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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 20:05

Pays riche de ressources naturelles en général et de pétrole en particulier, Etat aux racines historiques profondes et à la diplomatie active, le Nigéria pourrait, comme le Brésil, le Maroc ou l'Inde, devenir une nation émergente à l'avenir encourageant. Mais les dizaines d'attaques terroristes qui ont ensanglanté le Noël nigérian ont hélas découvert un pays misérable, instable, en proie à une quasi guerre civile. C'est que le Nigéria rassemble en son sein, et pour son malheur, plusieurs des malheurs contemporains qui frappent l'Afrique, et semblent condamner ce continent à la misère et la stagnation. 

 

S'il n'est pas une "Nation-continent" comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, les démographes estiment que le Nigéria devrait devenir vers 2050 le 3ème pays le plus peuplé du monde.

 

Des richesses qui partent en fumée

 

Le Nigéria, c'est avant tout d'immenses champs pétrolifères qui font du pays le 10ème producteur mondial de pétrole (et le 5ème au sein de l'OPEP). Mais alors que la Russie, le Vénézuéla, ou les pays du Golfe persique, savent utilisez ces ressources, soit pour combattre la misère et développer leur pays, soit tout au moins pour y calmer les grognes sociales, le Nigéria ne fait guère profiter son peuple de cette manne. 

 

C'est que le terrible problème du néo-colonialisme, qui frappe toute l'Afrique Noire, n'épargne pas le pays. Les compagnies pétrolières, occidentales notamment, se taillent la part du lion de ces ressources. La corruption, autre fléau africain, permet d'acheter l'Etat nigérian, qui laisse ces compagnies maitresses de l'exploitation. L'argent du pétrole profite donc aux entrepreneurs étrangers et à des dirigeants corrompus qui se protègent mutuellement. 

 

Au Nigéria comme ailleurs en Afrique, si les aspects positifs de la vieille colonisation ont disparu, sa violence et ses pillages ont perduré et se sont même multipliés...

 

La population, exaspérée par une exploitation sauvage qui détruit ses cultures, se soulève régulièrement. Elle se regroupe au sein de mouvements comme le MEND (Mouvement pour l'Emancipation du Nelta du Niger), dont les attaques ne font toutefois que réduire la production pétrolière du pays.Considérés comme terroristes, ces groupes d'attaque sont régulièrement écrasés. La répression est féroce, et les compagnies pétrolières, aidées par l'armée nigérianne, se livrent parfois à de véritables massacres.

 

 

De l'ignorance au fanatisme, du fanatisme à la guerre civile

 

Les attentats qui viennent de frapper les chrétiens nigérians nous rappellent à une autre dure réalité: l'Etat de conflit civil qui règne depuis de longues années dans le pays, partagé entre un nord musulman et un sud chrétien. Illustration parfaite, pour les néoconservateurs, d'un choc des civilisations qui opposerait mondes chrétien et musulman, cette rivalité prend en réalité racine dans la profonde inculte d'un peuple artificiel. 

 

Les attentats de Noël, revendiqués par la secte islamiste Boko Haram, on fait plusieurs dizaines de morts, renforçant l'inquietude des populations chrétiennes du pays. 

 

Peuple artificiel, en cela que ces 250 ethnies, ces religions et croyances diverses, ont toutes été rassemblées par des frontières arbitrairement dessinées par le colonisateur britannique - qui a par ailleurs, comme dans tout son Empire, attisé les tensions entre ces populations afin de les mieux contrôler. 

Peuple, surtout, qui n'a jamais été éduqé, ni sensibilité à son identité nigérianne et qui, de ce fait, se replie sur une identité ethnico-religieuse protectrice. L'ignorance et la misère faisant le reste, ces identités se heurtent et se fracassent. Les islamistes du Sahel (Sud-Sahara) ont ici un boulevard pour diffuser leur idéologie violente et radicale. 

 

Le Nigéria se trouve à l'ouest de la ligne de fracture qui sépare l'Afrique musulmane, au nord, de l'Afrique chrétienne et animiste, plus au sud. 

 

Ces dangers frappent hélas presque toute l'Afrique: les peuples sous-éduqués se laissent facilement séduire par des extrémismes ethniques ou religieux qui, jouant sur l'instabilité de nations artificielles, y distillent leur venin. Le drame de ces Etats artificiels ne sera probablement résolu que par un vaste redessinage des frontières. 

 

 

Une situation sans issue? 

 

Le Nigéria ne pourra survivre longtemps s'l ne règle pas très vite ce conflit civil. Il peut le faire par une séparation du pays, qui deviendrait une véritable confédération, ou par la construction d'une République assimilationiste, ou par d'autres méthodes tirées de sa propre histoire. Mais en tous les cas, les dirigeants corrompus qui dirigent actuellement le pays n'ont ni les épaule, ni la volonté, ni même intérêt à modifier cette situation. 

 

La région du Delta, à l'embouchure du fleuve Niger, est désormais sous le contrôle quasi-total de compagnies d'hydrocarbures étrangères, qui ne tiennent pas à en être délogées. 

 

La démocratie sera inefficace, car le peuple sous-éduqué n'y est pas prêt. La dictature servira les intérêts d'une caste corrompue et vendue à l'Occident. Un homme providentiel, soutenu par le peuple, pourrait avec autorité mettre en oeuvre les réformes nécessaires pour sauver le pays: refus de l'exploitation des richesses par l'étranger, éducation massive du peuple et modernisation de la société gràce à l'argent retiré, réconciliation nationale. 

 

Mais quand bien même le Nigéria trouverait ce sauveur, nul doute que les compagnies pétrolières sauront, comme elles l'ont toujours fait dans l'Histoire, l'éliminer avant qu'il ne remette en cause leurs privilèges. 

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Aurélien Denizeau - dans Afrique Noire
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