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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 11:39

 

Voisins immédiats de la Syrie qui, de plus, était hautement impliquée dans leur conflit, Israel et la Palestine ne pouvaient pas échapper aux conséquences de la guerre civile qui s’y déroule. Très différentes, leurs réactions respectives permettent en partie de comprendre l’écrasante domination des Israéliens sur les Palestiniens : alors que les premiers ont réagi avec un tact et une intelligence stratégique certains, les seconds se sont laissés entrainer dans des choix contradictoires et totalement incohérents.

 

 

Prudence et doigté de la stratégie israélienne

 

Ce n’est pas seulement l’avenir de la Syrie qui se joue à Damas et Alep, mais bien l’équilibre stratégique mondial ; on a ici affaire à une guerre civile qui est devenue internationale : les rebelles sont en grande partie des islamistes étrangers (saoudiens, égyptiens, tunisiens, voire français ou anglais …) tandis que le régime de Bachar-al-Assad est armé et conseillé par l’Iran et la Russie. Le bloc occidental et les islamistes sunnites font face à un solide axe Moscou – Téhéran – Pékin. Dans un tel contexte, comment expliquer l’assourdissant silence israélien ?

 

Extrémistes juifs en Israel, et extrémistes islamistes en Syrie, partagent une même inconscience et un même jusqu’au-boutisme qui les pousse, tous deux, à attiser les haines religieuses.

 

En réalité, Israel a joué avec raison d’une grande prudence dans cette affaire syrienne, qui peut lui être dangereuse dans tous les cas. Certes, Bachar-al-Assad est un adversaire ferme et déclaré du régime sioniste. Mais les islamistes qui le combattent ne sont pas plus sympathiques à Israel ; en plus de haïr les Juifs presque autant que les chiites, ils sont imprévisibles. Les Israéliens préfèrent voir les armes chimiques syriennes dans les mains de Bachar-al-Assad, plutôt que dans celles d’un régime de fanatiques religieux, ou pires, de groupes armés « djihadistes ».

D’autre part, le contexte régional stratégique dans lequel évolue Israel est en plein changement. L’Iran, jusque-là danger mortel, semble soudain devenu un pôle de stabilité au milieu de révolutions arabes aux conséquences imprévisibles. Barack Obama semble avoir pris le parti de soutenir les islamistes sunnites, ce qui ne plait guère aux Israéliens. Au regard de ces deux faits (rapprochement des Etats-Unis avec les islamistes sunnites, apaisement avec l’Iran), Israel a beaucoup moins d’intérêt qu’auparavant à voir chuter le régime laïciste et pro-iranien de Damas.

 

L’attitude d’Israel est-elle un soutien tacite apporté à Bachar-al-Assad ? N’allons point jusque-là. Plusieurs hautes personnalités israéliennes ont troublé ce silence en exprimant leur soutien aux rebelles syriens. Quelle interprétation peut-on faire de cette attitude en apparence contradictoire ?

 

L’on peut avancer deux hypothèses, toutes deux plausibles et non incompatibles.

 

En premier lieu, il est probable qu’il existe au sein même des décideurs israéliens des oppositions sérieuses. Les fanatiques sionistes (nationalistes ou religieux, proches de Benjamin Netanyahou ou d’Avidgor Lieberman) sont obsédés par leur détestation de l’Iran ; aussi faire tomber le régime de Bachar-al-Assad ne les gênerait-il pas. Inversement, les militaires et les services secrets, plus rationnels, souhaitent à tout prix éviter une victoire des islamistes syriens, surtout munis d’armes chimiques.

Toutefois, cette opposition a peut-être été également concertée, de façon à sauver les intérêts israéliens en tous les cas. Si le régime syrien se maintient, la sécurité d’Israel au nord sera assurée ; s’il tombe, cela marquera l’affaiblissement de l’ennemi iranien.

 

Dans une guerre opposant l’Occident à la Syrie et à l’Iran, on pouvait s’attendre à ce qu’Israel prît parti pour le premier, et les Hamas (dirigé par Khaled Mechaal, ci-dessus) pour les seconds…

 

 

Et le Hamas entraine les Palestiniens vers le désastre…

 

L’attitude intelligente et rationnelle de Tel-Aviv contraste terriblement avec les réactions maladroites des factions palestiniennes, et plus spécialement du Hamas, qui a une fois encore joué le rôle d’idiot utile.

Chassé de Jordanie en 1999, le Hamas palestinien avait alors trouvé refuge en Syrie, où il avait été accueilli et protégé par Hafez-al-Assad, puis par son fils Bachar-al-Assad. Pendant douze ans, la Syrie a été pour lui un protecteur fidèle et solide. Mais la crise de 2011 a amené le parti islamiste à changer totalement de stratégie.

Au début de l’année 2012, les membres du Hamas quittent progressivement la Syrie, rejoignant notamment le Qatar (de méchantes langues laissent entendre que leur compte en banque aurait à ce moment accusé un certain gonflement…) Le porte-parole du Hamas, Abou Marzouk, va jusqu’à dénoncer, en février, « les actions monstrueuses » du régime syrien. La rupture semble définitivement consommée entre les deux anciens alliés.

 

Ce revirement du Hamas s’explique en grande partie par les origines du mouvement, qui depuis sa création n’est autre que la branche palestinienne des Frères Musulmans, groupe islamiste sunnite. Or, les Frères Musulmans syriens sont en tête des manifestations contre Bachar-al-Assad, espérant prendre le pouvoir en Syrie comme ils l’ont pris en Egypte.

La dimension religieuse, par ailleurs, ne doit pas être écartée des motivations du Hamas. Longtemps tiraillé entre ses inspirations nationaliste (qui le rapproche du régime nationaliste syrien) et islamiste (qui le relie aux Frères Musulmans), le Hamas a du faire un choix. Peut-être encouragé par la victoire des islamistes dans tout le monde arabe (Tunisie, Egypte, Maroc, Koweït..), le mouvement a décidé de revenir à ses origines islamo-sunnites, et de rompre avec le régime syrien chiite et « laïque ».

Enfin, ne négligeons pas l’opportunisme politique inhérent à tout parti politique : croyant le régime syrien condamné, le Hamas a choisi de rejoindre le camp des vainqueurs (Arabie Séoudite, Qatar, Jordanie…), vainqueurs qui ont du reste l’avantage de payer fort généreusement.

 

Une des premières conséquences de la stratégie du Hamas sera de livrer les 500000  Palestiniens réfugiés dans les camps syriens (ici celui de Yarmouk) à eux-mêmes.

 

Mais le choix du Hamas aura pour les Palestiniens un effet désastreux. Pour survivre, le mouvement devra se placer sous la protection d’un nouveau protecteur ; le Qatar ou la Jordanie ? Dans tous les cas, ce sera un Etat vassal des Etats-Unis. Inversement, le Hamas a délibérément coupé les Palestiniens, non seulement de la Syrie, mais également de l’Iran et du Hezbollah libanais.

Plus généralement, en choisissant d’attiser les divisions religieuses entre chiites et sunnites, le Hamas affaiblit le combat nationaliste arabe, et fait le jeu du choc des civilisations voulu par les monarchies du Golfe et les Occidentaux.

Et qui pourra, à l’avenir, faire confiance aux mouvements palestiniens ? Le Hamas a fait passer son allégeance aux Frères Musulmans avant sa fidélité aux alliances, et le Fatah, corrompu et discrédité par son échec à l’ONU, ne pèse pratiquement plus rien.

Si les Frères Musulmans parviennent à prendre le pouvoir en Syrie, le Hamas sera renforcé ; mais cela au détriment des intérêts palestiniens. Il deviendra un énième mouvement islamiste piloté par l’Occident, et chargé de canaliser la colère des peuples arabes pour les rendre impuissants.

 


 Créé, dit-on, avec le discret soutien d’Israel, le Hamas a principalement servi à diviser la lutte palestinienne, tout en lui donnant une connotation religieuse fort mal venue.

 

 

Une nouvelle fois a été donné l’exemple de deux stratégies opposées, une dictée par la raison et le réalisme, l’autre par l’idéologie et l’opportunisme. Si Bachar-al-Assad se maintient, Israel aura la double satisfaction de garder à ses frontières un régime non seulement stable, mais qui de plus aura cessé de soutenir les Palestiniens. Ces derniers seront, de toute manière, les dindons de la farce. Car même si le régime syrien tombe, ils auront perdu un de leurs derniers protecteurs, et devront se mettre sous la tutelle des monarchies pro-occidentales. Il est de bon ton chez les Palestiniens d’accuser Israel de tous les maux. Ne devraient-ils pas plutôt, et en priorité, dénoncer le manque total de lucidité de leurs dirigeants ?

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Aurélien Denizeau - dans Moyen-Orient
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commentaires

Tai Kaliso 07/01/2013 13:09


Salut


Je vous salut pour votre opposition face à l'Empire et votre Patriotisme.


Je Crois que Israël fait tout pour détruire la Syrie pour mettre des Islamistes au pouvoir pour Diviser les Arabes(entre Sunnites Chiites Chrétiens) et pour justifier les guerres d'annexion
d'Israël (allez sur E&r pour en savoir plus).


Mais Je Crois qu'après que la Syrie sortira de ce complot ignoble et anti Chrétien, Al Assad continuera de Soutenir la Palestine mais pas le Hamas.