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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 20:52

 

La libération de Guilad Shalit, soldat isréalien retenu par le Hamas depuis 2006, a de quoi de surprendre en première approche. Le gouvernement israélien est en effet un des plus intransigeants que le pays ait jamais connu, tandis que les Arabes sont très remontés contre l'Etat hébreu et sa politique de colonisation. Ce paradoxe n'est qu'apparent. Les deux grands gagnants de cet échange (Guilad Shalit a été relâché en échange de la libération de plusieurs centaines de prisonniers palestiniens) sont le Hamas et les sionistes purs et durs, qui renouvellent ainsi leur vieille alliance objective. Rappellons qu'Israel avait soutenu la création du parti islamiste à l'époque, espérant déjà gêner l'OLP de Yasser Arafat par ce moyen. 

 

Cette libération est un coup très dur porté au Fatah, discrédité depuis longtemps par ses affaires de corruption et sa soumission à l'Amérique, et qui tentait de regagner un début de légitimité par son action à l'ONU. Il faut savoir que Mahmoud Abbas, par la négociation, n'a jamais obtenu la libération d'un seul prisonnier. En le ridiculisant, en s'arrangeant pour que la demande palestinienne de reconnaissance à l'ONU échoue, Israel s'assure que les restes de l'OLP, ayant montré leur innefficacité, soient balayés par les Palestiniens eux-mêmes. 

Inversement, le Hamas a été littéralement sauvé par Israel. Depuis plusieurs mois, à la faveur des révolutions arabes, le parti islamiste connaissait une grave crise de confiance. Les Palestiniens de Gaza le critiquaient pour ses actions contre-productives, ne supportant plus, par ailleurs, de vivre sous le joug des règles islamistes. C'est cette faiblesse momentanée qui a poussé le Hamas à se réconcilier avec le Fatah, son vieux rival, batissant ainsi une union dont la Palestine pouvait espérer un futur salut. 

 

 

Mais les deux derniers mois ont changé la donne. Le Hamas s'était opposé à la demande de reconnaissance de la Palestine; un échec de Mahmoud Abbas à l'ONU serait donc pour lui une occasion de reprendre le contrôle de la population palestinienne. Mais surtout, la libération de ces centaines de prisonniers palestiniens par Israel, là où le Fatah avait toujours échoué, est une victoire éclatante pour le parti islamiste. En fin de compte, Benjamin Netanyahou, par ce succès diplomatique, assure sa réélection. Le Likoud sort grandi par ce succès. Le Hamas, de son côté, peut fêter sa victoire, et marginaliser le Fatah, avec qui son rapprochement sera remis en cause. La Palestine pourrait tout entière, devant l'échec des négociations, rallier les islamistes. Pour le plus grand bonheur des radicaux israéliens, sûrs de se faire réélire face à cette menace.

Les seuls perdants de cet accord, ainsi d'ailleurs que de l'échec palestinien à l'ONU, seront les partisans de la paix et de la négociation dans les deux camps. Et, accessoirement, les peuples de la région.  

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