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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 22:15

Si je n'ai pas voulu prendre parti de manière active dans le débat sur le mariage homosexuel, c'est parce que j'ai compris dès le départ que son but était de diviser les Français et donc, de créer une diversion. J'ai bien sûr un avis sur la question (et ceux qui me lisent régulièrement le connaissent), mais je n'ai tout simplement aucune envie de le défendre, vu la tournure du débat. Ce texte explique pourquoi. 

 

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L'outrance et l'insulte, en premier lieu, ont dominé ce débat de bout en bout. Alors que des voix raisonables tentaient de s'élever, d'un côté comme de l'autre, pour arriver à une meilleure compréhension mutuelle, ce sont rapidement les extrémistes de chaque camps qui ont été mis en avant. 

 

Personne n'a écouté les arguments de ceux qui craignaient qu'en détruisant la structure traditionnelle du mariage, on accélère la marche vers une société libérale et individualiste. Pas plus qu'on a écouté les arguments de ceux qui s'opposaient uniquement à l'adoption homosexuelle, au nom du droit de l'enfant à un équilibre paternel/maternel. 

On a préféré se focaliser sur des individus clairement homophobes, intégristes exhaltés ou ignorants haineux. Car de ceux-là, il y en a eu aussi. Comment veut-on que les homosexuels ne se soient pas sentis blessés par certains préjugés les rattachant à des satanistes, des pédophiles ou des pervers? 

 

Dans le même temps, certains partisans du mariage homosexuel se sont servis de ces extrémistes pour disqualifier l'ensemble de leurs contradicteurs. Pour certains d'entre eux, tout adversaire, non seulement du mariage homosexuel, mais même de l'adoption ou de la Procréation médicalement assistée, était forcément homophobe, machiste, fasciste ou idiot. 

S'en est suivi un terrorisme intellectuel terrible, où quiconque tentait de défendre les opposants au mariage homosexuel, était lui-même qualifié d'homophobe - Pierre Bergé ayant même rajouté l'accusation d'antisémitisme, ne craignant pas le ridicule. 

 

Ces insultes, des deux côtés, ont détruit tout début de débat intéressant. Espérait-on quelque échange entre pédagogues, ou un échange philosophique sur le mariage? On n'a eu droit qu'à Civitas et aux Femen, aux nervis du GUD contre les communautaristes LGBT. 

 

Le sentimentalisme dominant, au lieu de la raison froide, a dominé ce non-débat. Les enfants, en particulier, ont été mis en avant, sans cesse. Enfants d'homosexuels défendant le couple que forment leurs "parents" (comment pourrait-on leur demander de critiquer ceux qui les ont élevés et aimés??), enfants envoyés dans les manifestations contre le mariame homosexuel, et gazés par les CRS (mais depuis quand les enfants doivent-ils être emenés manifester??). 

 

Dans cette logique, l'adversaire était forcément un être sans pitié, sans coeur, monstrueux. La voie du juste millieu (reconnaissance des couples homosexuels, sans aller jusqu'à l'adoption) a été étouffée entre les provocations scandaleuses des homophobes, et l'hystérie malhonnète de nombreux partisans du projet de loi. 

 

On avait réussi, ainsi, à diviser les Français. 

 

La réactivation d'un clivage gauche-droite pourtant obsolète, a été favorisée par cette division des Français. Chacun en a tiré son parti. François Hollande a pu tenir une de ses promesses, après avoir trahi toutes les autres. Mieux encore, il est apparu comme un homme de poigne, capable de rallier toute la "gauche", et de tenir face aux manifestations du peuple. 

 

Pendant ce temps, la droite, centrée autour de l'UMP et des organismes conservateurs, a pu se construire une image d'opposante bon marché. Plus l'UMP manifestait contre le mariage homosexuel, et plus elle faisait oublier son soutien tacite à la politique économique ou internationale de François Hollande. 

 

 

*   *   *

 

 

Tout cela, le gouvernement l'avait évidemment prévu, et le savait. Cet enchainement terrible (outrance et insultes, puis division des Français, et donc réactivation du clivage artificiel gauche-droite) était voulu. Il a permis de faire oublier d'autres sujets capitaux (la capitulation du gouvernement socialiste devant les exigences du Medef, les coups portés à la francophonie, une politique étrangère alignée sur Washington...) C'est parce qu'il était un piège vicieux, et dangereux pour notre pays, que j'ai detesté cette manoeuvre.

 

Ce sont des millions de Français, homosexuels ou hétérosexuels, catholiques ou athées, cadres ou ouvriers, hommes ou femmes, qui se sont sentis concernés par ce "débat". Avec souvent, pour eux, des souffrances ou de la colère, l'incompréhension ou la peur, et l'incapacité d'échanger sereinement et de se comprendre. 

 

Autant que le gouvernement, mais aussi tous ceux qui ont profité de ce "débat", portent une lourde responsabilité dans les déchirures à venir de la société française. 

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