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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 19:41

 

 

Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie: la visite de ces petits Etats du Caucase par un Président français aurait pu être, en d'autres occasions, une formidable occasion pour Paris de relancer sa politique centrasiatique et de renforcer sa présence en cette région troublée. Nicolas Sarkozy, dans un mélange d'électoralisme mal placé et d'incohérence diplomatique, en a fait un fiasco qui nuit grandement à l'image de la France. Incohérente, contre-productive et humiliante, la politique étrangère sarkozyste s'annonce définitivement comme la plus mauvaise connue par la France depuis 20 ans. 

 

Electoralisme et grossiereté en Arménie

 

"Je vais lancer une grenade dégoupillée" avait prévenu Nicolas Sarkozy dans l'avion qui l'emmenait à Erevan, capitale de l'Arménie. Une étrange conception de la diplomatie...

 

C'est par la petite république arménienne que le chef de l'Etat a commencé sa tournée caucasienne; la France entretient des relations cordiales avec l'Arménie depuis plusieurs années, et il paraissait normal que son Président rendit hommage aux terribles massacres de la première Guerre Mondiale qui ont abouti à son indépendance. La France pourrait profiter de cette bonne entente pour soutenir activement le processus de réconciliation entre l'Arménie et la Turquie, un de nos vieux amis. 

 

Nicolas Sarkozy a préféré envenimer une situation très complexe (au grand damn des diplomates arméniens eux-mêmes, qu'il a mis dans l'embarras) en attaquant délibérément la Turquie. L'accusant de génocide, il l'a sommée de reconnaitre ce crime avant la fin de son mandat: "La Turquie, qui est un grand pays, s'honorerait à revisiter son histoire comme d'autres grands pays dans le monde l'ont fait, l'Allemagne, la France" a-t-il lancé. Quand on sait que la repentance et l'auto-flagellation ont détruit tout l'amour des jeunesses française et allemande pour leur pays, on peut se demander si c'est un bon exemple à donner à la Turquie. 

Le Président français, dans un geste d'une grande arrogance, a ensuite adressé un ultimatum à la Turquie, sommée de reconnaitre le génocide arménien avant avril 2012. Un geste non seulement ridicule et inutilement agressif, mais aussi hautement contre-productif; car quand bien même la Turquie eût envisagé de reconnaitre ce génocide arménien, on se doute bien qu'elle ne le fera jamais sous la pression d'un pays étranger. D'autant plus qu'elle-même ne s'est jamais immiscée dans les affaires intérieures françaises. 

 

Nicolas Sarkozy le sait. En réalité, la seule finalité de sa menace était électoraliste; voici plusieurs mois que la communauté arménienne est sollicitée par le Parti Socialiste, au mépris de toutes les règles républicaines; Nicolas Sarkozy, craignant de perdre cet électorat, tente ainsi de regagner ses faveurs. Probablement en vain, car les socialistes ont une importante longueur d'avance. 

En fin de compte, par électoralisme, par démagogie communautariste, Nicolas Sarkozy, non content de fâcher la France avec son vieil ami turc, attise inutilement les tensions entre Ankara et Erevan. Et si la Turquie n'a pas caché sa fureur, l'Arménie elle-même en retire plus de gêne qu'autre chose. 

 

Service minimum en Azerbaïdjan

 

La France et l'Azerbaïdjan entretiennent de bonnes relations, et l'on pouvait craindre le pire de Nicolas Sarkozy. Le président s'est cette fois abstenu de toute bourde; au cours de ses quelques heures à Bakou, il a saisi l'occasion de discuter avec İlham Aliev, l'élégant président azéri, décorant au passage sa femme, la belle Mehriban Alieva, de la Légion d'honneur. Au cours de la conférence de presse qui s'en est suivi, Nicolas Sarkozy s'est félicité de l'ouverture d'un lycée français à Bakou - une excellente nouvelle, en effet. 

 

La femme du Président azéri, Mehriban Alieva, a beaucoup fait pour l'amitié entre son pays et la France. Ce qui lui valu une Légion d'honneur méritée.

 

En revanche, le conflit du Haut-Karrabagh a été soigneusement éludé par le chef d'Etat français; il s'agit pourtant pour l'Azerbaïdjan d'un problème crucial: depuis 1991, en effet, 20% de son territoire sont occupés militairement, et en violation de toutes les coutumes internationales, par l'Arménie. Or, Nicolas Sarkozy s'est contenté d'affirmer son soutien "à la paix" dans la région. Or, la France devrait avoir le courage de défendre certains grands principes: l'occupation militaire d'un Etat ami est tout bonnement innaceptable. 

Il ne s'agissait pas, évidemment, d'attaquer l'Arménie. Il s'agissait de dire à nos amis azéris que jamais la France ne tolèrera une occupation militaire de son territoire. Néanmoins, cette frilosité de Nicolas Sarkozy est favorable à la nouvelle gaffe qu'il aurait pu commettre en prenant parti dans un sens comme dans l'autre. 

 

 

Nicolas Sarkozy fait la leçon à la Russie... après lui avoir livré la Géorgie!

 

A Tbilissi, Nicolas Sarkozy s'est essayé au rôle de protecteur de la souveraineté géorgienne. Rappellant fermement la Russie à ses engagements (une bravade qui a du plus amuser Poutine qu'autre chose), le Président français a critiqué le séparatisme de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Une position saine en soi, puisque ces deux provinces appartiennent à la Géorgie, mais qu'il était fort mal placé pour exprimer.

Tout d'abord parce que c'est lui qui, il y a trois ans, négociait le cessez-le-feu entre la Russie la Géorgie. Et ce, largement à l'avantage de la première. Ce faisant, Nicolas Sarkozy préservait la vieille amitié franco-russe; mais il est mal placé aujourd'hui pour dénoncer l'attitude de la Russie, car elle était prévisible dès le début des négociations de cessez-le-feu. 

Plus accessoirement, à partir du moment où il a reconnu le séparatisme kosovar, et qu'il est resté silencieux sur le séparatisme du Haut-Karabagh, Nicolas Sarkozy n'a plus de légitimité en la matière. Car la Russie n'a fait qu'appliquer à la Géorgie, les méthode de l'OTAN envers la Serbie: attaquer un pays pour soutenir l'indépendantisme d'une province. 

 

Le chef d'Etat français s'est ensuite prononcé pour l'adhésion, dans l'avenir, de la Géorgie à l'Union Européenne. C'était la dernière gaffe de sa tournée, mais pas la moins grave.

La Géorgie aurait sa place, certes, dans une Europe des Nations libres et indépendantes. Mais ce n'est pas ce qu'est l'Union Européenne. L'élargissement aux pays de l'Est s'est avéré une catastrophe; veut-on recommencer la même erreur? D'autre part, Nicolas Sarkozy expliquait en 2007 que la place de la Turquie n'est dans l'UE, parce que la Turquie, géographiquement, est en Asie Mineure. Cela se défend. Mais la Géorgie aussi est en Asie Mineure. Encore une fois, le Président français s'enfonce dans ses contradictions. 

 

Francophone émérite, le Président géorgien Saakachvili a gardé de bonnes relations avec Nicolas Sarkozy

 

 

La visite de Nicolas Sarkozy au Caucase laissera un goût amer à l'ensemble des patriotes attachés à l'image de leur pays. En quelques jours, le chef de l'Etat aura réussi à mettre la Turquie en fureur et l'Arménie dans l'embarras, tout en s'attirant l'hostilité silencieuse et méprisante de la Turquie; en prime, il aura montré à l'Azerbaïdjan et la Géorgie qu'elles ne peuvent compter sur lui pour reprendre les provinces séparatistes qu'elles réclament. Le tout par électoralisme; lorsqu'un chef d'Etat sacrifie l'image de la France à des intérêts bassement politiciens, c'est plus qu'une faute, c'est un crime. Surtout dans une région ou l'absence des Etats-Unis aurait pu permettre à Paris de jouer un rôle important.  

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