Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Nations Libres
  • Nations Libres
  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
  • Contact

Recherche

13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:00

La deuxième soirée présidentielle de "Des paroles et des actes" était nettement plus ennuyeuse que la première. Les orateurs étaient - à l'exception de Jean-Luc Mélenchon - beaucoup moins bons, y compris Nicolas Sarkozy que l'on avait connu plus à l'aise. Alors que la première émission avait révélé des "petits" candidats très intéressants, la seconde n'a guère mis en valeur ni Nathalie Artaud ni même l'original Jacques Cheminade. 

Rajoutons enfin que l'émission a été gâchée par l'intervention finale d'un Franz-Olivier Giesbert plein d'arrogance et de mauvaise foi, qui prétendait s'atteler à évaluer les prestations des candidats. Méprisant, pédant, le "prototype du faux-rebelle" (selon le mot d'Eric Zemmour) a descendu en flêche les cinq "petits" candidats, afin de dresser une couronne de lauriers à François Hollande et Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou étant traité avec condescendance, mais aussi une certaine prudence (sûrement au cas où l'un d'eux viendrait à jour à prendre le pouvoir).

 

 

François Bayrou

 

 

Le patron du MoDem (Mouvement Démocrate) a déjà renoncé à l'Elysée, et cela se sentait dans son intervention. Après des interventions intéressantes sur la nécessaire réconciliation nationale, sur le "produire français" et la réduction de la dette, François Bayrou a montré toutes ses ambigüités en appelant comme échappatoire l'Union Européenne, alors même qu'elle est au contraire à l'origine des séparatismes et des délocalisations.

C'est le drame de François Bayrou: une certaine intuition lui fait prendre conscience de ce dont la France a besoin (patriotisme, souverainisme, réconciliation, rejet de l'UMPS...) mais il n'ose pas aller au bout de sa logique, et rompre avec ses rêves européïstes.

 

Le candidat n'a pas fait une mauvaise, ni une bonne prestation. Lui qui crevait encore l'écran il y a peu, et se voyait en pleine ascension, est juste apparu terriblement terne et transparent. Il est vrai que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen l'ont laissé bien derrière, d'autant que leur présence a poussé l'UMP et le PS à se rencentrer, laissant bien peu d'espace à François Bayrou. 

 

 

Jacques Cheminade

 

 

Candidat sympathique, folklorique mais bien plus sérieux que ce qu'on laisse habituellement croire, Jacques Cheminade n'a cependant pas su montrer cette facette au cours de son passage télévisé. Se laissant piéger par des questions volontairement orientées vers son programme spatial, il n'a guère eu l'occasion de montrer l'excellence de ses analyses économiques. Bien au contraire, entre deux facéties lunaires, il a même admis sa proximité et sa sympathie pour François Hollande - ruinant d'un seul coup tout le sérieux et tout l'intérêt de sa candidature. 

 

En revanche, il a fait preuve ce soir là d'un courage remarquable - mais qui risque de lui coûter cher. Refusant d'admettre la version officielle et très controversée du 11 septembre, il a du faire face à des adversaires plus proches d'inquisiteurs que de journalisme. 

Le candidat de "Solidarité et Progrès" a continué sur sa lancée en attaquant Barack Obama aussi bien que l'Arabie Séoudite. Il aura montré ce soir-là son courage et son indépendance intellectuelle - mais échoué à se présenter en candidature sérieuse. 

 

 

Nicolas Sarkozy

 

Quelle déception! On savait Nicolas Sarkozy aussi bon candidat que mauvais président, et l'on attendait donc l'habile orateur, le redoutable communicant qui nous avait soufflés cinq ans plus tôt. En vain. La magie n'opère plus. Le Président de la République est trop écrasé par cinq années d'échecs pour prétendre incarner un souffle nouveau. On avait l'impression de voir une parodie de 2007.

 

 

Nicolas Sarkozy est apparu assez agressif avec les journalistes. Ceci n'est pas un mal en soi, à condition que ce soit pour porter des idées opposées, et non pour donner l'impression de se sentir agressé. Interrogé sur les accusations graves d'Eva Joly portées à son encontre, le Président-candidat n'a rien trouvé de mieux à faire qu'opposer son "mépris le plus cinglant".

Interrogé longuement sur les communauratismes, Nicolas Sarkozy s'est pris les pieds dans le tapis. Visiblement agacé que l'on ait rappelé son intervention devant l'UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) en 2003, il n'a rien trouvé de mieux que de rappeler son débat avec Tariq Ramadan, dénonçant la proposition (pourtant très intéressante) de ce dernier d'un moratoire en vue de stopper la lapidation. De telles attaques pouvaient faire mouche en 2007. Mais cinq ans plus tard, cinq ans durant lesquels Nicolas Sarkozy a ciré les babouches des princes saoudiens et qataris, le procédé semblait plus grotesque qu'autre chose. 

 

 

Nathalie Arthaud

 

 

Contrairement à son concurrent trotskyte Philippe Poutou, la remplaçante d'Arlette Laguiller est apparue terne et peu intéressante. Le seul moment plaisant porta sur l'international. Accusé d'avoir comparé Gaza à un camps de concentration à ciel ouvert, Nathalie Artaud a donné au journaliste Fabien Namias une petite leçon d'histoire, rappelant que les camps de concentration n'ont pas été inventés par les Allemands, mais par les Anglo-saxons, par exemple lors de la Guerre des Boers en Afrique du Sud. 

 

 

Jean-Luc Mélenchon

 

De loin le meilleur orateur de la soirée, Jean-Luc Mélenchon a fait preuve de sa verve habituelle, réfutant avec fermeté les théories économiques de François Lenglet. Il n'y a pas grand-chose à dire, d'ailleurs, sur l'analyse socio-économique qui a été délivrée par le candidat du Front de Gauche ce soir-là. Elle était, comme toujours, juste et percutante. 

 

 

En revanche, Jean-Luc Mélenchon s'est une nouvelle fois laissé enfermer dans son internationalisme. C'est ainsi que lui a été présenté un discours de Georges Marchais (candidat communiste en 1981). Ce dernier dénonçait, et à raison, l'immigration, qui est utilisée par le capitalisme libéral pour créer une forme de néo-esclavagisme. Refusant de voir cette évidence, Jean-Luc Mélenchon a au contraire défendu sa position en faveur de l'immigration - et faisant donc le jeu, volens nolens, du patronat. 

 

Le candidat du Front de Gauche a marqué un point, toutefois, en fin d'émission, en refusant de se laisser aller à la traditionnelle critique d'un régime étranger (ici, Cuba), et renvoyant les donneurs de leçons dans les cordes. 

Partager cet article

Repost 0

commentaires