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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 18:03

Alors que la "grenade dégoupillée" de Nicolas Sarkozy (la loi sur les génocides) a fait exploser le problème des rapports franco-turcs, du colonialisme en Algérie, des relations turco-algériennes, et même la question du Sahara marocain, la "bombe atomique" promise par Christine Boutin a éclaté dans le silence le plus total. Et pour cause, puisque l'engin de destruction massive en question s'apparenterait à un simple soutien à François Bayrou. Pas de quoi fouetter un chat, donc. Christine Boutin risque bien de sortir de campagne avant même d'y être entrée, et de la manière la plus ridicule qui soit. Cette tragi-comédie n'est-elle pas la meilleure preuve qu'en France, la religion et le politique ne font pas bon ménage? 

 

 

Le christianisme conservateur, ou la diabolisation

 

Christine Boutin s'est voulue tout d'abord être une catholique intransigeante et de ce fait, hostile à l'idéologie "progressiste" issue de mai 68, et des années 70 et 80. C'est par son combat contre le PACS (qui permettait l'union civile des homosexuels) qu'elle s'était faite remarquer, brandissant une Bible en pleine Assemblée Nationale pour marquer son opposition à la loi. 

Christine Boutin devint alors pour la gauche sociétale et anticléricale une adversaire à diaboliser, comme l'ensemble des religieux hostiles à l'évolution des moeurs qu'elle prônait. Immédiatement cataloguée à "l'extrème-droite", Christine Boutin n'était pas tant victime de ses positions politiques, que de son affiliation à l'Eglise catholique. Dans un pays où le catholicisme est régulièrement moqué, diabolisé ou méprisé, s'en revendiquer était une erreur stratégique majeure. 

 

Christine Boutin, après avoir brandi une Bible à l'Assemblée Nationale contre la loi sur le PACS, s'effondre en larme. La tragi-comédie ne faisait cependant que commencer...

 

Car quiconque se présentait comme catholique pratiquant devait subir la diabolisation des "progressistes", attachés à détruire les grandes structures qui ont fondé la civilisation française (patriotisme, famille...), dont le catholicisme. Christine Boutin ne pouvait évidemment admettre ces attaques, mais comment séduire et convaincre ces adversaires si farouches, tenaces et fermés? La solution était en réalité très simple: il fallait leur présenter un christianisme "politiquement correct", conforme à leur idéologie progressiste. 

 

 

Le christianisme progressiste, ou le ridicule

 

Christine Boutin s'est donc d'abord lancée sur le volet social. Elle restait en conformité avec l'Eglise et la charité qu'elle prône, tout en croyant plaire à la gauche française. Dès 2006, elle marque sa différence avec la politique de Dominique de Villepin, en s'opposant de plus en plus au CPE; Christine Boutin, comme d'ailleurs Nicolas Sarkozy pour d'autres raisons, se range dans le camps de la jeunesse embrigadée par les syndicats de gauche. Après la chute du CPE, elle continue son oeuvre "sociale", en s'intéressant aux problèmes du logement.

Les résultats seront décevants: non seulement Christine Boutin ne s'attire pas les faveurs de la gauche, mais elle est de plus chassée du gouvernement par un Nicolas Sarkozy que son christianisme social exaspère. 

 

Comme certains imams qui prétendaient interdire aux femmes de toucher des bananes, ou des princes saoudiens qui se complaisent dans la débauche la plus noire, comme aussi, ces juifs ultra-orthodoxes qui rejettent toute présence féminine dans leurs villes, Christine Boutin semble dissimuler derrière un conservatisme religieux de façade, une obsession étrange doublée de fascination pour le sexe...

 

La dernière carte de Boutin sera la plus grotesque: puisqu'il faut se débarasser de l'image de catholique conservatrice et intransigeante qu'on lui prète, elle va jouer la carte du progressisme. Et ce, jusqu'au ridicule le plus absolu. Elle commence par demander de modifier les paroles de La Marseillaise, jugées trop bellicistes. Puis les allusions sexuelles se multiplient: de l'inconfort des préservatifs aux plaisirs de faire l'amour, Christine Boutin se lance dans de langoureuses tirades qui n'exciteront cependant qu'elle. Révélant qu'elle aime se promener nue, elle ajoute qu'elle boit de l'alcool, prend pour conseiller de campagne un jeune homosexuel et soutient "Le Refuge", association "gay". 

 

Pour compléter le tout, Christine Boutin propose de prêter des salles de paroisse aux musulmans pour prier, avant d'aller chanter l'hymne israélien contre la reconnaissance de la Palestine. Un superbe grand écart (dont on se réjouit qu'il ne soit que symbolique, étant donné la philosophie du "sans vêtement" prônée par Boutin...) qui s'explique par la volonté de séduire à la fois la jeunesse arabo-musulmane des banlieues, et les groupes d'influence sionistes.

 

Le résultat donné est tout simplement pathétique. La candidate ne décolle pas dans les sondages, pour une bonne raison: ces lubies grotesques ont fait fuir tout son électorat catholique, tandis que les progressistes ne lui accorderont aucun crédit tant qu'elle n'aura pas définitivement renoncé à toute référence religieuse. 

 

Plaquée contre une grille par un jeune gauchiste pour avoir voulu s'incruster dans une manifestation, la candidate a surement autant apprécié que lui ce moment d'intimité rapprochée entre progressistes...

 

L'échec de Christine Boutin symbolise à merveille l'impossibilité de mélanger la religion au politique: le politique étant par nature fait de compromissions et de stratégies, alors que la religion se veut pensée morale et droiture. Quiconque veut introduire la religion en politique sera tout d'abord rejeté, puisque sa foi effraie. Et lorsqu'il aura, pour rassurer ses détracteurs, adapté la religion au politique (avec ce que ça implique en termes de renoncements et de dévoiements), alors il aura trahi cette religion. C'est du moins le cas en France. 

Christine Boutin, elle, n'est jamais parvenu à sortir de ce piège. Complexée par cette foi catholique dont elle se voulait, tout d'abord, la représentante, elle aura multiplié les stupidités progressistes, dans le but de séduire des gens qui, de toute manière, ne lui accorderont jamais aucun crédit. Il lui eût fallu, pour être crédible, rester intransigeante. Elle aurait été marginalisée, tout comme elle l'est actuellement, mais sans le ridicule qui accompagne désormais sa chute. 

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