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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 21:50

Alors qu'un froid glacial s'abat sur l'ïle-de-France, je me force à prendre l'air autant que possible: ce vent glacial et revigorant m'aide quelque peu à mettre en ordre les idées qui se bousculent dans ma tête. Ici et là, des drapeaux français fleurissent, pour commémorer l'armistice du 11 novembre 1918. Je ne sais qu'en penser. Le peuple français, éduqué dans la haine de son histoire, réduite à Vichy et la colonisation, redresserait-il enfin la tête? Si c'est le cas, c'est honorable, et pourtant, dans le même temps, je n'aime décidémment pas cette date. 

 

Le 11 novembre n'est pas tant une victoire, que l'arrêt des hostilités entre deux peuples incapables d'entretuer plus longuement, le peuple allemand cèdant le premier. 

 

Elle marque, certes, une victoire française. Mais à quel prix? Des millions de morts, de mutilés, une génération saignée et traumatisée pour l'avenir, un pays ruiné, des territoires dévastés, une Allemagne intacte et d'autant plus dangereuse qu'on a fait la folie de vouloir l'humilier sans l'affaiblir. 

 

Je repense surtout, aujourd'hui, au triste Traité de Versailles qui s'ensuivit. L'Allemagne devait payer des réparations pour reconstruire la France exsangue. Elle s'y refusa. Et les Anglo-Saxons, et les Américains, qui n'avaient pas eu à souffrir directement de la guerre, l'encouragèrent dans cette voie. Ah, il étaient trop heureux, de voir la France à genoux, l'Europe continentale divisée! 

Je repense aux Britanniques, laissant tranquillement l'Allemagne se réarmer, y compris sous Adolf Hitler, espérant ainsi faire contrepoids à la puissance française. Je repense aux Américains qui, depuis leur continent lointain, exigèrent de la France qu'elle renonce à ses réparations.

Je repense à tous ces pays qui, après avoir laissé la France seule, ruinée et impuissante face à l'Allemagne renaissante, lui reprochèrent ensuite la défaite et l'armistice de juin 1940. Triste hypocrisie, mais qui, à part De Gaulle, pour s'en indigner?

 

L'Union Européenne offre aujourd'hui à l'Allemagne la suprématie économique qu'elle a toujours cherchée, les Etats-Unis se chargeant de son contrôle politique. 

 

Non, décidémment, le 11 novembre n'est pas une belle date. Un siècle après, le vaincu, l'Allemagne, dirige la politique européenne, fait pression sur la Grèce, l'Italie, l'Espagne. Et surtout sur son ancien vainqueur, la France, réduite au rôle de second coûteau dans l'Union Européenne. 

Eva Joly, prompte à collaborer avec cette nouvelle puissance allemande, l'a compris: elle veut faire du 11 novembre une "fête européenne". France et Allemagne mises à égalité. L'agresseur et l'agressé, réunies dans la même catégorie: celle de nations belliqueuses et condamnables. On ôtera au passage l'une des dernières sources de fierté de la France. 

 

Non, non, et non. Je ne peux pas me forcer: je n'aime pas le 11 novembre. 

 

Il m'apparaît si stérile d'entretenir la nostalgie de notre grandeur passée tout en s'empêchant désormais de la retrouver. À ce petit jeu, Nicolas Sarkozy est fort.

 

Encore plus forts sont les jeunes et sinistres imbéciles qui revendiquent haut et fort un patriotisme auquel ils ne comprennent rien. Taper sur l'Arabe, vomir sa haine dans un français déplorable sur des sites tels "fdesouche", rejeter toute approche intellectuelle, idôlatrer un Charles Martel auquel on ne comprend rien et acheter Charlie Hebdo pour s'y faire traiter de fasciste (mais peu importe, puisque Charlie se moque des musulmans, ce ne peut être qu'un journal ami!), la voilà, cette nouvelle génération de "patriotes"! 

Une bande de brutes incultes, brandissant le saucisson en étendard, jouissant sans entraves devant les interventions du dangereux occidentaliste Geert Wilders ou du communautariste Gilles-William Golnadel, et se vivant comme une dangeureuse armée digne de la Résistance, quand ils ne sont qu'une secte minable enfermée sur internet. 

 

Une suprématie raciale et haineuse clâmée en anglais. Du patriotisme, ça??

 

Les rencontres que je peux faire, ici et là, me permettent de rencontrer un peuple tout autre, érudi, intelligent, ouvert. Ces amis, ces amies, avec qui j'ai de longue discussions, qui m'invitent chaleureusement à boire le café chez eux, à parler à la radio en leur compagnie, avec qui je fais de si agréables dîners, qui partagent avec moi de passionantes conversations nocturnes, qui m'accompagnent dans mes activités diverses, du vélo au jeu de guerre "Call of Duty", en passant par les promenades dans Paris, sont tous des gens cultivés, brillants et, même s'ils ne se l'avouent pas toujours, profondément patriotes. Ils sont aussi bien souvent, n'en déplaise à certains, de condition sociale modeste, d'origine étrangère, de religion juive ou musulmane, parfois aussi plus monarchistes que républicains, plus apolitiques qu'engagés. 

Il y a chez toutes ces minorités une formidable aspiration intellectuelle et française! Pourquoi ceux qui se prétendent patriotes la rejettent-ils sans cesse, au nom de questions raciales, religieuses ou idéologiques?

 

Le peuple français avec lequel je veux vivre est ici. Fantasmer sur autre chose, et se priver de voir les richesses que nous abritons aujourd'hui, est stupide est dangereux. 

 

Et je repense à ce lecteur de "fdesouche" qui me sommait l'autre jour de "choisir mon camp". Eh bien! ainsi soit-il. Entre ces incultes fanatiques, et des enfants d'immigrés patriotes, ouverts et cultivés, je n'hésite pas une seconde. Plutôt que ceux qui partagent ma race, je choisis les seconds, qui partagent, eux, ma culture et ma langue. 

 

Je n'ai pas envie de vivre avec les thuriféraires de la race blanche. Je suis bien mieux entouré de tous mes proches, qui sont majoritairement d'une origine, d'une classe sociale, d'une religion, et même d'opinion, différentes des miennes. Mais les bons moments que nous partageons ensemble sont au-dessus de tout cela. Me permettre de vivre avec des gens si différents, gràce à une culture commune qui nous unit, n'est-ce pas aussi cela, le génie français? 

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