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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 15:30

N'importe quel observateur un tant soit peu attentif au déroulement de la vie politique française pouvait prédire les résultats qui sont tombés dimanche dernier. Le PS, réduit depuis longtemps au rôle de gestionnaire local, paraissait assuré d'une victoire nette mais sans éclat. L'exaspération de l'electorat de droite face à des promesses non tenues promettait à l'UMP une défaite cinglante, tandis que la crise sociale et identitaire traversée par la France laissait présager une nouvelle progression du FN. Seule surprise: le score des écologistes, qui, malgré l'hallucinante propagande anti-nucléaire développée les dernières semaines, n'ont pas réussi à dépasser le Front De Gauche - il est vrai que les classes populaires sont plus concernées par la crise sociale que par la propagation d'un hypothétique nuage nucléaire. Quant à l'abstention, qui peut-elle encore étonner?


Confronté à l'arrivée au second tour, dans de multiples cantons, de candidats FN, le Parti Socialiste a appelé au "front républicain", espérant ainsi voir les candidats UMP faire campagne pour lui. Il a d'ailleurs pratiqué une active danse du ventre pour cela, dans une rencontre où l'on a vu Martine Aubry (PS), Cécile Duflot (les Verts) et Pierre Laurent (PCF) appeler à voter UMP. Belle opposition que voilà! Seul Jean-Luc Mélenchon a été assez intelligent pour ne pas participer à cette grotesque mascarade.

L'idée d'un "front républicain", défendu tant à gauche qu'à droite, est pourtant profondément ridicule; Jean-François Copé a beau être une crapule, il n'est pas idiot, et sait à quel point cette idée serait stratégiquement désastreuse. Mais surtout, sur le fond, elle n'a aucun sens, puisqu'elle se base sur un postulat totalement absurde: le FN ne serait pas un parti républicain, et l'ensemble des autres partis le seraient.

 

 

Le nouveau front des alliés de l'UMP. On comprend que Copé soit sceptique à l'idée de s'allier avec eux...

 

 

 

 

Le FN est incontestablement un parti républicain, que cela plaise ou non. Originellement, un parti républicain défend le sytème politique qu'est la République. Pour que le FN ne soit pas républicain, il faudrait qu'il soit donc monarchiste, bonapartiste, anarchiste ou communiste. Or, il ne l'est pas - même si certains de ses membres peuvent appartenir à ces courants de pensée. Le FN ne remet pas en cause la République; il s'est toujours présenté légalement aux elections, dans le jeu des règles démocratiques. 

 

Le parti défend même des idées très (trop?) républicaines: assimilation, laïcité, nationalisme, étatisme, souverainisme. Quand Dominique de Villepin prétend opposer le national et le républicain, il se montre indigne de sa culture, tant les deux sont historiquement liés. On peut trouver les thèses du FN condamnables, honteuses, simplistes ou ridicules. Ca n'est pas pour autant qu'elle ne sont pas républicaines.

 

Il faut d'ailleurs cesser cet angélisme qui tente d'associer l'anti-racisme et la tolérance à la République. La colonisation pour "éduquer les races inférieures" a été le fait de la République, pas de l'Empire. Les Algériens ont bien plus soufferts sous la tutelle des républicains, que des bonapartistes. La préférence nationale a été votée par le Front Populaire, républicain, de Léon Blum. L'islamophobie, que Marine Le Pen sait manier avec cynisme et une certaine hypocrisie, n'est que le remake de la cathophobie développée sous la 3ème République. Alors, que cesse cette légende qui voudrait associer à la République la tolérance! 

 

 

L'expulsion des prêtres de St-Sulpice en 1905. Tolérante, la République?

 

 

Par ailleurs, doit-on alors considérer l'UMP et le PS comme républicains? La République s'est construite autour de quelques grands axes: l'unité nationale, la souveraineté populaire et l'égalité des citoyens. L'unité nationale implique une défense stricte de la laïcité et de l'assimilation, permettant à l'ensemble des citoyens de bénéficier d'une culture commune et de les mettre à égalité. Sur ce plan, les deux partis ont lamentablement échoué. Entre un Sarkozy considérant le pasteur comme aussi important que l'instituteur, une Aubry finançant des piscines non mixtes, et la danse du ventre de l'UMP, du PS, du MoDem, du PCF, etc. devant le CRIF ou le CRAN, on note que ni le communautarisme, ni le prosélytisme religieux, ne semblent choquer ces partis. Et que dire du régionalisme prôné par le PS et ses alliés Verts, insulte à l'unité républicaine du pays?

 

La souveraineté populaire est tout aussi bradée par les deux grands partis de gouvernement. Rappellons qu'en 2005, tous deux ont appelé à voter pour la Constitution Européenne, qui mettait la France sous tutelle européïste. Rappellons qu'en 2008, bien que le peuple eût repoussé ce texte par referendum, l'UMP, les Verts et la grande majorité du PS l'ont fait repasser au forceps, sans respect de la volonté populaire. Rappellons que depuis 1973, la loi Giscard-Pompidou interdit à la France de financer ses dettes, et la rend totalement dépendante des banques privées. 

 

Enfin, les principes d'égalité ont été abandonnés depuis longtemps par les partis de gouvernement. Les propos de Nadine Morano sur les "jeunes musulmans" avec la casquette à l'envers, l'anti-racisme à géométrie variable (voir affaire Galliano), encouragent un traitement différencié des citoyens. La "discrimination positive" vantée par certains d'entre eux est une entorse de plus à l'égalité républicaine. Sans même parler du soutien à des écoles privées dont l'enseignement diffère assez de celui assuré dans le public, créant dès le début de graves inégalités entre les citoyens.

 

 

Le massacre de troupes indochinoises lors de la conquête du Tonkin en 1885. Anti-raciste, la République?

 

 

Le front républicain, dans le fond, n'existe pas. Ses membres ne sont pas plus républicains que le FN, et parfois même moins. Ce n'est d'ailleurs pas une injure: on peut être monarchiste, communiste ou bonapartiste, et défendre des valeurs tout aussi saines. Si l'on veut faire un front UMP-PS-Verts-PCF contre le FN, il faut alors l'appeler "front-anti-national", ou "front des partis parlementaires", ou autre; les noms ne manquent pas! Mais parler de front républicain, c'est faire insulte à l'Histoire, à la République comme à ses ennemis; plus anecdotiquement, c'est faire oublier que le FN a grandi avec l'aide de Mitterrand, ancien monarchiste, ancien petainiste, et partageant avec Jean-Marie Le Pen la nostalgie de l'Algérie française, la haine du gaullisme et l'attachement à la 4ème République. On ne sortira jamais de ces histoires de républiques!

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commentaires

Jovanovic 31/03/2011 14:21



Un rappel méritoire. Lionel Jospin l'a lui-même confessé: le folkore "antifasciste" et "républicain" contre le Front national n'est que du théâtre.


Par contre, je ne sais si l'on peut comparer le climat anti-Islam (dont la France est loin d'avoir le monopole en Europe) avec l'anticléricalisme de la IIIe République. D'ailleurs, le laïcisme
offciel se poursuit encore aujourd'hui.



Aurélien Denizeau 02/04/2011 03:15



Rappel justifié, Lionel Jospin avait en effet eu cette honnêteté. A vrai dire, il ne s'agissait pas tant de comparer les deux formes d'hostilité à la religion, que de démontrer que la République
est tout à fait compatible envers l'hostilité à l'encontre d'une religion ;) 


Cordialement!