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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 19:43

Les différences idéologiques qui séparent la Corée du Nord, l’une des plus vieilles dictatures communistes du monde, et la Corée du Sud, chantre du capitalisme sauvage, retarde la réunification des deux États. Mais elle ne pourra pas l’empêcher. Les circonstances géopolitiques étant ce qu’elles sont, les Coréens devront bon gré mal gré mettre leurs querelles idéologiques de côté s’ils veulent survivre à la mondialisation.


Une anomalie de l’histoire

Historiquement, la Corée formait avec la Chine et le Japon le troisième grand royaume d’Extrême-Orient, que rien ne prédisposait à être coupé en deux. Très certainement, les invasions chinoises, russes ou japonaises avaient régulièrement affaibli le pays, mais elles n’avaient pas brisé son unité nationale.

130326-coree-du-nord-missile-parade.jpg

Le régime militaire nord-coréen est un des derniers héritages de la guerre froide.


Paradoxalement, ce sont deux idéologies totalement étrangères à la Corée, le communisme et le capitalisme occidental, qui ont entrainé la division du pays suite à la guerre de 1950 – 1953. Chinois, Américains et Soviétiques partagèrent littéralement le pays dans un accord géopolitique tacite qui mettait le nord aux mains des communistes, oscillant entre Chine et Union Soviétique, et le sud à la merci du grand capitalisme américain, sous la surveillance du Japon.

Depuis un demi-siècle, ces deux États qui ne se reconnaissent pas mutuellement, la Corée du Nord et la Corée du sud, ont suivi des voies économiques et politiques bien différentes. Pourtant, l’affaiblissement des idéologies et la montée d’un monde multipolaire centré sur l’Asie pourrait bien forcer les deux pays à se réunifier.


La dangerosité de la position entre Chine et Japon

Les 50 années à venir seront marquées par une montée en puissance du continent asiatique, articulé autour de deux géants que sont l’Inde et la Chine, et de puissance secondaires comme le Japon, la Turquie, les « dragons » du sud-est ou la Russie. La situation des Coréens, coincés entre une Chine en pleine croissance, et un Japon toujours puissant, sera particulièrement inconfortable.

carte coreeCoincée entre trois empires, la Corée n'a longtemps dû sa survie qu'à sa capacité à jouer l'équilibre entre eux. 

 

Deux options sont envisageables. Dans un premier cas, le Japon accepte le rôle de « brillant second » de l’Extrême-Orient, et se rapproche de la Chine, avec qui il partage de nombreux intérêts communs. Dans une autre configuration, il reste fidèle à l’alliance américaine, et les deux pays se maintiennent dans un état de guerre froide et de rivalités ouvertes.

 Or, dans les deux cas, une Corée divisée serait bien incapable de peser quoi que ce soit. Un axe Chine-Japon l’écraserait impitoyablement, tandis qu’une rivalité entre la Chine d’un côté, le Japon et les États-Unis de l’autre, la condamnerait à être le jouet éternel de ces puissances, et l’exposerait à toutes sortes de conflit.

Le réalisme commande donc à la Corée un rapprochement, une réunification lui permettant la constitution d’un État solide, et capable de jouer les arbitres entre Chine et Japon – où de faire face à une éventuelle alliance entre Pékin et Tokyo. Bien sûr, les Américains, les Chinois et les Japonais ont tout intérêt à empêcher une telle réunification. Mais elle serait d’autant plus profitable que chaque partie dispose d’argument de poids pour se rapprocher de l’autre.


Puissance économique contre protection nucléaire : un marché gagnant-gagnant ?

La Corée du Sud est aujourd’hui une puissance économique immense comparée à sa taille. C’est un pays qui a fait le choix de tout miser sur l’éducation, l’instruction publique et la formation de la jeunesse, tout en se démocratisant très progressivement. Autant dire que la prise en charge de la Corée du Nord, pays ruiné et affamé, pèserait économiquement bien lourd sur le pays. Quelle peut être, alors, l’argument du Nord pour se faire admettre en douceur auprès de son frère du sud ?

Il est de poids : l’arme nucléaire, et plus généralement la très impressionnante armée nord-coréenne. Car si la Corée du Sud est un géant économique, comme le Japon des années d’après-guerre, elle est aussi un nain militaire et politique. Seule la protection de l’armée américaine – et de l’ancien colonisateur japonais, ce qui est plus humiliant encore – assure au pays son indépendance. Si Washington et Tokyo venaient à changer leurs options, la Corée du Sud se retrouverait isolée, sans défense. Et c’est dans cette configuration que la Corée du Nord peut apporter un atout de poids : une arme nucléaire assurant au pays son indépendance, et lui permettant de dialoguer d’égal à égal avec ses voisins chinois et russe.

pt1522.jpgDes étudiantes sud-coréennes, symboles d'un pays qui a misé toute sa réussite sur l'intruction intellectuelle de sa jeunesse. 


Il reste à savoir quand sera venu l’heure d’une telle réunification. Elle est, pour le moment, prématurée. Les Américains dominent la Corée du Sud, tandis que les dirigeants fanatisés du nord sont loin d’être prêts au compromis. Mais Washington ne pourra se maintenir éternellement dans la zone. Leur effacement au profit de la Chine et du Japon (soit en tant que rivaux, soit alliés) marquera pour la Corée le moment d’une réunification réussie, seul gage de préservation de son indépendance. En attendant, le sud se modernise, le nord prépare sa bombe nucléaire ; les deux parties fourbissent leurs arguments pour les négociations de rapprochement à venir…

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