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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 00:07

C'est aujourd'hui la démagogie qui, au sein de la classe politique française, domine le débat sur la double nationalité, et empêche de discuter sereinement d'un sujet pourtant essentiel à l'avenir de notre pays.

Démagogie de la gauche, qui feint d'ignorer les lourds problèmes posés par la double nationalité, et traite de fascistes ceux qui la remettent en cause. Pourtant l'Espagne, l'Allemagne, le Japon, la Bolivie, l'Argentine, l'Arménie, la Grèce, qui ne reconnaissent pas la double nationalité, sont-ils d'intolérantes dictatures?

Démagogie de l'UMP, qui prétend s'emparer de ce problème à un an des elections législatives, sans l'avoir jamais évoqué en quatre ans de mandature; et Claude Goasguen, celui-là même qui affichait le portrait d'un soldat israélien bi-national sur le fronton de sa mairie, est-il le mieux placé pour débattre de ce sujet? 

Démagogie enfin du Front National, qui prétend vouloir interdire la double nationalité, en sachant très bien qu'une telle proposition est tout bonnement innaplicable, et sépare inutilement les Français bi-nationaux de leurs concitoyens.

Il serait temps, en réalité, de sortir des postures politiciennes et de voir quels sont les problèmes posés par la double nationalité, ainsi que ses éventuels avantages, afin de chercher à y apporter les réponses les plus concrètes possible. 


 

 

 

En rouge: les pays ne reconnaissant pas la double nationalité. On peut noter qu'ils sont assez nombreux, y compris chez nos voisins européens.


Idées reçues sur les bi-nationaux: de mauvais citoyens?


Il convient en premier lieu de casser un mythe tenace: la double nationalité n'est pas l'apanage de mauvais patriotes, pas plus d'ailleurs que des communautaristes. Il est tout simplement faux de prétendre qu'un citoyen bi-national serait un mauvais Français, que son amour pour la France serait inférieur à celui de ses compatriotes. Il suffit que chacun regarde, dans son entourage proche, l'avis des bi-nationaux qu'il connait, pour se rendre compte que d'innombrables contre-exemples existent. Que l'on songe donc que, s'il avait été soumis aux codes de nationalité de notre époque, Napoléon III aurait pu être franco-suisse, voire franco-italien: cela en aurait-il fait un patriote moins ardent?


La double-nationalité peut être par ailleurs une richesse pour la France; croit-on que notre nation entretiendrait des liens si forts avec le Liban, l'Italie, la Tunisie, s'il n'y avait pas ces milliers de citoyens bi-nationaux qui sont tant de ponts entre ces pays et le notre? Trop souvent accusés de défendre les intérêts de l'étranger en France, ne défendent-ils pas pareillement l'intérêt de la France à l'étranger? Le patriotisme n'est pas toujours exclusif. Si l'individu déchiré entre deux pays qu'il n'a pas choisis galvaudera sûrement sa double nationalité, celui qui porte un amour sincère à deux nations et cherche à concilier leurs intérêts peut être d'une grande utilité à la diplomatie française. 

Il en va bien evidemment autrement, et c'est là le premier problème, du citoyen tiraillé entre deux nations rivales, et qui pourrait endommager la diplomatie de l'une d'elle s'il en arrivait aux commandes.

 


Les risques d'une allégeance extérieure: une illusion?


Le citoyen bi-national, de fait, est placé en position d'inégalité, qu'il le veuille où non, dès lors qu'il prétend accéder à un poste-clé pour la défense du pays. Un agent secret, un militaire, un commerçant, un ministre de la Défense, des Affaires Etrangères, de l'Economie, un Président de la République, sera toujours soupçonné, s'il a la double nationalité, de brader les intérêts de la France au profit de ceux de sa seconde patrie. Une critique qui peut d'ailleurs se défendre. Un citoyen américain, russe, ne doit-il pas jurer fidélité à sa nation, et donc, à la défense de ses intérêts? Un espion, un ministre, franco-russe ou franco-américain, par exemple, sera forcémment soupçonné, en cas de conflit entre la France et ces nations, de ne pas défendre assez notre pays. Et s'il le fait sincèrement, cela revient à violer son allégeance à sa seconde nation. D'ailleurs, même dans ce cas, ses adversaires ne manqueront jamais de jouer sur ces soupçons pour limiter son action.


Une situation certainement assez injuste, quand on y réfléchit plus longuement. Ceux qui ont bradé les intérêts de la France n'étaient que rarement des bi-nationaux. Ni François Mitterrand, ni Nicolas Sarkozy, n'ont jamais eu de nationalité américaine, ce qui n'a pas empêché chez eux un certain atlantisme. Les sionistes les plus acharnés, de Bernard-Henri Levy à Philippe Val, ne sont pas israéliens; pas plus que Patrick Devedjian n'est arménien ou Pierre Lellouche turc. Les allégeances de ces individus à des nations extérieures ne sont donc pas la conséquence d'une quelconque double nationalité.

On peut même penser qu'une double nationalité permettrait aux citoyens d'être davantage vigilants aux intérêts que peuvent servir les élites françaises; nul doute qu'un Président franco-américain veillerait soigneusement à protéger la diplomatie gaulliste de la France, de peur, s'il y manquait, de se voir accusé de privilégier sa seconde nationalité. 


 

 

 

Jean-Claude Trichet, qui clamait au Parlement Européen: "I am not a French man!" a-t'il eu besoin d'une seconde nationalité pour brader les intérêts de sa nation?

 

 


L'automaticité de la double nationalité: le coeur du problème


Il est temps de prendre le problème à bras le corps: les conséquences les plus néfastes de la double nationalité viennent de son attribution automatique à des enfants, qui, souvent, ne connaissent de leur seconde nation ni la langue, ni la culture, ni le mode de vie. 

Revenons un instant sur la vision française de la nation: une communauté d'individus réunis par le désir d'assumer un passé commun et de partager l'avenir, autour de certaines valeurs. Si l'on peut penser qu'un enfant, parce qu'il y grandit, y vit, y étudie, assimilera rapidement l'héritage et les valeurs de la France, il est absurde de croire qu'il en sera de même pour la culture du Maroc, de la Turquie ou de l'Allemagne. S'il acquiert la nationalité de ces pays, c'est uniquement parce que leur vision est basée sur une conception plus charnelle de la nation, symbolisée par le droit du sang. La nation ne serait pas une histoire de valeur, mais de lignée. C'est d'ailleurs un choix tout aussi respectable, mais qui n'a pas vocation à dominer en France.


C'est parce que tant de jeunes se voient répêter, dès leur plus jeune âge, qu'ils sont algériens, marocains, israéliens, turcs, serbes, etc. alors qu'ils n'ont ni la culture, ni les traditions, ni parfois la langue, de ces pays, qu'ils se retrouvent déchirés, perdus entre une nation qu'ils rejettent parce qu'ils y vivent, souvent mal, et une nation lointaine qu'ils aiment parce qu'ils ne la connaissent pas et donc, l'idéalisent.


C'est évidemment une situation qu'il importe de changer. Peut-on admettre que, par le jeu de la bi-nationalité, des jeunes qui ont toujours vécu en France, sont profondément français dans leur âme, soient obligés de faire leur service militaire en Turquie ou en Israel? Bien evidemment, non. Rien ne les empêche, d'ailleurs, d'éprouver au fur et à mesure de leur formation, de l'amour pour un pays (souvent celui des parents); rien ne les empêche, ayant acquis la culture et l'héritage de ce pays, d'en demander la nationalité. Mais cela doit être un choix raisonné et voulu; en France, la Nation est un choix; elle devrait donc toujours procéder de la volonté individuelle, et non de formalités bureaucratiques.


 

 

 

"Ce qui constitue une nation, ce n'est pas de parler la même langue ou d'appartenir à un groupe ethnographique commun; c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir." Ernest Renan

 

 

 

En fin de compte, le problème de la double nationalité doit être traité avec précaution et intelligence. C'est pourquoi, par nature même, les partis, de gauche comme de droite, sont bien peu qualifiés pour en discuter. Un débat dépassioné sur le sujet ammènerait à une conclusion simple: la double nationalité peut être une richesse, pour peu qu'elle résulte d'un choix personnel et réfléchi. Pour parer au plus pressé, il est tout à fait possible d'adopter la politique de certains Etats qui ne reconnaissent pas la bi-nationalité, sans l'interdire pour autant. Mais sur le long terme, c'est l'automaticité de la double nationalité qui doit être remise en cause; notamment, la France devrait refuser toute application sur son sol du droit du sang: un enfant né et grandissant en France, ne saurait avoir une seconde nationalité que s'il la choisit lui-même.

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commentaires

Anonyme 14/01/2012 16:32


Message à l'auteur de l'article:


Premièrement je m'abstiendrai de commenter cet article nauséabond vantant un néo-fascisme des années 2000 à coup de Soral et de Marine Le Pen, vu le niveau intellectuel de l'article, cela n'en
vaut pas la peine.


Je veux juste avertir l'auteur de la vidéo que la carte sur les pays ne reconnaissant pas la double nationalité est fausse, du moins partiellement. En effet, Cuba reconnait la double nationalité,
j'en veux pour preuve d'être moi-même franco-cubain. 


Merci de corriger cette erreur, de ne pas encourager la désinformation, et peut-être même un jour de changer d'orientation politique s'il vous pousse des neuronnes.


Au plaisir de ne plus jamais avoir affaire à vous.

Aurélien Denizeau 16/01/2012 19:00



Message au courageux anonyme: tout d'abord, je m'abstiendrai de demander le rapport entre une réflexion dépassionée sur la double-nationalité et le "néo-fascisme". Je lui conseillerai également
d'apprendre à lire, pour voir qu'il ne s'agit d'apporter un soutien ni à Marine Le Pen ni à Alain Soral. 


 


Par ailleurs, merci de l'indication sur la fausseté de l'information à ce sujet. La carte n'étant pas de moi, je crois volontiers qu'elle contienne diverses erreurs. Ceci étant, celle-là est
minime et ne change rien au fond de l'article.