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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 19:06

Sous le regard consterné des stratèges américains et de leurs idiots utiles, les libéraux-libertaires européens, Hugo Chavez s'est vu offrir un quatrième mandat présidentiel par le peuple vénézuélien. C'est une bonne nouvelle pour le Vénézuéla, et plus encore pour les nations libres; c'est une mauvaise nouvelle pour les impérialistes et les mondialistes. Mais le Président réélu devra relever plusieurs défis de taille, s'il ne veut pas que les doutes qui frappent certains de ses compatriotes, se transforment en désillusion généralisée. 

 

Le Président Chavez après sa victoire, devant un portrait de Simon Bolivar. Ce dernier, nationaliste social et anti-impérialiste, a inspiré bien des chef d'Etats sud-américains...

 

 

Une victoire de la démocratie populiste

 

Hugo Chavez est le prototype du dirigeant populiste, c'est-à-dire défendant le peuple et le bien public, contre les intérêt particuliers des élites. C'est pourquoi ces élites (financiers, journalistes, patronat...) le diabolisent, et c'est aussi pourquoi ce peuple le réélit régulièrement. Hugo Chavez est probablement le chef d'Etat démocratique le plus diabolisé en Europe, alors même qu'il dispose d'une popularité bien plus large que n'importe quel dirigeant européen. 

En France, seul Jean-Luc Mélenchon a eu l'honnêteté, dans une tribune au Monde, de rétablir quelques vérités sur le régime chaviste, tribune que l'on peut synthétiser comme suit. 

 

Quoi qu'en disent ses adversaires, Hugo Chavez a été réélu démocratiquement, au cours d'un scrutin particulièrment suivi (81% de participation). Depuis son arrivée au pouvoir en 1999, les élections se sont multipliées, et le pouvoir en place a toujours respecté leur résultat, même en cas d'échec. On peut toujours ratiociner en évoquant le clientélisme de cette campagne, c'est oublier que le clientélisme est inhérent à la démocratie. La liberté d'expression est respectée au Vénézuéla, et les médias sont d'ailleurs majoritairement privés et hostiles à Hugo Chavez. 

Les réussites sociales du gouvernement sont indéniables. Les secteurs autrefois détenus par des monopoles privés sont revenus dans le service public. Les infrastructures du pays ont été développées. Surtout, une politique sociale de redistribution des richesses a permis de réduire les inégalités qui frappaient la société vénézuélienne, devenue désormais la société la plus égalitaire de toute l'Amérique Latine. En 2011, l'institut de sondage "Gallup" classait le Vénézuéla comme le 6ème pays le plus heureux au monde...

 

Jean-Luc Mélenchon se garde bien de rajouter que Hugo Chavez a fait une admirable synthèse entre nationalisme populaire et christianisme social. Ce qui lui vaut les attaques, non seulement de la droite libérale, mais également de la gauche libertaire et anti-nationale

Ainsi les Occidentaux ont-ils tenté, à plusieurs reprises, de le faire passer pour antisémite. Une accusation vite ridiculisée par les juifs vénézuéliens, qui vivent parfaitement protégés par le pouvoir chaviste...

 

Beau joueur, le principal adversaire d'Hugo Chavez, Henrique Capriles, qui avait mené une belle campagne de terrain, a reconnu la victoire de son concurrent et l'a félicité. Il s'est montré ainsi bien plus honnête que ceux qui le soutenaient depuis l'étranger. 

 

 

Une nouvelle défaite des impérialistes

 

Si l'on peut se réjouir de la réélection de Hugo Chavez, ce n'est pas tant en raison de sa politique intérieure, que de sa diplomatie. Le Vénézuéla est à la pointe du combat anti-impérialiste qui a amené presque toute l'Amérique du Sud à se libérer du joug américain, et à combattre l'impérialisme de Washington. Il entretient d'ailleurs d'excellents rapports avec la Russie, l'Iran ou la Chine. 

 

En faisant tomber Hugo Chavez, et en le remplaçant par l'atlantiste Henrique Capriles, les Etats-Unis espéraient torpiller ce mouvement de fond, et reprendre le contrôle de l'Amérique Latine. Il aurait alors été facile de faire plier les autres pays de la région, comme le Brésil. 

L'opération est un échec. Quelques mois après l'élection de Vladimir Poutine, et alors que le régime syrien tient toujours debout, c'est un nouvel échec géopolitique pour l'impérialisme américain. On est loin de l'époque où Washington pouvait, au Chili, au Panama ou au Nicaragua, faire tomber les régimes rivaux comme des fruits mûrs!

 

L'alliance avec la Russie a été une des priorités de Hugo Chavez, au grand dam des Etats-Unis qui contrôlaient traditionnellement les Etats de la région. 

 

 

Un régime à étudier, pas à copier!

 

Faut-il, pour autant, réclamer un "Chavez français"? C'est là une fausse bonne idée. Un patriote français peut, il doit même, étudier le Vénézuéla et s'inspirer de ses réussites. Il ne doit pas en faire, pour autant, un idéal absolu, comme l'explique très bien Laurent Pinsolle

 

En premier lieu, le Vénézuéla n'est pas un modèle car il connaît encore de nombreuses failles. L'insécurité y est un problème dramatique, avec un des taux d'homicides les plus élevés au monde: 75/1000000 (à titre de comparaison, il est de 6/100000 aux Etats-Unis et de 1/100000 en France).  En accueuillant les terroristes des FARC, et divers trafiquants de drogue affiliés, Hugo Chavez a fait courir un grand risque à ses citoyens. 

La corruption est l'autre grand fléau du Vénézuéla. Les magouilles de nombreux proches du pouvoir empêchent un développement optimal de l'économie et entrainent le gaspillage de sommes énormes. Le bon score de Henrique Capriles est notamment dû à sa campagne anti-corruption, qui a touché les citoyens excédés par cette situation. 

 

À Caracas, la capitale vénézuélienne, le taux d'homicide atteint 105/100000, ce qui est très préoccupant. 

 

En passant même sur toutes ces faiblesses, Le Vénézuéla n'est pas la France. Il n'a pas la même histoire, ni la même culture, ni la même population. Son économie, reposant sur le pétrole et en pleine émergence, est différente. Sa situation sociale aussi. Des notions fortes en France, comme la laïcité ou l'assimilation républicaine, sont inconnues au Vénézuéla. Les contraintes géographique et géopolitiques ne sont pas les mêmes non plus. 

Enfin, les problèmes rencontrés diffèrent en partie. Certes, la main-mise d'une élite sur les richesses du pays est un problème commun aux deux pays. Mais la France doit affronter également la perte de souveraineté liée à l'Union Européenne, ou bien encore des tensions communautaires récurrentes, contre lesquelles Hugo Chavez seraient bien impuissant. 

 

 

Ce n'est donc pas comme un modèle qu'il faut regarder le Vénézuéla chaviste. Mais plutôt comme la preuve qu'un dirigeant s'appuyant sur le peuple, aimant son pays, peut réussir à lui rendre sa liberté et à vaincre les puissants. Plus qu'une source d'inspiration, Hugo Chavez est une source d'espoir. Un espoir qu'il ne doit pas trahir en ignorant les problèmes graves que traverse aujourd'hui son pays. 

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commentaires

business phone systems 03/07/2014 10:28

I am a great fan of Hugo Chavez and I guess he owns a great and powerful personality. The problem with his life was that several people hated him for no reason and that adversely affected his life to some extent.