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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 20:48

La question d'Israel et du sionisme est une des plus débattues en France, dans un contexte souvent très sensible. C'est un débat complexe où les caricatures sont bien trop nombreuses. "Sionisme" et "antisionisme" ont largement perdu de leur sens au dur et à mesure des années, ce qui signifie que tout le monde peut revendiquer l'un ou l'autre, avec des sens très différents. En fonction des points de vue, le sionisme serait une vaste entreprise de domination théocratique du monde, pour d'autres le simple droit à l'existence d'Israel, tandis que certains y voient une forme d'extrémisme nationaliste. Quant aux "antisionistes", ils vont du militant humaniste à l'antisémite carabiné, de l'islamiste au juif intégriste, du nationaliste arabe au patriote français. On s'y perd!

 

Le but de cet article est de sortir de ces caricatures, de démontrer que le sionisme est opposé à "l'idéologie française", et qu'il est dangereux tout à la fois pour les Français juifs, et pour l'idée républicaine. Il ne s'intéresse pas aux Palestiniens ou aux Israéliens, mais à l'impact d'Israel et de l'idéologie sioniste sur la France. 

 

Le sionisme: une origine historique discutable

 

Suite à la guerre des Six-Jours, durant laquelle la France rompit son alliance avec Israel, le grand rabbin de France demanda à être reçu par le Général de Gaulle. Ce dernier l'accueillit avec courtoisie, mais le prévint immédiatement: "si vous venez me parler des Français juifs, vous êtes bienvenu. Si vous venez me parler des affaires d'Israel, j'ai un Ministre des Affaires étrangères pour ça!"

 

Développé à la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle, le sionisme s'appuyait alors sur les persécutions des Juifs qui avaient lieu dans plusieurs pays, en Europe notamment: pogroms, mesures vexatoires, ou attaques racistes. Il prévoyait l'établissement en Palestine (même si d'autres terres furent évoquées...) d'un foyer juif, qui servirait de refuge aux populations juives persécutées. L'idée à terme était celle d'un Etat juif, capable d'accueillir ce "peuple" rejeté dans le monde. 

Dès le départ, cette idéologie était invalidée par trois points. Tout d'abord, la Palestine n'était pas une terre vide, mais une province de l'Empire Ottoman où vivaient, aux côtés de quelques Juifs, un grand nombre d'Arabes chrétiens et musulmans. Ensuite, il existait déjà plusieurs pays où les Juifs non seulement étaient protégés, mais avaient même parfois acquis des positions enviables: les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, pour ne citer que les plus connus. Enfin, il n'existait pas de "peuple juif", comme l'avait reconnu Theordor Herzl en personne*. 

 

La Seconde Guerre mondiale et le génocide accélérèrent considérablement ce combat, permettant la création de l'Etat d'Israel dès 1948. Cette décision, prise dans une émotion très compréhensible, semblait pourtant inutile: après les horreurs hitlériennes, un grand nombre de pays s'engagèrent résolument dans la lutte contre l'antisémitisme. 

 

Ironiquement, le projet sioniste donnait raison à Hitler, qui avait voulu vider l'Europe de ses Juifs. En effet, le sionisme est une capitulation devant les antisémites: cela revenait à considérer l'antisémitisme comme une fatalité, naturelle, contre laquelle il était inutile et vain de lutter. Puisque certains, en Europe ou ailleurs, n'acceptaient pas les Juifs, ces derniers n'avaient qu'à s'en aller. Réalise-t-on combien ce raisonnement est dangereux? Les antisémites voulaient chasser les Juifs de leur pays; le sionisme leur donna raison. 

 

 

Une idéologie aux antipodes de la République

 

Le sionisme heurte de front la République française, et met en danger l'ensemble de ses institutions. Depuis la Révolution Française et le Premier Empire, les Français de confession juive étaient considérés comme des citoyens à part entière, avec les droits et devoirs inhérents. En faisant réformer la pratique du judaïsme, Napoléon avait même réussi à "franciser" cette religion, à créer un "judaïsme français". 

Bien sûr, l'affaire Dreyfus, ou la collaboration du régime de Vichy, ont entâché cette tradition républicaine. Mais Dreyfus avait été innocenté, les Français avaient protégé un grand nombre de Juifs de la milice sous l'Occupation, et en fin de compte, dans les années 1950, les Juifs étaient des citoyens français à part entière - souvent travailleurs et patriotes. 

 

Au cours de la Révolution Française, Robespierre fut un des grands militants pour les droits des Juifs (ainsi que des Noirs). Considérant qu'ils avaient vocation à devenir citoyen à part entière de la République, il réclamait qu'on les rendît "au bonheur, à la patrie et à la vertu, en leur rendant leur dignité d'hommes et de citoyens". Il inaugurait ainsi un modèle d'assimilation qui a fait ses preuves près de deux siècles...

 

Or, le sionisme prétend, au contraire, détacher ces citoyens de la France, pour en faire des citoyens israéliens. En se proclamant "Etat des Juifs" (et non "Etat à majorité juive"), Israel affirme de facto représenter les Juifs français. Et c'est là que le bât blesse: car cela revient à arracher à la France certains de ses citoyens, à les rattacher à une puissance étrangère, et finalement à briser l'unité nationale et républicaine française. 

 

La création d'Israel, et l'idéologie sioniste, ont bouleversé l'assimilation des Juifs français. Alors qu'une partie, notamment au sein des classes populaires, restait farouchement attachée à la France (des personnalités comme Eric Zemmour ou Jean Ferrat, Gérard Oury ou Michel Debré, en sont quelques exemples...), d'autres se détachaient soudainement de la France, au profit d'un sionisme échevelé (Bernard-Henri Levy, Arno Klarsfeld, Patrick Bruel...) qui les poussait au communautarisme. 

 

Le drame est que ce communautarisme, encouragé par l'Etat d'Israel (qui espère ainsi récupérer un jour ces élites en les séparant de la République française), a inspiré toute une série d'autres minorités qui se sont mises, à leur tour, à demander des droits spécifiques, à militer pour des Etats étrangers, ou à culpabiliser la France. Les exemples abondent: demandes de repas "halal", lois mémorielles au sujet de l'esclavage des Noirs ou du génocide arménien, banalisation des termes "islamophobie" ou "racisme anti-blanc"... La boîte de Pandore du communautarisme et de la victimisation était ouverte, et frappe désormais toute la société française. 

Certes, le sionisme n'est pas à l'origine de toutes les tensions communautaires en France, loin de là! Mais, en encourageant le communautarisme juif, il a enclenché une dynamique terrible qui divise aujourd'hui les Français entre eux, selon les religions, races et origines. 

 

La Ligue de Défense Juive, groupe d'extrème-droite pro-israélien (considérée comme terroriste par les Etats-Unis et Israel) a longtemps été protégée en France. Elle a inspiré plusieurs organismes communautaristes, en particulier au sein de l'extrème-droite européenne identitaire, qui la regarde avec admiration. 

 

 

Israel, un danger pour les Juifs de France?

 

Dans cette société de tensions communautaires, Israel n'est pas une protection, mais un danger pour les Juifs français. En effet, via le sionisme, il prétend régulièrement les représenter, être leur pays légitime. 

Et de ce fait, les bombardements israéliens, la colonisation et l'humilation des populations palestiniennes, sont immédiatement rapportés aux Français de confession juive dans l'imaginaire collectif. Nos compatriotes juifs sont parfois considérés comme co-responsables des dégats de l'armée israélienne, et se voient demander des comptes sur les agissements d'un pays étranger, où ils ne vivent même pas!

 

Imaginons un instant que l'ensemble des Français musulmans soient arbitrairement associés à l'Arabie Séoudite, ou que l'on réclame des comptes aux protestants sur la politique américaine ou britannique. Ne serait-ce pas un scandale, contraire aux valeurs de la République? 

 

Si seuls les pro-Israéliens étaient pris à partie, il y aurait là une certaine logique. Mais l'on est arrivé à un point où, dans certaines écoles, des enfants juifs se font prendre à partie à cause de la politique de Benjamin Netanyahou! En réalité, associer les Juifs à Israel, dans un pays pro-palestinien comme la France, est un crime; cela revient à mettre ces citoyens à danger, et entretient des confusions très dangereuses. D'autant qu'en retour, un nombre croissant de musulmans s'identifient désormais à la Palestine. 

Alors que la France possède le plus grand nombre de citoyens juifs et musulmans d'Europe, ce serait un véritable désastre d'importer le conflit israélo-palestinien sur son sol. Le petit peuple juif et musulman serait la première victime de cette politique suicidaire, hélas acceptée par les gouvernements français depuis des années.

 

Richard Prasquier, président du CRIF, aux côtés de l'innénarable imam Hassen Chalghoumi. Censé représenter les israélites de France, le CRIF a trahi cette mission, et se fait désormais porte-parole des faucons israéliens. On imagine l'effet désastreux sur l'opinion publique d'une telle politique...

 

Il faut d'ailleurs ajouter que ce problème ne se limite pas à la France: partout dans le monde, des Juifs sont victimes de la politique menée par Israel, qui prétend les représenter et commet en leur nom des actes répréhensibles.

 

 

Désioniser la France, désioniser Israel

 

Il apparaît que le sionisme est une idéologie contraire aux valeurs de la France, et dangereuse pour la République. C'est donc une idéologie contre laquelle il faut lutter avec ardeur, si l'on ne veut pas exposer notre civilisation à de graves soucis. 

 

Ce combat commence par "désioniser" la France: c'est-à-dire refuser que nos citoyens juifs soient associés à un pays étranger. Un Français de religion juif est français, point à la ligne. Il peut nourrir une certaine affection pour Israel (tout comme des chrétiens se sentent parfois proches de la Serbie, des Arabes de la Palestine ou des hindous de l'Inde...), mais il ne doit en aucun cas considérer ce pays comme le sien, ou lui faire allégeance. En contrepartie, il faut refuser très fermement qu'Israel parle en leur nom - et bien sûr, il faut combattre les antisémites qui cherchent à les détacher de la France. 

 

L'association entre "Juifs" et "politique israélienne" est du pain béni pour les racistes anti-juifs, qui n'hésitent pas à instrumentaliser la cause palestinienne pour déverser leur haine. Ainsi l'exemple de ce commentateur de vidéos qui, confondant (exprès?) antisionisme et haine des Juifs, se livre à des commentaires aussi stupides que répugnants...

 

"Désioniser" Israel sera aussi, à terme, une nécessité. Même si sa création fut une erreur (pour les raisons précédemment évoquées), il est impensable de revenir dessus: les drames humains et les difficultés diplomatiques l'empêcheraient. Un pays juif existe désormais, et existera toujours. Quel sera sa forme? Etat souverain vivant aux côtés d'une Palestine libre et indépendante? Ou bien Etat fédéré, au sein d'une confédération multinationale, rassemblant Juifs et Arabes, juifs, musulmans et chrétiens? En tout les cas, il faudra tôt ou tard qu'Israel cesse de se proclamer "Etat des Juifs", pour devenir un simple "Etat à majorité juive". 

Ainsi, il cessera de mettre les Juifs du monde entier en danger, et sous la menace d'une double allégeance. D'autre part, libéré de ses contraintes idéologiques, il pourra se débarasser des faucons belliqueux qui le gouvernent, et tenter d'ouvrir une paix réelle avec les nationalistes arabes. Il est temps de refermer la parenthèse sioniste, qui est néfaste pour les pacifistes israéliens, pour les Palestiniens, pour la plupart des Juifs dans le monde, et pour la République française. 

 

 

 

* "Le bon Juif Daniel veut retrouver sa patrie perdue et réunir à nouveau ses frères dispersés. Mais sincèrement un tel Juif doit savoir qu'il ne rendrait guère service aux siens en leur rendant leur patrie historique. Et si un jour les Juifs y retournaient, ils s'apercevraient dès le lendemain qu'ils n'ont pas grand'chose à mettre en commun. Ils sont enracinés depuis de longs siècles en des patries nouvelles, dénationalisés, différenciés, et le peu de ressemblance qui les distingue encore ne tient qu'à l'oppression que partout ils ont dû subir ." C'est ainsi que Theodor Herzl, l'un des "fondateurs" du sionisme, avait réagi au personnage de Daniel, Juif d'une pièce d'Alexandre Dumas.

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commentaires

microneedle skin dermal roller 08/04/2014 13:28

Israel, the French Republic, the Jews of France and Zionism is a good and important share about the history and the foundation of the Zionist in the region. hope that the struggle between the nations will be settled with mutual understanding and agreement.

tai 20/03/2013 18:53


Salut ! 


Je pense qu'il faut créer un état unique en Palestine, ou vivront ensemble Chrétiens Juifs et Musulmans,pour cela je vous invite a voir le site michelcollon.info.


Le Sionisme est anti-chrétien,anti-musulman et anti-juif donc un état tri-confessionnelle est  la meilleure solution, un peu comme l'Afrique du Sud.