la tête du FMI; la ministre française des Finances est en réalité une bien mauvaise candidate.

On passera ici sur son incompétence, elle qui assurait les Français que la Grèce rembourserait l'argent qui lui avait été prêté, aux frais du contribuable, pour satisfaire les banques. On voit aujourd'hui que la Grèce ne remboursera pas sa dette et que les Français ne récupèreront jamais leur argent. 


Mais il est un point sur lequel on ne peut passer: la procédure de remboursement de Bernard Tapie, dont Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy avaient été les grands artisans, et sur laquelle planent de terribles soupçons de conflit d'intérêts. Le Parti Socialiste vient d'ailleurs d'entamer plusieurs actions en justice qui pourraient viser directement la candidate française, soupçonnée en prime d'avoir joué de son influence dans ce dossier.

Quand bien même Christine Lagarde serait innocentée par la suite, la France ne peut se permettre de présenter sa candidature au FMI. Il suffit d'imaginer le résultat désastreux que produirait une condamnation, ou même un simple soupçon de conflits d'intérêts, juste après le procès pour viol de son prédecesseur, français: quelle image calamiteuse en retirerait la France dans le monde! 


 

 

 

La France, déjà ridiculisée par l'affaire Strauss-Kahn, peut-elle recourir le risque avec Christine Lagarde?

 

 


L'élection du candidat mexicain serait, à tout le moins, un excellent symbole de la reprise en main de l'économie mondiale par les nations émergentes; son arrivée à la direction du FMI précipiterait la fin du consensus de Washington et de l'idéologie néo-libérale qui guide l'action de l'organisation. Il semble bien, hélas, que l'Europe, en dépit de toutes ses promesses, soit determinée à conserver sa place au Fonds. Quitte à élire une candidate incapable de réformer l'institution comme il le faudrait; et, cerise sur le gâteau, susceptible de se retrouver d'un jour à l'autre mélée à un scandale politico-financier. Il est vrai qu'après l'affaire Strauss-Kahn, l'image de la France n'a plus grand-chose à perdre...

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