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  • : Chronique du choc entre les nations libres et qui tiennent à le rester, et le mondialisme ravageur qui cherche à les soumettre.
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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 15:10

Eric Zemmour a parfaitement résumé le bilan géopolitique de 2013: Vladimir Poutine est l'homme de l'année. En Syrie comme en Ukraine, il a réussi à mettre à bas ses adversaires occidentaux - dont la faiblesse momentanée a permis à un autre pays, l'Iran, de replacer ses pions sur l'échiquier international.

Billet d'humeur du Nouvel An 2013: l'année de Vladimir Poutine; propagande de Reporters Sans Frontière; Dieudonné et sa "quenelle"

La Russie a joué en trois coups gagnants, mettant tous ses adversaires à bas. En accueillant le lanceur d'alerte Edward Snowden, Vladimir Poutine a permis à son pays d'apparaître comme un défenseur des libertés publiques face à la machine de répression américaine. Les révélations de son hôte ont été une arme redoutable face aux Américains.

Une arme qui a compté lors de la crise syrienne de l'été 2013.

 

Répondant aux volontés occidentales d'attaquer la Syrie, Vladimir Poutine a proposé une négociation sur le désarmement de ce pays. Un coup de maître: en acceptant cette négociation, les Occidentaux reconnaissaient implicitement la légitimité du régime de Bachar al-Assad, seul allié arabe de Moscou.

Ceux qui avaient voulu contrer la volonté russe et renverser le régime syrien se sont cassés les dents. Mohamed Morsi, le Président égyptien, a fini renversé par un coup d'Etat. Recep Tayyip Erdogan, le Premier Ministre turc, a été dangereusement déstabilisé par les manifestations de Taksim. Lâché par la puissante confrérie Gülen, il voit désormais son pouvoir vaciller sous les accusations de corruption. 

 

Gagnant sur la Syrie, Vladimir Poutine a du essuyer un contre-coup en Ukraine. Les Occidentaux ont essayé de déstabiliser le régime ukrainien (fort peu sympathique, il est vrai), en utilisant sa jeunesse révoltée et tournée vers l'Union Européenne. Echec, une nouvelle fois: Vladimir Poutine a su ramener l'Ukraine sous son influence. Mieux encore, il s'est payé le luxe de libérer le délinquant financier Mikhaïl Khodorkovski et ces pauvres militantes manipulées des Pussy Riot. Se donnant ainsi l'image de tzar magnanime, et faisant taire bon nombre de critiques occidentaux. 

 

Les adversaires de la Russie n'ont eu que de petites vengeances mesquines à se mettre sous la dent. Boycott plus ou moins officiel des Jeux Olympiques de Sotchi pour les Occidentaux. Plusieurs attentats-suicides dans la ville de Volgograd (ex-Stalingrad) pour les islamistes. Rien qui paraisse en mesure d'enrayer l'appétit de puissance d'un ours russe encore mal remis du choc des années 1990, mais bien décidé à retrouver sa place sur la scène mondiale.

 

 

Je découvre à ce sujet la dernière vidéo de propagande de Reporters Sans Frontière: on y découvre plusieurs dirigeants (russe, syrien, nord-coréen, hongrois, turc, italien, azéri, chinois et zimbabwéen) en train de fêter le nouvel an. Un petit message moralisateur en fin de vidéo nous informe que sans Reporters Sans Frontière, l'information serait entièrement contrôlée par ces individus. 

Diantre. Après que Nicolas Sarkozy a, selon Henri Guaino, "sauvé la démocratie en France, en Europe et dans le monde", nous apprenons donc que Reporters Sans Frontière a sauvé la liberté de presse mondiale. 

On passera sur le procédé qui consiste à amalgamer, dans un ensemble complètement incohérent, de vrais dictateurs (Kim Jong-Un ou Ihlam Aliev), des dirigeants autoritaires mais démocratiquement élus (Vladimir Poutine ou Recep Tayyip Erdogan) et des démocrates comme Viktor Orban ou Silvio Berlusconi (ce dernier n'étant d'ailleurs plus au pouvoir).

Certes, Reporters Sans Frontières choisit de se concentrer sur la "liberté de la presse", et de ne pas s'occuper du spectaculaire développement de la Chine ou de l'Azerbaïdjan, ou bien de la situation chaotique en Syrie ou au Zimbabwe. C'est un choix.

Mais même avec ce choix, il manque deux ou trois bonshommes sur la vidéo, non? Quid de Barack Obama, l'homme qui a voulu faire condamner le lanceur d'alerte Edward Snowden (authentique défenseur de la liberté de la presse, lui)? Où sont les présidents du Turkménistan, de l'Ouzbékistan ou de l'Erythrée, véritables cauchemars pour les journalistes? Et que penser de l'absence des monarques séoudien, qatari ou émiratis? Faut-il croire que l'argent du pétrole achète tout - y compris la bienveillance de Reporters Sans Frontière?

 

 

Il est vrai qu'en France, la liberté d'expression devient elle-même un concept très relatif, à l'heure où le Ministre de l'Intérieur prétend faire interdire à un humoriste de faire ses spectacles.

Parlons donc clairement de Dieudonné, et expliquons en quoi il est scandaleux de vouloir interdire, soit ses spectacles, soit le fameux geste de la "quenelle" qu'il a popularisé.

Dieudonné, qu'est-ce donc? C'est un humoriste et un provocateur qui, aux origines, riait de tous les extrémistes et de toutes les religions. Après un sketch caricaturant un extrémiste de droite israélien, il avait subi en 2003 une scandaleuse persécution, sur fond d'accusations injustifiées d'antisémitisme.

En réaction à ce lynchage public, Dieudonné a multiplié les provocations. Certaines sont très drôles, d'autres de mauvais goût, d'autres choquantes. C'est au public d'en juger. Je l'écris d'autant plus librement que je n'ai jamais trouvé Dieudonné spécialement drôle. Son obsession de certains sujets (les Juifs, les sionistes et, dans une moindre mesure, l'esclavage) m'agace, et je comprends très bien qu'un certain nombre de Juifs se sentent choqués par ses provocations.

Mais qui a le droit de définir ce qui est drôle ou non? Certainement pas la justice. Vouloir faire interdire les spectacles de Dieudonné, sous prétexte que le Ministre de l'Intérieur n'aime pas ce qu'on y dit, c'est un pas très dangereux vers la dictature. Et c'est une hypocrisie d'autant plus grande que, lors des attaques anti-islam de Charlie Hebdo, Manuel Valls avait été le premier à défendre ce journal au nom de la liberté d'expression...

Il est donc monstrueux de prétendre interdire à un humoriste de faire son travail - même quand on trouve son humour choquant ou pas drôle. Après tout, si Dieudonné tient des propos diffamants ou racistes pendant son spectacle, rien ni personne n'empêche la justice de le poursuivre pour cela. Et s'il doit être condamné, il le sera.

Plus inquiétant encore: Meyer Habib, député UDI proche de l'extrême-droite israélienne, prétend faire interdire la "quenelle". Des personnalités comme Tony Parker ou Nicolas Anelka ont été menacées pour avoir effectué ce geste.

Billet d'humeur du Nouvel An 2013: l'année de Vladimir Poutine; propagande de Reporters Sans Frontière; Dieudonné et sa "quenelle"

Qu'est-ce donc que la "quenelle"? Il s'agit d'un geste plus ou moins vulgaire, imitant le "fist-fucking". Chacun jugera du bon goût de la chose.

Mais là où la mauvaise foi atteint repousse toutes les limites, c'est quand des groupes communautaristes comme la Licra, le BNVCA ou le CRIF prétendent y voir un geste antisémite. Soyons donc bien clair dessus: la "quenelle" n'a aucun rapport, ni avec l'antisémitisme ni avec le racisme, et encore moins avec le nazisme. C'est un geste vulgaire, scatologique même, mais sans lien avec l'antisémitisme. Comment peut-on être débile au point d'y voir un "salut nazi inversé" (sic)?

Il est vrai toutefois que certains fans de Dieudonné ont donné une signification ambiguë au geste: lorsque de jeunes crétins font leur "quenelle" devant les portes d'Auschwitz, ou devant l'école juive où plusieurs enfants avaient été assassinés par Mohamed Merah, on ressent un profond malaise.

Oui, certains "quenelliers" sont clairement antisémites. Il ne faut pas se voiler la face. Mais ce n'est pas le cas de tous. Et ce n'est pas le cas du geste en question. Après tout, si quelqu'un faisait un doigt d'honneur devant les portes d'Auschwitz, ce serait certainement de l'antisémitisme. Est-ce que pour autant, le doigt d'honneur deviendrait antisémite? Certainement pas.

Mais la "quenelle" est tellement pratique pour le gouvernement, à qui elle permet de ne pas parler de ses innombrables échecs (notamment économiques et sociaux)! François Hollande lui-même, en visite chez ses amis d'Arabie Séoudite (une dictature violemment antisémite), a pris le temps de condamner la "quenelle". Aucun président n'avait atteint un tel niveau de ridicule. Qui parlait de changement?

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