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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 23:28

Chaque janvier fleurissent les hommages d'une partie de la classe réactionnaire française au Roi Louis XVI, citoyen Louis Capet, guillotiné le 21 janvier 1793. Si pendant un temps, la gauche républicaine a pu faire prévaloir dans l'opinion l'image d'un roi  tyrannique subissant le châtiment qu'il méritait, l'on assiste aujourd'hui à un contre-courant adverse, ou réactionnaires, monarchistes et bobos droit-de-l'hommistes se retrouvent unis dans leur condamnation de ce qu'ils qualifient de crime. 

 

Gageons que la question de savoir s'il fallait ou non guillotiner Louis XVI agitera longtemps encore les esprits; il est regrettable que le débat se réduise trop souvent à deux visions aussi caricaturales l'une que l'autre: celle du tyran justement puni par son peuple, ou celle du bon roi scélératement assassiné par des criminels sans foi ni loi. On ne peut approuver, ou condamner, l'exécution, que si l'on regarde les raisons profondes invoquées pour la justifier.

 

louis1

 

On dit parfois Louis XVI aurait payé pour les crimes de la monarchie dont, en tant que monarque absolu, il était le premier à devoir rendre compte. Cette vision qui confine à l'anti-monarchisme primaire ne tient pas la route bien longtemps. Il est maintenant su et reconnu que Louis XVI, homme des Lumières, sincèrement préoccupé du bien du peuple, était un humaniste, tout au moins en comparaison des autres souverains de l'époque, ou de ses prédécesseurs. Louis XV avait condamné à la torture lente et atroce le malheureux qui avait écorné son habit d'un coup de poignard; Louis XVI, lui, avait fait abolir la torture, et vanté les mérites de la guillotine, instrument d'exécution ne provoquant aucune souffrance du condamné. Parallèlement, il tentait d'instaurer un système d'imposition plus égalitaire, et abolissait totalement le servage. 


Le roi était également accusé de complot contre le régime constitutionnel mis en place, et donc, contre l'ensemble de la Révolution. Que Louis XVI eût été réticent à l'idée d'abandonner de si larges pans de ses pouvoirs est indéniable, mais pour autant, on peut lui reconnaître d'avoir "joué le jeu". D'avoir accepté le changement de régime, les progrès révolutionnaires, au point de saluer et d'être acclamé par le peuple, à plusieurs reprises de l'an 1790. Le document laissé par ses soins suite à l'épisode de Varennes nous montre un roi anti-jacobin, mais attaché aux avancées de la Révolution et prêt à se conformer à son rôle nouveau.

 

Mais Louis XVI commit un crime que ni ses nombreuses circonstances atténuantes, ni le rôle évident de l'Autrichienne dans son déroulement, ne peuvent excuser: alors que la Nation était en guerre (guerre qu'il avait lui-même déclarée!), menacée d'être écrasée par les princes étrangers, le Roi des Français négociait l'appui de ces princes et encourageait leur sauvage attaque. Attaque dirigée, non pas contre la Révolution, qu'on ne s'y trompe pas! mais contre la France toute entière, la France éternelle, charnelle, profonde, que tous rêvaient de démembrer. Le crime de Louis XVI, le même que certains Républicains en 1870, puis Pétain en 1940, commettraient, était impardonnable: sacrifier la France à des objectifs politiques internes. La découverte de l'Armoire de Fer, où le roi rangeait les courriers qu'il échangeait avec les monarques européens, offrait la preuve de cette trahison. La sentence de mort était la seule appropriée.


louis11.jpg

Marie-Antoinette joua pour beaucoup dans l'exécution de son malheureux époux.

 

L'exécution était-elle, pour autant, moralement acceptable? Certainement, Louis XVI ne méritait pas la mort. Il payait le prix des intrigues du serpent autrichien qu'il avait conservé en son sein. En d'autres circonstances, le sursis, la grâce, auraient rendu justice au roi de son humanisme et épargné au peuple français d'exécuter celui qui fut, un temps, l'égal de son père -ce qui rendait sa trahison plus douloureuse encore. Mais alors que la Nation était menacée de s'effondrer sous les coups de boutoir de l'étranger, il était politiquement trop dangereux de conserver ce roi qui, volens nolens, était le point de ralliement confus des souverains ennemis. L'exécution de Louis XVI était tragique au sens premier du terme, parce qu'elle était terrible et imméritée, mais nécessaire. 

 

louis2.jpg

 

C'est une triste extrémité à laquelle le roi a poussé la nation française par sa trahison: une sentence de mort qu'il ne méritait pas, mais qui devenait inévitable. Il n'y a donc pas lieu de la célébrer ou de s'en réjouir. Il n'y a pas lieu non plus de la condamner, car elle faisait partie de ces sacrifices terribles qu'exigeait la survie de la France.  

 

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commentaires

Gallia 11/12/2013 19:11

Tout le monde s'accorde sur les avancées de la Révolution en 1789/1790 avec la mise en place d'une monarchie constitutionnelle. Mais on ne peut manquer de relever que le roi et la famille royale ont été retenus comme des prisonniers aux Tuileries. Et tout prisonnier cherche un jour à s'évader. De plus la guerre a été imposée à Louis XVI qui n'en voulait pas ; ceci est reconnu. Enfin les extrémistes révolutionnaires ont continuellement fait voter des lois qui (ils le savaient) allaient contre la conscience du roi. Les violences du 20 juin 1792 annonçaient clairement la journée du 10 août durant laquelle 600 suisses ont été massacrés dans des conditions effroyables comme les victimes de septembre, ouvrant la porte des horreurs vendéennes et autres. En fait à mes yeux la Révolution est devenue monstrueuse à partir d'août 1792.
Pour parler de la survie de la France, dès 1795 des contacts étaient pris avec Louis XVIII et il est probable que si nous avions garder une monarchie constitutionnelle avec Louis XVI, dans un pays apaisé et moins violent notre histoire aurait été bien différente. Le pays aurait survécu sans problème et le retour de Louis XVIII en 1815 le montre. Quant à Marie Antoinette il est effarant d'avoir encore un tel jugement sur elle. En tout cas elle a fait face avec grandeur.
Je considère donc que ni Louis XVI ni Marie Antoinette ne devaient subir cette peine. Et si deux siècles après la question revient sans cesse c'est bien que notre pays est très mal à l'aise face à ces 2 exécutions.

Brath-z 21/01/2012 11:08


Exécution d'un brave homme confronté à la charge d'un rôle qu'il n'eût jamais du (et ne put) assumer et qui préféra trahir. Le signe que la qualité personnelle d'un
homme ne peut l'empêcher de commettre les pires infamies avec la plus parfaite bonne conscience.
Pour ce qui est de la mort comme sentence, elle se justifiait (et mon cœur se serre à ces propos, car je suis totalement opposé à l'idée même de la peine de mort) car ce simple individu, par son
existence même comme rebelle à la volonté de la Nation, cet héritier présomptif de 1 000 ans de monarchie, mettait en danger la patrie toute entière. Il fallait, hélas, mille fois hélas, qu'il
périt pour que la Nation vive.

Enfin, un petit commentaire sur ce passage : "Le crime de Louis XVI, le même que certains Républicains en 1870, puis Pétain en 1940, commettraient, était impardonnable:
sacrifier la France à des objectifs politiques internes".
Il est important de rajouter à la liste le nom d'un homme, encensé depuis maintenant 120 ans par une historiographie officielle qui en a fait le "héros" de la Révolution. Cet homme, c'est Danton.

Aurélien Denizeau 24/01/2012 00:36



Très juste, en effet, il faut y rajouter Danton, je suis bien d'accord =)