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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 23:18

 

L'incident des locaux de Charlie-Hebdo, incendiés par un coktail molotov alors que le journal prévoyait un numéro spécial "Charia Hebdo" consacré à l'islamisme, a profité à beaucoup de monde: communautaristes musulmans adeptes de la victimisation, néo-conservateurs tenant du choc des civilisations, politiciens en recherche de républicanisme. Néanmoins, le principal bénéficiaire de l'affaire reste bien entendu le journal lui-même, dont les rédacteurs gagnent ainsi l'image de martyrs de la liberté d'expression. C'est ainsi que Claude Guéant a appelé à se sentir solidaire de Charlie-Hebdo, que Jean-François Copé, toujours dans la nuance, a dénoncé un "attentat", tandis que toute la classe politique française, de Bertrand Delanoé à Marine Le Pen, de Jean-Luc Mélenchon à Christine Boutin, prenait la défense d'un journal subitement associé à la République et la liberté d'expression. Charlie-Hebdo serait le nouveau symbole de la liberté républicaine? Une arnaque intégrale, une malhonnèteté intellectuelle, pour quiconque connait quelque peu l'histoire du journal!

 

 

Il est évident que la liberté d'expression en France doit être totale

 

On ne le répètera jamais: il ne saurait y avoir d'exceptions en France à la liberté d'expression, tant qu'elle ne sert pas de tremplin à la diffamation ou aux appels au meurtre. Il est même dommage d'avoir à le rappeller lorsque l'on traite de telles affaires, mais cela demeure essentiel. Prétendre que la liberté devrait être limitée par le respect des croyances est une vaste fumisterie: chacun ayant ses tabous, ses points sensibles, on ne saurait se priver de parole, par crainte de blesser tel ou tel groupe. Les musulmans, les juifs, les chrétiens, les handicapés, les vieux, les femmes, les hommes, les homosexuels, les anciens combattants, les fonctionnaires, les journalistes... Chacun peut être blessé ou indigné par tel ou tel sujet. Mais dans ce cas, ce n'est pas à la loi de s'en mêler. 

 

C'est pourquoi il doit être permis, en France, de caricaturer le prophète de l'islam. C'est pourquoi il doit être permis, en France, de souiller un portrait de Jésus-Christ. Quand bien même ces actes pourraient choquer, insulter, ou témoigneraient de la bêtise de leur responsable, on ne les combattra ni par la loi ni par la violence. 

 

Les attaques très violentes envers les catholiques, monnaie courante de Charlie Hebdo, avaient déjà suscité des actions en justice, mais sont généralement accueillies avec indifférence. 

 

C'est pourquoi, en réaction au numéro spécial "Charia-Hebdo", les musulmans de France devraient s'inspirer des chrétiens. Non pas les nervis du Renouveau Français, groupuscule pertubant une pièce de théâtre "blasphématoire", mais la majorité des croyants catholiques qui, face aux attaques répétées (et beaucoup plus violentes que les caricatures de Mahomet de Charlie-Hebdo) de leurs adversaires, répondent par le silence, le mépris, ou des articles contradictoires et argumentés. 

 

Mais, si cette liberté d'expression est un droit fondamental, Charlie-Hebdo est loin, bien loin, d'en être le symbole. 

 

 

Charlie-Hebdo et la liberté d'expression: une histoire bien trouble

 

Ce journal est l'antre de ce qu'on appelle "le conformisme anti-conformiste". C'est à dire, le robinet d'eau tiède du politiquement correct vendu sous une étiquette de pseudo rébellion. Le libéralisme libertaire, l'écologie, le droit-de-l'hommisme, l'européïsme, présentés comme subversifs, alors qu'ils sont les idées dominantes de notre temps. 

 

Et cette hypocrisie de Charlie-Hebdo se retrouve au sujet de la liberté d'expression, dont le journal se prétend un défenseur assidu - tant qu'elle va dans le sens de cette idéologie et de ses publications. Dans les faits, pourtant, l'hebdomadaire satirique n'a jamais défendu la liberté d'expression de ses adversaires, y compris lorsqu'ils étaient menacés physiquement. Pourtant, n'est-ce pas là le vrai courage? 

Ainsi, on n'a pas entendu Charlie Hebdo lorsque l'artiste Dieudonné (quoi que l'on pense de lui et de ses idées) étaient agressés physiquement par des groupes extrémistes, suite à ses caricatures sur l'exploitation de la shoah. On n'a pas entendu Charlie Hebdo lorsque des personnalité dérangeante comme Frédéric Taddéï ou Eric Zemmour voyaient leur temps d'antenne réduit. On n'a pas entendu Charlie Hebdo lorsque les manifestations "saucisson-pinard" étaient interdites, ou les interventions de Tariq Ramadan censurées (quoi que l'on en pense, ici aussi). On n'a pas entendu Charlie-Hebdo, enfin, s'exprimer sur les lois mémorielles, punissant pénalement quiconque nierait l'holocauste, l'esclavage des Noirs ou les massacres d'arméniens, et ce bien que ces lois soient anticonstitutionnelles. 

 

C'eût été, pourtant, le vrai courage: défendre la liberté d'expression de ses amis est à la portée de tous. Qui osera défendre celle de ses ennemis? À ce titre, il conviendrait mieux de saluer l'action d'un Robert Ménard, d'un Jean Robin, ou d'un Philippe Bilger (dont on peut combattre les idées), qui défendent mieux la liberté de parole de tous que Charlie-Hebdo.

 

Il est vrai que Philippe Val, patron de Charlie-Hebdo, n'est pas connu pour son attachement à la liberté d'expression. N'avait-il pas fait chasser, par une procédure de licenciement abusif, le caricaturiste Siné de son journal, suite à une plaisanterie sur la religion et Jean Sarkozy? 

 

 

Un journal qui récolte les fruits de son idéologie

 

Enfin, il est un point qu'il ne faut pas oublier: c'est que Charlie-Hebdo ne fait qu'encaisser les résultats d'une politique qu'il a défendu depuis des années, par la voie de ses publications et de ses personnalités: Caroline Fourest, Charb, Cabu, etc. Cette idéologie, clairement hostile au patriotisme français et à l'héritage gaulliste, était celle d'une société libertaire et multiculturelle, ouverte à l'immigration. Une "France plurielle", où cohabiteraient les cultures, et dont tout adversaire serait taxé de fascisme et de racisme. 

 

En assimilant toute inquiétude du peuple français vis-à-vis de l'immigration à du fascisme, Charlie-Hebdo a contribué à créé une situation explosive qui se retourne contre le journal. 

 

Le résultat de cette politique, mise en oeuvre dans les années 70, 80 et 90, a été bien évidemment l'émergence sur le sol français de plusieurs groupes identitaires avec leur culture propre et marquée. Parmi eux, les musulmans, instrumentalisés par la gauche politique, dont la culture était défendue par hostilité à la culture traditionnelle française.

 

Mais au bout de quelques décennies, Charlie-Hebdo, son directeur Philippe Val, et tous les tenants de leur idéologie, se rendent compte que la culture musulmane est tout aussi conservatrice que la culture traditionnelle française. De chances pour la France, les musulmans sont tout à coup transformés en fascistes. 

Charlie-Hebdo se transforme en repaire de néo-conservateurs, c'est à dire, selon Irving Kristol, de gens de gauche confrontés à la réalité. Refusant de saisir la complexité de la situation, ils se cherchent un bouc émissaire.

 

Le peuple français refusait la nouvelle société, ouverte par mai 68, qu'on lui proposait? Le peuple français devient un agrégat de fascistes pétainistes (thèse développée par Bernard Henri-Levy dans son essai L'Idéologie française).

 

Les musulmans refusent à leur tour cette société libertaire? Ils deviennent des islamistes fanatiques. 

 

Charlie-Hebdo est aujourd'hui attaqué par des gens dont il a soutenu la venue en France, dont il a accepté le repli communautaire, au nom du droit à la différence, et qu'il a instrumentalisé contre la Nation française qu'il combattait. Aujourd'hui, n'acceptant plus les valeurs conservatrices de ces musulmans, le journal retourne sa veste et participe à leur diabolisation. Il a payé le prix de sa trahison cette nuit. 

 

Les caricatures de Mahomet, publiées par Charlie-Hebdo en 2006, ont été largement exploitées par les néo-conservateurs américains, comme ici les caricaturistes Cox et Forkum.

 

 

Faut-il se réjouir de l'incendie des locaux de Charlie-Hebdo? La réponse est clairement non. Cette sinistre affaire va contribuer à diviser les Français entre eux. Les musulmans, sur la défensive, risquent de s'enfoncer dans le repli communautaire. Les autres Français, inquiets, de prendre violement parti contre l'islam. La stratégie de division du peuple, qui a toujours été celle des élites libérales-libertaires, fonctionnera une fois de plus. Charlie-Hebdo est finalement le grand gagnant de cette attaque. Tout en divisant la Nation, il apparaît comme un martyr de la liberté d'expression, allant jusqu'à reccueillir le soutien de patriotes sur lesquels il a toujours craché! L'incendie des locaux du journal est innaceptable, de même que toute censure. Mais il y a deux choses à retenir: ces actes ne sont pas dénoncés par Charlie-Hebdo quand ils visent ses adversaires; et ils sont la conséquence logique de l'idéologie promue par le journal. C'est pourquoi, malgré tous mes principes, je me refuse à le défendre.

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commentaires

Sékateur 06/11/2011 19:36



Je suis dubitatif sur cette affaire. On tire à boulets rouges sur les islamistes, qui sont certainement à l'origine de cette action, mais qu'en savons-nous ? Et les locaux étaient-ils bien
sécurisés ? Un cocktail molotov, enfin je ne connais pas son pouvoir de nuisance réelle, je parle sans savoir, mais un cocktail molotov, à mon avis, doit être lancé à l'intérieur d'une pièce pour
commettre un incendie. Et à une heure du matin, pourquoi y aurait-il une fenêtre sans volets ? Et des volets métalliques, il me semble qu'une rédaction de journal polémique pourrait s'en équiper
légitimement. Bref...



Crodoff 06/11/2011 09:44



Il faut surtout noter avant d'accuser quiconque sans preuve comme le fait la propagande médiatique (comme pour le 11 septembre) que l'incendie des locaux de Charlie Hedbo à eu lieu juste avant la
sortie du journal, ce qui est tout de même quelque chose de totalement troublant. Ca n'est donc pas "en réaction" et ca permet d'en faire une promotion extraordinaire. Pour ce qui est du
"hacking" du site internet de Charlie Hebdo, il est tout aussi farfelu d'imaginer des intégristes islamistes en super hackers qu'en pilotes d'avion de lignes naviguant à la boussole.



Pierre-A 06/11/2011 02:03



En voyant le titre j'étais assez sceptique. Mais au final je suis convaincu.