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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 12:17

 

On ne reviendra pas ici sur tout le discours de François Hollande à l'ONU, mardi 25 septembre. Long et ennuyeux, il n'a rien apporté de neuf, et ressemblait tout au plus à une mauvaise caricature des discours, déjà bien piètres, de Nicolas Sarkozy. Il a d'ailleurs repris toutes les bêtises de ces derniers, en y rajoutant des innovations passablement consternantes. Florilège. 

 

Commençons par la réforme de l'ONU. Ressortant le vieux serpent de mer de l'élargissement du Conseil de Sécurité, le Président a ainsi l'Allemagne, le Japon, l'Inde, le Brésil. Le choix était justifié pour les deux derniers. En revanche, on comprend mal quel serait l'intérêt de faire entrer dans le Conseil de Sécurité deux Etats occidentaux, dont les votes ne changeraient en rien de ceux des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni. 

Mais venons-en à cet énorme paradoxe. François Hollande reproche à l'ONU de n'être pas efficace, et d'être "incapable d'empêcher les guerres". Mais, justement, il s'est plaint de ce que cette même ONU... l'empêchait, justement, d'aller faire la guerre en Syrie. Il n'a pas le sens du ridicule... 

Eh bien si! Monsieur Hollande, l'ONU peut parfois empêcher les guerres, comme lorsque le veto russe et chinois vous empêche d'aller bombarder la Syrie à loisir, par exemple!

 

Le principe du droit de veto à l'ONU n'est d'ailleurs pas du tout choquant: il permet d'éviter que les Etats, jouant sur l'émotion, se lancent dans des actions dangereuses pour la paix mondiale. Un seul pays l'utilise de manière récurrente, et pas pour protéger la paix: ce sont les Etats-Unis. Ce sont eux, et non le principe du veto, qui doivent être blâmés!

 

La Syrie était pour le Président français la première des priorités; en cela, il n'a pas tort. Mais son discours n'a rien apporté qui soit suceptible de résoudre cette dangereuse guerre civile. Les seules propositions de François Hollande, inspiré par les belliqueux Bernard-Henri Levy et Laurent Fabius, se bornent à des idées de guerre, d'intransigeance et d'ingérence. Au lieu de pousser à la paix et la négociations entre les deux partis, il se contente d'attiser la violence dans ce conflit terrible. 

À la malfaisance de ces tentatives de guerre, François Hollande n'a pas craint d'ajouter le ridicule. Le Président français a en effet dénoncé - tenez-vous bien! - "l'inacceptable ingérence de l'Iran" dans la crise syrienne. De la part de la France (comme d'ailleurs de tout pays occidental), cette accusation paraît être une mauvaise blague. Qui a armé la rébellion syrienne? Qui envoie des djihadistes se battre en Syrie? Qui tente régulièrement de partir en guerre là-bas? Ce n'est pas l'Iran! C'est la France!

 

Mais, poursuivant sans honte sa propagande anti-iranienne, François Hollande s'est déclaré prêt à "de nouvelles sanctions". Comme un bon valet des Etats-Unis. Rapellons s'il le faut encore, que l'Iran n'est pas un ennemi de la France, que la rivalité irano-américaine ne nous concerne pas, et que nous n'avons pas à nous en mêler - surtout si notre économie doit en souffrir et le prix du pétrole augmenter...

 

Les 8000 salariés de PSA dont le poste est menacé, pourraient bien être de nouvelles victimes de la politique anti-iranienne des Paris. En effet, il est probable que l'arrêt des ventes de voitures à l'Iran, suite aux sanctions économiques, a fait chuter le chiffre d'affaire de l'entreprise, la poussant ainsi à licencier. 

 

La seule idée "nouvelle" de notre médiocre orateur était celle d'une intervention, éventuellement militaire, au Mali. Le nord du pays est en effet occupé par des milice islamistes qui y feraient régner la terreur, et François Hollande y souhaite une intervention. 

L'idée peut sembler séduisante, elle est en réalité dangereuse. Comme l'explique très bien Bernard Lugan, c'est à cause d'une intervention française précédente, en Libye, que le Mali se trouve dans cette situation calamiteuse. Errare humanum est, perseverare diabolicum est. Une nouvelle intervention ne résoudrait aucun problème, en ouvrirait de nouveau, et last but not least, renforcerait l'image d'une France néo-colonialiste. 

Du reste, le Mali, construction totalement artificielle, éclatera probablement tôt ou tard, et l'armée française n'a pas à se mêler de ce processus. 

 

 

Enfin, notons l'absence de courage de François Hollande, qui a savamment éludé la question d'un journaliste qui l'interrogeait sur la reconnaissance de la Palestine. Lui qui prétendrait s'inspirer de Jacques Chirac, n'a même pas osé reprendre la diplomatie pro-arabe de ce dernier...

En un mot comme un mille, nous avons assisté avec consternation à un discours plat, creux, aligné sur la politique américaine, rempli de propagande mensongère et de poncifs ressassés. Quant on se rappelle les interventions d'un Charles de Gaulle ou même, d'ailleurs, d'un Jacques Chirac, il y aurait presque de quoi pleurer...

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Aurélien Denizeau - dans Diplomatie
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commentaires

respublica est populus 30/09/2012 09:03


ce monsieur n'est déidément ps du tout charismatique


et je me demande encore comment  il a pu être élu malgré sa médiocrité ?


J'espère que les français ne reproduiront pas le mêmes erreurs en 2017


http://respublicaestpopulus.over-blog.com/article-l-europe-fantoche-110700040.html