Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Nations Libres
  • Nations Libres
  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
  • Contact

Recherche

30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 20:32

Alors que le capitalisme, comme le communisme 20 ans auparavant, montre ses failles et ses insuffisances, on aurait pu s'attendre à un raz-de-marée des partis alternatifs, dont la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire), devenue NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), se voulait le fer de lance. Or, rarement un mouvement aura si brutalement disparu du paysage politique français, alors même que les circonstances historiques auraient pu lui donner un nouveau souffle. Non seulement la gauche anticapitaliste a perdu le soutien du peuple, qui s'est réfugié dans l'abstention ou le vote Front National, mais au sein même de cette gauche alternative, le NPA a été écrasé par l'alliance du Parti Communiste, que l'on croyait mort, et de Jean-Luc Mélenchon, ancien sénateur socialiste. Cette chute rapide du mouvement fondé par Alain Krivine a plusieurs raisons, mais on ne saurait disculper de ses responsabilités celui qui l'a dirigé pendant presque 10 ans: Olivier Besancenot. 

 

Se voulant moderne et héritier de Mai 68, Olivier Besancenot déclare s'inspirer de Che Guévara, Rosa Luxembourg et, dans une moindre mesure, Léon Trotsky. 

 

 

2002 - 2011: ascension, médiatisation, chute finale

 

Issu de la classe moyenne, facteur à Neuilly, disposant par son épouse de revenus plutôt confortables, le jeune diplômé d'Histoire se fait connaitre pour la première fois lors de l'élection présidentielle de 2002. Candidat de la LCR, il dépasse les 4%, créant la surprise au premier tour, avant de soutenir Jacques Chirac au second. 

De 2002 à 2007, Olivier Besancenot se dégage un espace au sein de la gauche alternative. Faisant campagne contre la Constitution Européenne en 2005, il remporte là un franc succès, qui semble promettre un bel avenir à la LCR. Dans la foulée de cette victoire, en effet, les partis de gauche anticapitalistes tentent de s'unir et de préparer un front commun pour les prochaines élections. En vain: les ambitions personnelles d'Olivier Besancenot, comme celles d'ailleurs de José Bové, font échouer la tentative.

 

Il est vrai que la LCR est un organisme assez opaque à l'époque: divisés en sections locales, elle ne semble pas avoir de vraie tête. Olivier Besancenot n'en est que le porte-parole. Il en devient le candidat en 2007. Arrivant en première position parmi les candidats anticapitalistes, il semble promis à un bel avenir, et annonce, peu de temps après, la fondation d'un nouveau parti, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). 

 

Jean-Luc Mélenchon (à droite) peut être content de son nouveau parti: en quelques mois, il a réussi à reprendre au NPA une bonne parti de ses cadres, militants et électeurs.

 

Malheureusement pour lui, un autre pôle de rassemblement se crée à gauche: Jean-Luc Mélenchon vient en effet de quitter le Parti Socialiste et fonde le Parti de Gauche, qui s'allie avec le Parti Communiste, au sein du Front de Gauche. Le sénateur socialiste jouit alors d'une belle réputation, et sa belle campagne aux élections européennes lui permet de passer devant le NPA. C'est le début d'un long déclin pour Olivier Besancenot. Les élections régionales de 2010 sont un échec. Contesté au sein même de son parti, il démissione au printemps 2011; quelques mois plus tard, il avouera se sentir dépressif et découragé...

 

 

Prolétaires, immigrés, trotskystes? L'introuvable électorat

 

La LCR, même à l'époque d'Alain Krivine, n'était pas un parti de masse. Attirant intellectuels révolutionnaires et marginaux, elle n'a jamais su séduire les classes populaires, qui n'ont quitté les communistes que pour l'abstention ou le vote Front National. Olivier Besancenot, comme ses prédecesseurs, n'a ni su, ni même voulu, parler au peuple. Il n'a pas compris que l'anticapitalisme ne suffisait pas à s'agréger un électorat, y compris chez les prolétaires.

Par idéologie libertaire, en effet, la LCR, puis le NPA, se sont opposés à toute politique de sécurité, tout contrôle de l'immigration, toute idéologie patriotique. Or, le peuple français, aussi attaché à sa patrie qu'à ses luttes sociales, est la première victime de l'internationalisme, de la politique d'immigration libérale, de l'insécurité. Et c'est parce que le NPA n'a jamais su prendre ces facteurs en compte, qu'il n'a jamais eu les votes populaires. 

 

Mais Olivier Besancenot n'a pas seulement échoué à rassembler cet électorat prolétaire. Il a aussi fait fuir les quelques militants fidèles qui avaient rejoint Alain Krivine et constituaient la base du parti. Il l'a fait par un coup de poker hasardeux, et qui s'est révélé perdant: en essayant de séduire la jeunesse issue de l'immigration, notamment musulmane, tout en gardant les intellectuels trotskystes hérités de la LCR. Il a perdu les seconds sans convaincre les premiers. 

 

La candidature d'Ilham Moussaïd se voulait un coup médiatique destiné à séduire la jeunesse musulmane. Un terrible échec, le NPA s'étant immédiatement divisé sur la question. 

 

Tout avait été fait, pourtant, pour s'attirer les grâces de la jeunesse immigrée: soutien inconditionnel à la Licra et à SOS Racisme, défense de l'immigration et des sans-papiers, militantisme intense pour la Palestine, cause très populaire chez la jeunesse arabo-musulmane. Cerise sur le gâteau: aux élections européennes de 2009, Olivier Besancenot présente fièrement sur ses listes Ilham Moussaïd, candidate voilée. Opération ratée et même contre-productive. Il s'attire en effet les foudres des associations féministes (et n'est défendu, ironie de l'histoire, que par... Jean-Marie Le Pen!) 

Mais Olivier Besancenot à une lutte de retard: de nombreux immigrés ne tombent plus dans le piège "anti-raciste". Conscient que la LICRA et autres associations similaires n'ont pour but que d'exploiter leur vote et de diviser la société, ils rejettent ce paternalisme méprisant. Des pro-palestiniens déchantent vite en voyant Olivier Besancenot attaquer très violemment la liste anti-sioniste de Dieudonné aux élections européennes. Enfin, les musulmans rejettent dans leur ensemble le modèle laïcisant et très anti-religieux porté par le NPA. Opération séduction ratée!

 

Dans le même temps,  cette tentative d'ouverture choque les intellectuels laïcistes du parti. Hostiles à la religion, ils considèrent l'islam comme une peste à combattre au même titre que le christianisme. Féministes farouches, ils digèrent très mal la candidate voilée, contre laquelle se multiplient les attaques en interne. Michel Onfray, philosophe connu pour son hostilité aux religions, se sépare définitivement du parti pour se rapprocher du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.  

Très rapidement, les choses dérapent. Plusieurs militants du NPA se plaignent de la "montée de l'islamophobie" au sein du parti, mettant les trotskystes authentiques en fureur. De deux côtés, les militants quittent le parti. La victoire des laïciste pousse Olivier Besancenot vers la sortie. Entre-temps, le groupe islamiste Forsane Alizza lance une fatwa conte le NPA, suite à l'attaque d'une femme en burqa par un de ses militants. La rupture semble irréparable. 

 

Olivier Poutou, nouveau candidat du NPA, souffre d'un lourd handicap: son manque total de notoriété, qui risque de l'empêcher de percer à l'élection présidentielle de 2012. 

 

 

Quel avenir pour le NPA?

 

Olivier Besancenot a finalement connu un triple échec: il n'a pas su rassembler l'électorat populaire, il n'a pas su convaincre la jeunesse immigrée, et il a sérieusement affaibli la base idéologique de son parti. Soufflant le froid et le chaud, internationaliste hostile aux délocalisations,  laïcard proche de certains islamistes, anti-sioniste combattant Dieudonné, antilibéral libertaire, il aura fait fuir ses sympathisants populaires et bourgeois, immigrés et locaux, laïcistes et musulmans. Son successeur, Olivier Poutou, issu d'un milieu populaire, tente tant bien que mal de séduire les travailleurs et de redonner au NPA une certaine cohérence idéologique. Mais face à l'écrasante supériorité du Front de Gauche, qui s'est imposé comme la seule alternative, à gauche, au parti socialiste, n'est-il pas déjà trop tard?

Partager cet article

Repost 0

commentaires