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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 22:26

Chaque jour, l'indépendance kosovare révèle un peu plus de ses failles, béantes et cruelles. Lundi dernier, la Serbie a rejeté un nouveau plan de règlement de la question du Kosovo; en effet, elle estimait que les droits des Serbes du nord de cette région n'étaient pas assez défendu. L'affaire peut traîner encore bien longtemps, et aucune solution ne semble se profiler pour une bonne raison: l'indépendance du Kosovo, séparé de force de la Serbie par les armées occidentales, est un échec complet. Cette entité, non reconnue par la communauté internationale, ne survit que grâce à l'aide extérieure et aux trafics. Une dure leçon pour les séparatistes de tout poil...

 

serbie.jpgHéritière de la grande puissance yougoslave, pays chrétien et très nationaliste, la Serbie a pu compter sur le soutien de nombreux pays orthodoxes, en particulier la Russie, lorsque le Kosovo lui a été enlevé.

 

Un désastre économique et social

Malgré sa situation de carrefour stratégique et économique potentiel, le Kosovo connaît aujourd'hui une situation de pauvreté alarmante. Le chômage frappe près de 50% de la population, et 70% des jeunes de 15-25 ans. La malnutrition y est encore très forte, et son taux de mortalité infantile est le plus élevé d'Europe. Les enfants, les minorités ethniques, et les handicapés sont les premiers frappés par cette situation tragique.

Le pays n'a absolument pas développé ses infrastructures. L'état des routes et des villes y est lamentable, et la population a du s'habituer aux coupures d'électricité régulières, faute d'une production suffisante.

En dépit de ses richesses naturelles (bauxite, nickel, or...) et de petits commerces dynamiques, le pays ne survit que grâce à l'aide internationale, le soutien de la diaspora, et l'économie criminelle. Ses élites partent massivement pour l'étranger, et aucune amélioration ne se profile à l'horizon.

 

À cette fâcheuse morosité économique se rajoute une persécution quotidienne des minorités. Les Serbes en sont les premières victimes, mais loin d'être les seules; on peut aussi citer les Bosniaques, les Tziganes, les Gorans, les Turcs, les Égyptiens ou les Ashkalis.

C'est ainsi que l'Université de Pristina (capitale du Kosovo), autrefois multilingue, a supprimé les cours en serbe et en turc; plusieurs centaines d'églises chrétiennes ont été saccagées, brûlées ou détruites; plusieurs milliers de non-Albanais ont été assassinés ou enlevés. Depuis 1999, on estime à 200 000 le nombre de Serbes, Tziganes, Gorans et Turcs chassés de leur foyer sans avoir pu y retourner.

  

Une entité mafieuse et criminelle sous contrôle américain 

Les persécutions ethniques ne sont pas surprenantes quand on connait les dirigeants du pays. Ramush Haradinaj, "Premier Ministre" du Kosovo en 2006 et 2007, a été accusé deux fois devant le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie de crimes de guerre; il a été acquitté à chaque fois, mais dans des circonstances très douteuses (notamment l'assassinat d'une dizaine de témoins compromettants).

Quant à l'actuel Premier Ministre du pays, Hashim Taçhi (surnommé "le serpent"), il traîne un passé très lourd. C'est un des fondateurs du groupe terroriste kosovar UCK, au sein duquel il n'a pas hésité à faire assassiner plusieurs de ses opposants. Ancien trafiquant d'armes et de drogue, il a été accusé par la Serbie de crimes de guerre et de massacres ethniques. Proche de la mafia albanaise, Hashim Taçhi est soupçonné par les services secrets allemands d'être impliqué dans le trafic de cigarettes.

UCK.jpgL'UCK, milice paramilitaire qui s'est battue pour l'indépendance du Kosovo, est accusée de plusieurs crimes de guerre, et d'implication dans de nombreux trafics illégaux.

  

Mais la principale accusation qui pèse sur Hashim Taçhi, ainsi que sur plusieurs politiciens et militaires kosovars, est l'implication dans un monstrueux trafic d'organes, pratiqué sur de jeunes prisonniers de guerre. C'est Carla del Ponte, procureur du Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie, qui a fait connaitre ce scandale au public.

L'enquêteur Dick Marty, chargé d'éclairer cette affaire, a délivré un rapport accablant, qui a été adopté par le Parlement Européen. Il dénonce l'assassinat de centaines de Serbes et d'opposants albanais, par un groupe de mafieux kosovars. Ces derniers agissaient au Kosovo et en Albanie, où ils retenaient leurs victimes prisonnières, leur retirant leurs organes un à un avant de les assassiner. Les organes prélevés auraient été envoyés à de riches cliniques en Europe et en Israel.

Le rapport de Dick Marty dénonce également l'aveuglement, voire la complicité passive, de l'ONU et surtout de l'OTAN dans ce processus.

 

Si l'artificielle construction kosovare ne s'est pas écroulée, c'est en grande partie grâce à l'aide militaire des États-Unis. Le Kosovo abrite la base militaire américaine de Bondsteel, la plus grande de la région. Soupçonnés d'avoir incarcéré et torturé illégalement des prisonniers de guerre dans cette base, les Américains tiennent à la garder sous leur contrôle, ce qui explique leur soutien à l'indépendance du Kosovo.

L'Albanie est également dans la partie; elle rêve depuis longtemps d'intégrer le Kosovo, peuplé d'Albanais, à son territoire, et ses services secrets oeuvrent en ce sens. Mais c'est là une logique très dangereuse pour la stabilité de la région, et pour l'intégrité des nations les plus fragiles.

 

La dangereuse boite de Pandore du séparatisme

La proclamation d'indépendance du Kosovo a relancé la valse infernale des séparatismes. L'exemple le plus flagrant était donné par l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, ces provinces géorgiennes qui ont fait sécession à l'aide de l'armée russe. Dans les Balkans aussi, l'infernal processus de décomposition a été relancé, les Serbes de Bosnie ou les Albanais de Macédoine réclamant à leur tour un statut d'autonomie.

 

Mais le Kosovo a inspiré bien d'autre groupes séparatistes, en Europe, dans le Caucase ou au Moyen-Orient. Dans l'Union Européenne, cinq pays ont refusé de reconnaître l'indépendance kosovare: l'Espagne, la Roumanie, Chypre, la Grèce et la Slovaquie. Ce n'est pas un hasard si tous sont confrontés à des problèmes de séparatisme (à l'exception de la Grèce, qui agit davantage en soutien à Chypre, et par solidarité orthodoxe).

Dans le monde, des pays comme le Mali, la Chine, l'Algérie, l'Azerbaïdjan ou l'Irak ont adopté la même position, et pour les mêmes raisons.

 

reconnaissance.gif

L'indépendance du Kosovo a été mal acceptée, même en Europe, où les séparatismes font rage.

 

Cependant l'exemple kosovar est piégé par ses propres limites. L'échec de cet État fantoche montre que le séparatisme est une impasse. Seule une région riche et homogène peut se permettre de faire sécession - ce qui est rarement le cas. Le Kosovo est aujourd'hui une entité minée par la pauvreté, la corruption, la criminalité et les violences communautaires. Il n'est reconnu ni par l'ONU, ni par les grandes puissances mondiales en dehors de l'Occident. Cette république fantoche ne survit que par le soutien de l'armée américaine, et de l'Albanie voisine. Il est peu probable que la Serbie récupère un jour le Kosovo, mais cette indépendance ratée restera dans l'histoire comme un avertissement à tous les apprentis sorciers du séparatisme et de la dislocation des nations.

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commentaires

Tai 13/04/2013 11:14


Salut


Je suis fan de la Serbie (et de la Russie)


J'aimerai que le Kosovo revienne a la Serbie, et la KFOR va se retirer tôt ou tard et les Serbes reprendrons le pouvoir, j'aimerai vous posez cette questions :


-Est ce que la Serbie redeviendras comme avant 2000, le retour des patriotes comme Milosevic ?  

Aurélien Denizeau 14/04/2013 00:49



Malheureusement, je ne serais pas aussi optimiste que vous: les Américains ne laisseront pas filer aussi facilement le Kosovo, je le crains. Même si cela était le cas, je ne sais pas comment la
Serbie peut espérer récupérer la région sans heurts. 


Dans le meilleurs des cas, des négociations fermes permettront au Kosovo de réintégrer la Serbie sous certaines garanties. Pour cela, il faut que l'on ait certes des patriotes, mais aussi des
négociateurs souples. Donc, je ne suis pas certain qu'on puisse attendre un retour de la situation d'avant 2000...