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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 01:16

En autorisant la tenue d'un referendum au sujet de l'indépendance de l'Ecosse, David Cameron a joué un tour redoutable aux souverainistes écossais. Non content de leur couper l'herbe sous le pieds, le Premier Ministre britannique a porté un coup sévère à la stratégie que le SNP (Scottish National Party, indépendandiste) avait patiemment construite. Il a aussi pris un gros risque, car il reste aux indépendentistes plusieurs cartouches à tirer, et ne rien ne garantit qu'ils tomberont dans le piège. En tous les cas, cette décision (d'autant plus historique que Cameron est un fédéraliste farouche) ouvre les hostilités entre le SNP, qui prévoit d'obtenir l'indépendance écossaise dans la décennie à venir, et le pouvoir central britannique qui compte bien s'y opposer par tous les moyens. 

 

Edimbourg est le siège du gouvernement écossais, autonome depuis le processus de décentralisation engagé par les travaillistes britanniques. 

 

La stratégie de long terme du SNP

 

Depuis qu'il a pris la tête de l'Ecosse en 2007, Alex Salmond maintient la promesse d'un referendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Mais le Premier Ministre écossais est un fin renard. Il sait très pertinemment qu'une opposition frontale à Londres sur le sujet serait très dangereuse; non seulement la Grande-Bretagne accepterait difficilement une indépendance soudaine de l'Ecosse, qu'elle possède depuis 1707 (soit plus de trois siècles), mais Salmond risquerait d'être désavoué par ses électeurs les plus modérés. 

 

Venu de la gauche du parti, farouchement hostile à la guerre en Irak, Alex Salmond, Premier Ministre écossais, est une personnalité atypique qui a su moderniser le nationalisme du SNP.

 

Aussi la stratégie du SNP, dominé par Alex Salmond, est-elle d'avancer progressivement et de façon très pragmatique. Le parti, par exemple, est prèt à quelques concessions: il ne demanderait pas l'indépendance, mais une simple autonomie, très large, qui laisserait à Londres quelques prérogatives symboliques. Un statut qui ammènerait tôt ou tard l'Ecosse à l'indépendance, mais de manière douce. 

Par ailleurs, une bonne partie des Ecossais reste loyaliste et attachée à la souveraineté britannique. C'est pourquoi le gouvernement écossais a proposé un referendum en 2014. Ce sera alors le 700ème anniversaire de la bataille de Bannockburn, où l'armée écossaise avait écrasé les Anglais. Les indépendantistes savent qu'ils pourront alors compter sur le patriotisme écossais à son apogée. D'autant plus que les Jeux Olympiques du Commonwealth, qui se tiendront cette année-là à Glasgow, seront l'occasion pour l'Ecosse de s'affirmer comme puissance internationale. 

 

Ce referendum donnerait très certainement une solide victoire aux indépendantistes, et amorcerait le détachement de l'Ecosse - et donc la fin du Royaume-Uni actuel. Mais Londres a réagi rapidement et très habilement à l'annonce, puisque l'Anglais David Cameron a proposé à son tour un referendum, qui devrait avoir lieu en 2012 ou 2013.

 

Quelques mois après l'exécution barbare de l'indépendantiste William Wallace, les Ecossais prenaient une revanche méritée à Bannockburn, taillant la cavalerie anglaise en pièce. Leur victoire était due en grande partie à une habile utilisation du schiltron, carré ou cercle de piques sur lesquels venaient s'empaler les cavaliers adverses. 

 

 

Le SNP face au piège référendaire

 

Les nationalistes écossais ne s'attendaient guère à cette proposition, qui les désorganise et leur semble surtout - et à raison - un piège extrèmement dangereux tendu par le Premier Ministre Cameron. 

 

En prenant l'initiative, ce dernier propose en effet un referendum qui lui serait extrèmement avantageux. Tout d'abord, si le SNP a joué de la division entre travaillistes et conservateurs pour prendre la tête de l'Ecosse, les indépendantistes n'ont pas encore la majorité absolue dans le pays. Dans un referendum sur l'indépendance imminente de l'Ecosse, il est probable qu'ils perdraient avec quelques 40% des voix. 

Or, c'est justement ce sur quoi compte David Cameron, puisque le réferendum qu'il propose devrait se tenir dans les 18 mois à venir. Le Premier Ministre britannique sait que ses velleités souverainistes ont ranimé sa popularité, et compte sur la menace de la crise pour dissuader l'Ecosse de se détacher du Royaume-Uni. 

 

Par ailleurs, le referendum proposé par David Cameron n'aurait que deux alternatives: ou un rattachement définitif au Royaume-Uni, ou une indépendance totale - avec les conséquences économiques difficiles que cela impliquerait au tout début. Les conservateurs anglais sont ainsi persuadés que les Ecossais, effrayés par la crise, resteraient fidèles au gouvernement de Londres; ce serait évidemment un lourd échec pour le SNP, qui aurait beaucoup de mal à s'en relever. 

 

Comme le grand acteur Sean Connery, un grand nombre d'Ecossais souhaitent l'indépendance de leur pays. Mais ils pensent en majorité qu'il convient pour cela d'attendre une conjoncture favorable. 

 

 

En réalité, après s'être regardés en chiens de faïence pendant la longue décennie où les travaillistes ont dominé la Grande-Bretagne, le SNP et le Parti Conservateur entament la dernière bataille, celle qui doit mener à la victoire, ou des unionistes, ou des indépendantistes, et mettre fin à ce conflit larvé entre le gouvernement central britannique et le gouvernement écossais. Après avoir pris Londres par surprise, le SNP s'est heurté à une redoutable contre-offensive de David Cameron. Ce dernier n'a d'ailleurs pas autant à perdre: historiquement décentralisée, la Grande-Bretagne a perdu la Guyenne, La Rochelle, l'Irlande ou l'Inde sans en souffrir beaucoup. L'indépendance de l'Ecosse serait pour elle un mauvais coup, mais elle y survivrait. Alex Salmond, chef du SNP, joue en revanche sa crédibilité auprès des Ecossais; tacticien pugnace et redoutable, il n'a pas dit son dernier mot. La bataille anglo-écossaise qui s'annonce se fera sans morts et sans violence, mais sera tout aussi incertaine que celles qui ont jalonné les siècles passés...

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