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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 23:36

C'est une bien sombre nouvelle que nous a confirmée le WWF en cette fin d'année 2011: le rhinocéros de la Sonde (oui rhinocéros de Java) a officiellement disparu du Vietnam. Le dernier représentant de l'espèce aurait été abattu à la fin du mois d'avril, et depuis, aucun autre spécimen n'a été découvert par les observateurs. Il ne survit plus désormais qu'en Indonésie, où une cinquantaine de spécimens sont retranchés sur l'île de Java. 

 

Habitué aux taillis et aux forêts, le rhinocéros de la Sonde vit aujourd'hui reclus dans les hautes plaines de Java. 

 

 

Un rhinocéros trop rare pour être bien connu

 

Le rhinocéros de la Sonde est une espèce très mystérieuse. Physiquement semblable au rhinocéros indien, il est comme lui muni d'une seule corne et de larges plaques protectrice, mais il est un peu plus petit. Les rares observations faites en liberté ont permis de découvrir un animal timide et solitaire, vivant dans les taillis forestiers et les prairies clairsemées d'arbre. Grand amateur des bains de boue, il a l'habitude de sortir la nuit pour se nourrir de branchages et de feuillages. 

 

Sa rareté a toujours empêché d'en savoir plus sur lui. Il fut un temps, pourtant, ou ce rhinocéros vivait dans toute l'Asie orientale, du Pakistan à la Chine, du Tibet aux îles indonésiennes. Mais la chasse effrenée pratiquée par les Chinois, puis les Occidentaux, l'a fait progressivement disparaitre. Dans les années 60, il ne restait qu'une trentaine d'individus répartis d'Udjung Kulon, à l'est de Java. Et ce dans un habitat volcanique et escarpé qui ne convenait guère à ces rhinocéros. 

En 1988, la découverte de rhinocéros de la Sonde au Vietnam avait suscité un grand espoir pour les zoologistes. Bien malheureusement, l'abattage du dernier spécimen par un braconnier en avril dernier a stoppé ce bel élan d'optimisme. 

 

Cette carte, indiquant en orange l'ancienne répartition des rhinocéros de la Sonde, et en rouge leur répartition actuelle, n'est désormais plus valable, la population vietnamienne ayant été éradiquée. 

 

 

Un triste avertissement

 

C'est une attitude un peu simpliste, que celle qui consiste à vouloir mettre sur le dos de l'homme toute la responsabilité de cette lente extinction. En effet, depuis plusieurs décennies déjà, de sérieuses mesures ont été prises pour protéger l'animal. Or, elles s'avérent innefficaces en raisons de deux problèmes. Premièrement, une proportion de mâle beaucoup trop importante par rapport aux femelles (un recensement au cours de la Seconde Guerre mondiale comptait 78 mâles pour 22 femelles). Secondement, la concurrence avec une autre espèce menacée, le banteng, qui se nourrit des mêmes plantes que le rhinocéros de la Sonde. 

 

Il n'en reste pas moins que le Vietnam a fait preuve d'une négligence bien dangereuse dans ce dossier, notamment dans sa lutte contre le braconnage, trop insuffisante. Les problèmes sociaux et humains sont évidemment une charge pour ces pays, qui ont souvent peu de ressources à consacrer à la protection de leur faune. Néanmoins, ces merveilles de la nature peuvent aussi être un atout formidable pour des Etats qui cherchent à développer le secteur touristique.

 

Le temps n'est plus au regret. Cette disparition doit être un signal fort à double titre.

Il doit permettre, tout d'abord, au Vietnam de prendre conscience de la richesse de la faune qu'il habite. Et pousser l'Etat à prendre de nouvelles mesures de protection, afin d'empêcher que ses tigres, ses éléphants, ses crocodiles, ses singes, subissent le sort des rhinocéros de la Sonde. 

Il doit aussi renforcer l'Indonésie dans sa volonté de protéger les derniers exemplaires de cette superbe espèce. Par ailleurs, peut-être serait-il bon de réfléchir à un élevage de l'espèce en captivité, ce qui aurait le double avantage d'optimiser les conditions de reproduction, et de la protéger des braconniers. Contrairement, en effet, aux rhinocéros afraicains (rhinocéros blanc et rhinocéros noir) et à son congènère asiatique (le rhinocéros unicorne indien), le rhinocéros de la Sonde n'est pas élevé en captivité. Ce qui rend son avenir très précaire au cas où son habitat naturel se retrouverait menacé...

 

 

 

Les cinq espèces de rhinocéros qui survivent en notre temps sont aujourd'hui menacées, et celui de la Sonde plus encore que les autres. Sa disparition du Vietnam est un rude coup de semonce. Il ne concerne pas que l'Indonésie, toutefois, dernier pays à en abriter. Il est un révélateur de ce que la misère et la négligence au sein de certains pays du sud peuvent ammener. Dans la préservation de leur patrimoine naturel, la France a aussi un rôle à jouer. Elle se doit de les aider. À l'heure où les partis politiques se déchirent sur de futiles débats au sujet du nucléaire, à l'heure où les dernières lubies écologistes veulent recouvrir la Tour Eiffel de plante, ne vaudrait-il mieux pas se demander comment notre pays peut aider les Nations qui, dans le monde, sont désireuses de sauver leur patrimoine animalier? 

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