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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 16:18

"Donne un doigt au diable, et il voudra toute la main."

Proverbe russe

 

Située au nord-est de l'Espagne, la Catalogne est traditionnellement une de ses régions les plus riches, ouverte sur l'Europe et la Méditerranée. 

 

La victoire des indépendantistes catalans, en Espagne, est regrettable pour nos amis espagnols; mais elle a le mérite de montrer tous les dangers d'une décentralisation exagérée. Pendant longtemps, certaines élites ont présenté le régionalisme espagnol ou britannique comme un modèle, tout en fustigeant le modèle d'Etat-nation français, unitaire et décentralisé. Les partisans de la décentralisation estimaient qu'elle permettrait une meilleure gestion des territoires et surtout qu'elle couperait l'herbe sous le pieds des séparatistes, en donnant plus de droits aux populations régionales. Cette logique peut sembler cohérente à première vue, mais l'exemple de la Catalogne a montré qu'en cas de crise, elle ne tient plus. 

 

 

Le séparatisme: conséquence logique de la décentralisation

 

En réalité, la décentralisation et le régionalisme ne peuvent marcher que dans quelques cas particuliers. C'est le cas en Allemagne, parce que le pays est en bonne forme économique, et que les Allemands partagent une identité nationale (langue, religion chrétienne, traditions, histoire commune) forte. C'est aussi le cas au Brésil, gràce à la très forte croissance économique du pays, et à son peuplement très mixte qui empêche la formation d'entités régionales fortes.

 

Utilisant massivement l'anglais, les indépendantistes catalans sont, en réalité, les idiots utiles de la mondialisation américaine, qui a tout intérêt à diviser les nations d'Europe. 

 

Toutefois, dès qu'une crise éclate, ces fragiles équilibres volent en éclat, et ce pour une raison très simple: la décentralisation favorise le régionalisme, et le régionalisme brise l'unité nationale. 

Lorsqu'une région adopte une langue, des coutumes, des pratiques politiques, une école ou une justice différentes du pays où elle se trouve, ses habitants finissent par se détacher de ce pays. C'est ainsi qu'en Espagne, les Catalans refusent de plus en plus de parler espagnol, se contentant du catalan et de l'anglais. Politiquement et économiquement, ils se tournent vers les autres régions d'Europe, et non vers Madrid. 

 

Lorsque la crise éclate, les terribles ravages du régionalisme apparaissent au grand jour: les régions riches refusent de payer pour les régions pauvres, parce qu'elles ne ressentent plus aucune solidarité envers un peuple dont elles ne font plus partie. Si les Français des riches villes de l'ouest acceptent que leur argent soit distribué aux régions plus pauvres du nord, c'est parce qu'ils ont le sentiment de faire partie de la même nation que ces régions. 

En revanche, les Catalans considèrent qu'ils ne sont pas espagnols, et n'ont donc aucune envie de leur être solidaires. Et séparant son pays en plusieurs régions autonomes, la République espagnole a laissé les Catalans, mais aussi les Basques, s'éloigner d'elle. La décentralisation, puis le régionalisme, ont créé plusieurs peuples à partir d'un seul - plusieurs peuples qui n'ont donc aucune envie de se soutenir en temps de crise. 

Il était alors logique que, pour ne plus financer les "étrangers" espagnols, les Catalans réclament leur indépendance. 

 

 

L'Europe menacée par l'explosion ethnique

 

La Catalogne n'est pas une exception. Aujourd'hui, les indépendatismes et les séparatismes pullulent en Europe. Le phénomène a été particulièrement violent à l'est, frappant de plein fouet la Russie (Tchétchénie), l'Azerbaïdjan (Haut-Karrabagh), la Géorgie (Ossétie du sud, Abkhazie), la Serbie (Kosovo, Monténégro, Voïvodine), la Bosnie (République serbe), ou bien encore la Moldavie (Transnitrie). Mais depuis quelques années, il frappe également l'Europe occidentale. En plus de la Catalogne, le Pays-Basque est un problème récurrent pour l'Espagne - mais aussi pour la France. Le Royaume-Uni pourrait bien perdre l'Ecosse, et la Belgique éclater en deux. Quant aux indépendantistes d'Italie du nord, ils sont une menace récurrente. 

 

Quelques unes des principales zones menacées par les poussées séparatistes; le Kosovo a d'ailleurs, d'ores et déjà, fait sécession avec le soutien de l'OTAN, suivi peu après par l'Ossétie du sud et l'Abkhazie soutenues par l'armée russe. 

 

Ces formes d'indépendantismes se basent en majorité sur la langue et la conscience identitaire: ils sont donc clairement ethniques, et menacent à terme presque toute l'Europe. Trois forces se conjugent pour les soutenir. 

L'Union Européenne est la plus puissante. Les européïstes n'ont jamais caché leur but d'affaiblir les Etats-nations d'Europe, et pour cela, une des meilleures méthodes consiste à les briser de l'intérieur, à les disloquer, en encourageant les régionalismes et les séparatismes. "L'Europe des régions" est un vieux rêve des partisans d'une Europe fédérale. 

Les internationalistes sont une autre grande force de soutien des séparatistes. Au nom du rejet de l'Etat et de la nation, au nom des droits de l'homme et des minorités, ces militants (que l'on trouve aussi bien chez les forces centristes, que chez les trotskystes ou les écologistes) soutiennent fortement le séparatisme - quitte à aider, paradoxe intéressant, une extrème-droite radicale. 

Les Identitaires d'extrème-droite sont, en effet, le troisième moteur du séparatisme. Ils ne le soutiennent pas toujours directement, mais lorsqu'ils défendent des identités régionales forte, au sein d'une Europe blanche et chrétienne, ils contribuent à affaiblir les Etats-nations. 

 

La Catalogne, où aura sûrement lieu un referendum au sujet de l'indépendance, pourrait bien être le modèle d'autres régions européennes. À terme, c'est l'éclatement de tous les pays d'Europe, sur des critères ethniques, qu'il faut craindre - avec toutes les tensions qui s'ensuivraient naturellement.

 

 

 

La France est mieux protégée que les autres nations, grâce à sa politique jacobine et centralisée, qui a écrasé toutes les tentatives d'autonomie régionale. Mais en Corse ou au Pays Basque, en Bretagne ou en Alsace, à Nice ou en outre-mer, des tentations régionalistes, voire indépendantistes, ressurgissent régulièrement. Pour s'en protéger, la France ne doit pas suivre l'exemple désastreux de l'Espagne; elle doit au contraire mettre fin à la décentralisation, et garder une politique unitaire forte. Sans quoi, son unité nationale pourrait être gravement menacée lors d'une prochaine crise économiques - qui s'annonce de plus en plus probable...

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