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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 23:07

On glosera longtemps encore pour savoir s'il fallait, ou non, intervenir au Mali. Malgré les réserves exprimées par l'auteur de ces lignes, le fait est que nous y sommes désormais. L'armée française a pris pied au Mali, est en voie de reconquérir le nord du pays, et on ne peut que lui souhaiter un plein succès, en espérant que l'expédition ne tourne pas au désastre ou, pire, à l'enlisement. Cette intervention inattendue, sur demande d'un gouvernement malien peu légitime, a cependant totalement rabattu les cartes d'une diplomatie française peu cohérente. 

 

mali.jpg

 

Russie, Algérie: ces innatendus soutiens de la France

 

Le soutien des pays d'Afrique Noire et du Maroc, alliés traditionnels de Paris, n'est pas une grande surprise. Plus étonnant a été le ralliement de l'Algérie à l'opération. Jusque-là, les Algériens jouaient en effet sur une diplomatie très habile, consistant à infiltrer certains groupes terroristes du Nord-Mali afin de les séparer des autres, pour faire éclater le front islamiste* et le briser de l'intérieur. 

 

L'intervention française a brisé cette stratégie; pourtant, l'Algérie a ouvert son espace aérien à la France et lui a offert un soutien solide. Pourquoi? 

La visite de François Hollande en Algérie, accompagné d'une repentance peu honorable, ne suffit pas à tout expliquer. C'est avant tout le pragmatisme qui a guidé la politique algérienne: dès lors que la France intervenait au Mali, il était impossible de poursuivre la stratégie de division des islamistes. Mais surtout, il fallait éviter que les groupes armés chassés du Nord-Mali trouvent refuge dans le sud de l'Algérie. En autorisant la France à survoler son espace aérien, Alger a envoyé aux terroristes un message clair: "ce n'est pas chez nous que vous pourrez trouver refuge!"

D'autre part, l'Algérie partage les objectifs de fond de la France: l'éradication du terrorisme islamiste du Nord-Mali. Pendant les longues années de la guerre civile, les Algériens ont subi de plein fouet les dégats du fanatisme religieux. Dans une confrontation entre la France et les groupes djihadistes, il était logique qu'ils prissent le parti de la première. 

 

La position russe s'explique de la même manière: la Russie est engagé de longue date dans la lutte contre le terrorisme islamiste sunnite. Al-Quaïda, qui opère au Mali, a mené ses premiers combats en Afghanistan contre l'Union Soviétique, dans les années 1980, puis en Tchétchénie dans les années 1990. 

Les Russes se méfient beaucoup des l'interventionnisme français; leur représentant aurait préféré que les Africains règlent eux-mêmes le problème malien. Mais puisque la France intervient contre les groupes islamistes sunnites, leur soutien, discret mais réel, était assuré. Et ce d'autant que la souveraineté du Mali n'a pas été violée - c'est sur demande de son gouvernement que la France intervient, contre des combattants étrangers.

 

Il n'en reste pas moins que le soutien de la Russie était plutôt loyal de leur part, étant donné que la France n'a jamais hésité, de son côté, à soutenir les groupes islamistes contre Moscou. 

 

Enfin, la Russie et l'Algérie, sans apprécier spécialement la présence française en Afrique, considèrent qu'elle est un moindre mal comparée à la présence chinoise et, surtout, américaine. En effet, Washington développe également sa stratégie dans la région - et elle s'oppose à celle de la France. 

 

 

"Alliance américaine" et "solidarité européenne": deux impostures dévoilées

 

Rarement une alliance se sera montrée aussi inutile que celle qui lie la France et l'Amérique. Alors même que les Français, pour leur rendre service, ont perdu des dizaines de soldats et une somme considérable en Afghanistan, les Etats-Unis ont acceuilli l'opération française avec froideur. Ce n'est qu'à contrecoeur qu'ils ont consenti à louer des gros porteurs à la France, prévoyant initialement de lui faire payer tous les frais. S'ils leur a fallu revenir sur cette condition suite aux protestations françaises, ils n'en agissent pas moins de mauvaise grâce. Plusieurs critiques acerbes contre la France ont été déjà lâchées. 

Surtout, les Américains ont laissé leurs alliés arabes critiquer ouvertement la position française.

 

La réalité est que les intérêts des Etats-Unis s'opposent ouvertement à ceux de la France. Washington veut prendre le contrôle du Sahel, non pas pour ses intérêts propres, mais pour empêcher les Chinois de le faire. Pour cela, les Etats-Unis comptaient se reposer sur les groupes islamistes, qui ont toujours été leurs alliés directs ou objectifs. L'opération française est venue chambouler cette politique.

Cela démontre bien que, malgré tous ses signes de soumission (retour dans le Commandement Intégré de l'OTAN, présence en Afghanistan, refus de reconnaissance de la Palestine...), la France n'est pas considéré par les Américains comme un allié, mais comme un vassal. Il est temps d'en tirer les conséquences, et de rompre cette alliance qui n'en est pas une. 

 

Quant à l'Union Européenne, elle a montré sa superbe inefficacité. Ni l'Allemagne, ni le Royaume-Uni, ni aucune autre puissance européenne, ne s'est risquée à soutenir activement la France. Principalement pour ne pas déplaire aux Américains. Encore une fois, l'on a eu la preuve que la "défense européenne" est un mythe, et que seuls comptent les intérêts nationaux. 

 

 

Les islamistes sunnites, alliés ou ennemis? Une contradiction française fondamentale

 

Les groupes islamistes qui agissent au Nord-Mali ne forment pas une structure autonome et isolée. Ils font partie d'une nébuleuse bien plus vaste, qui agit depuis quelques années sur l'ensemble du Moyen-Orient. 

 

Le coeur idéologique et structurel de cette nébuleuse se situe dans le golfe arabique. Plus précisément, en Arabie Séoudite et au Qatar. Ces deux Etats exportent dans tout le Moyen-Orient une vision particulièrement violente et rétrograde de l'islam sunnite, le wahhabisme. Cette idéologie est défendue par leurs gouvernements, ainsi que par des groupes terroristes variés: les diverses filiales d'Al-Quaïda (au Sahel, en Orient, en Bosnie...), plusieurs groupes rebelles syriens, des combattants de la guerre en Libye, etc. 

D'autres mouvances islamistes entretiennent des liens forts avec ces deux Etats, sans être elles-mêmes wahhabites: c'est le cas notamment d'Ennahdha en Tunisie, des Frères Musulmans egyptiens et syriens, et dans une moindre mesure, de l'AKP en Turquie ou de la monarchie jordanienne. 

 

Cette nébuleuse a pour adversaires le nationalisme arabe, l'Iran, la Russie, la Serbie... Autant que l'Occident, et notamment les Etats-Unis, sont ses alliés naturels. Bien sûr, le fanatisme wahhabite a parfois frappé la puissance américaine de plein fouet. Mais sur le long terme, Américains et islamistes wahhabites ont marché main dans la main. 

 

Traditionnellement, la France est au contraire proche du nationalisme arabe et de la Russie, et hostile aux fondamentalistes. Mais l'atlantisme de Nicolas Sarkozy, puis de son succeesseur, les a poussés à se rapprocher de cette nébuleuse islamiste sunnite. Soutien aux rebelles islamistes libyens, puis syriens; investissements massifs du Qatar en France; visites d'Etat au Koweït ou en Arabie Séoudite: cette diplomatie s'est poursuivie pendant près de trois ans. La France a notamment armé des islamistes en Libye qui, aujourd'hui, la combattent au Sahel. 

En intervenant militairement au Mali, la France bloque la progression de l'idéologie wahhabite au Sahel. Pire, elle renforce l'Algérie, un des derniers bastions du nationalisme arabe, face à l'islamisme sunnite. Le Qatar a réagi avec colère à l'intervention française; tout comme le théologien egyptien Youssef al-Karadaoui, le gouvernement du Koweït ou celui de Libye. Les "alliés" de la France l'abandonnent donc en rase campagne. 

 

 

Il est donc temps de tirer les leçons de cette intervention malienne. 

- Les islamistes sunnites, que nous avons aidés pendant plusieurs années, ne sont pas nos alliés, mais des gens qui vont contre nos intérêts. 

- Ce n'est pas en Occident, Amérique ou Union Européenne, que la France trouvera ses amis, mais bien auprès de ses partenaires traditionnels: Russie, pays d'Afrique Noire et républiques arabes. 

- On ne peut pas continuer de soutenir, en Syrie, au Qatar ou en Libye, des gens que l'on combat au Mali. Il faudra revoir donc l'ensemble de la politique menée par la France au Moyen-Orient.

 

 

 

 

Le terme "islamiste" est soumis à diverses significations et compréhensions. Dans cet article, il désigne l'ensemble des forces qui souhaitent faire d'un islam fondamentaliste l'inspiration première de la politique. Ils peuvent le faire par la violence ou par la voie légaliste. 

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commentaires

windows live support chat 08/08/2014 14:41

Yes indeed, this was not the situation in the earlier days. The condition was much worse and much hostile. The lives of young soldiers were at stake and they die for their motherland. But now its much simpler compared to that situation.