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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 18:20

Nul n'en parle et pourtant, les Etats-Unis sont en train de faire peser sur le monde une menace bien plus grande que n'importe quelle autre nation. Leur bouclier antimissile, initié par Bill Clinton et Georges Bush, et dont Barack Obama poursuit la construction, représente un danger réel pour l'ensemble des nations libres et l'équilibre mondial. Concrètement, ce bouclier se présente sous la forme de batteries de roquettes sol-air, réparties autour du territoire à protéger, et permettant de détruire en vol tout missile (nucléaire notamment) lancé par un Etat ennemi. Alors que jusque-là seul le territoire américain accueillait ces batteries, les Etats-Unis envisagent depuis 10 ans d'en positionner en Europe de l'est. Officiellement, il s'agit de se protéger de l'Iran (ou de la Corée du Nord); mais la Russie, juste en face, se sent visée en premier lieu. Malgré ses promesses de paix, Barack Obama continue la mise en place de ce "bouclier", qui représente pourtant un danger pour la paix mondiale. 

 

Fondé sur le principe de missiles intercepteurs basés dans les pays d'Europe centrale, le bouclier antimissile américaine ambitionne théoriquement de protéger l'Occident d'une éventuelle frappe iranienne. Néanmoins, on remarque que la Russie semble tout autant visée par ce dispositif que l'Iran.

 

 

L'équilibre du monde mis à mal

 

La première menace introduite par cette folle entreprise est d'ordre mondial, et c'est en cela qu'elle est la plus grande. Elle donne aux Etats-Unis un avantage stratégique et psychologique décisif sur leurs adversaires et rivaux: Russie, Iran, Chine, et les Etats qui gravitent autour (Syrie, Corée du Nord, Biélorussie, etc.)

 

Pendant la guerre froide, la paix a été maintenue par ce qu'on appellait l'équilibre de la terreur: les deux superpuissances mondiales (Etats-Unis et Union Soviétique) se neutralisaient mutuellement par la menace réciproque de destruction nucléaire. La chute de l'Union Soviétique a entrainé une décennie (1991 - 2001) de triomphe des Etats-Unis, première puissance mondiale, maitres du monde.

Mais la décennie suivante (2001 - 2012) marquait au contraire un affaiblissement de cet empire; peu à peu, trois grandes puissances recommençaient à lui faire face: la Russie qui relevait la tête, la Chine devenant première puissance économique du monde, l'Iran qui se remettait peu à peu de la guerre contre l'Irak (1980 - 1988). Les deux premières sont des puissances nucléaires, la troisième pourrait le devenir prochainement.

On pouvait espérer l'avènement d'un monde multipolaire, où des grands poles de puissances (russe, chinois, chiite, sud-américain...) contreraient l'hyperpuissance américaine et son impérialisme. 

 

La Russie pourrait répondre aux provocations américaines en postant à son tour des missiles pointés sur l'Occident, dans son enclave européenne de Kaliningrad. 

 

Or, le bouclier antimissile vise explicitement à remettre en cause cet équilibre. Et c'est alors que se pointent deux périls aussi inquiétant l'un que l'autre; soit la Russie réagit à cette provocation, et se relance dans une course aux armements chère et dangereux. Soit - et ce serait peut-être pire encore - elle laisse les Etats-Unis prendre cet avantage décisif, et renforcer leur domination sur le monde.

Dans les deux cas, c'est l'ensemble des nations libres qui est menacé par ce processus; et l'Europe et la France pourraient bien en être les premières victimes. 

 

 

La paix européenne en danger

 

C'est peut-être là le coeur du problème. Le bouclier antimissile est sûrement problématique pour la Russie ou l'Iran. Mais son efficacité pratique n'est pas encore démontrée, et ces grands pays ont les moyens d'y répondre. Mais son installation reviendrait à couper l'Europe en deux, au profit de l'Amérique.

 

L'Ukraine est aujourd'hui un enjeu fondamental de la rivalité entre les Etats-Unis et la Russie, qui s'en disputent le contrôle.

Elle pourrait être tout aussi bien visée que protégée par un dispositif antimissile, et il est probable que ce débat y est suivi avec attention. 

 

Tout au long du 20ème siècle, deux visions stratégiques et historiques de l'Europe se sont affrontées. La vision continentale, défendue notamment par Charles de Gaulle, voit en elle un bloc distinct de l'Amérique, et ouvert sur l'Asie. Trois grandes nations en forment le coeur: la France, l'Allemagne et la Russie. Les Anglo-Saxons n'y sont tolérés que s'ils renoncent à l'alliance américaine. Cet axe "Paris-Berlin-Moscou", maintes fois dessiné, a été réactivé lorsque les trois nations se sont opposées à la guerre contre l'Irak en 2003.

 

Bien évidemment, les Etats-Unis et leurs alliés en Europe ont développé un autre modèle, qui divise l'Europe en deux: à l'ouest, une Europe "occidentale", pro-américaine, regroupée au sein de l'OTAN et solidaire de Washington. En revanche, l'Europe eurasienne, chrétienne orthodoxe (Russie, Biélorussie, Ukraine russophone, auxquelles il faut ajouter, au sud, la Serbie), serait un adversaire à combattre. 

 

La mise en place du bouclier antimissile consacrerait cette division entre, d'une part une Europe occidentale qu'il protègerait, et d'autre part une Europe pro-russe qu'il viserait directement. L'axe "Paris-Berlin-Moscou" serait brisé net, la réconciliation entre la Russie et les pays de l'est deviendrait impossible, et l'Ukraine se verrait en proie à des déchirements terribles. 

Menacée à l'ouest, la Russie se tournerait tout naturellement vers la Chine et l'Iran. L'Europe occidentale deviendrait de ce fait totalement dépendante des Etats-Unis, tout en se coupant de l'Eurasie. 

 

 

La dissuasion française affaiblie

 

Dans tout ce processus, où sont les intérêts de la France? Il suffit pour répondre à cette question de rappeler deux de ses atouts spécifiques: elle vend des armes défensives de grande qualité, et elle est une puissance nucléaire, donc indépendante. 

 

Lors du dernier sommet de l'OTAN, François Hollande a accepté l'idée d'un bouclier antimissile américain, mettant gravement en danger les intérêts de la France à moyen terme. 

 

Or, le bouclier antimissible ne pourra que ruiner cette "exception française". En premier lieu, il portera un coup terrible à l'industrie d'armement française; non seulement les autres pays européens, sous protection américaine, auront beaucoup moins besoin des technologies françaises, mais le passage de la France sous "parapluie américain" rendra plus réticents des partenaires traditionnels comme la Russie, le Brésil ou la Chine. 

Les pacifistes n'ont aucune raison de s'en réjouir: si l'industrie d'armement française s'effondre, elle sera remplacée par celles des Etats-Unis, de la Russie, d'Israel et de la Grande-Bretagne. 

 

Pire encore: ce bouclier mettra toute l'Europe occidentale à l'abri (en théorie) d'une attaque nucléaire. Il rendra donc la bombe nucléaire française presque inutile. La République tchèque ou la Hollande se verront d'un seul coup aussi bien protégées que la France.

Si l'arme nucléaire devient inutile (la protection étant déjà accordée par le bouclier antimissile), la France perd donc une grande partie de son influence et de son indépendance. 

 

En 2010, l'échec d'une interception par un missile "Patriot" américain avait révélé la faiblesse du dispositif antimissile: son efficacité même sera donc limitée, à moins d'y engager des sommes exorbitantes, qui mettront sûrement l'Europe à contribution. 

 

 

Dans toute l'Europe, en France également, des voix, fortes mais trop faiblement relayées, s'élèvent pour condamner cette dangereuse folie qu'est l'idée du bouclier antimissile américain. Si ce dernier devait voir le jour, nul doute que l'équilibre du monde et la paix en Europe en seraient grandement affaiblis. Directement menacée par ce processus, la France doit le combattre par tous les moyens qu'elle a à disposition. Sans cela, il est à craindre que l'Empire américain mette plus de temps que prévu à tomber et surtout, qu'il entraine l'ensemble de l'Europe occidentale dans sa chute. 

 

Et pendant ce temps, à Paris, on discute du jubilé de la Reine d'Angleterre. 

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