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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 23:03

 

François Hollande et Nicolas Sarkozy l'ayant refusé, aucune chaîne de télévision n'a eu le courage d'organiser un débat contradictoire entre les dix candidats à l'élection présidentielle de 2012. Nicolas Dupont-Aignan, approuvé par François Bayrou, Eva Joly ou Marine le Pen, demandait pourtant cette confrontation depuis longtemps. France 2 a fini par trouver une formule intermédiaire: il n'y aurait pas de débat, mais tous les candidats passeraient au cours de deux soirée de l'émission "Des paroles et des actes", l'un après l'autre, avec égalité des temps de parole. 

À défaut d'avoir un vrai débat, au moins aurons-nous pu comparer les prestations de tous les candidats. La première émission a eu  lieu le mercredi 11 avril. Que penser de la prestation de chaque candidat? 

 

 

Nicolas Dupont-Aignan

 

 

Premier invité de l'émission, le candidat gaulliste et républicain a délivré une excellente prestation - préparée parait-il par une longue sieste l'après-midi. Nicolas Dupont-Aignan aura cherché tout au long de l'émission a démontrer le caractère original de sa candidature: patriote et souverainiste, mais sans jouer la division des Français. 

Face à l'économiste François Lenglet, le candidat de Debout La République a montré, graphique à la main, les conséquences désastreuses que la loi de 1973 avait eu sur la dette française. Forcée d'emprunter aux marchés privés, la France s'est ruinée par le paiement de taux d'intérêts qui ont terriblement creusé son déficit. 

Pour conclure, il a réaffirmé son exigence du retour à une école d'excellence, où règnerait l'ordre et la sérénité pour le bien de tous les enfants de la République.

 

Très sûr de lui,, Nicolas Dupont-Aignan s'est montré combattif et offensif. Attaquant l'UMP et le PS, entre lesquels il se refusera à choisir, il a insisté sur le bilan catastrophique des deux partis à la tête de la France. Sans tomber dans la diabolisation stérile, il a également dénonce les outrances du Front National, rappelant que le halal n'est pas un sujet présidentiel majeur. Bref: un parcours quasi-sans faute, même s'il lui manque encore la verve oratoire nécessaire pour se faire remarquer. 

 

 

Eva Joly

 

 

La prestation de la candidate écologiste a été à l'image de son parti: décousue. Multipliant les promesses utopistes, Eva Joly a également montré à quel point il lui était difficile de comprendre le modèle républicain français: ne cessant de citer l'Allemagne en exemple, faible sur la laïcité, elle est passé à côté des grandes questions qui intéressent notre pays (souveraineté, ordre républicain, réconciliation nationale...)

Affirmant qu'elle n'était pas hostile à la vente d'avions de chasse, s'ils étaient destinés à la Suède ou l'Islande (oubliant que ce dernier pays a participé à l'attaque de l'Irak en 2003...), faisant semblant de croire encore à l'accord avec le PS, elle a montré qu'elle était bien plus une utopiste qu'une réaliste. 

 

 

François Hollande

 

 

La prestation du candidat socialiste a été, du moins sur le fond, la pire de la soirée. Reniant en direct ses engagements pris avec les écologistes, il a par ailleurs très peu évoqué son programme. Indiquant sans conviction vouloir renégocier le MES, François Hollande est apparu de nouveau comme le candidat de la "petite phrase", répondant par des pirouettes (parfois amusantes il est vrai) aux questions sérieuses qui lui étaient posées.

Tout au long de la campagne, en réalité, le candidat du PS aura donné l'impression d'être paralysé par la peur de dire une bêtise, et donc de perdre sa place de favori des sondages. Ce soir encore, il aura terriblement manqué d'audace. 

 

Sa position sur la Turquie, par ailleurs, mérite d'être notée: le candidat socialiste n'a pas eu le courage de dire qu'il était hostile à son entrée dans l'UE... mais a indiqué qu'il s'y refuserait au cours de son mandat - la Turquie ne remplissant pas selon lui les conditions nécessaires. Quand on sait qu'il avait soutenu l'entrée de certains pays des Balkans, on reste perplexe sur ces "conditions nécessaires"...

 

 

Marine Le Pen

 

Arrivant très combattive, la candidate du Front National a été dès le début attaqué par les journalistes au sujet de ses positions sur la Syrie. Refusant de condamner le régime d'Al-Assad, adversaire de l'ingérence, elle a répliqué vivement en rappelant la catastrophe qu'avait été l'intervention en Libye. Avant de proposer au journaliste Fabien Namias de parti lui-même en guerre, s'il y tenait tant. 

 

 

Interrogée sur l'immigration, Marine Le Pen est assez stupidement tombée dans le piège des journalistes, défendant et réitérant ses propos très maladroits au sujet du drame de Toulouse. Espérant jouer sur la peur du fondamentalisme islamique, elle s'est longuement étalée dessus - oubliant que ce sujet n'intéresse guère les Français. Pour la première fois, elle aura admis que l'interdiction des signes religieux qu'elle prône ne viserait pas que le voile, mais aussi la kippa et les grandes croix. Précision salutaire, mais un peu tardive...

Les dernières minutes ont été plus intéressantes. Comme Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen a dénoncé la loi de 1973 et indiqué vouloir rendre à la France sa souveraineté monétaire, en sortant du cadre européïste. Prouvant par là que dès qu'elle sortait de son obession sur les Arabo-musulmans, elle pouvait être intéressante. 

 

 

Philippe Poutou

 

Le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste aura été la bonne surprise de la soirée. Au point que sa prestation a été la seule applaudie, et à juste titre. Il y a chez Philippe Poutou un côté profondément humain, et touchant, qui est ressorti, plus que jamais, lors de son passage. 

 

 

Certes, ses positions sur l'ouverture des frontières, ou sur l'école, font le jeu du libéralisme le plus sauvage (comme il l'a avoué sans même s'en rendre compte). Certes son programme ne paraît pas forcément réaliste. Mais quelle sincérité, et quelle conviction, chez cet ouvrier de métier, militant de longue date! Aucune agressivité vis-à-vis de ses adversaires, aucun sectarisme, mais une simplicité, une modestie bien plaisante: enfin un candidat capable de rire de lui-même, d'aborder sa candidature sans prétention!

Et puis... les idées de Philippe Poutou sont-elles toutes à jeter? Certainement, non. Il porte des thématiques sociales tout à fait sérieuses, et qui mériteraient d'être étudiées... à condition qu'il puisse se libérer du NPA, qui a toujours fait le jeu du capitalisme. Cet homme aurait, indéniablement, sa place dans un gouvernement d'Union Nationale, comme ministre d'ouverture, aux côtés des gaullistes sociaux.

 

 

 

À venir, jeudi 12 avril: Natalie Artaud, François Bayrou, Jacques Cheminade, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy.

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