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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 23:21

C'est à Edimbourgh, capitale de l'Ecosse, que se trouve le Parlement Ecossais, autonome depuis le "Scotland Act" de 1998.

 

Vendredi dernier, le SNP (Scottish National Party) a lancé sa campagne visant à obtenir l'indépendance, ou tout au moins une autonomie accrue, de l'Ecosse. C'est une belle machine de guerre qui s'est mise en branle - Sean Connery himself lui apportant son soutien! Le parti nationaliste, qui est majoritaire au Parlement Ecossais, espère bien convaincre ses concitoyens, dont seulement un tiers souhaitent à ce jour l'indépendance. Amie traditionnelle de l'Ecosse, sa plus vieille alliée, la France regarde avec sympathie ces tentatives. Mais de là à les soutenir, il y a un pas qu'elle ne doit franchir qu'après avoir beaucoup réfléchi à tous les enjeux de ce dossier...

 

 

Les avantages géopolitiques d'une indépendance écossaise

 

Au-delà des affinités culturelles, politiques et religieuses qui ont forgé cette amitié, ce sont bien évidemment des considérations stratégiques qui expliquent la très vieille alliance franco-écossaise. La France a toujours basé sa diplomatie en Europe sur des alliances de revers, permettant "d'encercler" ses voisins les plus dangereux: alliances franco-russe et franco-polonaise contre l'Allemagne, alliance franco-ottomane contre l'Autriche. 

Au nord des îles britanniques, l'Ecosse était l'allié idéal pour prendre à revers la plus vieille ennemie de la France: l'Angleterre. 

 

Elaborée au cours des 12ème et 13ème siècle, la "Auld Alliance" unissait les royaumes de France et d'Ecosse (ainsi que la Norvège, symbolisée par les sabres croisés) contre leur ennemie l'Angleterre. Même après l'intégration de l'Ecosse au Royaume-Uni, plusieurs points de cette alliance sont restés en application, et ce jusqu'en 1903.

 

Si une guerre franco-anglaise semble devenue impossible, les deux Etats n'en restent pas moins rivaux. Aussi une Ecosse indépendante et alliée de la France serait-elle particulièrement bienvenue, ouvrant de nouveaux partenariats commerciaux, politiques et stratégiques. Ceci d'autant plus qu'il n'existe aucun sujet de discorde entre la France et l'Ecosse, petite nation profondément pacifiste.

On peut penser, par ailleurs, que ce coup porté au rival britannique renforcerait l'équilibre européen en faveur de la France. Toutefois, penser que l'Angleterre en ressortirait affaiblie est naïf: elle a su se débarasser de l'Irlande, ou des Indes, sans y perdre beaucoup. 

 

 

Pas d'illusion à se faire!

 

L'erreur des Français consiste à se croire encore au 15ème siècle, et à penser que l'indépendance de l'Ecosse leur amènerait d'emblée un nouvel allié luttant contre la Perfide Albion. Il est doux de rêver, mais il est sain de voir les réalités en face. 

 

En premier lieu, une indépendance (et a fortiori une autonomie) de l'Ecosse ne lui ferait pas rompre ses liens avec l'Angleterre. Il est probable que le pays conserverait la poltique anglaise, la livre sterling, l'allégeance à la Reine et la fidélité au Commonwealth. Pire: peut-être serait-il amené, paradoxalement, à se rapprocher des positions anglaises, pour ne pas mettre en péril sa jeune indépendance et sa santé économique.

D'autre part, l'Angleterre n'y perdrait finalement pas grand-chose; elle trouverait sûrement un arrangement pour conserver une partie du pétrole écossais, et pourrait d'autre part concentrer son économie sur son territoire restreint.

 

La découverte de pétrole au large de l'Ecosse a offert au pays des perspectives encourageantes pour son avenir, avec ou sans le Royaume-Uni. Mais ce dernier ne laissera pas facilement partir cette précieuse ressource!

 

 

La dangereuse boite de Pandore du séparatisme

 

La France peut, sûrement, espérer l'indépendance de l'Ecosse... mais certainement pas la soutenir! Car si cette indépendance devait voir le jour, il faut qu'elle soit acceptée et voulue par l'Angleterre. En cas contraire, la France devra même refuser de reconnaitre l'Ecosse comme Etat souverain. 

Car sinon, ce serait en effet cautionner le séparatisme; un péril qui frappe nombre de nos amis et alliés (Italie, Serbie, Russie, Turquie, Maroc...) et dont nous ne sommes pas totalement protégés (en témoignent les activités de l'ETA au Pays Basque ou du FLNC en Corse...)

 

La France doit défendre l'intégrité de tous les Etats du monde, et refuser tout séparatisme unilatéral. Mêmes ses vieilles amitiés ne doivent pas lui faire délaisser cette philosophie. C'est pourquoi il faut ardemment souhaiter qu'en cas d'indépendance écossaise, cet acte soit négocié et accepté par les deux parties en présence. 

 

 

Naturellement, l'idée d'une Ecosse libre et souveraine fait rêver tous les Français. Mais c'est une question qui ne peut pas être abordée uniquement sous cet angle romantique. 

 

La question de l'indépendance de l'Ecosse doit donc être regardée avec pragmatisme. Bien sûr, la France serait heureuse d'avoir à ses côtés, en Europe, une nouvelle puissance amie et indépendante. Que de perspectives d'échanges, de partenariats et d'amitié s'offriraient alors! Mais il ne faut pas non plus s'illusionner et en surestimer les avantages. Et surtout, il faut que l'Ecosse obtienne cette indépendance d'un commun accord avec le Royaume-Uni, sans quoi la France se trouvera dans une situation très délicate: choisir entre son amie la plus fidèle, et ses principes les plus sacrés.

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