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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:50

 

"Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés ; avec le pouvoir, ils survivent rarement.

 Fidel Castro

 

 

Il n'aura fallu que quelques semaines pour chasser du pouvoir Silvio Berlusconi et Georgios Papandréou alors même que le premier semblait destiné à la réélection permanente en Italie tandis que la famille Papandréou régne sur la Grèce, à intervalles réguliers, depuis fort longtemps. Pourtant, ce n'est pas à de nouvelles élections que l'on doit ces démissions, mais à des pressions des marchés financiers et de l'Union Européenne - via l'Allemagne et la France. Sans se prononcer sur l'opportunité de ces départs - ni le socialiste soumis Papandréou ni le libéral jouisseur Berlusconi ne renvoyaient une bonne image de leurs pays respectifs - il convient de s'inquiéter de l'important déficit démocratique qu'ils révèlent en Europe. 

 

 

La Grèce et le refus du vote démocratique

 

La proposition de Georgios Papandréou de soumettre au peuple, via le referendum, le plan d'aide à son pays proposé par l'Union Européenne (plan qui s'accompagnait de graves mesures antisociales), a permis de voir la vraie nature de l'Europe du Traité de Lisbonne. Les gouvernements français et allemand, mais aussi les acteurs économiques et les forces européïstes ont tous manifesté leur opposition violente à la possibilité de ce vote démocratique. 

Le choix eût pourtant été très simple pour les Grecs: accepter ce plan d'aide, rester dans la zone euro avec l'appui de ses partenaires européens et renoncer à leur modèle social; ou bien le refuser, et donc quitter l'euro et se débrouiller avec leur monnaie nationale. 

 

Mais non! Il était inadmissible, pour l'Union Européenne, qu'un de ses peuples rejetât l'euro, dont elle s'est faite un dogme. Face à l'avenir radieux que nous promet le projet européïste, que pèse le vote populaire? Rien, sauf pour les vrais démocrates. 

 

 

En moins d'une semaine, l'affaire était entendue: soumis aux attaques, si ce n'est aux insultes, de l'ensemble des européïstes de Grèce et d'Europe, Georgios Papandréou, ni téméraire ni même courageux, renonçait à ce réferendum. Mais il était trop tard: il avait pêché, il avait osé soumettre l'avenir de l'euro au choix de ses compatriotes, il était devenu un dissident. Trop démocrate pour l'Union Européenne, le camarade Papandréou fut dégagé suite à un accord forcé qui permit à la droite de revenir au pouvoir.

Détail piquant s'il en est: alors que la gauche la plus sociale était chassée du nouveau gouvernement, l'extrème-droite y entrait pour la première fois depuis la dictature militaire. Les nationalistes du LAOS se sont, il est vrai, soummis à la tutelle européïste sur leur pays. On en conclut que l'Union Européenne accepte parfaitement l'extrème-droite, pour peu qu'elle se soumette à son projet de destruction des nations.

 

Les opposants aux mesures d'autérité en Grèce (recul de l'âge de la retraite, gel des salaires, hausse des impôts, etc.) ont été impitoyablement réprimés, avec la bénédiction de Bruxelles. 

 

Le peuple grec est le grand perdant de l'affaire. Saigné depuis des mois par des plans d'austérité inefficaces (le pays ne pouvant se redresser sans se débarasser au préalable de l'euro), il n'aura pas pu s'exprimer démocratiquement sur cette politique de rigueur que lui impose l'Union Européenne. 

 

 

Silvio Berlusconi, encore trop social pour l'Europe!

 

On a du mal à imaginer plus libéral et moins socialiste que l'ancien Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, aux affaires (et pas que gouvernementales!) depuis plusieurs années. Et pourtant! S'il a été chassé, ce n'est pas, loin de là, à cause de la rudesse de sa politique: bien au contraire, on lui a reproché de ne pas frapper assez durement son peuple. 

Berlusconi était pourtant un élève assidu de Bruxelles: pour sauver la zone euro, il était prèt à tout. Sur demandes, il multipliait les plans de rigueurs et mesures d'austérité: augmentation des impôts, baisse des salaires, privatisations massives, réductions des jours fériés...  Des décisions très violentes qui ne permettaient que d'accorder à l'euro quelques années de sursis. 

 

 

Mais Silvio Berlusconi n'est pas allé assez vite et assez fort. Dès cet été, les marchés financiers, et l'Union Européenne, via l'Allemagne et la France, le pressaient d'aller toujours plus loin et plus rapidement. Le FMI s'en mêlait; sa patronne Christine Lagarge, pourtant en plein scandale, doutait de la crédibilité du chef du gouvernement italien. C'est que ce dernier, obsédé par les élections, risquait de ne pas ête assez dur avec son peuple!

 

En quelques semaines, le tour était joué: Bruxelles, par la voix d'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, faisait comprendre aux députés de la droite italienne qu'ils devaient sacrifier leur chef. Silvio Berlusconi était détruit par un système qu'il avait pourtant toujours défendu - situation classique en régime totalitaire. 

Face à l'hostilité des députés de son parti, Il Cavaliere n'avait plus d'autre choix que démissioner. Chassé sous les huées, celui qui avait si souvent été choisi par le peuple italien était destitué par Bruxelles et les marchés, au nom de l'euro. 

 

Peut-être cela fera-t-il réfléchir Silvio Berlusconi, qui n'a pas caché son amertume, aux vices de ce qu'il avait tant adoré. 

 

 

 

Qui peut, aujourd'hui, nier la gravité de cette situation? Lorsqu'un organisme supranational, l'Union Européenne, sans légitimité démocratique, décide, avec la complicité des marchés, de destituer des gouvernements élus par les peuples, n'est-il pas temps de s'inquiéter? Lorsque pour sauver l'euro, monnaie mal faite et condamnée à terme à la mort, on sacrifie des populations entières, sans même leur laisser de choix ou d'alternative, ne doit-on pas s'indigner? Et lorsque cette Union prétend dans le même temps donner des leçons de démocratie à la Syrie comme à la toute jeune république tunisienne, peut-on faire autre chose qu'en rire?

 

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