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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 21:37

Les (fort peu) Sages du Conseil Constitutionnel viennent de donner leur décision: le Pacte Budgétaire Européen pourra être adopté sans révision de la Constitution et donc, sans referendum. Néfaste et incohérente, cette décision permet de mesurer combien les élites politiques françaises sont devenues incompétentes, malhonnètes ou manipulatrices. Un Conseil Constitutionnel indigne de sa tâche, des socialistes qui trahissent toutes leurs promesses, et une opposition complice ou réduite au silence: voilà ce qui ressort de cette lamentable affaire. 

 

Le Pacte Budgétaire Européen est un véritable coup de poignard porté à la souveraineté de la France puisque, pour la première fois depuis deux siècles, ce n'est pas le peuple français par la voie de ses représentants qui pourra choisir son budget, mais des institutions européennes extérieures. 

 

 

La mission trahie du Conseil Constitutionnel

 

Il est un fait que les "Sages", visiblement, ont oublié: leur rôle ne consiste pas à valider telle réforme leur paraissant plaisante, et à censurer telle autre n'ayant pas l'heur de leur convenir. Il consiste uniquement à vérifier que les lois votées sont conformes, dans l'esprit et dans la lettre, à la Constitution française. 

 

Or, quel est l'esprit de ce Pacte Budgétaire Européen, et notamment de sa fameuse "règle d'or" (qualifiée par Jean-Pierre Chevènement de "règle d'airain")? Elle exige des Etats qu'ils maintiennent leurs déficits à un taux d'équilibre, limitant les dépenses du budget de l'Etat et de la Sécurité Sociale.

La question n'est pas de savoir si cette mesure est judicieuse ou non. Le coeur du problème vient du fait que des commissaires non-élus auront le pouvoir d'empêcher le Parlement français, démocratiquement élu, de voter le budget qu'il souhaite. Pire encore: un Etat pourra mettre la France en accusation, s'il estime que son budget n'est pas équilibré comme il le faut. 

 

Toute l'ambigüité du Conseil Constitionnel vient de la possibilité qu'il a de défendre "l'esprit" de la Constitution française. Or, si le Pacte Budgétaire Européen ne viole pas forcément la lettre de cette constitution, il en viole indéniablement l'esprit profond, reposant sur la souveraineté. 

 

En un mot comme en mille, le Pacte Budgétaire Européen limite la souveraineté de la France dans un domaine essentiel, celui de son budget. Or, la Constitution française proclame que seul le peuple français est souverain pour décider de son destin, ce qui comprend le vote de son budget. 

Le Pacte Budgétaire Européen viole donc l'esprit de la Constitution. Le Conseil Constitutionnel, s'il s'était tenu à son rôle, aurait donc du le censurer, ou exiger qu'il soit adopté par referendum. En s'y refusant, les "Sages" ont donc failli à leur mission, au nom d'intérêts politiciens. 

 

 

Les reniements du pouvoir socialiste

 

Rappellons l'histoire du Pacte Budgétaire Européen et de sa "règle d'or": proposé à l'été 2011 par Nicolas Sarkozy, en concertation avec Angela Merkel, il avait été très critiqué par le Parti Socialiste. Sans s'opposer de front à la "règle d'or", les socialistes y avaient vu une manoeuvre politicienne, et laissé entendre qu'ils la combattraient. 

 

De même les socialistes s'étaient-ils abstenus, en mars 2012, de voter le Mecanisme Européen de Stabilité, qui était inclus dans ce pacte. Ils prétendaient alors vouloir le renégocier avec l'Allemagne. 

On connait la suite. François Hollande, élu, se heurta au refus catégorique d'Angela Merkel. Seules quelques concessions mineures furent faites. 

 

Les socialistes Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac, membres influents du gouvernement, sont parmi les défenseurs les plus acharnés du Pacte Budgétaire Européen.

 

Et c'est ainsi qu'aujourd'hui, le Parti Socialiste s'apprète à faire voter un Pacte Budgétaire Européen qu'il avait fait semblant de combattre lorsque Nicolas Sarkozy le proposait. Et c'est ainsi que la rigueur et l'austérité ne viendront pas en France d'un gouvernement de droite, mais, une fois encore, d'un gouvernement socialiste (on n'ose pas le dire "de gauche"...) 

 

Trahison suprême: François Hollande et son gouvernement refusent de soumettre le Pacte Budgétaire Européen au vote des Français, par référendum, en dépit de ses lourdes conséquences. 

 

 

La faiblesse de l'opposition

 

Face à cette forfaiterie du Parti Socialiste, bien peu de voix s'élèvent. L'UMP est silencieuse, ou se réjouit. C'est naturel. Cette mesure vient de chez elle, il lui serait difficile de la critiquer. Par ailleurs, les ridicules querelles d'égo entre Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet et autres François Fillon occupent plus le parti, que l'avenir de la France. 

Les autres partis sont en vacances, bien peu de voix se font entendre. 

Jean-Luc Mélenchon, si disert pendant la campagne électorale, ne dit plus rien. Ne l'entendra-t-on que tous les cinq ans?Jean-Pierre Chevènement avait rallié François Hollande, en estimant que ce dernier renégocierait la "règle d'or" et le Pacte Budgétaire Européen. A-t-il réalisé son erreur? Il reste désormais silencieux.

 

Arnaud Montebourg, fervent adversaire de la "règle d'or" et de l'austérité prônée par le Pacte Budgétaire Européen, est désormais totalement silencieux. Il en va de même de Benoît Hamon. Un silence grassement payé par leur poste de ministre? 

 

"Une telle situation exige le rassemblement de tous les patriotes et républicains. C'est pourquoi Debout la République et moi-même allons travailler de concert avec tous ceux qui s'opposent à cette trahison démocratique, qu'ils viennent de droite ou de gauche. La situation est trop grave pour tomber dans des clivages partisans", a déclaré Nicolas Dupont-Aignan dans un récent communiqué. 

 

Comptons tout de même quelques opposants courageux qui ont fait entendre leur voix. Nicolas Dupont-Aignan, infatiguable républicain, a dénoncé une "trahison" et réclamé un réferendum sur ce pacte imposé aux Français. Pour le seul candidat gaulliste à l'élection présidentielle de 2012, ce pacte est un "véritable suicide pour la France".

Florian Philippot, du Front National, en a fait de même; ce souverainiste authentique estime que "c’est au peuple français de décider de son avenir".

La socialiste Marie-Noelle Lienneman, de son côté, a annoncé qu'elle ne voterait pas le texte, critiquant une "stratégie débile" qui mènera la France à une "logique d'austérité durable".

Quant au journal communiste L'Humanité, il a lancé une vaste pétition en faveur d'un réferendum au sujet de ce pacte. 

 

 

 

Ainsi donc le premier grand texte présenté par François Hollande, aura été celui d'un traité élaboré par deux dirigeants de droite européens: Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Voici qui annonce la couleur du prochain quinquennat. Bien entendu, seuls quelques naïfs seront étonnés de cet apparent paradoxe. Il était largement prévisible. En revanche, bien plus inquiétant est le silence de toute l'opposition. À l'exception des gaullistes, des souverainistes et des communistes, peu de monde se dresse contre pareille forfaiture. Le Conseil Constitutionnel se couche, la plupart des socialistes se taisent, l'UMP se réjouit. Le changement, c'est pour quand? 

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commentaires

clovis simard 23/10/2012 00:05


Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.21- THÉORÈME des POUVOIRS. - Le pouvoir une folie ?