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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 14:19

Nicolas Sarkozy l'avait promis aux autorités turques: la loi de 2006 interdisant de nier le génocide arménien était destinée à "mourir au Sénat". Le Président Français espérait ainsi faire accepter à ses interlocuteurs son idée de partenariat privilégié entre la Turquie et l'UE. Et c'est donc tout naturellement que le Sénat, à une très forte majorité, a rejeté cette proposition de loi présentée par les socialistes. C'est une bonne nouvelle.

 

 

Nicolas Sarkozy était, en 2006, favorable à la loi socialiste interdisant de nier le génocide arménien. Mais il a vite du se plier aux réalités internationales... 

 

C'est d'abord une bonne nouvelle au plan diplomatique; les relations entre la France et la Turquie sont restées très tendues depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Le rejet massif de cette loi, vue par la Turquie comme une ingérence dans son histoire, ne peut que réchauffer ces relations, alors même que les Etats-Unis et Israel, alliés traditionnels d'Ankara, se dirigent vers une reconnaissance du génocide arménien.

Le Parti Socialiste a d'ailleurs fait preuve une nouvelle fois de fortes contradictions; tout en accusant le gouvernement de froisser la Turquie, en refusant son entrée dans l'UE, il n'a pas hésité à porter et soutenir une loi sur le génocide arménien, sujet beaucoup plus sensible pour les Turcs que l'Europe. Il y a de quoi s'inquiéter pour l'avenir de la diplomatie française si ces gens prenaient la tête de l'Etat!

 

Les présidents Abdullah Gül (Turquie) et Serge Sarkissian (Arménie) ont entamé un long rapprochement, nécessaire entre deux peuples si proches dans une région si hostile. Les initiatives de lois étrangères ne feront que ralentir ce processus de paix.

 

Cette décision est aussi une victoire de la République sur le communautarisme. En effet, la loi rejetée au Sénat était avant tout portée par un lobby arménien extrèmement puissant, qui possède ses entrées à l'Assemblée Nationale, et constitué de diverses associations communautaires. Des élus de la République, qui représentent la nation et non des communautés, n'ont pas à obéir aux injonctions de ces groupes. Comme le Parti Socialiste nous a habitué à des méthodes clientélistes, flattant ici et là telle ou telle communauté, il n'est pas surprenant qu'il ait cédé au lobby arménien en présentant ce projet de loi, notamment défendu par Martine Aubry et Bertrand Delanoë; on est consterné en revanche d'avoir vu un Nicolas Dupont-Aignan, farouchement républicain, se soumettre au même lobby - il est vrai que, peut-être suite aux conseils avisés de la juriste Anne-Marie Le Pourhiet, il a quitté ce cheval de bataille. 

 

       

Si l'on peut comprendre la légitime émotion d'un Charles Aznavour, on se demande au nom de quoi Bernard-Henri Levy clame son "indignation". 


Mais avant tout, c'est la liberté d'expression qui triomphe aujourd'hui au Sénat! Il est primordial que les historiens puissent débattre de tous les sujets, y compris les plus polémiques, sans risquer un an de prison et 45 000 euros d'amende, comme le prévoyait la loi pour quiconque nierait le génocide arménien. La loi n'a pas à dicter l'Histoire, comme l'a reconnu Robert Badinter lui-même, car on ne sait que trop à quel point l'Etat pourrait tenter d'en tirer parti.

Par ailleurs, toute opinion, même la plus horrifiante, a le droit d'être exprimée, si elle ne met personne en danger. Ainsi que je l'avais expliqué dans un de mes précédents articles, un négationniste qui s'exprime librement se ridiculise en moins de dix minutes. Un négationniste qui n'a pas le droit de s'exprimer peut passer pour un martyr, et pire, gagne en crédibilité. 


 

Aussi atroce qu'ai été l'extermination des Arméniens par le gouvernement Jeune-Turc, est-ce à la loi de prendre cette mémoire en charge?

On peut donc se réjouir que le Sénat ait retoqué la loi sanctionnant la négation du génocide arménien. Il n'en reste pas moins que deux lois demeurent, qui prétendent dicter l'Histoire et encadrer la libre expression. Il s'agit des lois Gayssot-Fabius et Taubira, la première dédiée au génocide juif, la seconde à l'esclavage des Noirs. Un certain nombre d'hommes politiques, comme Dominique de Villepin recemment, ont critiqué ces lois; il s'agit maintenant de les abolir. Une bataille a été gagnée au Sénat; mais il faudra beaucoup de volonté politique pour gagner la guerre de la libre étude de l'Histoire. 

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